Editoriaux d'Eglise d'Autun

Editorial d'Eglise d'Autun N°14 du 4 septembre 2020
Vers la vie, hors des repliements !

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Dans quel état d’esprit commençons-nous ce mois de septembre ? Plutôt que de parler de « rentrée », je préfère entendre personnellement la parole du Seigneur, adressée à son ami Lazare, « patron » du diocèse : « Lazare, sors ! (littéralement : « ici dehors »). Et les vacances m’ont préparé à ce cri de résurrection, cri de l’ami divin à l’humanité éprouvée profondément par les maladies de l’âme et du corps. Ce cri divin me ramène ici sur la terre des vivants.

Le Christ pleure nos malheurs davantage encore que nous-mêmes. Il est saisi au fond de lui-même par ce qui donne la mort et provoque l’isolement mortifère. Et il veut confier à l’Eglise de délier par les actes et par la parole ceux qui étaient entrés dans le glacial abîme du tombeau. Ce mois de septembre commence donc avec la mémoire festive de saint Lazare, et il nous donne aussi de relire le temps des vacances écoulées. Ai-je goûté l’importance du silence paisible et de l’écoute des autres ? Quelle libération s’est opérée, « presque sans moi » pour reprendre une expression de François de Sales, dans ma vie et celle des autres ? Quels visages ont été porteurs d’espérance ?

Ai-je entendu à nouveau, de façon plus profonde et plus simple encore qu’auparavant, que j’étais appelé avec des frères et sœurs dans la Foi, pour recevoir et pour partager la grâce pascale ?

Parmi les nombreux signes lumineux vus personnellement dans le mois d’août écoulé, je retiens celui-ci. C’est en chemin, sur les beaux causses du Lot, vers le sanctuaire marial de Rocamadour, il fait chaud et les pèlerins marchent depuis plusieurs heures déjà. C’est le deuxième jour, et une petite fille de 7 ans, souriante et spontanée, reçoit d’un adulte dans sa main une poignée de mûres savoureuses (qu’elle « adore » !). Surprise ! Quand je me retourne, elle était en train de tendre sa main à chaque pèlerin de son groupe pour lui offrir une mûre ! Elle n’en a pas gardé pour elle. C’était simple, pas calculé, c’était un geste de vraie charité et qui m’a fait signe !

En invitant les chrétiens de Saône-et-Loire à entourer à Taizé, le 4 octobre prochain, ceux qui seront baptisés et confirmés, en vous invitant tous, lecteurs de la revue diocésaine, à réserver ce dimanche de la Saint François d’Assise pour venir participer à la rencontre diocésaine qui a lieu tous les 5 ans, je vous souhaite de commencer cette « rentrée », ou de la poursuivre », dans l’esprit de cette jeune pèlerine joyeuse de marcher en Eglise et en aimant partager. Nous avons tellement soif de recevoir des plus petits et de partager la joie et les questions que nous portons.

Bonne « résurrection » et bonne préparation de ce grand temps familial du 4 octobre à Taizé !

+ Benoît RIVIERE



L’été de la charité


  Prire Mains         

Dans un minuscule hameau de notre diocèse, en cet été curieux, patiemment depuis des années, une femme et son mari gardent leur maison ouverte. Il est vrai qu’ils ont toujours construit leur famille dans un esprit d’amitié et de service. Chaque matin et chaque soir, cette femme est aussi portière et sacristine d’un petit bijou d’église romane à deux pas de là.

Son mari est gravement malade. Et la maladie l’a rendu presque entièrement paralysé. Il continue de rester en relation, oh oui, il a du courage et il entre dans une période de son existence où il doit accepter de dépendre entièrement des soins qui lui sont prodigués. Il est à mes yeux, avec son épouse, l’un de ces « petits » de l’évangile qui savent ne pas pouvoir tenir sans l’amour donné et reçu. Et sa femme est en même temps Marthe et Marie…

Un jour, tout de go, quelqu’un a cru bon de dire à cette femme : « toi et ton mari, vous avez entendu le jour de votre mariage que vous étiez unis pour le meilleur et pour le pire ! Vous avez connu longtemps le meilleur ! et bien maintenant c’est le temps de l’expérience du pire ! » Jaillissante d’un cœur pur, dans un sourire simple et profond, la réponse de cette femme ne s’est pas faite attendre : « le pire ? Ce serait de ne plus nous aimer ! »

Quelle est belle la parole de cette femme ! Quelle est belle la charité, qui, été comme hiver, s’exerce sans bruit dans un espace familier et quotidien ! J’aime voir ici l’Eglise. Elle se développe dans ces gestes persévérants d’amour. Le reste n’est que du vent !

+ Benoît RIVIERE






Editorial d'Eglise d'Autun N° 12 - 26 juin 2020

LE TEMPS, NOTRE ALLIE

graminees mainAu cours du récent conseil presbytéral, si heureux de nous retrouver dans un beau climat d’échange et de respect, un exercice en petits groupes nous a été proposé. Il fallait faire deux listes, l’une des activités qui avaient été suspendues dans notre existence pendant le « confinement », et l’autre comportant les activités qui avaient été maintenues, ou qui étaient apparues. Dans le groupe auquel je participais, nous avons été unanimes à dire que nous ne voulions pas reprendre certains rythmes d’avant le « confinement ».

La réussite de cette bonne aspiration suppose, je pense, un nouveau rapport au temps, c’est-à-dire une désappropriation de soi dans son désir d’agir vite et sans les autres. D’où vient cet impérieux et joli besoin de nous poser dans un rythme de vie plus sobre et plus régulière ? Peut-être justement de la nécessité de revoir notre rapport avec le temps. Oui, le temps n’est pas contre nous, il est notre sage « complice » dans l’accomplissement de ce qui nous est demandé.

