Editoriaux d'Eglise d'Autun

Editorial d'Eglise d'Autun N° 15 - 21 septembre 2018

LE CONSEIL PERMANENT ADRESSE UN MESSAGE AU PEUPLE DE DIEU QUI EST EN FRANCECEF

Dans la suite du message du pape François adressé à tous les catholiques le 20 août dernier, les évêques réunis pour le premier Conseil Permanent de rentrée ce 12 septembre adressent un message au peuple de Dieu qui est France.
Monseigneur Benoît Rivière, membre de ce Conseil, est l'un des dix évêques signataires.

Depuis plusieurs mois maintenant, notre Eglise est durement mise à l’épreuve.
Laïcs, clercs, consacrés, nous sommes profondément affectés par les révélations d’abus qui se font jour à travers le monde et dans notre pays. Face à la souffrance imprescriptible des victimes et de leurs proches, nous sommes tristes et honteux.

Notre pensée se tourne d’abord vers ceux à qui on a volé leur enfance, dont la vie a été marquée à tout jamais par des actes atroces.
Croyants et incroyants peuvent constater que les actes de quelques-uns rejaillissent sur toute l’Eglise, qu’il s’agisse d’actes criminels ou de silences coupables.

Tous, nous subissons ce soupçon qui porte sur l’ensemble de l’Eglise et des prêtres.
Dans ce désarroi partagé, nous affirmons à la fois que notre lutte contre tout abus doit se poursuivre sans relâche et que notre estime et notre affection pour les prêtres de notre Eglise restent entières. Nous, évêques, voulons redire notre soutien aux prêtres de nos diocèses et appeler tous les fidèles à leur manifester leur confiance.

Le pape François a adressé le 20 août dernier une lettre à tous les catholiques du monde. Il y engage à une « participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu » pour enrayer le fléau de la pédophilie. Nous faisant l’écho de cette parole, nous invitons toutes les communautés, tous les fidèles à lire attentivement cette lettre, à l’étudier avec sérieux, à voir comment la mettre en œuvre. Nous appelons chaque baptisé, quelle que soit sa responsabilité dans l’Eglise, à s’engager « dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin ». C’est par l’engagement et la vigilance de chacun que nous parviendrons à vaincre cette calamité des abus dans l’Eglise.

En France, l’Eglise s’est engagée avec une grande détermination dans cette lutte contre les abus et notamment contre la pédophilie. Avec humilité, nous reconnaissons que ce combat est toujours à intensifier, qu’il nécessite une attention sans faille et une conversion permanente des mentalités. La souffrance des personnes victimes d’abus s’impose aujourd’hui comme la première des conséquences à prendre en compte face à ce fléau. Nous affirmons avec force que l’écoute de l’histoire des victimes nous a profondément bouleversés et transformés. Nous sommes persuadés que leur écoute et le travail accompli avec elles nous aideront à mener ce combat contre la pédophilie et à trouver des voies toujours nouvelles de prévention, notamment par la formation des différents acteurs auprès des jeunes. C’est bien dans cet esprit que, lors de notre prochaine assemblée plénière à Lourdes, nous souhaitons accueillir et écouter des personnes victimes.

La crise que traverse l’Eglise catholique aujourd’hui, le profond désarroi dans lequel sont plongés beaucoup de fidèles et de clercs sont une invitation à travailler à la juste place de chacun. A la suite de l’appel du Pape maintes fois exprimé, nous invitons à travailler cette question de l’autorité partout où elle se pose dans l’Eglise. C’est ensemble – dans un souci de communion véritable – qu’il nous faut veiller à ce que tous exercent pleinement leur responsabilité.

Dans ces épreuves qui nous atteignent, nous évêques, avec force et humilité nous en appelons à la foi des uns et des autres. C’est le Christ qui est notre Roc. Il nous a promis qu’il ne nous ferait jamais défaut. Nous vous lançons cet appel : « Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous » (1P 3,16)


+ Benoît RIVIERE avec les évêques du Conseil Permanent


Editorial d'Eglise d'Autun N° 14 - 07 septembre 2018

vigne secateur
« ALLEZ VOUS AUSSI TRAVAILLER A MA VIGNE »

Que veut dire travailler dans la vigne du Seigneur ?
Où et en vue de quoi dépensons-nous nos forces ?
Quelle est l’orientation qui mobilise notre vie sur terre ?

En ces jours de reprise du travail ordinaire, je crois nécessaire de nous mettre résolument à l’écoute du Seigneur, qui nous veut avec lui dans son travail divin. Ce travail dans la vigne du Seigneur donne de n’être plus jamais seul ; combien sont nombreux, en effet, ces « saints et saintes de la classe moyenne », juste à côté de nous, et qui nous montrent le visage de la charité joyeuse et humble ! Ce travail donne de goûter la joie de la récompense qui vient de Dieu et non des hommes.

Ce travail fait grandir l’espace libre où le Saint Esprit agit. Il ne disperse pas, il ne fait pas de bruit, il ne méprise pas les autres, il juge au contraire que le plus petit et le plus pauvre sont à la première place dans le chantier. Il ne revendique rien pour soi seul qui ne soit en même temps un bien pour les autres.

La vigne du Seigneur n’est pas cantonnée dans des frontières visibles, elle est fructueuse partout où les hommes vivent, aiment, souffrent et prient. Nous sommes sarments de cette vigne.

Tu travailles dans la vigne du Seigneur dès que tu te laisses conduire par l’Esprit-Saint et non plus par tes passions égoïstes.
Tu travailles dans la vigne du Seigneur dès que tu vois un frère et un ami en tout homme puisque le Christ a livré sa propre vie pour chacun de nous.
Tu travailles dans la vigne du Seigneur quand tu préfères le silence à la médisance, quand tu as le courage d’une parole qui fait vivre et qui relève celui qui est tombé.
Tu travailles dans la vigne du Seigneur quand tu te reçois toi-même comme n’importe quel ouvrier à qui Dieu fait grâce.


+ Benoît RIVIERE



Editorial d'Eglise d'Autun N° 13 - 06 juillet 2018main

SERVIR, AIMER, PRIER

Je vois continuellement d’admirables gestes de service accomplis sans publicité, je devine le poids de prière chez tant d’humbles frères et sœurs, je mesure la patience des heures d’écoute dans les lieux variés de la vie, je suis admiratif du travail persévérant de ceux et de celles qui préparent des repas et des liturgies ; bref, je suis témoin, et vous l’êtes aussi, j’imagine, d’un très bel amour des autres chez beaucoup.

Et en ce début d’été, je veux rendre hommage à tant de laïcs baptisés et de prêtres pour leur service, leur prière, et leur amour au sein de l’Eglise. Certains achèvent une mission particulière et en reçoivent une nouvelle. Il n’est jamais facile de quitter un endroit pour un autre. Nous accueillons ces temps-ci des prêtres venus rejoindre notre diocèse, ainsi que quelques nouveaux laïcs en mission ecclésiale. Qu’ils sachent combien nous voulons les accueillir du fond du cœur et travailler avec eux pour répandre la joie du Christ partout.

Je veux exprimer particulièrement ma profonde reconnaissance au père André GUIMET. Il achève cet été sa mission de vicaire général et devient curé de la paroisse Saint Etienne à Mâcon. Il a beaucoup soutenu ma charge d’évêque auprès de vous tous, et c’est lui qui a coordonné et animé la marche de notre synode diocésain. Le père Grégoire DROUOT débutera dans cette fonction de vicaire général à partir du 15 août. Il se trouve que nous serons en Terre Sainte, ensemble avec des étudiants, à cette date mariale si belle. Accueillez-le comme un frère voulant par-dessus tout communiquer la joie de l’amour du Christ, et qui continuera à donner du temps pour l’évangélisation des jeunes.

Vous savez peut-être qu’un évêque s’entoure d’une équipe de collaborateurs proches qu’on appelle un « conseil épiscopal ». Dès la rentrée de septembre, ce conseil, de 10 membres, se réunira deux fois par mois, dans une composition nouvelle. En effet, deux femmes mariées en feront partie, ainsi qu’un diacre permanent. Deux nouveaux vicaires épiscopaux arriveront. Un vicaire épiscopal, le père René AUCOURT, sera plus particulièrement chargé de la maison diocésaine.
Je tiens ici à dire ma profonde gratitude à ceux qui ont si fidèlement participé à ce conseil et qui achèvent cette mission.

Et je veux tourner mon regard vers les hommes, les femmes, les enfants, qui arrivent ces temps-ci pour habiter en Saône-et-Loire. Puissent nos communautés, nos équipes, nos mouvements, nos paroisses, être pour ces nouveaux habitants des signes efficaces de la bonté du Christ envers toute l’humanité. Nous les inviterons à une messe d’accueil le samedi 6 octobre à 17h30 à l’église de Saint Marcel.

D’ici là, bon été à vous ! Bon temps de ressourcement et d’amitié !

+ Benoît RIVIERE



Editorial d'Eglise d'Autun N° 12 - 22 juin 2018

amitieL’AMITIE DU SEIGNEUR JESUS

Ce fil d’or a relié cette année toutes les activités des fêtes du Sacré Cœur à Paray-le-Monial. Avec la foule des pèlerins, dans une atmosphère clémente, nous avons réfléchi à cette amitié la plus belle qui soit. De quelle amitié le Seigneur parle-t-il en disant à ses apôtres, et à nous aujourd’hui, qu’Il nous appelle ses amis ?


La véritable amitié entre des personnes, disait Saint Augustin, est cette « douce et affectueuse conformité de sentiments sur les choses divines et humaines. » Et Saint François de Sales précisera les différentes formes d’amitié, distinguant aussi les véritables amitiés de celles qui n’en sont pas. Cette qualité dépend des biens spirituels échangés entre les amis. Des abeilles butinant sur certaines fleurs donneront un miel de qualité médiocre, au lieu qu’elles donneront un miel excellent si elles butinent sur d’autres fleurs.

Entre des personnes libres, l’amitié est un choix qui est fondé sur la simple et profonde confiance réciproque, toujours bienveillante. Quand il s’agit de l’amitié du Seigneur Jésus envers nous, elle est pure initiative de sa part, elle est « vocation » : « je vous appelle amis ». Comment entrer dans cette amitié ? C’est de garder la parole donnée par le Seigneur Jésus. Cette garde amoureuse de la parole de l’ami commence bien sûr par l’attention aux mouvements de notre cœur profond. Dieu est l’ami du cœur humain, disait Saint François de Sales.

Le Seigneur Jésus, faisant de nous ses amis, en nous partageant absolument tout ce qu’il a reçu lui-même du Père, nous presse intérieurement de garder sa Parole. L’attention à cette Parole et à notre manière de parler et d’agir dans le monde participe de notre belle complicité avec le Saint-Esprit. Il s’agit de nous recevoir comme amis du Seigneur, écoutant sa Parole, et travaillant à la libération que cette Parole opère dans le monde.

Des amis s’écoutent au meilleur d’eux-mêmes, et ils se nourrissent en quelque sorte du pain de la parole de l’ami. Le monde a tellement besoin de cet espace où la parole est échangée, où chacun peut se situer en conscience.

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 11 - 8 juin 2018COURSE

L'ELAN DU SERVICE

Sortant de la gare du Nord à Paris, un jeune homme sportif voit un petit garçon suspendu dans le vide à un balcon au 4ème étage d’un immeuble. L’amour ne calcule pas. C’est un petit enfant en danger de mort. Sans plus attendre, voilà le jeune homme qui entreprend en vitesse l’escalade à mains nues de la paroi de l’immeuble, et réussit, en un rien de temps, à rejoindre l’enfant. Il l’empoigne pour le rétablir en sureté sur la terrasse.

Et le plus beau, c’est l’humilité de ce jeune homme. Des millions d’internautes l’admirent, et lui, simplement, dit : « je suis monté… Dieu merci je l’ai sauvé ! » Et il ajoute : « je n’ai pas pensé aux étages… je n’ai pas pensé au risque…je l’ai fait parce que c’est un enfant. » Le courage de cet étranger me fait penser au bon samaritain de l’évangile. Et il me fait penser à l’amour qui se risque pour les autres.

Il y a tous les jours sur notre chemin des petits qui sont en danger d’isolement et de mort, et nous pouvons, comme le jeune homme du XVIIIème arrondissement de Paris, voler à leur aide, avec nos capacités, et en nous risquant. Mais bien des choses en nous gênent l’amour, gênent l’élan du service, gênent le courage et l’oubli de soi.

Nous sommes bons, au fond de nous-mêmes, et les autres aussi. Et nous devons croire davantage à cette bonté foncière qui est en chaque homme. Nous devons croire que l’image de Dieu en nous et chez n’importe quel autre n’est pas détruite pour toujours. Nous devons nous laisser guider par le Saint-Esprit qui est amour, et nous n’aurons plus peur, ni du danger, ni des autres, ni de perdre notre vie. C’est en se donnant qu’on se trouve, c’est en aimant réellement qu’on commence enfin à trouver la vie véritable.


+ Benoît RIVIERE



Editorial d'Eglise d'Autun N° 10 - 25 mai 2018

QUELLE TERRE VEUX-TU LIBREMENT HABITER ?

Si je devais retenir une chose de notre rencontre d’aujourd’hui au Carmel de la Paix, et de notre réflexion sur l’expérience de l’exil, ce serait la question suivante : au fond, quelle terre veux-tu librement habiter ?

