Bureau Catholique pour les Relations avec le Judaïsme (BCRJ)

Du jeudi 21 septembre au vendredi 20 octobre 2017, c'est le mois de Tichri.
C'est le premier mois de l’année pour nos amis juifs qui entreront alors dans l’année 5778.


Ce mois est un mois très important, car il comporte trois fêtes.

Le premier Tichri (20 septembre) célèbre Roch Hachana le premier jour de l’année.

Comme toutes les fêtes juives, elle débute la veille au soir conformément au verset 5 de Genèse 1 qui se termine par : « ...et fut un soir et fut un matin jour un. »
La fête de Roch Hachana dure 2 jours en Israël comme en dehors.
Ceci, car le Sanhédrin (assemblée législative traditionnelle) devait fixer la néoménie (nouvelle lune) chaque mois sur la déclaration de deux témoins digne de foi. Si les témoins arrivaient et que la déclaration pouvait se faire, le jour était déclaré Roch Hodech (1er du mois), dans le cas contraire c’est le lendemain qui était déclaré Roch Hachana. Afin d’éviter ce problème les prophètes de l’époque du premier temple ordonnèrent la célébration de deux jours de Roch Hachana.
Toutefois d’autres fêtes, comme par exemple Chavout (Pentecôte) ne dure qu’une journée en Israël alors qu’elle reste de deux jours en dehors.
Roch Hachana est considéré dans la tradition rabbinique comme le jour du jugement de l’humanité, inaugurant ainsi une période de dix jours de pénitence dans l’attente du grand pardon accordé aux repentants le jour de Yom Kippour.


Yom Kippour ou Jour du Grand Pardon commence donc la veille au soir du 10 tichri (30 septembre)

Dans la tradition juive, ce jour est le plus saint et le plus solennel de l’année. C’est un jour de jeûne et de prière qui marque le sommet des dix jours de pénitence qui sont un temps de pardon et de réconciliation
Le jour précédant le Yom Kippour, chacun doit pardonner à son prochain, manifester son amour, son amitié à tous. L’office de ce jour est celui de Kol Nidre « tout vœu ». Il est dit avant le coucher du soleil et est suivi d’un office de demandes de pardon et de confession. Chaque participant s’adresse alors à Dieu pour lui demander de pardonner ses propres fautes ainsi que celles de la communauté commises à son encontre. Les défunts font partie aussi de ceux auxquels on pardonne. Les conflits et disputes sont ainsi réparés dans la période de dix jours après Rosh Hashana, mais avant le Yom Kippour.
L’office du jour de Yom Kippour commence le matin et dure jusqu’au soir. Il se termine lorsque l’officiant sonne le shofar (trompette fabriquée avec une corne de bélier), qui marque la fin du jeûne.
Ce jour est mentionné dans la Torah (Lévitique 16, versets 29 à 31)
Les sections de la Torah (Pentateuque) lues en ce jour sont donc le chapitre 16 du Lévitique, le matin, et l’après-midi, le chapitre 18 du Lévitique et le livre de Jonas.

Le 15 Tichi (5 octobre) commence la fête de Soukkot ou fêtes des cabanes.

Elle dure huit jours (sept en Israël). Elle célèbre l'assistance divine reçue par les enfants d’Israël pendant quarante ans au cours de l’Exode, les cabanes que construisirent les Hébreux dans le désert et la récolte qui marque la fin du cycle agricole annuel. Elle fait référence à Deutéronome16, 13-14.
Divers rites de commémoration s’y rattachent, parmi lesquels la prescription pour les Juifs de résider (au minimum prendre leurs repas) dans une soukka (une sorte de hutte, souvent décorée), et celle de la Loulav des quatre espèces végétales.

En Israël et partout dans les communautés juives règne une grande atmosphère de fête pendant Soukkot. Il est de coutume de convier famille, amis, voisins, etc., à partager un repas dans sa soukka.

Le rite du loulav fait référence à Lévitique 23, 40. On rassemble dans un bouquet (le loulav), une branche de palmier, un rameau de myrte, une branche de saule et un cédrat (sorte de gros citron). Chaque jour de la fête, on emmène le loulav à la synagogue pour la prière du matin. L’usage est de secouer les quatre espèces en direction des quatre points cardinaux, ainsi que de haut en bas.
L’interprétation de ce geste est multiple. La plus rependue est de considérer que chacun de ces éléments correspond à un type de personnes qui composent le peuple juif. Le cédrat, à l'odeur et au goût agréables, symbolise le juif qui étudie et qui pratique. La branche de palmier aux fruits comestibles, mais sans odeur représente le juif qui étudie, mais ne pratique pas. La branche de myrte qui sent bon, mais ne porte pas de fruits symbolise celui qui pratique sans étudier et enfin le saule sans odeur ni goût représente celui qui n'est ni dans la pratique ni dans l'étude. Réunir ces quatre espèces rappelle qu'une communauté reste incomplète tant que tous ses éléments ne sont pas solidaires. Dans une collectivité chacun de ses membres doit être responsable de lui-même et des autres, chacun apportant sa pierre à l'édifice.