Encore faut-il que nous demeurions dans cette paix qui opère déjà en nous une transformation : nous n’agirons plus par violence, comme si tout dépendait de nous, et que sans nous, rien ne se ferait ! Outre qu’il y aurait là une bien ridicule prétention, cette hargneuse précipitation cacherait une violence, celle d’agir comme si nous étions seuls à agir, et que le reste du monde serait seulement là comme notre faire-valoir ! « Le violent ne sort pas de soi. » Ce sont les mots d’Emmanuel LEVINAS, dans son livre intitulé « Difficile liberté ». Et c’est vrai que « le violent prend, possède… et nie par conséquent l’existence indépendante ». Poser une action sans tenir compte des autres, ou recevoir une action sans en être les collaborateurs, c’est s’abstraire du champ de la charité. Car la charité est humble ; elle suscite la communion et la collaboration effective entre les humains.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 11 - 12 juin 2020

LE CŒUR DU PEUPLE DE FRANCE

Il y a quelques jours, nous faisions mémoire de l’épouse de Clovis, Sainte Clotilde, femme qui connut la joie conjugale, l’épreuve du veuvage précoce, la déchirante douleur devant l’égarement de certains de ses enfants et cette patiente prière au long des années d’enfouissement. C’est elle qui fut l’épouse chrétienne de Clovis, et dont la foi a été si profondément vécue qu’elle a entraîné la conversion libre de son époux. La prière d’ouverture de la messe de sa fête parle du don de la foi au peuple de France, et demande qu’à l’intercession de cette femme pleine de sagesse et de persévérance, le peuple de France soit sincèrement attaché au service de Dieu. Cela paraît étrange, et pourtant, n’y-a-t-il pas dans cette mémoire et cette prière un fil d’or pour les temps actuels ?

La France n’est pas une idée, ni la propriété d’un parti ou d’un mouvement, ni un spectre, ni une utopie ; elle est notre pays vivant et se transformant grâce à la flamme qui anime ses habitants. Notre peuple français est autant amoureux de liberté et de responsabilité, que du service les uns des autres, et amoureux d’une autorité juste et humble de l’Etat. Il est bigarré, multiculturel comme on dit, certes, il n’en a pas moins un cœur.
eveques juin2020
Ce 8 juin, tout récemment réunis en Assemblée Plénière par visio-conférence, les évêques de France ont tenu à se réunir le soir dans la prière du Sacré Cœur de Montmartre. Devant les immenses déchirures dans la société française de la 2e moitié du XIXe siècle, des laïcs chrétiens ont eu cette belle audace d’édifier la basilique du Sacré Cœur pour confier la France à Celui qui a été reconnu par Clovis comme « le Dieu de Clotilde ».

Les évêques ont demandé la grâce pour notre peuple de se retrouver par le meilleur de lui-même et de son histoire. En silence adorant devant le cœur miséricordieux du Christ, nous avons redit notre oui à Celui qui nous a plongés dans sa mort et sa résurrection pour que nous vivions en sa présence dans l’Amour.

Coïncidence du calendrier, cette soirée du 8 juin était aussi la veille du jour anniversaire de l’acte d’offrande de Thérèse de Lisieux à l’amour miséricordieux. Ardeur de cette offrande dont il faudrait méditer chaque élément. Qu’il nous suffise d’en dire ici les premiers mots :
« Ô mon Dieu, Trinité Bienheureuse, je désire vous aimer et vous faire aimer. »

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 9 et 10 - 31 mai 2020

LE PROGRAMME PARODIEN : VIVRE EN PELERIN SUR CETTE TERRE

La pandémie que le monde subit actuellement provoque des souffrances et des remises en question. Des festivals, des camps de jeunes, des pèlerinages, des sessions sont reportées, voire supprimées. Les sessions d’été organisées chaque année à Paray-le-Monial par la communauté de l’Emmanuel ne se dérouleront pas comme d’habitude évidemment.

Paray4 600pxJ’admire la souplesse des responsables qui adaptent en ce moment les propositions à trois niveaux :
- L’accueil des groupes ou des individuels à Paray en août et, peut-être, pour certaines animations, dès juillet.
- La proposition par internet de parcours à vivre chez soi, dans la famille ou seul pendant l’été.
- L’ouverture à des initiatives paroissiales locales de « temps forts », à vivre à échelle moins nombreuse qu’une grande session en lien avec des directs à Paray.

Paray n’est pas un endroit replié sur lui-même. Il est un lieu ouvert très largement aux chercheurs de Dieu. Et les sessions ouvrent un espace large à de nombreux chrétiens ou proches de l’Eglise, pour prier dans une grande assemblée, pour réfléchir au sens que prend leur vie concrète en plein monde, et pour éprouver la joie d’un temps familial dans lequel parents et enfants trouvent chacun leur place, et retrouvent les fondamentaux de leur engagement familial peut-être.

Nous fêtons cette année le centenaire de la canonisation de Sainte Marguerite-Marie. N’est-ce-pas une occasion de se poser les questions importantes de la vie, celles que la petite religieuse Visitandine née à Verosvres s’était elle-même posées ? Et chacun, dans cet après-confinement, ne se trouve-t-il pas confronté à de telles questions : où se trouvent les points essentiels de ma vie ? Quelles priorités j’entends donner à mes engagements maintenant ? Quelles découvertes ai-je faites touchant mon cœur profond dans sa relation avec le Christ, et avec les plus proches ?

La période dans laquelle nous entrons sera longue. Je pense que nous aurons plus que jamais à soigner la qualité des relations humaines, et la qualité de nos pensées sur les autres et sur nos dirigeants. Accepterons-nous de ne pas tout savoir ? Accepterons-nous d’être à l’écoute de ceux qui ne pensent pas comme nous ?

L’évangile est tellement actuel ; il nous met en route, et ne nous donne pas de fausses « sécurités ». Etre en pèlerinage, accueillir des pèlerins, vivre sur cette terre comme si elle ne nous appartenait pas, et donner à ceux qui viennent l’espace familial d’une maison ouverte à tous les peuples, voilà un peu le « programme » parodien !

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 7 et 8 - 30 avril 2020

LAISSEZ-VOUS ATTIRER PAR CE QUI EST HUMBLE

La situation inédite et bouleversante que le monde éprouve en ce moment interroge notre conscience : Que pouvons-nous espérer ? Que penser ? Que devons-nous faire ? Quels changements radicaux devons-nous initier dans nos manières de faire, de juger et de travailler ?