Nos pères dans la Foi ont continuellement médité l’expérience du déplacement. Et l’exil est une expérience souvent douloureuse d’un déplacement d’une terre vers une autre, étrangère, surtout au départ. Comme l’a dit tout à l’heure Frère Aloïs, pour le peuple d’Abraham, l’exil est un creuset pour la foi, pour éprouver et aussi pour rendre plus forte la Foi au Dieu de l’Alliance. Pour le croyant, l’exil est comme un révélateur de la foi.

Ce déplacement peut s’éprouver de bien des façons ; je donne brièvement quelques uns de ces déplacements, que je suis moi-même invité à vivre :

- Déplacement de l’idolâtrie vers l’espace de la rencontre avec Dieu, le Dieu Unique, et avec les hommes ;
- Déplacement des manières de voir le monde et ma propre vie vers des manières autres qui interrogent ma propre fidélité ;
- Déplacements de lieux sécurisés vers des espaces où le risque de l’accueil et du dialogue devient porte de vie ;
- Déplacement, au fond, de cette vie présente vers la vie éternelle.

La Bible se réfère souvent à l’expérience de l’exil à Babylone, elle en fait mémoire pour faire réfléchir à nos attachements et à nos détachements.

Où sont nos raisons de demeurer en un lieu ?
Où sont les espaces de la vraie demeure, pour chaque peuple et chaque culture ?
Quelle terre, quel espace spirituel, es-tu en train de quitter ?
Quelle autre terre voudrais-tu vraiment habiter avec les autres, tous les autres sans exception ?

CettMazille18e question est une interrogation spirituelle et humaine adressée à tous : quel retournement intérieur, quelle conversion Dieu te donne t’il à vivre, où que tu te trouves actuellement ?
Et si tu dois retourner sur ta terre natale, est-elle seulement une terre géographique et culturelle ?
N’est-elle pas la demeure vers laquelle tu voudrais marcher ?
N’est-elle pas aussi la demeure de Dieu parmi les hommes, la demeure où les justes sont comblés de la joie de ce que nos frères juifs nomment la joie de la Torah, la joie de la Parole de Dieu ?

Oui, je retiens de cette belle rencontre à Mazille, la question suivante : quelle terre veux-tu librement habiter ? Au fond, et c’est une question similaire : veux-tu marcher vers le bonheur ?

+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun

(Texte de l’intervention de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, lors de la 7e Rencontre interreligieuse de prières pour la paix sur le thème de l’exil à Mazille au Carmel de la Paix le dimanche 6 mai 2018).

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 9 - 11 mai 2018

P4190292« SOYEZ DANS LA JOIE ET L'ALLEGRESSE » (Mt 5,12)

Cette expression, qui vient de la bouche même de Jésus, est le titre de la troisième exhortation apostolique que le pape vient de nous offrir. François veut nous entraîner vigoureusement et avec réalisme sur le chemin des béatitudes, c'est-à-dire de la sainteté. Rien à voir avec la fausse sainteté de qui « a le regard figé dans une prétendue extase » ! J’aime que le pape nous dise que la sanctification est un cheminement communautaire.

La joie et l’allégresse est promise dès aujourd’hui à ceux qui ne désertent pas le combat de la foi, et qui en même temps considèrent leurs propres faiblesses comme le lieu où agit la grâce. En ce temps de Pentecôte (et d’ailleurs tout le temps !), la lecture de cette exhortation du pape stimule à viser haut, c'est-à-dire à nous laisser sérieusement guider par l’Esprit-Saint dont la force se joint à nos limites et à nos fragilités.

Je me suis interrogé, au fil de la lecture, et je vous partage ces quelques questions : est-ce que je m’entraîne chaque jour à savoir arrêter la course fébrile de mes pensées et de mes activités, pour habiter l’espace personnel où s’établit le dialogue sincère avec Dieu ? Est-ce que je considère que la reconnaissance de nos limites humaines permet précisément à la grâce de Dieu d’agir davantage ? Les deux seules richesses qui ne s’évanouissent jamais, sont le Seigneur et le prochain. Pourquoi ai-je tendance à laisser ma vie être envahie par tant d’autres soucis et richesses qui ne touchent ni Dieu ni le prochain ? Et devant les multiples sollicitations (écrans, loisirs, vains bavardages, occupations prétendument indispensables…), est-ce que je demande le don du discernement, ainsi que le courage d’agir ? Est-ce que nous goûtons peu à peu davantage « la grâce qui apaise la vanité et rend possible la douceur » ? Faisons-nous silence sur les défauts des autres ? Préférons-nous être enseignés de tout le monde plutôt que de prétendre instruire à tout bout de champ le moindre humain qui bouge ? (Cf. Saint Jean de la Croix. Exhortation du pape n°117).

Voilà quelques brèves notes entendues à la lecture de cette exhortation du pape. Elles m’aident à oser avec réalisme prendre à nouveau la route des béatitudes, en écoutant l’Esprit-Saint créateur et donateur de joie et d’allégresse.


+ Benoît RIVIERE


Editorial d’Eglise d’Autun N° 8 - 27 avril 2018DIEU EST JEUNE


« DIEU EST JEUNE »

Vous cherchez à lire quelque chose de bon et de nourrissant, quelque chose qui donne confiance en l’avenir, et qui réconcilie les jeunes et les anciens. Je vous conseillerais alors le livre que le pape vient d’écrire : Dieu est jeune Comment ce livre a-t-il été écrit ? A partir d’une conversation avec Thomas LEONCINI, appuyé sur cette conviction que les jeunes sont en quelque sorte « de la même étoffe que Dieu. »

En lisant, j’éprouvais trois sentiments réconfortants : d’abord celui d’être plongé dans un bain de sagesse. J’entends ici le mot sagesse au sens biblique, c'est-à-dire cette vie bonne que Dieu offre à l’homme s’il veut être heureux. Ensuite, c’était le sentiment de la paix, d’une paix tout près de moi, tout près de chaque journée, tout près de chaque pensée, à la simple condition de fuir le terrain de la cupidité, de la vaine gloire et de la sotte prétention à me croire meilleur que les autres.

Enfin, c’était le sentiment d’être ramené dans le réel du monde actuel pour y engager ma liberté, sans tristesse et sans découragement. Je veux dire que l’authenticité des paroles du pape, son acuité jamais surplombante, son immense empathie envers les autres, sont des choses qui aident à sortir du seul « jugement », pour entrer sur un chemin simple de dialogue et d’engagement.


+ Benoît RIVIERE



P1360493Editorial d’Eglise d’Autun N° 6 - 23 mars 2018

LES PAS DU RESSUSCITE !

Des diacres avec leur épouse et des prêtres ont mieux découvert à Assise, il y a quelques semaines, l’appel à se convertir à l’exemple de saint François et de sainte Claire. Ces deux grands « amis au ciel » étaient entrés dans la bienheureuse pauvreté devant Dieu, devant les autres et devant eux-mêmes, déjà dans leur vie mortelle ; et la création elle-même, jusque dans ses plus petites manifestations vivantes, leur était devenue comme « partenaire » de louange et d’offrande.

Saint François et de sainte Claire ne recherchaient pas Dieu dans un spiritualisme isolant et égoïste, mais en vivant sincèrement avec tous comme avec des frères et des sœurs aimés, et en voulant s’entraîner eux-mêmes avec les autres dans la vie bienheureuse.
Cette vie de bonheur n’est-elle pas déjà donnée, paradoxalement, aux humbles et aux petits qui manquent de ce que possèdent les riches ?

Je repense à des frères prêtres âgés, et à plusieurs d’entre eux qui viennent de mourir récemment. Ils avaient été dépouillés peu à peu de presque tout, en tous cas de bien des choses matérielles, et de bien des appuis. Ils étaient entrés dans une pauvreté de plus en plus entière, qui fait dépendre de la charité des autres et qui fait apparaître lumineusement la qualité du cœur : tu es fait pour la relation, pour te laisser aimer, et cela, jusque dans l’approche du mystère de la mort. Quelle audace de l’appeler, comme Saint François, « notre sœur, la mort corporelle » ! Dire cela n’est en rien dédain, ni mépris du corps, mais attente relationnelle, prière et action de grâce qui découvrent l’appui de Jésus lui-même s’en remettant au Père dans l’Esprit-Saint.

La beauté et l’ordonnancement de la création, écrivait le père Dufour dans son dernier témoignage un jour de Toussaint, permettent de tenir le coup quand viennent les combats à traverser pour garder la foi. Ce sont toujours par d’humbles signes qu’est donné aux hommes et aux femmes de suivre les pas du ressuscité.


+ Benoît RIVIERE


Editorial d’Eglise d’Autun N° 5 - 9 mars 20184

LA PRIERE, LE JEUNE ET L’AUMONE

La croissance presque folle des masses d’informations qui circulent à chaque instant par internet dans le monde, pose en creux la question suivante : qu’en est-il des relations humaines ? Etre et grandir dans des relations ajustées demande une humble présence, du temps réel, et un jeûne d’informations.

Je me souviens de l’histoire suivante : une femme demande un jour à son mari de pouvoir parler un peu tranquillement avec lui. Aussitôt le mari lui dit : « Ah, je vois ! C’est le problème de la voiture, ou bien c’est la difficulté d’un de nos enfants ! Oui, ma chérie, nous allons en parler calmement ! » Et elle lui dit : « non ! Ce n’est pas de cela que je voudrais parler avec toi : » « Et de quoi donc alors », lui dit son mari ? « De toi et de moi, » lui répond-elle simplement.

Dans la prière, le jeûne et l’aumône, il est question de relations, il n’est même question que de cela : où en suis-je de ma relation vitale, dialoguante, confiante, actuelle, quotidienne, avec le Seigneur vivant ? Où en suis-je de la relation équilibrée, honnête, réconciliée, avec moi-même dans l’histoire qu’il m’est donné d’accueillir ? Où en suis-je dans ma relation engagée, concrète, durable, avec d’autres qui attendent une aide ?

Le prix de notre existence est directement mesuré au temps et à la qualité de la prière, de l’ascèse, et du service concret des autres. Et le climat chrétien de notre relation avec Dieu, avec nous-mêmes et les autres, c’est la joie, d’autant plus grande que devient consciemment plus grande la place intérieure du Père qui est là, nous dit Jésus, dans le secret. Je me souviens d’une enfant à la veille de sa première communion me disant : « je ne veux pas seulement préparer une place à Jésus dans mon cœur, mais toute la place ! »

A mesure qu’avance le temps du Carême, sachons reconnaître ce qui a valeur devant Dieu et ce qui n’en a pas, et rejetons simplement et joyeusement ce qui n’en a pas aux yeux de Dieu. Alors, sera large et grand l’espace pour aimer mieux en toute circonstance et chaque jour.

+ Benoît RIVIERE


Editorial d’Eglise d’Autun N° 4 - 23 février 2018

PRIONS POUR LES CATECHUMENES


07 APPELS DECISIFS 2018Je lisais et relisais ces jours-ci les lettres personnelles que les catéchumènes adultes écrivent à l’évêque, à l’approche de leur baptême. Ces frères et ces sœurs « chrétiens-catéchumènes » sont au seuil du jour, ou plutôt de la nuit lumineuse, tant attendue par eux et par toute l’Eglise, de la plongée dans le bain de la nouvelle naissance. Dans une de ces lettres, je lis ceci : « le baptême n’est pas une finalité mais le commencement d’une vie nouvelle. Aller à la messe n’est pas une contrainte mais un moment de paix… ».

Ces lettres rayonnent d’une joie authentique, celle d’appartenir à la famille des chrétiens, celle de sentir l’amitié du Christ, celle de vouloir 24 heures sur 24 vivre vraiment en alliance avec Dieu dans le Christ, et en service auprès des autres avec Lui. Elles manifestent la force du Christ sauveur, qui est venu ouvrir la porte de la foi dans l’existence personnelle de chacun, marquée par tant d’épreuves graves, familiales entre autres.

Pour nos frères et sœurs catéchumènes, ce carême vient de commencer par le rite liturgique de « l’appel décisif », qui a eu lieu cette année à La Clayette. C’est l’appel de Dieu à vivre en Lui et pour Lui dans l’ordinaire des jours ; c’est en quelque sorte le temps d’aboutissement des « fiançailles » avec le Christ ; c’est le temps de la purification du cœur, par la fréquentation des Ecritures, par la prière, par la participation à la liturgie de l’Eglise et par l’engagement envers les plus pauvres.

Qu’en sera-t-il pour les « anciens » dans la foi ? Quel est notre désir de nous convertir entièrement, sans nous réserver une part où Dieu n’aurait rien à nous dire ? Quel est notre désir de nous laisser transformer à travers les sacrements de l’Eglise et les visages de nos frères et de nos sœurs en humanité ? Quels obstacles à l’amour je dois lever, avec la grâce de Dieu, dans ma vie ?


+ Benoît RIVIERE


Editorial d’Eglise d’Autun N° 3 - 9 février 2018

«JE SUIS LA VRAIE VIGNE ET MON PERE EST LE VIGNERON »

Regardez une vigne !vigne2
Regardez ce qu’il faut de patience, et que l’homme doit recevoir !
Regardez le soin du travail du vigneron !
Il faut des plants choisis, variés et sains ;
Il faut du terroir particulier ;
Il faut le soleil et la pluie, et l’humidité profonde jusqu’à la roche et jusqu’à l’eau ;
Il faut cela que Dieu donne aux hommes et aux femmes,
et qui s’appelle la terre, et la vie…

Un vigneron passe de longues heures seul dans sa vigne,
Qu’il en soit d’ailleurs ou non le propriétaire.
Il aime la vigne, et il la soigne.
Une vigne sans soin est une vigne folle.
Une vigne soignée fait voir cette alliance particulière
de la terre et du travail de l’homme.

