Je suis la vraie vigne et mon père est le vigneron

Editorial d’Eglise d’Autun N° 3 - 9 février 2018

Regardez une vigne !
Regardez ce qu’il faut de patience, et que l’homme doit recevoir !vigne2
Regardez le soin du travail du vigneron !
Il faut des plants choisis, variés et sains ;
Il faut du terroir particulier ;
Il faut le soleil et la pluie, et l’humidité profonde jusqu’à la roche et jusqu’à l’eau ;
Il faut cela que Dieu donne aux hommes et aux femmes,
et qui s’appelle la terre, et la vie…

Un vigneron passe de longues heures seul dans sa vigne,
Qu’il en soit d’ailleurs ou non le propriétaire.
Il aime la vigne, et il la soigne.
Une vigne sans soin est une vigne folle.
Une vigne soignée fait voir cette alliance particulière
de la terre et du travail de l’homme.

Regardez une vigne !
Regardez comme les racines des plants vont chercher loin dans le sol,
Jusqu’à 10 mètres m’a-t-on dit !
Nous voyons cela, en certains lieux de Bourgogne,
Et nous entendons là quelque chose qui nous parle
de notre propre vie humaine et de notre amour du travail.
Nous devinons déjà la promesse de fête et de joie !

Oui, la vigne nous parle d’alliance,
Avec Dieu qui donne la vie et la croissance,
Avec les autres sans lesquels tout deviendrait pesant et lourd.

La prière nous assemble,
Sarments d’une vraie vigne, dont Jésus parle en disant :
« Moi je suis la vigne et mon Père le vigneron. »
Dans chaque eucharistie, nous prenons du pain et une coupe de vin, deux réalités ancestrales de l’existence des hommes sur la terre.
Nous bénissons Dieu qui nous a donné la terre en partage.
Jésus a fait ce geste, au début du repas du 7è jour,
pour annoncer et faire voir jusqu’où allait le don de Dieu.
Saint Vincent a fait de même en livrant sa vie pour garder vive la foi ?
Tel le vigneron paisible, nous ouvrons nos yeux sur la beauté de la création,
Et sur la beauté du travail humain,
Quand il est orienté vers le véritable bien.

+ Benoît RIVIERE