Pour les croyants, Dieu n’est pas étranger à ces questions, Il en est le bienveillant partenaire. Je le crois, l’épreuve de ce temps-ci amène à mieux écouter le Christ, à mieux décider de prier dans le calme, à mieux habiter nos maisons, à mieux être en relation humble et chaste avec le prochain, et, pour le dire simplement, à aimer mieux.

J’écoutais l’autre jour, Monseigneur SEGUY retracer sur Radio Espérance le portrait de Saint-Anselme. Quel salutaire contraste entre cette mémoire stimulante de la sainteté, et le bavardage convenu et récriminant qui, lui, n’était pas confiné, hélas, sur d’autres ondes ! La mémoire de Saint Anselme, si bien évoquée par l’évêque émérite d’Autun, stimule la foi, oriente la pensée et encourage la volonté ; elle ouvre, ô combien, l’espérance des biens du Royaume de Dieu !

pere enfantJ’entends, plus souvent que d’habitude, des croyants dire à quel point la Parole de Dieu est pour eux nourriture réelle de guérison et de salut. Prier, étudier, servir, se reposer, ne sont pas seulement des activités se succédant les unes aux autres - bienheureuses activités si elles se succèdent effectivement ! -
elles sont notre petite mais réelle participation à la réponse de l’Eglise quand elle entend le Christ dire aux disciples : « demeurez dans mon amour ! »
Et voici, parmi tant d’autres, deux petits « signes » de cette réponse, qui m’ont été envoyées ces dernières heures :

1- Celui d’un ancien écrivant dans une église ouverte près de chez lui
ces mots d’une prière à la Sainte Vierge :
Notre Dame,
Préservez-moi des regrets inutiles, des souvenirs troublants,
des angoisses du doute.
Notre Dame,
Obtenez-moi la certitude que ma vie a toujours du sens
Obtenez-moi cette confiance que le Seigneur m’attend comme un Père, pour me serrer sur son cœur et me faire entrer dans sa JOIE INFINIE.

2- Celui d’un père de famille écrivant à ses proches et amis, dont j’aurais aimé citer plus longuement son texte : « Tant de réalités s’effondrent. Et il nous appartient de construire. Maintenant. Avec tous ceux qui veulent. Sur des débris de vies bousculées, blessées parfois profondément : emploi et ressources perdus, disparition d’êtres chers à qui nous n’aurons pas pu dire au revoir, angoisses pour l’avenir, peur d’être ensemble… Nous connaissons bien ces trois sources de la violence – la prédation, la vengeance et l’idéologie – qui rôdent à travers le monde d’autant plus affermies qu’elles dorment chacune au fond de nous, attendant patiemment le bon moment pour nous dévaster par infection. »

Contre le vent aigre de la dévastation et de la colère, mendions le souffle créateur !

Je vous souhaite de recevoir bientôt, à nouveau vraiment, la grâce de Pentecôte !

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 6 - 20 mars 2020

LA PORTE DE L’ESPERANCE
PRIER, C’EST ESPERER !

J’ai entendu qu’au cours d’une récente réunion dans une communauté de l’Arche, apprenant ce qu’il en était des comportements inqualifiables de Jean Vanier, une personne accueillie s’est levée en disant : « Oh non, pas toi Jean ! » Et puis après un silence, elle a ajouté : « C’est mal ce que tu as fait Jean ! » Enfin, après un nouveau silence, cette personne a dit : « alors, on va maintenant prier encore plus pour toi Jean ! » En écoutant ce témoignage, j’ai ressenti une profonde émotion. Cette voix me montre un chemin de vie, même là où l’horreur a fait son ignoble travail.

Ipriere chapeletl faut entendre les récits douloureux, et les colères, de ceux et de celles qui ont été agressés dans leur être par des personnes en qui ils avaient mis une immense confiance. Ces récits mettent du temps à s’élaborer et souvent, à ce que je peux connaître, ils sont empreints de paix. Long combat de l’espérance contre la désespérance ! Les personnes accueillies à l’Arche continuent de nous montrer un chemin que nous risquions peut-être d’oublier : celui de l’espérance. Prier, c’est espérer ! Qui n’espère plus ne prie plus ! Celui qui espère même dans la nuit qu’un avenir peut s’ouvrir, celui-là n’enferme pas le passé ni le présent dans une prison ; il garde ouvert le fond de son être au Christ sauveur, pour lui-même et pour ses frères et sœurs en humanité où qu’ils se trouvent.

Merci à toi, frère ou sœur que je ne connais pas, qui, connaissant et comprenant la souffrance de ceux dont le corps et l’âme sont atteints par le mal, n’en reste pas moins prêt à aimer et à espérer, par-delà l’inimaginable détresse. Dans les jours prochains de la Semaine Sainte, nous nous laisserons entraîner par la voix des humbles, à travers qui le Christ lui-même nous invite à nous laisser purifier par lui dans le bain de l’eau baptismale (Cf. Eph 5,26).

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 5 - 06 mars 2020BIBLE 2

NOUS TISSONS DES RECITS

Le tissage est affaire de fils entrecroisés, dans un ordre ayant en vue un bel assemblage final. Avez-vous déjà visité une usine de textile, avec ses métiers à tisser aujourd’hui ultra perfectionnés ? Quelle finesse et quelle précision ! Les bobines de fils se déroulent à toute allure ; sur la trame se forme peu à peu le tissu qui servira à la confection de vêtements, de couvertures, de nappes…

Dans un remarquable message écrit pour la prochaine journée mondiale des communications sociales, le pape explique que l’homme est capable de tisser des vêtements et aussi de tisser des récits. Il est « un être narrateur » qui se nourrit de récits dès sa tendre enfance. Et la bible s’offre à nous comme le récit des récits. Je me rappelle un prêtre de Bordeaux nous disant que les premiers chapitres de la bible étaient l’esquisse de notre propre histoire aujourd’hui. Il nous serait impossible d’élaborer de manière toujours ouverte le récit de la vie sans la mémoire amoureuse de récits qui nous ont été transmis.