Regardez une vigne !
Regardez comme les racines des plants vont chercher loin dans le sol,
Jusqu’à 10 mètres m’a-t-on dit !
Nous voyons cela, en certains lieux de Bourgogne,
Et nous entendons là quelque chose qui nous parle
de notre propre vie humaine et de notre amour du travail.
Nous devinons déjà la promesse de fête et de joie !

Oui, la vigne nous parle d’alliance,
Avec Dieu qui donne la vie et la croissance,
Avec les autres sans lesquels tout deviendrait pesant et lourd.

La prière nous assemble,
Sarments d’une vraie vigne, dont Jésus parle en disant :
« Moi je suis la vigne et mon Père le vigneron. »
Dans chaque eucharistie, nous prenons du pain et une coupe de vin, deux réalités ancestrales de l’existence des hommes sur la terre.
Nous bénissons Dieu qui nous a donné la terre en partage.
Jésus a fait ce geste, au début du repas du 7è jour,
pour annoncer et faire voir jusqu’où allait le don de Dieu.
Saint Vincent a fait de même en livrant sa vie pour garder vive la foi ?
Tel le vigneron paisible, nous ouvrons nos yeux sur la beauté de la création,
Et sur la beauté du travail humain,
Quand il est orienté vers le véritable bien.

+ Benoît RIVIERE



Editorial d’Eglise d’Autun N° 2 - 26 janvier 2018DIALOGUE

POURQUOI PARTICIPER AUX DEBATS SUR LES CONTENUS ET L’ENJEU DES LOIS RELATIVES A LA BIOETHIQUE ?

Au cours des prochains mois, dans une centaine de lieux publics, se tiendront des échanges pour apporter au Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) la matière, les arguments et les problématiques qui serviront à la rédaction de projets de loi, dans le cadre de la révision des fameuses lois de bioéthique.

Il me paraît important que des personnes capables d’aider au dialogue et de faire réfléchir sérieusement, puissent aider dans notre diocèse à des échanges sur ces sujets, et des échanges qui se tiendront dans un esprit de clarté, d’humilité et de bonté. Un passage du Concile Vatican II l’exprime ainsi : « Il appartient à l’Eglise d’engager le dialogue avec la société humaine au sein de laquelle elle vit… Il faut que ce dialogue se distingue par la clarté du langage en même temps que par l’humilité et la bonté, par une prudence convenable alliée pourtant à la confiance : celle-ci, favorisant l’amitié, unit naturellement les esprits. »

Certains objecteront que cela paraît utopique de vouloir entrer dans des espaces ouverts de dialogue sur les questions qui touchent à la vie elle-même, et donc à l’avenir de la société. Ils redoutent que les choses ne soient déjà arrêtées par avance.

Il est vrai que nous ne savons pas toujours bien faire entendre ce qui fonde nos prises de paroles publiques. Il est vrai que la tendance à multiplier des piles de lois pour satisfaire aux désirs singuliers, n’aide pas à une juste perception de la loi civile. Il est vrai que nous respectons le domaine propre du politique, et que nous ne voulons pas nous substituer à ceux qui ont reçu mandat du peuple pour légiférer.

Pour contribuer au dialogue dans notre société, en cette période de nouveaux débats au sujet des avancées techniques en matière de contrôle et de pouvoir sur le vivant lui-même et au sujet des enjeux humains de certaines décisions législatives, j’ai récemment appelé quatre baptisés qualifiés de Saône-et-Loire à se rendre à une journée de travail à Paris. Les intervenants de ce « séminaire » ont été réunis par Mgr Pierre d’Ornellas et un groupe d’évêques avec lui.
De retour de cette journée, nos quatre « missionnés » pourront, avec d’autres, aider les communautés chrétiennes que le souhaiteront à débattre. La foi et la raison, l’ancrage dans le réel des situations de souffrance, sont tellement nécessaires à qui veut voir un bonheur advenir pour toute l’humanité.


+ Benoît RIVIERE



Editorial d’Eglise d’Autun N° 1- 12 janvier 2018


AUJOURD’HUI EST UN COMMENCEMENT

Je me souviens d’une grande affiche permanente dans le couloir d’entrée d’un lycée de Marseille. Elle montrait un petit garçon haut comme trois pommes qui disait, avec un bon sourire : « ne vous énervez pas ! Dieu n’en a pas encore fini avec moi ! »

crocusAu commencement de cette année, cette boutade sympathique vaut pour chacun de nous quel que soit notre âge, et pour le monde actuel aussi. Dieu nous veut en croissance, et en croissance belle sous son regard. Le regard de Dieu n’est pas éteint sur la bonté qui est dans le monde. C’est même lui, son regard, grâce auquel nous existons, grâce auquel nous voyons des frères en tout homme, et grâce auquel nos péchés sont pardonnés. Sans lui, tout devient étroit et tout devient mesquin.

Les vœux que nous échangeons réveillent le meilleur de nous-mêmes, et je voudrais ici évoquer trois « cadeaux » reçus qui m’ont fait du bien :
- Le premier, c’est une question posée par quelqu’un en fin d’année, pour relire l’année écoulée à partir des grâces de Dieu sensiblement visibles dans le monde et dans notre propre vie personnelle ;
- Le second, c’est la délicatesse de tant de messages échangés en ces jours, et de tant de messages encourageants ;
- Le troisième, c’est un texte de Saint Jean XXIII que j’ai trouvé à mon réveil le 1er janvier : « Seigneur, rien qu’aujourd’hui, j’essaierai de vivre exclusivement la journée sans tenter de résoudre le problème de ma vie ; rien qu’aujourd’hui, je ne critiquerai personne et ne prétendrai redresser et discipliner personne si ce n’est moi… Rien qu’aujourd’hui, je ne craindrai pas et tout spécialement, je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau et de croire à la bonté. »

Cette prière n’est pas éloignée de celle de Sainte Thérèse de Lisieux demandant la grâce d’aimer « rien que pour aujourd’hui » ; c’est ainsi que nous serons dans le réel, en faisant simplement les choses au quotidien, dans la joyeuse disposition de ces deux grands témoins si proches. Aujourd’hui est une frêle passerelle. Il ne s’agit pas de tomber en nous réfugiant dans un ailleurs imaginaire, le plus souvent d’ailleurs à côté du réel. Il s’agit seulement de nous occuper de la bonté… il y a déjà pas mal à faire !


+ Benoît RIVIERE



Editorial d’Eglise d’Autun N° 21- 22 décembre 2017

 

DINER DANS LE MORVAN, UN SOIR D'HIVER


C’était il y a juste quelques jours, et il faisait froid. On ne voyait pas grand monde le long de la route et au bord des maisons… à vrai dire, on ne voyait personne ! Et puis, à 19h, la nuit était déjà bien installée, un brouillard humide et glaçant vous piquetait le visage, deux sapins éclairés sur le bord de l’église de Lucenay-l’Evêque vous ouvraient le chemin menant à la salle paroissiale.
COUVERTS
Celle-ci était franchement transformée grâce à une décoration joyeuse et à une grande table soigneusement dressée. Les invités se trouvaient réunis. Ils étaient environ soixante. Ils venaient des villages alentours et chacun avait été invité personnellement par le père Michel en reconnaissance des services rendus à l’Eglise en ce lieu. A l’approche de Noël, la paroisse de Notre Dame du Morvan voulait simplement réchauffer les cœurs de ceux et celles qui sont autant de « petites mains » pour la marche de la paroisse.

Après le vin chaud fort apprécié, nous étions conviés à tirer au sort notre place à table ; cela donnait toute sa chance à la providence. Nous étions donc placés entre deux autres personnes que nous n’avions pas choisies. Régal et surprise de la rencontre fraternelle ! Entrer en dialogue devenait simple, surtout après le chant des vêpres soigneusement et entièrement célébrées autour de la table. Quel bonheur de prier et chanter ainsi !

Les mets avaient été apportés par les uns et les autres, et notre frère prêtre Michel avait lui aussi fortement contribué à la qualité des plats en amenant du riz cantonais et un excellent ragoût de gibier offert par un paroissien voisin, tout cela préparé par ses soins. Le charisme de notre père Michel en la matière servait la joie du corps entier. Nous avons fini la soirée en chantant à nouveau, et en nous saluant joyeusement. C’était simple !

C’était authentiquement et sincèrement une belle soirée de frères et sœurs d’une paroisse ordinaire. J’ai goûté la ferveur et la joie de me trouver avec des frères unis autour d’une table. Je repense aux nombreux repas d’évangile, où Jésus a goûté ces joies-là ! Je repense à l’action de grâce que disent les frères de Taizé à l’issue de chaque repas : « En tout la paix du cœur ! La joie, la simplicité, la miséricorde ! »

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d’Eglise d’Autun N° 20- 8 décembre 2017MGR RIVIERE 26 11 2017 ter



« GLOIRE A DIEU, PAIX SUR TERRE ! »

Dans la nuit lumineuse de la naissance de Jésus, ce chant des anges a touché le cœur d’humbles marginaux de la société du temps d’Hérode. Ces bergers n’en croyaient pas leurs oreilles ! On leur murmurait une musique d’en-haut, qui les éveillait eux-mêmes à goûter et à partager une joie qu’ils ne connaissaient plus : « une grande joie… qui sera pour tout le peuple ! Un enfant nous est né ! Un fils nous a été donné ! »

Dans la nuit de nos espoirs déçus, dans la nuit aussi de nos modestes et quotidiennes fidélités, dans la nuit qui attend l’aurore, et dans la nuit qui doute de la venue du jour, une lumière s’est levée : une lumière qu’un chant accompagne. Les promesses faites aux anciens étaient donc vraies ! L’attente des pauvres n’était pas vaine ! Le désir d’un sauveur qui ne soit pas un faux messie pouvait trouver un accomplissement ! Et la foi de Marie, l’humble fille d’Israël, rencontrait vraiment la liberté de Dieu !

Un évêque d’Alexandrie au IVème siècle, Saint Cyrille d’Alexandrie, disait : « il n'y a pas un Fils qui était le Logos né de Dieu le Père, et un autre Fils né de la Vierge sainte ; mais nous croyons que celui qui est avant tous les temps est aussi celui qui est, selon la chair, né d'une femme »

Cette femme se tiendra au milieu des disciples de Jésus, au jour de la Pentecôte, pour prier et pour recevoir le don promis. L’Esprit-Saint, dans la foi de Marie, se répandra dans toutes les réalités humaines. Aujourd’hui comme hier, quand elle est réunie, l’Eglise jubile dans l’Esprit-Saint. L’écoute du chant de l’assemblé croyante, c’est quelque chose qui surprend toujours ! Oui, comme est belle l’Eglise en prière et en pèlerinage au milieu des hommes, quand elle entre dans le chant qui vient d’en-haut : « Gloire à Dieu ! Paix sur terre ! »

Marie écoute. Les bergers racontent. L’ouverture aux humbles et aux petits qui disent ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent eux-mêmes, est quelque chose de si important. A Taizé, lors de la clôture du synode diocésain, frère Aloïs a rappelé ces choses là, la joie, et l’écoute active des humbles.

Sur le devant de l’ambon de la cathédrale Saint Lazare à Autun, il y a un ange musicien, sculpté par Goudji. C’est le signe lumineux que dans le chant de l’Esprit-Saint, nous entendons l’évangile de la Nativité du Sauveur, aujourd’hui comme hier, et comme il en sera encore demain, jusqu’au jour de la rencontre éternelle des frères humains dans le mystère d’unité divine.

Bonne et heureuse célébration de la Nativité de notre Sauveur, Jésus Christ !

+ Benoît RIVIERE






fleur dans croixEditorial d’Eglise d’Autun N°19 - 17 novembre 2017

QUELLE RESURRECTION ESPERONS-NOUS ?


La joie de Toussaint n’est pas celle d’une béatitude privée et hors-monde, mais celle du Christ Jésus en communion profonde avec l’humanité entière. Et la foi en la résurrection du Christ entraîne dans un même mouvement la foi en la résurrection de nos défunts pour la vie éternelle, et la foi en notre propre résurrection. Nous avons reçu une espérance qui va chercher bien plus profond que celle d’une simple survie de notre âme et de l’âme de nos défunts. Nous avons la joyeuse espérance d’être ressuscités entièrement dans notre personne humaine transformée par l’Esprit Saint, comme Jésus lui-même est ressuscité des morts par la puissance de l’Esprit-Saint. « Je crois à la résurrection de la chair ».

Rappelons-nous que la « chair » n’est pas une enveloppe corporelle de notre âme ; elle désigne la personne humaine mortelle, en devenir dans son histoire avec Dieu, avec les autres et avec elle-même. La « chair », c’est l’être humain dans sa fragilité et dans son devenir. Et quand nous disons « je crois en l’Esprit- Saint, à la résurrection de la chair… », nous disons que notre mort corporelle n’est pas une sorte de libération d’un principe spirituel en nous, mais cette remise de tout notre être dans l’Esprit- Saint pour ressusciter avec le Christ, créature nouvelle. L’heure de cette transformation ne nous appartient pas, ni le comment de cette transformation qui nous fera voir Dieu avec nos yeux de chair, comme disait déjà l’Esprit- Saint dans la première alliance.

