Entretenir la mémoire de ce que Dieu fait

Editorial d'Eglise d'Autun N° 15 - 20 septembre 2019Cardinal


Dans chaque eucharistie, nous entendons et nous recevons ce que Dieu, en son Fils Jésus, fait pour que nous vivions. Nous entendons ce qu’Il dit pour son peuple et ses amis, nous entendons Sa voix comme le salutaire murmure de la brise adoucissante, même dans la tourmente et les plaintes de tous bords. Nous entendons son Amour qui nous cherche et nous réjouit.

Nous recevons et nous communiquons ce qu’Il fait pour la multitude. Nous recevons, à mesure de notre propre indigence, l’Esprit-Saint consolateur et donateur de vie. Nous recevons et nous voudrions tant offrir à chaque moment cette joie que nul ne pourra jamais nous ravir.
 
Ces jours-ci, je voudrais encore me souvenir d’un témoin du monde contemporain. Ce témoin, j’aime y penser dans la reconnaissance et l’action de grâce, c’est le Cardinal ETCHEGARAY. Ses yeux pétillants et largement ouverts se sont à présent fermés pour toujours sur cette terre, attendant la résurrection bienheureuse sur la terre des vivants qui louent Dieu avec les saints.

Je revois son visage, j’entends le son de sa voix, et je devine son cœur simple et libre. Cher Père ETCHEGARAY, on lisait sur les traits de votre visage que vous étiez un homme eucharistique, libre et passionné : libre de taire ce que vous vouliez taire, et libre de dire clairement, avec humour et talent, ce que vous vouliez faire entendre. Vous étiez passionné par les gens, petits ou grands, chrétiens ou non, dès lors que votre cœur de pasteur ouvert sur le monde, sentait qu’il y avait une quête de vie et de dialogue en eux. Et il y a toujours une soif de vie et de rencontres des frères, chez chaque être humain. Vous aimiez le monde, non pour vous y fondre, mais pour deviner dans ses ressorts les plus profonds, le travail de l’Esprit-Saint, tellement beau et durable. Et vous aimiez le Christ et sa Mère, ô combien, auprès de qui vous nous entrainiez, chaque fois que nous étions votre hôte, grâce à la prière devant les icônes de votre oratoire.
 
Avec vous, Père ETCHEGARAY, avec nos ainés dans la Foi, avec aussi les enfants d’aujourd’hui qui attendent de l’Eglise cette même ardeur de foi, nous voulons chanter avec le psalmiste : « Seigneur, je ferai repasser dans mon cœur tes innombrables bienfaits ! »

+ Benoît RIVIERE