Quels récits tissons-nous à partir de ce que nous voyons, entendons et comprenons ? Et quels sont les récits qui construisent, qui permettent de fortifier les bonnes racines, au contraire des récits qui détruisent ? Nous sentons combien ces questions sont actuelles.

La fête de saint Joseph, suivie quelques jours plus tard de celle de l’annonciation à Marie, sont une invitation à ne pas arrêter notre mémoire à des récits entièrement clos et figés, mais à l’ouvrir à l’action de l’Esprit-Saint qui fait toute chose nouvelle et ouvre toujours à de nouveaux récits pour la vie.

La mère de Jésus, nous dit saint Luc, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Elle est pour nous la mère qui tisse en elle dans l’Esprit-Saint l’humanité de Dieu. Elle est pour nous une merveilleuse éducatrice de l’écoute, de la contemplation et aussi de la narration. Je veux dire qu’elle a « raconté » par toute sa vie, en parole et en acte, le mystère de l’alliance rédemptrice entre Dieu et les hommes. Elle a apporté Jésus au monde.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 4 - 21 février 2020

CAREME : OU EST L'URGENCE ?

« Aujourd’hui, n’endurcissez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur ! »

Cette antienne du temps du Carême ne doit pas rester seulement « liturgique ». L’illusion de nous croire nous-même les maîtres de tout, jusqu’à croire que nous sommes les auteurs de notre vie et de notre conversion à Dieu et à l’amour de nos frères, cette illusion est heureusement brisée quand nous refusons de suivre l’envoûtement du « Père du mensonge » et que nous commençons à entendre la voix du Seigneur, le véritable « époux de l’humanité »

Prire MainsLa prière devient alors l’urgence des urgences ; elle développe en nous et entre nous l’esprit d’ouverture à l’actualité du Mystère pascal, c’est-à-dire la foi dans le présent de l’amour rédempteur. Quand nous prions, nous sommes rendus ouverts à la réalité d’un Dieu qui parle au cœur de l’homme pour l’arracher à la mort, dans le mystère de la Croix du Fils unique. Notre cœur commence à devenir un cœur écoutant la voix de l’époux et non plus celle du menteur !

Quand nous prions et que nous nous dépossédons des inutiles et fausses richesses d’apparat, nous sommes rendus disponibles à la relation avec les autres, comme enfants du même Père, à commencer par les souffrants.

Il y a hélas tant de façons de nous dérober à la seule urgence qui vaille, celle de nous convertir ! Laissons dernière nous l’égoïsme et la tristesse ! Courrons chaque jour dans les bras de la miséricorde gratuite de Dieu, donnée et redonnée inlassablement !

+ Benoît RIVIERE



Editorial d'Eglise d'Autun N° 3 - 7 février 2020PRESENTATION DE JESUS 02 02

LA LUMIERE DES NATIONS

Avec le 2 février, qui cette année tombait un dimanche, s’est achevé le cycle liturgique de Noël – Epiphanie. La fête de la Présentation du Seigneur est sûrement pour une large part insuffisamment connue et célébrée. L’expression populaire de « Chandeleur » indique qu’en ce jour, les croyants processionnent avec des cierges à la main.

Je me souviens qu’à Marseille, chaque année, à cette fête, une foule nombreuse de jeunes montent en procession avec des cierges, avant le lever du soleil, depuis le Vieux Port jusqu’à l’abbaye de Saint Victor. Quelle est la signification de ce geste ?

Nous trouvons dans une expression liturgique ancienne que cette fête est celle de « la Rencontre de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, lorsque le juste Syméon le reçut dans ses bras ». Ce n’est pas la rencontre qui crée la lumière, mais c’est la venue humble et cachée de Jésus, Lui la lumière véritable éclairant dans notre propre chair tous ceux qui gisaient dans les ténèbres.

Le récit que Luc fait de cette Rencontre est lui-même marqué par l’expérience de la prière liturgique. Et l’hymne ancienne du « Nunc dimittis », que les premiers chrétiens ont appris comme ils ont appris le Magnificat, est celle que nous disons chaque soir avant de dormir : « Mes yeux ont vu le salut de Dieu ! » Quel paradoxe ! Parler de lumière des nations et de gloire du peuple de Dieu alors même qu’il s’agit d’un enfant de pauvres, et qu’il est rencontré par deux vieillards, Anne et Syméon. Le puissant empereur Auguste était désigné comme sauveur du monde et lumière des nations, et voilà que Syméon, poussé par l’Esprit-Saint, désigne Jésus comme salut de Dieu et lumière pour éclairer toutes les nations.

Le chemin de la foi, que nous voulons reprendre chaque jour, c’est de nous laisser éclairer, comme Joseph et Marie, par Lui seul, le Christ, qui apporte au monde le salut de Dieu.

+ Benoît RIVIERE



alliancesEditorial d'Eglise d'Autun N° 2 - 24 janvier 2020

« RENAISSANCE » D’UNE ANTIQUE BENEDICTION

La « consécration des veuves » a existé au début de l’Eglise, comme a existé et a repris vie récemment la « consécration des vierges ». « Il me semble, écrivait Georgette BLAQUIERE, que la veuve est appelée à veiller au cœur de l’Eglise, pour témoigner de l’espérance chrétienne dans le « pas encore » de notre vie présente ». En demandant la « consécration », une veuve chrétienne passe de l’acceptation de la douloureuse déchirure qu’entraîne la mort de son époux, à l’offrande. C’est le sens de l’engagement que vient de prendre notre amie Marie-Jo MONTMAYEUR, veuve du diacre Gérard.

Elle a voulu inscrire pour toujours son existence dans l’action de grâce de son baptême, soutenue par l’amour de Gérard qui demeure. Ella a demandé la bénédiction de Dieu sur son état actuel de vie qui n’a été évidemment ni voulu ni choisi. Cette démarche, dit encore Georgette BLAQUIERE, se situe « en continuité avec le sacrement du mariage, dont elle actualise la consécration ».