Pour mieux recevoir et vivre la foi de l’Eglise, il est bon de relier notre foi en la résurrection des morts avec le pardon des péchés et la vie en Dieu. En effet, nous faisons déjà l’expérience de la libération vitale qu’entraîne le pardon des péchés. Le sang sauveur de Jésus nous purifie de tout péché et de tout mal, nous infuse l’Esprit nouveau du Royaume de Dieu, nous fortifie dans le combat contre le mal et le péché. Et l’expérience de la vie selon l’Esprit, c’est-à-dire la vie évangélique, est bel et bien une réalité commencée dans notre marche sur la terre vers le Royaume de Dieu. Etre ou non dans la mouvance de l’Esprit-Saint qui éclaire, donne la force, produit des fruits de paix, de serviabilité et de joie, cela se voit déjà, grâce à Dieu ! Nous aimons prier pour les défunts, autant que nous aimons cette transformation en nous et entre nous que produit l’Esprit-Saint : la transformation baptismale.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d’Eglise d’Autun N°18 - 3 novembre 2017
CIMETIERE

AU SUJET DE LA « CREMATION »

Au sujet de la pratique de la crémation, qui s’étend actuellement dans nos sociétés occidentales, plusieurs questions se posent. L’Eglise encourage-t-elle ou non ce geste pour les fidèles ? De quelle manière accompagne-t-elle les familles en deuil qui se rendent dans un crematorium ?

Il est bien connu que la forme d’ensevelissement des défunts par mise en terre dans un tombeau, correspond davantage à la symbolique évangélique du grain de blé tombé en terre ; et la liturgie des funérailles chrétiennes n’encourage donc pas le geste de la crémation.

Il serait éclairant de connaître les motivations qui prévalent au choix de ceux qui demandent à être incinérés après leur mort. Elles sont diverses, depuis le désir de « disparaître » complètement et en un bref instant, jusqu’à celui de ne pas imposer à la famille un « passage » à l’église et au cimetière. Je signale seulement que le geste de la crémation n’est pas en lui-même, en tous cas en France, un geste « liturgique » ou « religieux », mais un acte d’ordre pratique, ce qui n’empêche pas, au contraire, que l’Eglise puisse se tenir auprès de ceux qui accompagnent leur défunt au funérarium.

Sans faire l’analyse développée des motivations des personnes en la matière, je voulais simplement proposer une recommandation, à l’adresse de ceux qui ont fait par avance le choix d’être incinéré. Parlez-en avec votre entourage familial. Ne les laissez pas découvrir votre volonté après votre mort. Ne laissez pas votre famille se voir imposer après votre décès votre choix particulier. Il est important que ces choses-là puissent venir à la parole avant. Ne pensez pas obligatoirement que vous « simplifierez » la vie des vôtres en abandonnant votre corps aux professionnels du crématorium, alors qu’il s’agit d’abord de permettre aux vôtres de remplir leur devoir de conduire eux-mêmes votre corps en sa dernière demeure.

Cette recommandation participe de cette conviction que notre mort concerne aussi les autres, qu’elle n’est pas seulement une affaire « individuelle », et touche au caractère social de notre vie. La mort, les rites qui l’entourent (plus ou moins, et souvent actuellement moins que plus !) sont de nature sociale et communautaire.


+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d’Eglise d’Autun N°17 - 20 octobre 2017


ENTRER DANS LA VIE DE L’ESPRIT
Notre Pere
Le Christ est le seul médiateur entre Dieu et les hommes, c’est pourquoi sa prière n’est pas seulement une prière parmi d’autres. En elle, toute prière humaine trouve son origine et son terme. Le « Notre Père » est l’expression du cœur de Jésus uni au Père dans l’Esprit-Saint. Dans l’inspiration de l’Esprit-Saint qui nous est offert sans mesure, nous sommes entrainés à prier le Père en toute circonstance, à aimer les autres et à les servir avec le Christ.

Le Christ connaît en lui-même les soifs, les désirs, les aspirations et les espoirs du cœur humain. Comme nous l’enseigne la foi de l’Eglise, « il connaît en son cœur d’homme les besoins de ses frères et sœurs humains, et il nous les révèle. » En le voyant prier, ses disciples lui ont demandé d’entrer dans sa relation avec Dieu : « apprends-nous à prier ». Le Christ leur a communiqué sa prière, et ce n’était pas seulement à redire, mais son Esprit qu’il leur livrait. Ce même Esprit nous façonne chaque jour. L’Esprit-Saint s’exprimant dans la prière du Seigneur nous donne de vivre nous-mêmes dans ce même souffle de joie, d’espérance, de bonté, de pardon, de réconfort, de force et de guérison… « Le Christ nous donne l’Esprit par qui les paroles du « Notre Père » deviennent en nous « esprit et vie »

C’est pour que nous entrions davantage dans la vie de l’Esprit que l’ancienne traduction française de l’avant dernière demande de la prière dominicale vient d’être améliorée. Le père Jérôme MELLANGE nous explique avec clarté, dans ce numéro d’Eglise d’Autun, les raisons de cette amélioration de la traduction du « Notre Père ». Je souhaite que nous profitions de ce changement de traduction pour redécouvrir les insondables trésors d’espérance que la prière du Seigneur contient en elle-même. Le « Notre Père » imprime en nous et dans nos relations cette marque toujours neuve de l’espérance du Royaume qui vient.

+ Benoît Rivière



Editorial - Eglise d'Autun N° 16 - 6 octbore 2017


RECEVEZ L’EVANGILE DU CHRIST

L’Evangile, que l’Eglise doit annoncer partout et toujours, est un don qu’elle reçoit. Elle n’est pas propriétaire de la Révélation de Dieu en Jésus Christ. Elle en est, comme Marie, l’humble et joyeuse servante. Elle le reçoit sans cesse avec joie et empressement. Le samedi 21 octobre, dans le lieu si vénérable du martyre de saint Marcel près de Chalon, Tony MONTESIN reçoit l’imposition des mains qui fait de lui un homme consacré à la « diaconie » de l’Eglise. Et en prenant le livre des évangiles que lui tend l’Evêque, le nouveau diacre entend ceci : « recevez l’Evangile de Dieu, que vous avez la mission d’annoncer. Soyez attentif à croire à la Parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné. »

Ces mots sont riches d’une profonde signification : le diacre n’est pas chargé de dire ce que les autres auraient à vivre ; le Christ lui-même n’est pas venu « faire la morale » au monde, encore moins le juger ; il est venu l’aimer jusqu’à donner sa vie, et le sauver par cet amour éternellement reçu du Père. Le diacre reçoit d’entrer dans cette attention amoureuse envers le Christ, la Parole vivante de Dieu ; il reçoit de croire, et d’enseigner ce qu’il croit, sans jamais oublier de se reprendre lui-même constamment pour vivre de cette Foi crue et enseignée.

Dans la prière qui suit la communion, l’Eglise prie ainsi pour le nouveau diacre : « Dieu qui viens de servir à tes enfants le pain et la coupe du Royaume, garde ce nouveau diacre toujours fidèle au service de l’Evangile, des sacrements et de la charité... »bible

Il apparaît ici clairement que nous ne servirons jamais si nous n’acceptons pas de recevoir de Dieu lui-même le don du salut, c'est-à-dire déjà les réalités du Royaume qui nous sont « servies » dans l’Eucharistie. Et il apparaît que le service de l’Evangile, des sacrements et de la charité sont inséparables.

Depuis quelques temps se développent heureusement des initiatives où la Parole de Dieu est partagée avec les pauvres et les affligés, dans des lieux fraternels. Notre synode diocésain a notamment relevé ceci comme faisant partie des belles réalités à encourager et à multiplier.

Il y a bien des manières de s’encourager mutuellement dans l’écoute et la pratique de l’Evangile. Je voudrais proposer une manière simple de faire à quelques-uns une lecture priante de l’Evangile. Quelqu’un invite d’autres à se réunir chez lui autour de la table de la salle à manger, pour une heure qui peut se dérouler ainsi : celui qui invite, ou un autre, guide un petit moment de prière, puis demande à quelqu’un de lire à haute voix le passage de la Bible qui a été choisi ; on reste ensuite trois à cinq minutes en silence.

Puis ceux qui le veulent disent à haute voix un ou deux versets, ou un ou deux mots du passage biblique. Ensuite, on relit une deuxième fois le même passage à haute voix, et on reste à nouveau en silence pendant trois à cinq minutes. Alors, il y a un nouveau « partage » qui se fait en écoutant ceux qui veulent exprimer en quoi le passage, ou ce verset particulier, les rejoint et les concerne personnellement.

Enfin, on relit une troisième fois à haute voix le passage et, après un nouveau temps de silence, les participants qui le veulent expriment leur prière, de demande, ou d’action de grâce... Et celui qui « anime » conclut par un « Notre Père » ou une autre prière. Cette heure ou ces ¾ d’heure ou cette ½ heure est simple à vivre, et elle peut se poursuivre par un temps de goûter fraternel. C’est modeste. C’est simple. Et c’est réconfortant.

Cette écoute et ce partage en commun nous convertissent, nous remettent dans la lumière de la Foi et renforcent les liens de la fraternité. Je suis très frappé et interpellé par la parole des autres, notamment des humbles et des souffrants, dans ces moments de lecture priante de l’Evangile. Nous nous faisons alors les uns aux autres la charité de communier à l’Evangile, et, déjà, d’en recevoir l’énergie qui permet d’en vivre en toutes circonstances, dans les épreuves et dans les joies.

+ Benoît RIVIERE




Editorial - Eglise d'Autun N° 15 - 22 septembre 2017

personne agee
VIEILLESSE, NAUFRAGE ?


Est-il possible de porter du fruit, même dans le grand âge ? L’auteur biblique l’affirme quand il dit : « le juste, même âgé, fructifie encore ! » (Ps 92,15).

Nous pouvons nous demander ce que cela signifie. L’auteur ne veut évidemment pas nier l’état de fragilité dans lequel peut se retrouver une personne âgée. Il n’ignore pas les mystérieuses dégradations du corps humain. Et, physiquement du moins, on n’enfante pas quand on est devenu vieux ! L’Esprit-Saint pourtant montre que celui qui se conduit selon la justice, connaît une vieillesse qui peut porter du fruit. Et quel est ce fruit ? Est-il possible de donner et de recevoir la joie, même dans un âge avancé ?

Lorsque nous ne plaçons pas en nous-mêmes l’appui fondamental de notre élan de vie, et, comme dit le psaume cité, que nous puisons notre sève dans « la maison du Seigneur », nous devenons, presque à notre insu, des porteurs de la joie divine. En nous, peut se voir quelque chose auquel tous aspirent : d’être appuyé sur un soc solide et de manifester que Dieu est simple, « sans détours ».

Un médecin gériatre, qui n’aime pas que l’on désigner les personnes âgées, atteintes de certains troubles, par des termes de « démence » ou de « maladie », préfère envisager les aînés, tous les aînés, en disant d’eux : ils sont des heureux « présents ». Je trouve cela intéressant, de regarder la vieillesse comme l’entrée dans la « présence », évidemment avec des souffrances (quelles transformations humaines, quelles naissances, pourraient avoir lieu sans une part de souffrance ?). Notre quête d’humanité n’est-elle pas essentiellement de devenir libre dans une simple présence à Dieu, aux autres et à nous-mêmes, oubliant ce qui n’a pas valeur de charité c'est-à-dire d’éternité ?

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 14 - 8 septembre 2017PONTON


ENTRER DANS UN COMMENCEMENT


Un Dominicain célèbre avait donné à l’un de ses livres ce titre évocateur : « Chaque Jour je commence ». Cette belle expression peut valoir pour ce mois de septembre, si nous voulons voir et avancer dans l’espérance.
Pour un enfant découvrant l’école, ou une nouvelle classe de l’école, tout est neuf. S’ouvrir au monde des connaissances et des apprentissages fondamentaux, n’est-ce pas la joie de tout enfant, et aussi, la joie des adultes en service d’éducation auprès des enfants ? Et n’aurions-nous pas tous à trouver et à accueillir cette joie de découvrir davantage le réel, cette joie de grandir en humanité, en capacité de réfléchir, de dialoguer et de prier aussi ? Dieu ne cesse jamais de vouloir le commencement et la joie de l’humanité entière.

En ce mois de septembre, des familles arrivent pour la première fois dans un lieu, des prêtres aussi. Des séminaristes débutent ou continuent leur formation. Et pour ceux qui ne déménagent par physiquement en ce temps de « rentrée », il n’est jamais inutile de réenvisager mieux leur travail, leurs priorités, leurs relations et finalement leur mission. Un nouveau Préfet aussi arrive dans notre département, et il découvrira à travers nous tous les réalités singulières de la Saône-et-Loire. Il y a tant de générosités qui attendent d’être sollicitées pour accueillir et aider ceux qui en ont bien besoin.
L’été qui va s’achever aura permis à bon nombre d’entre nous de goûter au réconfort salutaire de la détente et des partages amicaux ou familiaux un peu prolongés. Après ce temps, nous retrouvons mieux les collaborateurs anciens ou nouveaux, avec un regard lavé heureusement dans le soleil des vacances. Et nous nous engageons avec l’ensemble des amis de l’Eglise dans la dernière étape du synode diocésain commencé voici presque deux années déjà. C’est l’étape des synthèses, de l’action de grâce et des résolutions. Pourquoi ? Pour ne pas revenir en arrière, et pour poser une confiance renouvelée dans le Christ lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde.