Nous demandons dans la liturgie du mariage que l’amour humain soit consacré ; cette consécration peut se trouver affermie dans le temps du veuvage. C’est du moins l’appel que des veuves reçoivent, et, même si c’est encore peu connu et peu développé, c’est un appel particulièrement éclairant actuellement.

Je cite encore Georgette BLAQUIERE : « Avec Marie le Samedi Saint, la veuve consacrée annonce dans la foi que le Seigneur a vaincu la mort, elle espère au cœur de l'angoisse et de la solitude, elle veille dans l'attente ardente du Jour de Dieu, et, comme Anne dans le Temple, elle le reconnaît et elle l'annonce. En cela, elle devient signe de l'Église, avec Marie, blessée au cœur, mais debout ».

Puissions-nous trouver dans l’engagement pris par Marie-Jo un encouragement à dire un oui nouveau, dans l’état de vie qui est le nôtre à chacun et chacune de nous.
« Moi, Marie-Jo MONTMAYEUR, je rends grâce au Seigneur.

Dans la continuité de la grâce de mon baptême, de ma confirmation, et soutenue par l'amour de Gérard, je m'engage à aller jusqu’au bout de la grâce de notre mariage dans une relation toujours plus profonde avec le Christ par sa Parole, dans l’adoration, l'intercession.
Je m'engage à être fidèle à la " prière des heures " en union avec l'Eglise et pour le monde.
Que le Seigneur reçoive le don de moi-même. »

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 1 - 10 janvier 2020

QU'EST-CE DONC QUE LE TEMPS ?

Au moment de nous tourner avec bienveillance les uns vers les autres au début d’une année nouvelle, et en échangeant nos vœux, cette question revient à l’esprit. Nous souhaitons du bien, du bonheur et la joie de la vérité à notre monde au cours du temps qui s’écoule. Le temps qui ne serait pas marqué par des bénédictions, ou l’attente sincère de bénédictions, deviendrait difficilement vivable.

Je constate que des personnes humbles, d’ailleurs dans l’épreuve ou non, demandent à être bénies. Elles demandent ainsi à être éclairées par la lumière de la vie que Dieu donne, et qu’Il entretient et ressuscite en chacun de nous par sa grâce. Elles demandent, nous demandons les uns pour les autres, que Dieu nous éclaire de la clarté de son visage d’amour et de paix.

Avec quelques évêques français, nous avons pris récemment une journée pour prier en pèlerinage sur le lieu du martyr de Saint Valérien, père de la Foi de notre diocèse. Et nous avons notamment médité à partir d’une réflexion de saint Augustin : le futur, ni le passé, en rigueur de terme n’existent ! Et cependant, continue saint Augustin, existent dans l’esprit humain « le présent du passé », qui est la mémoire, « le présent du présent », qui est l’attention actuelle, et « le présent de l’avenir », qui est son attente.
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J’aimerais que chaque jour qui s’écoule soit celui d’une avancée communautaire sur la route que les « mages venus d’orient » ont suivie : ils ont suivi résolument la lumière de la foi qui éclaire toute réalité passée, présente et à venir. Et ils n’ont rien préféré à cette lumière. Ils ont étudié les signes du temps, interrogé les Ecritures, offert le meilleur de ce qu’ils avaient au Fils de Dieu fait chair dans la toute humilité. Ils ont préféré la joie de la maison où se trouvent Marie et l’enfant, avec Joseph, plutôt que l’éclat dérisoire du palais d’un gouvernant peureux et jaloux de son pouvoir. Ils sont demeurés toujours en route, jamais déracinés de la vraie terre de la foi. Ils ont reconnu l’amour de Dieu manifesté parmi les hommes, et ils l’ont eux-mêmes manifesté par leur existence entière de chercheurs et de pèlerins.

Alors oui, que nous entrions dans la caravane des chercheurs de l’évangile ! Et, comme le dit saint Augustin, « cherchons avec le désir de trouver, et trouvons avec le désir de chercher encore. »


+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 21 - 20 décembre 2019AVENT2019 5

LE MERVEILLEUX SIGNE DE LA CRECHE

Préparons-nous la crèche ? Et quelle transmission de foi se passe à cette occasion entre les grands-parents et les petits-enfants ? L’an dernier, une exposition de crèches anciennes a été faite à l’évêché ; cette année une grande crèche est installée dans la salle de rencontres régulières près des bureaux de travail, et une autre à l’entrée de la chapelle.

Quand je vois la crèche, je sens que je suis intérieurement convié à une joie très profonde et très simple, celle de la rencontre bouleversante entre Dieu et les hommes, celle que les humbles ont reçu en plein cœur. Nous courons vers mille et mille lieux, en pensées, en occupations, en distractions, et nos maisons, nos cœurs, risquent de devenir des frigidaires froids et insensibles à la chaleur des véritables rencontres.

Pour nous trouver les uns et les autres en état de rencontre, en état de confiance, encore faut-il que nous demeurions en un certain état de simplicité et de pauvreté. Encore faut-il que nous nous gardions en disponibilité à l’œuvre de l’Esprit-Saint. Encore faut-il que nous ne barricadions pas nos cœurs, mais que nous les laissions ouverts à l’initiative divine, toujours et partout surprenante.

Sommes-nous encore surpris devant la réalité de la foi ? Sommes-nous déplacés de nos minables petites sécurités pour nous laisser entraîner, comme les bergers, comme les mages venus de plus loin encore, vers le grand espace de la crèche, celui de l’amour incarné de Dieu. Dans cet espace, le quotidien retrouve sa véritable saveur, le boiteux commence à bondir de joie, et les déçus et les aveugles renaissent à la lumière.

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 20 - 06 décembre 2019

DANS LE STUDIO DU COEUR INTERIEUR

Quelle chanson aimez-vous entendre, et peut-être, aussi fredonner en vous-même, ces temps-ci ? Et quel spectacle vous a le plus touché ces derniers temps ?

Nous éprouvons le besoin, n’est-ce-pas, de garder en nous, au fil des jours, un espace de poésie et belles images. Nous aimons goûter la musique en continu, celle qui nous permet de garder une juste distance avec les multiples pressions et sollicitations qui nous assaillent.

Permettez-moi de vous partager ma joie actuelle quand je revois, et que j’entends dans mon « studio du cœur intérieur », une séquence de la comédie musicale intitulée « Bernadette de Lourdes ». Ce spectacle, vous le savez sans doute, a nécessité 9 années de maturation et de travail… c’est-à-dire qu’il n’est pas tombé de la dernière pluie !

mains doigtsEt voici cette séquence : avant de quitter définitivement sa chère ville natale de Lourdes, Bernadette devenue adulte, ayant longuement réfléchi à sa vocation, demande la bénédiction de son père meunier, François Soubirous. Bernadette veut seulement recevoir cela de son père, c’est-à-dire qu’il bénisse le départ de sa fille et son entrée chez les religieuses hospitalières de Nevers.

Et voilà qu’intérieurement, Bernadette a quelque chose contre son père. Elle lui en veut de ne pas l’avoir crue et soutenue, des années auparavant, au moment de l’expérience des apparitions à la grotte. Le père chante alors une poignante supplication à sa fille : « est-ce que tu pardonnes à ton père de n’être qu’un homme ? » Bernadette écoute à distance, avant de se précipiter dans les bras de son père pour recevoir, encore mieux, si j’ose dire qu’une bénédiction, pour recevoir et goûter avec son père la joie de la réconciliation.

Cette scène, et le chant admirable du père, me touchent particulièrement en ces temps-ci, comme me touchent également les voix de Natasha St-Pier et de Gregory Turpin, en belle communion avec celles des voix des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, en tournée actuellement en France, et aussi en Belgique, pour chanter la joie de Noël.

+ Benoît Rivière


Editorial d'Eglise d'Autun N° 19 - 15 novembre 2019

NOUVEAUX CHEMINS POUR L'EGLISE ET POUR UNE ECOLOGIE INTEGRALE

Le synode sur l’Amazonie vient de s’achever, mais, comme tout synode, il met en route pour de nouveaux chemins et pour une conversion à accueillir. Le pape publiera très prochainement les conclusions qu’il tirera de ce synode pour toute l’Eglise. Nous sommes attentifs à nous laisser encourager et instruire par ce que nous dira le pape.

Pendant notre récente assemblée des évêques de France à Lourdes, nous avons écouté l’un d’entre nous, participant du synode pour l’Amazonie : Monseigneur Emmanuel LAFONT, évêque de Guyane. Ce département français compte, on le sait, une partie (modeste mais réelle) de la population amazonienne. Comme nous a dit Mgr LAFONT, l’Amazonie invitée au Vatican pour ce travail de discernement et de communion dans la foi universelle, c’était un peu la périphérie mise au centre ! C’était dire au monde entier : écoutez le cri des pauvres ! Ecoutez aussi avec eux le cri de notre terre !
francois d assise
L’Amazonie est l’un des principaux poumons pour la respiration de la terre entière, et ce poumon est aujourd’hui gravement menacé par la déforestation. Il est possible de changer nos manières de faire et nos mentalités consommatrices pour entrer dans une nouvelle et sobre manière de vivre, réconciliés avec la terre et non plus exploitants aveugles de cette terre. L’avenir n’est pas écrit d’avance, sauf si hélas nous continuons la logique de l’exploitation sans limite des ressources naturelles et si nous continuons à ignorer ce qui se joue lorsque des déséquilibres énormes sont accentués par la surconsommation.

La louange chantée par Saint François d’Assise est écrite depuis le tréfonds d’un cœur et d’un corps blessés par la maladie et les trahisons. Elle est donc particulièrement appropriée pour nous aujourd’hui. Le synode pour l’Amazonie nous entraîne à vivre de la vie que Dieu donne à toutes ses créatures, et nous entraîne à la belle restitution de notre être, c’est-à-dire à la louange, plutôt qu’à l’accaparement, à la suffisance orgueilleuse et à l’égoïsme. Oui, avec les cœurs purifiés par l’épreuve, nous osons chanter : loué sois tu, Seigneur, pour sœur l’eau, et pour la terre, qui féconde et qui peut nourrir les affamés !

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 18 - 1er novembre 2019

VISAGE CES VISAGES QUI OUVRENT A L'ESPERANCE

Dans l’évangile, nous apprenons à ouvrir nos esprits et nos cœurs     aux réalités du Royaume de Dieu. Nous voyons des visages         d’hommes, de femmes, et d’enfants, visiblement éclairés par la confiance et par l’espérance. Combien de fois le Seigneur a loué la foi des humbles !

Ces jours-ci, je me souviens de plusieurs d’entre eux. Je vois, je revois, ces visages burinés par l’existence, burinés par les épreuves et par la douce persévérance de l’amour, de ces pèlerins venus à Paray-le-Monial pour faire un temps de retraite spirituelle et célébrer la fête de Sainte Marguerite-Marie. C’est comme si, à travers eux, à travers elles, le Seigneur me disait : ce qui ne se voit pas, ce qui est cette alliance vive entre la créature et son créateur, c’est cela qui est le plus beau !

Je vois, je revois ce visage d’un représentant de l’Etat et le visage de son épouse, quittant dans la paix et l’humilité une responsabilité et une région où ils s’étaient donnés avec compétence, et avaient tissé de belles relations autour des réalités à servir, et non pas seulement autour d’eux-mêmes ; quelle belle lumière, quelle paix, quelle douceur et quelle joie durable ! Le regard qu’ils ont porté sur notre pays de Bourgogne nous a entraînés à espérer et aimer davantage.

Je vois, je revois ces visages d’enfants à l’Ecole de prière des jeunes à Etang-sur-Arroux récemment, si emplis de joie et de bonheur. Etre à leur service, être avec eux dans la prière, dans les jeux, dans les ateliers artisanaux… pour des adultes, c’est quelque chose qui ouvre à l’espérance. C’est quelque chose qui a saveur d’évangile : avance ! Ne te retourne pas en arrière ! Celui qui regarde en arrière n’est pas fait pour le Royaume de Dieu !