Nous donnons dès à présent rendez-vous à l’ensemble des catholiques de Saône-et-Loire et aux amis de l’Eglise le dimanche après-midi 26 novembre à 14h à Taizé. Ce sera un large rassemblement diocésain pour recueillir les fruits du travail synodal, et pour être renouvelés en profondeur dans la joie. Oui, en demandant les uns pour les autres le renouveau de notre conscience chrétienne, et la grâce d’un vrai commencement, nous voulons consacrer ce temps de septembre à la réconfortante et maternelle présence de Marie, Mère de l’Eglise.


+ Benoît Rivière

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 11 - 9 juin 2017

VOTEREFLECHIR ET VOTER


Nous sommes à la veille des élections législatives qui déboucheront sur un nouveau parlement au service de la concorde et de la vie de notre pays. Je vous propose de réfléchir brièvement, entre autres, à deux questions.
La première : il va de soi que nous devrons exercer notre devoir de citoyens en participant à ce vote ; mais dans quel état d’esprit irons nous voter ?
Deuxièmement : qu’espérons-nous de l’exercice du pouvoir politique en France au cours des cinq prochaines années, et qu’espérons-nous au fond pour l’avenir de la France ?

« Dans quel état d’esprit irons-nous voter ? »

Le parlement, dans l’esprit de la cinquième République, n’a pas été conçu pour être un contre-pouvoir, mais l’espace du débat pour travailler à des lois justes. En ce sens, le débat parlementaire doit favoriser avec l’exécutif l’avancée du pays dans des domaines aussi importants que ceux de l’éducation, de la défense nationale, de la santé, de la solidarité, de la défense des petits, celui du dynamisme économique et, j’ajoute, la création artistique et bien d’autres domaines encore. En ce sens, notre état d’esprit en allant voter ne peut pas être celui de gens grincheux, toujours en train de se plaindre, mais un état d’esprit confiant, désireux de voir jouer au mieux les différents niveaux de la vie publique, en concertation et en débat constructif. Et peut-être pouvons-nous demander et espérer de nos futurs députés qu’ils soient eux-mêmes dans un état d’esprit ouvert à chercher les meilleurs consensus, et votons en conséquence.

« Qu’espérons-nous pour notre pays ? »

Cette question rejoint celle de notre attachement à la vie en société. Elle rejoint une question de confiance les uns envers les autres. Est-ce que nous pouvons regarder avec espoir et confiance les années qui viennent, en étant engagés humblement à notre place pour mener avec d’autres des actions qui feront du mieux aux autres. Nos institutions sont bonnes certes, et nous devons nous en réjouir. Pourtant, il ne va pas de soi d’accepter des mandats au service des autres. Il me semble qu’il faut toujours honorer ceux et celles qui, à tous les niveaux de la société, s’engagent et s’engageront pour plus qu’eux-mêmes, et pour plus que leurs intérêts de groupe. On dit parfois que « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Je trouve que c’est un peu court ! Je pense plutôt que charité bien ordonnée commence par la sollicitude et la bienveillance envers autrui. On ne réfléchit jamais avec justice lorsqu’on ne se situe pas dans une relation bienveillante avec les autres et dans l’humilité.


+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 10 - 24 mai 2017


LA FOI QUI PURIFIE ET ECLAIREchemin

«Où vas-tu ? »
Cette simple question s’adresse à chacun de nous, et aussi à notre pays, à l’Eglise...
Vers où allons-nous ? Vers où dirigeons-nous la barque de notre existence ? Et quelle lumière vive éclaire notre route en ce monde ? Marchons-nous à l’aveuglette, au jour le jour et sans perspective, ou bien avançons-nous dans la paix et la persévérance, sûrs de l’amour indéfectible de Dieu envers les hommes ? Cherchons-nous une vraie place avec le Christ ? Nous la trouverons en nous mettant toujours en situation de pèlerins et de pauvres en route.

La foi nous indique qu’il n’est pas de route de salut sans les autres. Elle nous lie les uns aux autres dans le beau mystère de l’Eglise ouverte, pèlerine et servante de l’humanité. C’est bien pour cela que nous avons voulu ouvrir l’aventure joyeuse du synode diocésain commencé le 4 octobre 2015.

Etre en synode, c’est chercher ensemble ce qui vient de l’Esprit-Saint et qui nous met sur la bonne route. Les diocésains qui se sont réunis en petites équipes synodales jusqu’à maintenant ont fait cette belle expérience d’échanges fraternels et de soutiens mutuels. Leurs réflexions ont été recueillies par le secrétariat du synode ; l’assemblée synodale s’est déjà réunie plusieurs fois pour écouter ces réflexions.

Actuellement, les membres de l’assemblée synodale se réunissent actuellement en « forum » que nous avons appelé «coups de cœur », au nombre de 10 : la rencontre entre les cultures différentes, le soutien et l’accompagnement des vocations, l’exercice de la responsabilité entre prêtres et laïcs, la solidarité, la place de la femme dans l’Eglise, l’enseignement catholique et la catéchèse, la liturgie, les jeunes, la charge curiale et l’animation des paroisses et enfin les mobilités humaines.

Leur travail dans ces forums s’achèvera bientôt. Il restera à préparer les deux jours d’assemblée synodale des 9 et 10 septembre à Paray-le-Monial, et d’inviter largement l’ensemble du diocèse avec les amis le dimanche 26 novembre après-midi à Taizé pour célébrer les conclusions du synode.

Je compte vraiment sur la joie baptismale qui anime l’Eglise pour que nous goûtions les fruits de conversion qu’un synode accueille, et que nous soyons véritablement ouverts aux inspirations de l’Esprit pour aujourd’hui et pour demain.

Bonne fête de Pentecôte !

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 9 - 12 mai 2017chemin soleil

LES CHEMINS DE LA VIE

Un psaume revient à la mémoire de Pierre lorsqu’il s’adresse à la foule des pèlerins et des habitants de Jérusalem le jour de la Pentecôte. C’est le psaume 15. Pierre ne peut parler de Jésus que dans la lumière de l’Esprit-Saint qui inspire de bout en bout l’Ecriture Sainte. Et le psaume qui éclaire la catéchèse de Pierre ce jour de Pentecôte contient le verset, qui a été prié par Jésus lui-même, et que nous prions dans son esprit aujourd’hui : « tu m’a appris les chemins de la vie. » C’est avec Jésus et en Jésus que nous comprenons jusqu’où va cette expérience de l’apprentissage de la vie avec Dieu.

Nous connaissons trop bien hélas les chemins de la mort, et nous ne pouvons pas de nous même sortir de la mort. Il y faut cette humble venue de Dieu dans nos histoires humaines blessées et tentées par la tristesse. Les deux disciples d’Emmaüs qui s’éloignaient de la communion de la foi en quittant Jérusalem tout tristes, c’est nous, bien souvent, quand nous bornons notre horizon à ce que nous comprenons et voyons avec nos sens humains : « nous espérons... » Mais cette espérance-là elle-même doit éclater, pour s’ouvrir à une rencontre dont Dieu seul a l’initiative, dans le temps et dans l’espace.

Nous pouvons admirer avec quelle humble délicatesse le Seigneur s’est fait proche de nous, sur nos routes à l’envers de la vie véritable. Nous pouvons admirer avec quelle divine façon de se faire en tout semblable à nous, le Seigneur a inscrit dans nos conversations l’ouverture au sens profond des Ecritures : de bout en bout, tout nous parle de Lui, le Christ, vraiment descendu jusque dans nos chemins de mort et jusqu’à la mort même, pour nous inonder du feu de la miséricorde et de la vérité de la vie.

Oui, nous pouvons témoigner de ce qui advient en nous quand Jésus se fait le compagnon de la route et de la table. « Tu m’a fait connaître le chemin de la vie ! Devant ta face, débordement de joie : » Alors vient au cœur un nouveau regard, une nouvelle volonté, un élan que l’on ne croyait plus possible... et c’est le retour d’allégresse vers les frères dans la communion de la foi, dans la Cité de la Paix, Jérusalem. C’est le retournement « eucharistique ». C’est la conversion pascale. C’est notre Pâque, celle que Jésus vient vivre en chacun de nous.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 5 - 10 mars 2017

CELEBRATIONSE PREPARER AU MARIAGE, UNE JOIE POUR TOUTE L’EGLISE !

Le service de la Pastorale familiale publie un petit guide à l’usage des équipes de préparation au mariage. Ce document se situe dans la ligne de l’exhortation apostolique du pape François sur la joie de l’amour.

Il est un lieu où la joie se communique, lorsque des personnes sont en train de regarder devant elles pour s’aimer toujours. Ceux qui reçoivent et écoutent, ceux qui conseillent et accompagnent, ceux qui communiquent le trésor de la foi chrétienne, ceux-là savent que les rencontres avec les fiancés et les couples qui se préparent à la célébration du mariage sont un lieu où la joie se communique. Et la joie grandit en se communiquant.

Le pape François nous a livré récemment un lumineux témoignage de la confiance chrétienne dans l’amour humain et dans le chemin de la vie familiale. Il nous livre une espérance toujours nouvelle à faire voir et à servir, celle qui est contenue en vérité et en promesse dans l’évangile : le Christ nous a aimé et s’est livré pour nous ! Il ouvre toujours à ceux qui l’écoutent et se prêtent à marcher avec lui, une joie que personne ne pourra jamais leur ravir ! Il est, lui le Christ, le secret du bel amour auquel tout homme et toute femme aspire du plus profond de son être.

Je remercie le service de la Pastorale familiale d’encourager les équipes de préparation au mariage, et je souhaite que ce guide qui est publié ces jours-ci soit utile à ceux et celles qui donneront généreusement de leur temps pour aider le cheminement des fiancés et des jeunes foyers.

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 4 - 24 février 2017


ETUDIANTS IRAK2SOUTIEN AUX ETUDIANTS D’IRAK ET SOUTIEN MUTUEL DANS LA PRIERE


Il est toujours très beau de voir l’espérance et la charité mises en lumière dans l’humble travail des éducateurs et des enseignants. Faire vivre une école, un patronage, une aumônerie, une université... c’est croire dans la valeur infinie d’un seul être humain, et c’est aimer ceux et celles qui commencent leur existence, ou qui sont à l’aube de l’âge adulte.

Je demande aux diocésains de Saône et Loire, en ce temps de Carême, de prendre en considération tout particulièrement la nécessité de venir en aide, par la prière et par l’offrande matérielle, aux étudiants en Irak. Avec mes frères évêques de France, nous pensons important de permettre aux étudiants irakiens provenant de la région de Mossoul et qui sont réfugiés à Kirkouk pour leurs études, de poursuivre leur formation universitaire grâce à notre aide. En 2015-2016, plus de 400 jeunes ont pu le faire grâce à 1.140.000 euros récoltés.

L’évêque de Kirkouk avec qui nous sommes en relation, Mgr Youssif Thomas Mirkis, a mis en œuvre un programme pour loger, nourrir, soigner et équiper les étudiants de Kirkouk, afin de permettre un avenir à ce pays tant éprouvé. Il dit lui-même « qu’aider les futurs cadres à poursuivre leurs études en Irak est essentiel pour reconstruire le pays ». L’appel que nous lançons a donc pour but de fournir cette année, le logement, la nourriture et la connexion internet à une promotion de 668 étudiants pour un budget total de 2.000.000 euros.

Concrètement, chacun peut faire un don en ligne en cochant la case : « L’Eglise de France soutient les étudiants en Irak », ou encore envoyer un don à l’ordre de « Œuvre d’Orient – Etudiant Irak », à l’Œuvre d’Orient, 20 rue du Regard – 75006 PARIS.

Je pense encore à l’invitation qui nous est faite en ce début de Carême à nous convertir, à reconnaître avec gratitude toute personne humaine, depuis sa conception jusqu’au terme de sa vie ; je pense à l’aide que nous pouvons apporter réellement à certaines personnes, et à cette aide spirituelle si simple et belle qui consiste à nous réunir à quelques-uns autour de la table de la Parole de Dieu méditée et partagée. Quel rapport avec le soutien concret aux étudiants d’Irak ? Sans un retournement intérieur et communautaire vers l’évangile, tôt ou tard, c’est la charité fraternelle qui s’éteindra. Sans le temps de la prière personnelle et communautaire à l’écoute de l’évangile, c’est le découragement, le cynisme et la haine qui vaincront. Il y a pour nous un rapport très lumineux entre la conversion à Dieu et aux plus humbles. Il y a pour nous un rapport très lumineux entre la charité fraternelle qui écoute l’évangile à plusieurs, et le don concret de notre argent et de notre temps pour des plus démunis.

Portons-nous mutuellement dans le diocèse à vivre dans ce Carême comme un nouveau commencement !

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 3 - 10 février 2017

UN JOUR NOUVEAU SE LEVE

En écrivant ce matin pour les lecteurs d’Eglise d’Autun, j’ai devant les yeux du cœur trois images. La première image provient de la lecture que je suis en train de faire du livre d’entretien de Benoît XVI avec le journaliste Peter Seewald, la seconde concerne l’impression si douce des vignes et des maisons de Mercurey avec les foules heureuses qui marchaient pendant la grande Saint Vincent ; et la troisième image est celle du visage de frères prêtres âgés fidèles à la prière et à l’étude.