Et je vois, je revois, j’ose le dire, le visage des proches collaborateurs, marqués par le calme et la sérénité joyeuse, marqués par la belle joie de servir l’Eglise. Sans cette lumière quotidienne dans les relations, il serait impossible de croire, d’aimer et d’espérer.

+ Benoît Rivière




Editorial d'Eglise d’Autun N°16 - 4 octobre 2019COURAGE

COURAGE ZOROBABEL !
COURAGE TOUT LE PEUPLE !


Le prophète Aggée ne s’adresse pas seulement aux chefs, il convoque à l’action le peuple entier : « Courage Zorobabel ! Courage, tout le peuple ! » Quel est ce peuple ? C’est le peuple revenu d’un long exil hors de chez lui, ramené sur sa vraie terre, et qui ne retrouve plus la belle maison de prière édifiée jadis par Salomon. A cette place, ce n’est que ruines, cendres, débris.

Nous ressemblons à ce peuple. Nous sommes perçus comme des rescapés d’une Eglise qui connut jadis des institutions mémorables qui faisaient notre joie et l’équilibre de notre marche sur les chemins éprouvants de la vie. Nous savions pouvoir compter sur elles, et nous reposer sur elles.

Devant les « effondrements » de toute sorte, familiaux, éducatifs, sociaux, économiques, politiques, liturgiques, moraux, patrimoniaux… nous ne retrouvons plus l’antique maison de prière. Et nous entendons heureusement la voix des prophètes comme Aggée. Ces voix ne découragent pas ! Ces voix ne condamnent pas ! Ces voix préparent celle du Sauveur ; elles sont solidaires de notre pauvre vie, elles donnent la joie au lieu de la tristesse, le réconfort au lieu de l’errance, elles engagent vers l’avenir fraternel au lieu de l’enfermement dans les divisions haineuses, elles inscrivent en nous la vérité par le canal de la douce miséricorde.

Courage Zorobabel, courage tout le peuple ! Participe avec tes frères et de toute ton énergie, à l’édification de ce que Dieu donne de voir s’élever comme un signe pour les nations : « ma maison sera une maison de prière pour tous les peuples. »

La force prophétique est entièrement présente dans la personne du Sauveur, Lui que nous voyons prendre régulièrement le recul de la vraie prière : « Il se tenait à l’écart pour prier. » Cet « écart » n’est pas celui de la peur, ni du mépris, ni du découragement, il est celui de l’amour véritable qui reçoit et qui donne, qui écoute et rend capable d’agir véritablement.

Le courage de prier marche avec celui de servir et d’agir selon Dieu.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 15 - 20 septembre 2019Cardinal

ENTRETENIR LA MEMOIRE DE CE QUE DIEU FAIT

Dans chaque eucharistie, nous entendons et nous recevons ce que Dieu, en son Fils Jésus, fait pour que nous vivions. Nous entendons ce qu’Il dit pour son peuple et ses amis, nous entendons Sa voix comme le salutaire murmure de la brise adoucissante, même dans la tourmente et les plaintes de tous bords. Nous entendons son Amour qui nous cherche et nous réjouit.

Nous recevons et nous communiquons ce qu’Il fait pour la multitude. Nous recevons, à mesure de notre propre indigence, l’Esprit-Saint consolateur et donateur de vie. Nous recevons et nous voudrions tant offrir à chaque moment cette joie que nul ne pourra jamais nous ravir.

Ces jours-ci, je voudrais encore me souvenir d’un témoin du monde contemporain. Ce témoin, j’aime y penser dans la reconnaissance et l’action de grâce, c’est le Cardinal ETCHEGARAY. Ses yeux pétillants et largement ouverts se sont à présent fermés pour toujours sur cette terre, attendant la résurrection bienheureuse sur la terre des vivants qui louent Dieu avec les saints.

Je revois son visage, j’entends le son de sa voix, et je devine son cœur simple et libre. Cher Père ETCHEGARAY, on lisait sur les traits de votre visage que vous étiez un homme eucharistique, libre et passionné : libre de taire ce que vous vouliez taire, et libre de dire clairement, avec humour et talent, ce que vous vouliez faire entendre. Vous étiez passionné par les gens, petits ou grands, chrétiens ou non, dès lors que votre cœur de pasteur ouvert sur le monde, sentait qu’il y avait une quête de vie et de dialogue en eux. Et il y a toujours une soif de vie et de rencontres des frères, chez chaque être humain. Vous aimiez le monde, non pour vous y fondre, mais pour deviner dans ses ressorts les plus profonds, le travail de l’Esprit-Saint, tellement beau et durable. Et vous aimiez le Christ et sa Mère, ô combien, auprès de qui vous nous entrainiez, chaque fois que nous étions votre hôte, grâce à la prière devant les icônes de votre oratoire.

Avec vous, Père ETCHEGARAY, avec nos ainés dans la Foi, avec aussi les enfants d’aujourd’hui qui attendent de l’Eglise cette même ardeur de foi, nous voulons chanter avec le psalmiste : « Seigneur, je ferai repasser dans mon cœur tes innombrables bienfaits ! »

+ Benoît RIVIERE



saone et loire chemins septembre 2019Editorial d'Eglise d'Autun N° 14 - 6 septembre 2019

NOUVEAUX VENUS, NOUVEAUX VISAGES

Le mois de septembre est celui des vendanges, c’est aussi celui de la rentrée. Pour nos frères et sœurs du judaïsme, c’est le mois de Kippour, le grand Pardon, qui inscrit dans les cœurs la joie bouleversante de la rémission des péchés.

Ces jours-ci, dans les paroisses, les écoles, les clubs sportifs et les conservatoires de musique, les groupes de spiritualité et les communautés diverses, les aumôneries et les mouvements d’action catholique, les entreprises… se présentent des nouveaux venus, autant de nouveaux visages qui voient les réalités que nous vivons avec un regard de première découverte et de gratitude. C’est comme si à travers eux, nous entendions un appel : Est-ce que tu permets que j’augmente ta joie ? Est-ce que je peux avoir une place avec vous ? Est-ce que je peux compter sur vous ?

Prochainement, samedi 5 octobre à la Maison diocésaine de Saint Désert, les nouveaux baptisés du diocèse, et ceux qui ont reçu comme adultes le sacrement de confirmation à la Pentecôte, sont conviés pour une rencontre et un partage, avec la célébration de l’Eucharistie à 11h00. Nous élargirons ce groupe, en accueillant pour l’Eucharistie et pour le repas partagé tous les nouveaux arrivants en Saône-et-Loire qui le voudront.

La Maison Diocésaine a vocation d’être maison de l’amitié chrétienne et de l’hospitalité, comme Béthanie, maison où chacun peut se sentir un peu « chez lui » parce que le sourire de la Mère de Jésus est tangible. Nous ferons découvrir ce lieu aux participants, et nous écouterons ce qui les porte dans leur nouvelle existence en Saône-et-Loire.

Je souhaite que nous ayons à cœur d’inviter personnellement des nouveaux venus en Saône-et-Loire en leur disant : « vous êtes chaleureusement attendus le 5 octobre à Saint Désert pour l’Eucharistie de 11h00 (à l’église du village) et pour le repas partagé ensuite ! »

Aux lecteurs d’Eglise d’Autun, je dis ma gratitude pour leur fidèle confiance, et pour leurs prières. Que chacun ajoute à la joie des autres, et soulage aussi comme il est possible la peine des autres, pas sa simple présence et par son ouverture à l’inattendu que Dieu prépare.

+ Benoît RIVIERE


Taizé 2020, une rencontre pour notre diocèse

affichetaiz     Les explicatifs de l'affiche : ici

Pour s'inscrire :

- Pour les jeunes : inscriptions en ligne : ici  
contact : Théo Leuillier - pastoralejeunes@adautun.fr - 07 85 76 44 19 -

- Pour les catéchumènes et confirmands adultes : contacter Anne Perrot - anneperrot71@outlook.fr - 06 60 45 95 49
- Pour tous les autres, adultes et familles inscriptions en ligne : ici

Le programme :

Samedi 3 octobre
13h00 Rendez-vous à Cormatin pour les jeunes du diocèse
13h20 Temps de prière introductif à l’église de Cormatin
14h00 Départ de la marche direction Taizé
16h00 Topo Laudato Si’ avec différents intervenants
16h45 Goûter
17h00 Rencontre avec l’évêque pour les futurs confirmands ou activités diverses
18h00 Installation dans les chambres
19h00 Repas
20h00 Veillée
23h00 Coucher

Dimanche 4 octobre
9h00 Accueil
9h15 Mot d’accueil de Monseigneur Rivière et de frère Aloïs.
9h30 Introduction biblique puis groupe de partage
11h30
Enseignement d’Elena Lasida suivi d’une table ronde
Pour les jeunes, intervention d’Etienne Villemain suivi d'une table ronde
13h00 Repas
14h30 Célébration liturgique : eucharistie, baptèmes et confirmations
16h30 Goûter


En pratique :
- Merci de privilégier le co-voiturage pour se rendre à Taizé
- Il est possible d'apporter un pliant pour s'assoir dans l'église

Mesures sanitaires :
Les conditions sanitaires peuvent bien sûr évoluer jusqu’au 4 octobre. Vous trouverez les mesures sanitaires mises en place à Taizé actuellement ici

Pourquoi cette journée diocésaine à Taizé :
Le rassemblement prévu à Taizé le 4 octobre se prépare et s’adaptera pour permettre au plus grand nombre de vivre une journée diocésaine en la fête de Saint François d’Assise, témoin d’une sobriété heureuse. C’est dans cet esprit que nous souhaitons nous rassembler et faire la part belle à la fraternité dans un climat de simplicité joyeuse, en enfants bienaimés du Père.

Avec les frères de Taizé
Depuis de nombreuses années nous sommes accueillis chaleureusement par la communauté des frères, en particulier à l’occasion de ce rassemblement diocésain quinquennal.
Cette année, nous aurons la joie d’entamer la journée à la manière des jeunes qui se réunissent habituellement sur la colline, avec une introduction biblique par un frère de Taizé.
Nous bénéficierons par ailleurs du cadre de prière de la communauté pour la grande célébration liturgique, dans l’après-midi, au cours de laquelle les catéchumènes adultes du diocèse recevront au milieu de notre assemblée le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Recevront avec eux le sacrement de la confirmation des jeunes et des adultes de Saône-et-Loire.

Avec nos frères et soeurs du diocèse
Nous sommes invités à cette journée avec des personnes fragiles, tous membres vivants de l’Eglise. L’introduction biblique le matin sera l’occasion d’entrer dans une dynamique d’évangélisation mutuelle, nous laissant interpeler par la Parole de Dieu et prenant au sérieux la parole de ceux avec qui nous la partagerons. Les équipes Pierre d’Angle du diocèse offriront les bracelets de l’amitié qu’elles ont confectionnés pour cette occasion.
L’après-midi, la célébration liturgique de l’initiation chrétienne déploiera une dimension communautaire chrétienne exceptionnelle. Nous y accueillerons dans la joie des frères et des sœurs qui ont demandé à faire pleinement partie de la famille des enfants de Dieu.

La sobriété heureuse de Laudato Si
A l’invitation du Pape François qui a promulgué une année Laudato Si, et dans le sillage d’une réflexion et d’une action diocésaines autour de l’écologie intégrale, nous voulons vivre ce rassemblement dans une forme de sobriété et de simplicité joyeuse.
Pour cela, nous partagerons un repas simple, à la manière de Taizé, et nous limiterons au maximum nos déchets.
La liturgie laissera une bonne place à l’esprit Laudato Si, notamment à travers la mise en valeur du du symbolisme de l’eau, de l’huile, du pain et du vin au cœur de la célébration sacramentelle.

La Caravane :
 la caravane reprend sa route et annonce l’invitation à Taizé dans les lieux où elle sera demandée. Elle est toujours disponible, n’hésitez pas à prendre contact avec l’équipe : caravanetaize@gmail.com