Quelle chose simple et belle que ce pape émérite, âgé, qui prépare chaque semaine l’homélie du dimanche qu’il donnera pour quatre ou cinq personnes dans la chapelle de la maison où il est actuellement retiré pour vivre la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre ! Le journaliste est surpris devant ce travail de rédaction, appuyé sur une réflexion sérieuse du sens du texte biblique, pour un si petit nombre de personnes. Et Benoît XVI lui dit : « qu’ils soient trois, vingt ou mille, il faut que la Parole de Dieu soit toujours présente pour les hommes. »
vigne
Les villages et les vignes décorés si soigneusement pour que soient heureux les invités à la fête, c’est pour le bourguignon néophyte que je suis, quelque chose de saisissant. L’image des foules heureuses et bienveillantes pérégrinant dans ces lieux habillés d’un air printanier avant l’heure, c’est un appel intérieur à aimer le ciel que Dieu prépare pour toute l’humanité, sans excepter personne. La Sagesse de Dieu prépare, nous dit l’Ecriture Sainte, un banquet de noces pour ceux qui n’ont pas de quoi payer : venez, leur dit-elle, la table est prête pour vous ! Nous sommes bien plus proches les uns des autres que nous ne l’imaginons. Il existe entre les hommes bien plus de solidarité qu’on ne le dit, et la fête est cet espace qui ouvre la fenêtre des cœurs sur cette fondamentale communion entre tous.

Je vois avec bonheur quelques frères prêtres âgés, et en qui je devine la source toujours vive de l’appel à être prêtre et à servir l’évangile pour chacun. Comme ces visages sont beaux ! Et je relisais à ce propos ce que le pape Benoît XVI avait dit à des personnes âgées visitées par lui en 2012 : « la prière des personnes âgées peut protéger le monde, en l’aidant peut-être de manière plus incisive que l’agitation de nombreuses personnes. »
Amis d’Eglise d’Autun, vous êtes sûrement quelques-uns à vous reconnaître dans cette vocation du grand âge : vocation à préparer pour le monde et pour soi-même la rencontre la plus belle qui soit, celle du visage de Dieu. Vous êtes, chacun et chacune de vous, essentiels à la marche de l’Eglise actuellement dans le monde. Vous portez par votre fidélité et votre joie, bien plus que vous ne pensez : le bien de l’Eglise et la paix du monde.

+ Benoît RIVIERE



Editorial - Eglise d'Autun N° 2 - 27 janvier 2017

L’ACCUEIL DES CONVERTIS.

croix maison dioUn colloque vient de se tenir à l’université catholique de Lyon les 16 et 17 janvier sur l’accueil des convertis au christianisme en Europe. Plutôt qu’un résumé difficile à faire, je voudrais évoquer brièvement avec les lecteurs d’Eglise d’Autun le point de vue de saint Augustin, toujours d’actualité, ainsi que l’étrangeté heureuse de la foi chrétienne dont les convertis sont en quelque sorte des « signes ».

Dans son « de catechizandis rudibus », qui est un traité pour des catéchistes, l’évêque d’Hippone essaie de donner l’essentiel de ce qu’il est important de faire quand on se trouve en situation d’accueillir des « convertis » dans l’Eglise. « La sympathie de l’auditeur, écrit saint Augustin, « dépend de la sympathie qu’il trouve en nous....Que l’amour soit donc le principe auquel se rattache tous tes discours ; dans toutes tes instructions, fais en sorte que l’auditeur croie ce qu’il écoute, espère ce qu’il croit, et aime ce qu’il espère. » La sympathie fraternelle n’est pas simplement une condition humaine nécessaire à la rencontre avec des convertis, c’est le principe d’interprétation et le terme lumineux de toute l’Ecriture Sainte. Toute interprétation de l’Ecriture qui ne partirait pas de la charité et ne conduirait pas à la charité serait illusoire.

Et l’Eglise est vraiment pour Augustin le lieu par excellence de la charité qui actualise l’incarnation du Christ. Dans le bain de la charité fraternelle, Dieu fait naître à la joie de disciple. Et ce que le catéchiste baigné lui-même dans la joie du Christ peut « transmettre », n’est jamais que ce qu’il entend être déjà prononcé dans le cœur même des catéchumènes.

La foi chrétienne serait-elle devenue aujourd’hui tellement « étrange » qu’elle ne trouverait plus d’écho dans la réalité du monde actuel ? Non, mais si j’ose dire, la foi est toujours « étrange », aujourd’hui comme hier. Ce qui a changé, certainement, entre hier et aujourd’hui, c’est la représentation que l’homme se fait de lui-même. L’homme moderne se pense beaucoup (trop !) en terme de matière vivante avec ses processus de développement et de mort, ou en terme de projet à atteindre pour être « bon » et « performant ». Les convertis nous arrivent d’on ne sait où, pauvres souvent, comme des passerelles entre deux mondes. Ils nous disent inséparablement leur « distance » avec un monde sécularisé, et leur immense liberté personnelle les conduisant à demander de devenir ce qui paraît bien étrange : un témoin du Dieu vivant et vrai manifesté dans le Christ Jésus.

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 1 - 13 janvier 2017EVEQUE5

VOUS AVEZ DIT « SACERDOTAL » ?

Le mot « sacerdoce » renvoie dans le langage courant à l’état de quelqu’un qui est entièrement voué à une cause. On dira ainsi de l’exercice de la médecine chez certains médecins qu’il est pour eux un véritable « sacerdoce ».

Dans le langage de l’Eglise, ce mot nous fait bien sûr penser à Jésus, à son « sacerdoce » à lui, qui nous met en relation paisible et réconciliée avec Dieu lui-même. Le sacerdoce de Jésus est de nous unir à Dieu.

J’ai trouvé ces jours-ci, dans les beaux bouquets de vœux reçus à l’évêché, celui-ci, provenant d’une communauté religieuse très liée au diocèse, la communauté des sœurs auxiliaires du sacerdoce : « Remise au Père avec confiance et livrée sans défense aux frères, passionnée par la vie du monde, appelée à devenir un bon pain sur la table de ce monde, la vie de chaque baptisé est sacerdotale. » C’est non seulement très beau, mais c’est aussi parlant et compréhensible. Chaque baptisé, dans l’unité vitale qui l’unit au seul prêtre Jésus-Christ, est plongé dans une existence dont la vocation est d’être une existence sacerdotale, tournée inconditionnellement vers Dieu et les frères. Merci mes chères sœurs de nous donner à entendre la profondeur et la simplicité de notre vocation baptismale, commune dans l’Eglise, et que le « ministère » sacerdotal veut seulement nourrir, servir et fortifier !

En ce début d’année, nous pouvons prier pour tous les baptisés, et pour ceux qui se préparent à servir un jour comme diacres et prêtres. Nous prions ensemble pour que le monde croie en Dieu et en Celui qu’Il a envoyé, Jésus-Christ.

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 21 - 23 décembre 2016

QUE SERAIT UNE BONNE ANNEE ?

Celle où la paix viendrait enfin au Moyen Orient ? Celle où serait élu un président de la République entraînant la France dans un bon chemin ? Celle où le synode diocésain d’Autun donnerait du courage et de la joie à beaucoup ? Celle qui verrait baisser le niveau du chômage et augmenter les revenus des plus pauvres ? Celle qui verrait grandir l’espérance dans les cœurs ?

Chacun peut poursuivre la série des attentes et des désirs. Une petite voix me souffle à l’intérieur qu’une bonne année serait celle où mes frères et mes sœurs en humanité, tous sans exception, entreraient durablement dans la joie de Dieu. Pas seulement la joie du bien-être, pas seulement la joie d’une bonne conscience, mais encore et surtout celle de Jésus lui-même.

Et quelle est cette joie ? « Au réveil, je me rassasierai de ton visage, Seigneur ! » Telle est l’espérance, telle est la joie de Jésus ! Il y a quelque chose que l’homme ne pourra jamais se donner à lui-même, même donner à ses semblables, et que Dieu donne à ceux qui s’ouvrent à sa grâce, c’est de se tenir en sa présence dans l’amour. C’est de connaître la joie de la présence, c’est de demeurer dans l’amour... jusqu’au creux de la nuit et des épreuves. C’est d’être éclairé par la lumière qui brille sur la face du Christ, et sur la face du plus petit d’entre les hommes, la face des plus pauvres en qui nous le trouvons, lui le Seigneur, sans aucun doute.

C’est cela que je souhaite de tout cœur aux amis d’Eglise d’Autun qui ouvrent cette petite revue en ce temps de Noël. Elle est le signe humble et vrai de la marche du diocèse sur cette terre, elle est aussi un lien régulier de la fraternité heureuse qui nous unit. Oui, bonne année, matin après matin, soir après soir, à chacun et chacune de vous, dans le réconfort de la foi. « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous l’avons cru ! »

+Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 20 - 9 décembre 2016

BIENFAISANTE ATTENTE DE LA VENUE DU SEIGNEUR

« C’est le moment ! » Ainsi parle l’apôtre Paul à un endroit de sa lettre aux Romains (13,11).
A vrai dire, c’est toujours le moment de mener notre vie dans le calme, c’est toujours le moment de l’obéissance joyeuse aux indications de l’Esprit de Dieu. C’est toujours le moment de prendre « les armes de la lumière », et de nous conduire honnêtement.
LUMIEREAvec les collégiens et les lycéens de notre diocèse qui se préparent au baptême et à l’eucharistie, et avec leurs parents, le 1er dimanche de l’Avent après-midi, j’ai été heureux de franchir l’entrée en Avent. Oui, c’est le moment ! C’est le moment de se laisser surprendre par la force de la Foi, c’est le moment de marcher au rythme de l’Esprit-Saint, c’est le moment de quitter des vieilles habitudes ! C’est le moment de nous faire confiance les uns et les autres, c’est le moment de prier, de converser fraternellement, de travailler soigneusement et de méditer la vie du Christ !

Le matin de ce même jour, avec les chrétiens de Palinges, j’ai goutté la joie de l’Eglise avec les familles et les enfants de la catéchèse, et avec une jeune néophyte adulte recevant la confirmation et l’eucharistie. Nous nous étions retrouvés une demi-heure avant la célébration, pendant que la chorale de Vitry répétait les chants avec enthousiasme. Le curé de la paroisse avait préparé un petit support pour favoriser un échange avec les parents des enfants. C’était simple et encourageant. C’est tellement plus simple en effet d’être vecteurs de joie plutôt que de découragement ! La foi n’est-elle pas le fait des âmes d’enfants ? C’est courageux mais tellement plus simple d’aimer chaque jour et de pardonner.

La grâce de Dieu en ce temps n’est-elle pas grâce de dialogue, de salut et de joie qui demeure ? Elle éclaire et elle réchauffe, elle purifie et mène au chemin de la vie.

+ Benoît RIVIERE



Editorial - Eglise d'Autun N° 19 - 25 novembre 2016

"Le regard, le coeur et la vie des catéchistes"

Homélie de Mgr Rivière sur l'évangile de Luc 9,46-50 pour le Jubilé des Catéchistes : lire ici

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 18 - 10 novembre 2016

L’assemblée des évêques à Lourdes

EVEQUES LOURDES 2016

Les évêques français se sont réunis pendant 6 jours à Lourdes. Ils ont accueilli, comme de coutume, quelques évêques d’autres pays en signe de la communion universelle de l’Eglise. Cette réunion de l’assemblée des évêques en France a lieu deux fois par an. Elle est surtout une manifestation discrète, mais bien réelle de notre bonheur d’être chrétien et de notre bonheur de communier à la responsabilité confiée par le Christ aux apôtres : porter la joie de l’Evangile dans le monde entier. Cette présence chrétienne dans la société française actuelle ainsi que l’exercice de notre responsabilité d’évêques dans la marche de l’Eglise, voilà ce qui nous réunit et nous stimule au cours de ces journées à Lourdes.

Nous nous rendons à Lourdes avec en mémoire tant de visages si divers, tant de beaux dialogues dont nous avons été témoins... Et aussi avec les interrogations que tout un chacun connaît : Est-ce que notre pays va se retrouver au meilleur de lui-même au cours

des futures campagnes électorales, et au lendemain des élections présidentielles et législatives de 2017 ? Quels jeunes rencontrons-nous et entendons-nous qui veulent généreusement suivre l’appel de Dieu dans leur vie ? Quels sont les évolutions récentes dans les conditions de vie sociale en monde rural, et quels sont les vrais besoins de l’Evangile pour ceux et celles qui vivent dans les régions rurales ? La même question se pose aussi en ce qui concerne le monde populaire urbain. Quels effets bénéfiques observons-nous dans la diffusion de la lettre du pape sur la joie de l’amour ?

Nous avons écouté en particulier deux invités : Monsieur Philippe PORTIER qui est intervenu sur le thème de la religion et de la politique en France aujourd’hui, le Cardinal TAURAN quant à lui nous a partagé son regard sur l’Islam actuel. Nous avons prié et porté dans un acte de jeûne la souffrance des victimes des actes de pédophilie. Nous avons poursuivi le travail de prévention et de lutte contre la pédophilie.

Voilà les sujets principaux que nous avons abordés pendant cette Assemblée Plénière des évêques à Lourdes. Nous avons été chacun et tous ensemble réconfortés par la force de la prière et les actions de tant et tant d’hommes et de femmes de bonne volonté dans notre pays et dans le monde. J’ai eu la joie, dès mon retour le jeudi 10 novembre, à la maison diocésaine de partager et de débattre avec des prêtres, des diacres et des laïcs en mission ecclésiales sur cette toute récente assemblée plénière.

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 17 - 21octobre 2016

BANNIERE POUR SITE

Qui pourrait dire que les français sont unis entre eux dans un grand amour du politique ? Le Conseil permanent des évêques de France vient de publier une petite étude à destination d’un large public. Il pense que notre pays aspire à se retrouver sur le bon terrain du politique, au sens profond du terme.
Si notre pays est effectivement atteint par des déceptions, des lassitudes, des frustrations et des peurs, il n’en attend pas moins de pouvoir s’appuyer à nouveau sur un socle commun. Si la politique est parfois si décevante, c’est peut-être que nous manquons de repères, y compris d’ordre spirituel, pour tisser les liens d’un juste vivre ensemble en France.
C’est pour aider à réfléchir et à débattre que nous avions indiqué, en juin dernier, ce qui nous paraissait être les enjeux des élections à venir en France. Ces quelques réflexions du début de l’été sont reprises et développées plus largement dans cet opuscule qui est publié ces jours-ci et qui s’intitule : « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ».
La situation dans laquelle nous nous trouvons appelle que l’on puisse mieux se parler en France, que l’on se retrouve sur une certaine estime les uns des autres et, disons-le, une certaine espérance sans lesquelles nous nous perdons dans l’amertume et les déceptions, voire le cynisme. Les propos que nous engageons dans cette réflexion veulent permettre que l’on se parle à un certain niveau d’estime et de confiance, ils veulent permettre tout simplement que nous réfléchissions tous à la société que nous voulons.
La foi n’est évidemment pas étrangère à ce désir de dialogue et de construction commune que nous percevons plus que jamais actuellement. « Reprenons le temps de la parole et de l’écoute pour éviter que le dernier mot ne reste à la violence ». C’est le sens du politique en général qui est en jeu ici.

+ Benoît Rivière


Editorial - Eglise d'Autun N° 16 - 07 octobre 2016

migrants

POURSUIVRE L’EFFORT D’HEBERGEMENT ET D’ACCOMPAGNEMENT DES MIGRANTS

Chacun sait combien il y a de générosité latente, qui n’attend qu’un terrain un peu balisé pour se déployer. Il est évident que l’Eglise, à sa place bien singulière, est engagée dans l’accueil des migrants actuellement, en partenariat avec des organisations de la société civile (dans lesquelles d’ailleurs bien souvent des chrétiens sont actifs).

Que se passe-t-il aujourd’hui dans notre diocèse ? Il y a une réelle mobilisation ; des initiatives concrètes se sont faites, localement dans les paroisses, ou bien à certains endroits en doyenné. Outre évidemment l’engagement de chrétiens dans des organismes professionnels et humanitaires variés, se sont constitués des groupes pour héberger et accompagner des familles démunies.

Dans une proportion très faible par rapport à ce qui était imaginé et prévu par l’Etat, des réfugiés ont trouvé dans notre pays un lieu pour se poser et se refaire un peu ; mais ce qu’il a fallu faire surtout, c’est de poursuivre et amplifier les efforts en direction des personnes déjà chez nous et demandeuses d’intégration.

Je pense particulièrement à des familles déboutées du droit d’asile, et qui sont « sorties » des dispositifs liés aux CADA (Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile). Pour elles, les lieux habituels d’hébergement d’urgence, contactés à partir du fameux « 115 », ne répondent pas à leurs besoins dans l’immense majorité des cas. Dès lors, pour ces familles, un réseau de parrainage se crée, ou doit se créer, et, en relation avec des associations humanitaires (par exemple : Les amis du CADA, l’association Saint Joseph, l’association Saint Matthieu, l’ASTI - Association de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s, la commission Accueil et Insertion, l’association Réfugiésbresse), il est impératif de trouver des logements dans un environnement qui permettra la scolarisation et la socialisation. C’est ce que des paroisses et des communautés religieuses ont fort bien fait !

Il faut à présent, à l’exemple de ce qui se fait déjà, développer dans d’autres paroisses la mise en place de tels dispositifs d’accueil et d’accompagnement. Pour cela, Jackie PLESSE est à la disposition des paroisses et des communautés voulant s’engager dans ce sens (06.65.69.35.68)

Si nous prenons un peu de recul pour voir ce qui se joue dans ces initiatives locales d’hébergement et d’accompagnement, nous constatons que cela développe des liens féconds entre migrants et autochtones, et aussi entre des associations qui s’unissent au service de la cause des migrants.
Le pape, il y a juste un an, a eu bien raison d’appeler à des initiatives paroissiales ou venant des communautés religieuses, en ce sens qu’elles permettaient des expériences bien concrètes, à taille humaine.

Il faut vraiment faire en sorte que ce qui est né dans plusieurs endroits du diocèse, amène d’autres paroisses et communautés à préparer à leur tour des lieux et des équipes pour cet accueil. Je pense sincèrement que nous en sommes encore aujourd’hui aux débuts de ce qui va être la nécessité de demain : cultiver toujours ces relations de confiance qui permettent l’accueil des migrants dans de bonnes conditions. En eux, c’est sûr, le Christ nous fait signe humblement, et c’est une vraie chance !

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 15 - 23 septembre 2016elisabeth trinite rome

ELISABETH DE LA TRINITE, APOTRE DE L’INTERIORITE


Quelques semaines après la canonisation de Mère Teresa, c’est une jeune carmélite de Dijon qui sera elle aussi portée par l’Eglise comme sainte. Elisabeth aurait voulu prendre le nom religieux d’Elisabeth de Jésus, mais on lui demanda d’accepter celui d’Elisabeth de la Trinité. Elle est née près de Bourges, le 18 juillet 1880, dans un milieu militaire ; elle entre au Carmel de Dijon à l’âge de 21 ans et meure 5 ans plus tard, le 9 novembre 1906. Il s’en est fallu de peu qu’elle soit envoyée, encore postulante, pour être dans le groupe fondateur du Carmel de Paray-le-Monial.

Dans l’avant propos des œuvres complètes d’Elisabeth de la Trinité, j’ai lu ce propos qui résume bien ce qu’elle nous montre : « elle nous montre à quelle heureuse plénitude conduit la foi en l’Amour qui habite au tréfonds de notre être, partout où nous sommes, qui que nous soyons ou ayons été. » En cette période agitée de notre société française qui doute d’elle-même et qui est au seuil de basculer dans la peur irrationnelle, cette jeune carmélite toute proche nous prend tranquillement la main en nous disant : faites un peu davantage le silence en vous-mêmes, ne passez pas à côté de l’essentiel qui est habitation de Dieu au fond de votre être. Et plus nous serons présents à cette présence, plus nous deviendrons fraternels pour de bon avec les autres. Le Cardinal Décourtray, ancien archevêque de Dijon, disait qu’elle était « l’apôtre du recueillement ». Et il ajoutait : « ce recueillement rend présent, jusque dans le détail de l’existence, à ceux avec qui nous entrons en correspondance. »

A quelques jours de sa naissance au ciel, Elisabeth de la Trinité confiait à l’une de ses sœurs du Carmel : « il me semble qu’au ciel ma mission sera d’attirer les âmes dans le recueillement intérieur ». Se tenir dans la foi éveillée, c’est pour elle être présente à la présence continuelle de Dieu plus intérieur à nous-mêmes que nous-mêmes. Et pour ce qui est de la sainteté, elle disait : « il me semble que les saints, ce sont des âmes qui s’oublient tout le temps, qui se perdent tellement en Celui qu’elles aiment, sans retour sur soi, sans regard sur la créature, qu’elles peuvent dire avec Saint Paul : ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi.»

Le chemin authentique et humble de cette carmélite, est à mes yeux un chemin que nous pouvons tous emprunter, celui de venir souvent au calme du jardin intérieur où Dieu aime en nous, et d’où nous pouvons aimer vraiment et toujours à nouveau chacun de nos frères et de nos sœurs. Le poids du réel, pour elle, c’est qu’il est pour Dieu : « à la lumière de l’éternité, l’âme voit les choses au vrai point ; Oh ! Comme tout ce qui n’a pas été fait pour Dieu et avec Dieu est vide ! Je vous en prie, oh, marquez tout avec le sceau de l’amour ! Il n’y a que cela qui demeure. »

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 14 - 11 septembre 2016

UNE ICONE TOUTE PROCHE DE NOUSMERE TERESA

C’est une foule considérable qui s’est rassemblée ce premier dimanche de septembre à Rome pour la canonisation de Sœur Teresa de Calcutta. Aux humbles, oui, Dieu accorde en surabondance sa grâce ! Mère Teresa, c’est pour moi un modèle d’humilité, d’amour et de prière.

J’ai eu la joie de me plonger dans cette foule de toute la terre venue à Rome pour communier à l’immense joie de se sentir soutenue par une grande sœur, plus vivante que jamais. Car nous avons bien besoin de l’appui des saints et des saintes pour notre marche humaine.

Dans cette communion si sensible et si forte des amis innombrables de cette petite servante humble des pauvres, je repensais à ces mourants de Calcutta et de partout, auprès de qui mère Teresa et ses sœurs et ses proches, ont donné et continuent de donner très concrètement leur temps, leur énergie, leur tendresse.

Mère Teresa a aimé les pauvres et pas seulement les pauvres. Elle vivait une telle relation d’amour avec le Seigneur, sans cesse en train de prier, et d’agir unie au Seigneur, que le moindre contact qu’elle avait avec une personne était un contact qui vous remettait dans le chemin de la vie et du courage d’avancer sous la conduite du Saint-Esprit.

Mère Teresa dans son désir constant d’obéir à la grâce, était burinée et purifiée dans son être. Elle était désencombrée d’elle-même et elle vivait pour être avec Jésus qu’elle aimait et qu’elle priait si constamment. Jésus n’était pas pour elle un vague sentiment, mais celui qui a soif de notre foi et de notre collaboration à son œuvre divine.

La charité, c’est toujours terriblement concret, c’est toujours, quand elle est vraiment pure, c’est toujours une percée divine dans l’épaisseur de la souffrance des hommes.
Sainte Mère Teresa, continuez votre simplicité d’être en Dieu, continuez d’aimer, continuez de prier... vous nous entraînez dans la joie durable de servir.

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 12 - 17 juin 2016


tn IMG 0116      SIGNES DE TENDRESSE ET DE BONTE


Les situations de conflits, et les souffrances qui en découlent, sont-elles pour nous simplement un thème d’actualité, ou bien ces choses touchent-elles notre cœur ? Et la foi nous aide-t-elle à être des messagers de paix, des hommes et des femmes qui aidons la résolution des conflits par notre attitude d’humble et joyeux service des autres, et aussi par notre prière ? En d’autres termes, y a-t-il une « fatalité » contre laquelle la liberté humaine ne pourrait rien, ou bien les événements qui se déroulent peuvent-ils être de plus en plus des événements révélateurs de la puissance paradoxale de la Croix du Seigneur, en laquelle nous avons été plongés depuis notre baptême ?

Je voudrais vous rapporter quatre petits « signes » récents dans notre diocèse, bien différents, vous le verrez, les uns des autres.
Le premier, c’est sous forme de devinette que je vous l’écris. Qui a dit récemment : « comme on est bien d’être ici ! Les gens se parlent tous entre eux calmement et avec le sourire ! ». Et où cette parole a-t-elle été dite ? Je réponds à la devinette : il s’agit d’une petite fille de moins de 10 ans, d’une famille musulmane de Mâcon, présente à la sixième rencontre interreligieuse à Mazille. La fillette toute joyeuse a dit cela à sa maman.
Le second petit « signe » concerne la préparation de la deuxième rencontre du synode diocésain, et ce qu’a dit Sylvie HANSER aux jeunes prêtres récemment reçus à l’évêché : « souvent, les remontées des fiches des équipes synodales sont accompagnées d’un petit mot chaleureux qui exprime une reconnaissance et une bienveillance. »
Le troisième, c’est la gravité et le bonheur des visages des pèlerins qui ont participé aux récentes fêtes du Sacré Cœur à Paray-le-Monial. Pour ma part, j’éprouve à ces occasions de pèlerinages la joie entière de me joindre, avec des frères prêtres, à la ferveur et au recueillement d’une foule de pèlerins avec lesquels nous nous sentons entièrement en connivence.
Et voici encore un autre fait discret, procurant la paix, qui a été une idée d’un prêtre âgé (mise en œuvre ensuite). Ce dernier a suggéré à des religieuses de faire un petit carnet sur lequel chaque sœur écrirait une page avec une citation marquante à ses yeux et exprimant la joie de la miséricorde. Ce petit carnet a été offert à quelques uns, dont je fais partie. J’y puise régulièrement un soutien spirituel. Sur une des pages se trouve une simple parole de Sainte Faustine : « le seul remède contre le mal est la miséricorde ».

Que l’été qui arrive, et qui va peut-être nous amener un peu de soleil, soit un temps de retrouvailles avec le calme et la convivialité fraternelle ! Que nous demandions ensemble dans la prière de recevoir, et de laisser rayonner, la force incomparable du pardon, de la bienveillance et de la joie !

+ Benoît RIVIERE



Editorial - Eglise d'Autun N° 11 - 3 juin 2016


POUR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX, TOUTE OCCASION EST BONNE A PRENDRE !

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En ce dimanche 5 juin, les sœurs carmélites de Mazille accueillent pour la sixième fois la session de dialogue interreligieux, à laquelle participent les responsables départementaux de six religions. Les participants échangent autour de cette thématique : « la vie, la mort : quelle espérance ? ».

A la lumière de sa foi, chacun peut ainsi librement exprimer ce que sont pour lui le deuil, le caractère injuste ou irrecevable de la mort, la possibilité d’une espérance qui fait vivre. « La force de la mort est telle que la victoire sur la vie en est d’autant plus grande », disait l’un des membres du secrétariat interreligieux.

Oui, ces rencontres interreligieuses sont utiles et nécessaires. Ce ne sont pas de simples exercices ponctuels ni accessoires. En effet, l’Eglise se doit d’être sans cesse « complice » de ce qui favorise et fait advenir la paix réelle.

Même si rien ne se voit au premier abord, cela ne signifie pas qu’il ne se passe rien. Dieu voit le cœur de ce qui advient, lentement, discrètement mais réellement. L’essentiel, comme au Carmel de la Paix à Mazille, et cela depuis dix ans, est ce parcours, ce voyage d’amitié, d’échanges et de confiance mutuelle, entre des croyants de différentes religions.

De nombreuses personnes en Saône-et-Loire empruntent aussi ce beau chemin, chacune sur leur terrain : petits groupes d’amitiés judéo-chrétiennes, réseaux de solidarité et de partage entre chrétiens et musulmans, session sur la connaissance du judaïsme qui se déroulera à Paray-le-Monial en juillet prochain.

Une rencontre interreligieuse, comme le disait très justement le pape Benoît XVI, est une « conversation sur la vie humaine ». Le dialogue, c’est une école de vie humaine, de charité, une école qui permet, sans qu’on s’en aperçoive immédiatement, de construire une société de respect entre les personnes.

L’Eglise tient son unité d’une source qui la dépasse infiniment, la source trinitaire. Nous voulons tant servir concrètement en Saône-et-Loire une conversation respectueuse et amicale entre tous. L’Eglise aime se ressourcer elle-même continuellement dans la joie des sacrements de la vie chrétienne. Ce ressourcement la rend chaque jour plus libre et plus généreuse. Il lui donne l’audace d’initier et de cultiver toutes occasions et espaces où des croyants de différentes origines peuvent s’estimer mutuellement et converser en marchant côte à côte, fraternellement, sur la route de la vie humaine.

N’ayons donc pas peur : toutes les occasions du dialogue sont bonnes à prendre !

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 9 - 4 mai 2016fruits



LE BIEN NE FAIT PAS DE BRUIT !


Depuis quelques années, sans bruit, des bénévoles chalonnais recueillent, deux fois par semaine sur le marché, des cagettes de fruits et de légumes en passe d’être jetées. Ils en font le tri ; et ils offrent ensuite gratuitement ces fruits et ces légumes à qui en demande.

Plus récemment, ces bénévoles humbles et joyeux ont même ouverts une boutique gratuite ; on peut venir y demander un vêtement, un meuble, de la vaisselle... et on peut aussi donner si l’on veut, des objets qui seront ensuite offerts à d’autres personnes.

J’ai mangé avec eux l’autre soir une bonne soupe de potage et une bonne compote de fruits, à partir de ce qui avait été glané sur le marché. J’ai vu la joie sur les visages de ces bénévoles engagés dans l’association des « Glaneurs ». Un groupe de jeunes professionnels accompagnés par le diacre Dominique était présent car l’une d’entre eux est bénévole chez les « Glaneurs ».

Qu’il est beau de penser à ce bien et à tant d’autres biens qui se font un peu partout pour briser les escalades de solitude, de misère, et aussi pour donner un signe lumineux :
- L’intégration de la gratuité dans les échanges à beaucoup de niveaux,
- La révision de la consommation et du train de vie pour entrer dans une belle sobriété,
- La diminution effective du gaspillage alimentaire.

Merci à vous, chalonnais « glaneurs », en cette année du jubilé de la Miséricorde. Vous montrez que la solidarité à de beaux jours devant elle.

+ Benoît RIVIERE

 


Eglise d'autun N° 6 - 18 mars 2016
potier

La Pâque nouvelle et éternelle


La mort et la résurrection du Christ font venir dans notre monde quelque chose qui n’était pas envisageable à seule vue humaine : supprimer la division entre les hommes, et enfouir la mort elle-même dans un passé qui ne remontera plus à la mémoire ; créer un monde nouveau qui ne sera que joie et allégresse ! Déjà le prophète Isaïe faisait apercevoir cette perspective, et faisait entendre cette promesse divine : « je vais faire de Jérusalem une exultation, et de son peuple une allégresse ! » (Is 65, 18).

En mourant sur la croix pour dissiper dans la mort toutes les tristesses, tous les pleurs et tous les cris, en accueillant et en donnant l’Esprit-Saint qui recrée dans la vie de Dieu l’humanité blessée, Jésus est vraiment Celui que nous chantons : le premier-né d’une multitude de frères, le premier-né de cette Jérusalem de joie et d’allégresse ! En lui nous trouvons chaque jour ce que Dieu crée ; par lui nous pouvons exulter déjà à cause de ce que Dieu va créer, car l’œuvre de création est à-venir, elle est ouverture continuelle, partout et toujours, à la joie divine, elle est consolation pour les cœurs brisés. C’est Dieu lui-même qui en a fait la promesse : " on oubliera les angoisses anciennes, elles auront disparues de mes yeux ! " (Is 65, 16).

Le temps pascal dans lequel nous entrons est un temps inédit, un temps peut-être que certains n’osaient même plus envisager ! Il nous semblait que le poids du mal avait barré pour toujours la porte de la joie entre tous, et voilà que, dans l’humilité de sa manifestation, Jésus ouvre le temps nouveau. Le temps pascal offre de goûter la vie de Dieu dans notre humanité réconciliée ; il est ce temps qui n’est plus téléguidé par la mort mais par l’alliance nouvelle et éternelle, il est ce temps libéré pour aimer enfin.

Chaque eucharistie actualise ce mystère de la mort et de la résurrection du Christ. Nous y communions à la création nouvelle qui est toute joie et allégresse en présence de son créateur. En cette présence, le frère, et le plus petit parmi les pauvres, sont les premiers convives ; et à cette table, les plus lointains deviennent les plus proches. Ce qui était perdu est retrouvé, le fils mort est maintenant vivant pour toujours.
Oui, gloire et louange à toi, ô Christ, toi notre Pâque nouvelle et éternelle !

+ Benoît RIVIERE


Eglise d'Autun N° 5 - 04 mars 2016

AU RETOUR D’UNE RENCONTRE AVEC DES MAITRES DE L’ORTHODOXIE JUIVE AMERICAINE
(22-24 février 2016)

VOYAGE NY8


Grâce aux vrais liens d’amitié et au dialogue suivi que le Cardinal Jean-Marie LUSTIGER avait noué avec des maîtres spirituels juifs, nous pouvons poursuivre aujourd’hui ces échanges, d’année en année plus confiants. Le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, emmenait ainsi récemment avec lui un groupe d’évêques français et étrangers, ainsi que plusieurs prêtres et laïcs, à la rencontre de quelques-unes des innombrables « écoles » de spiritualité juive à New-York.

Le père Thierry de MARSAC participait pour la première fois à ce voyage dans les milieux si diversifiés du judaïsme américain, surtout ceux de l’orthodoxie juive.

Les juifs sont aujourd’hui 14 millions dans le monde, habitant pour l’immense majorité d’entre eux en Israël et aux Etats-Unis. Ils constituent un peuple au sens le plus profond du mot, conscient de sa singularité dans le monde. Ils cherchent à agir, dans tous les aspects de leur vie, en voulant conjuguer leur identité juive avec l’intégration sans dilution dans la modernité du monde actuel. Avec des professeurs et des étudiants de la fameuse Yeshiva University, ainsi que ceux du Séminaire théologique juif (centre universitaire et spirituel du judaïsme appelé « conservative », ou encore « massorti »), nous avons en particulier réfléchi ensemble à ce que signifie d’aimer le prochain et d’enseigner cet amour-là, quand nous sommes affrontés aux peurs et aux tentations de repliements collectifs face aux montées en puissance des « terrorismes ».

Cette question concerne autant les juifs que les catholiques évidemment. Ni vision faussement éclairante d’un « choc des civilisations », ni déni de la réalité ou indifférence bien sûr, mais lent et patient travail de l’éducation à la liberté responsable les uns des autres. Serait-il possible – et c’est un peu cela qu’on nous demande en France – d’apporter les consolations et la compassion des religions, à l’endroit des profonds désarrois actuels, sans manifester nos fondements ? On voit bien que cette question est actuelle pour nous, et elle est aussi celle de nos amis juifs rencontrés à New York, attentifs sérieusement à ce que signifie de suivre la loi de Dieu.

De ces trois journées intenses et si nourrissantes, je retiendrai ici simplement une « lumière » qui m’aide à avancer dans le combat de la vie bonne en ce monde : chercher davantage à écouter les questions des autres avant de formuler les siennes, et chercher avec eux à devenir meilleurs plutôt qu’à accumuler des savoirs. C’est la devise qui se trouve au fronton du séminaire théologique juif qui nous a si délicatement reçu : « l’important n’est pas ce que nous apprenons , mais ce que nous devenons ».

+ Benoît RIVIERE



Eglise d'Autun N° 4 - 19 février 2016

LE TEMPS FAVORABLEPAIN


Le Carême est-il un temps de mise à l’épreuve ? L’image biblique du désert est éclairante. Le temps de la traversée du désert a été pour le peuple de Dieu un temps au cours duquel il a été confronté à ses démons et à ses peurs, et surtout un temps de réception de la Parole de Dieu qui libère et remet toujours l’homme en état d’espérer et de marcher. Etre poussé au désert, c’est être mis en situation d’éprouver la force de l’Esprit de Dieu.

Eprouvant le manque, où trouverons-nous les appuis pour avancer ? S’il est vrai que Jésus a connu en tous points l’épreuve de la route humaine, à l’exception du péché, nous pouvons compter sur son Esprit pour être à notre tour confortés dans le beau combat de la liberté humaine, face aux illusions imaginaires que l’adversaire fait miroiter.

Je voudrais signaler simplement ici trois brèves leçons que peut nous inspirer le récit de Saint Luc sur les tentations de Jésus dans le désert.
Une première leçon concerne notre rapport à la nourriture (dans tous les sens du mot « nourriture », autant matérielle, qu’intellectuelle ou spirituelle). Vouloir une immédiate et impossible transformation des choses pour en jouir dans le présent, c’est dénier les médiations, en particulier celle du travail humain. Tu ne grandiras pas en humanité en déniant la médiation du travail, et, naturellement du travail avec les autres. Quelqu’un tout seul pourrait-il cultiver, et puis produire tous les jours son pain pour manger ?

La deuxième leçon, qui n’est pas d’ailleurs étrangère à la première, c’est de considérer la lenteur du temps et d’estimer la fécondité de qui prend son temps en patience. Ou alors, tu entrerais dans un imaginaire de toute puissance qui ferait fi de la création et de la belle alliance avec Dieu. Dieu nous offre le temps, tout le temps même, pour connaître sa belle patience qui respecte et aime la vie.

La troisième leçon, en phase avec les deux premières, c’est de cultiver l’écoute de la Parole, et de ne pas pervertir la loi pour la faire servir à nos besoins. Le diable est assassin de la vérité de la Parole, il la retourne pour la faire servir à ses fins de toute puissance imaginaire. Jésus ne se sert pas de la Parole de son Père, il l’écoute et en fait voir la lumière salvatrice inépuisable.

+ Benoît RIVIERE


Dieu lui-même est entré en conversation avec les hommes



A table l’autre jour chez des religieuses, j’écoutais le récit qu’elles me faisaient à leur retour d’une session de formation biblique. Etait-ce leur joie communicative, était-ce la sincérité et la pertinence de leurs propos ? Etait-ce la fraternité d’une table amicale ? Toujours est-il que j’ai été touché par une question somme toute fort simple : avons-nous véritablement un appui dans la Parole de Dieu lorsque nous entrons en conversation avec le monde ? L’Ecriture Sainte est-elle pour nous une source pertinente dans ce que nous recevons des autres et dans ce que nous voulons aussi leur dire ?

La question de notre enracinement dans la Parole de Dieu pour un meilleur rapport avec le monde est si importante qu’il ne faut pas trop vite y répondre par les impératifs : il faut prier, ou bien, il faut faire lectio divina, il faut respecter les différences, etc. Mais je pense plutôt que cette question demande à rester toujours ouverte ; elle exige même que l’on n’y réponde surtout pas trop vite. C’est d’ailleurs vrai pour toutes les bonnes questions ! Il ne s’agit pas d’y apporter immédiatement une réponse. Il s’agit de les recevoir et de les laisser cheminer en nous. L’Evangile est rempli de questions que les hommes posent à Dieu, se posent entre eux, et que Dieu lui-même leur adresse.

Un professeur de théologie nous avait signalé la différence entre un problème et une question. Un problème appelle, quand c’est possible, une solution. Une question quand elle est vraie et qu’elle ne porte pas en elle-même la réponse, nous ouvre le cœur et l’intelligence. Elle mérite d’être portée. Ainsi en est-il effectivement de cette question entendue l’autre jour au cours d’un déjeuner chez des religieuses, et que j’entends moi-même comme une question de vie. Entreras-tu suffisamment en dialogue avec le monde dans la lumière de ce que Dieu révèle au monde, c'est-à-dire dans la lumière du Christ ? Un verset psalmique m’est revenu à la mémoire : «qu’elle est douce à mon palais ta Promesse, le miel a moins de saveur dans ma bouche. Tes préceptes m’ont donné l’intelligence. Je hais tout chemin de mensonge. » Et un autre verset ne dit-il pas: « qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis » ?

+ Benoît RIVIERE