L’élan du service

Editorial d'Eglise d'Autun N° 11 - 8 juin 2018COURSE

Sortant de la gare du Nord à Paris, un jeune homme sportif voit un petit garçon suspendu dans le vide à un balcon au 4ème étage d’un immeuble. L’amour ne calcule pas. C’est un petit enfant en danger de mort. Sans plus attendre, voilà le jeune homme qui entreprend en vitesse l’escalade à mains nues de la paroi de l’immeuble, et réussit, en un rien de temps, à rejoindre l’enfant. Il l’empoigne pour le rétablir en sureté sur la terrasse.

Et le plus beau, c’est l’humilité de ce jeune homme. Des millions d’internautes l’admirent, et lui, simplement, dit : « je suis monté… Dieu merci je l’ai sauvé ! » Et il ajoute : « je n’ai pas pensé aux étages… je n’ai pas pensé au risque…je l’ai fait parce que c’est un enfant. » Le courage de cet étranger me fait penser au bon samaritain de l’évangile. Et il me fait penser à l’amour qui se risque pour les autres.

Il y a tous les jours sur notre chemin des petits qui sont en danger d’isolement et de mort, et nous pouvons, comme le jeune homme du XVIIIème arrondissement de Paris, voler à leur aide, avec nos capacités, et en nous risquant. Mais bien des choses en nous gênent l’amour, gênent l’élan du service, gênent le courage et l’oubli de soi.

Nous sommes bons, au fond de nous-mêmes, et les autres aussi. Et nous devons croire davantage à cette bonté foncière qui est en chaque homme. Nous devons croire que l’image de Dieu en nous et chez n’importe quel autre n’est pas détruite pour toujours. Nous devons nous laisser guider par le Saint-Esprit qui est amour, et nous n’aurons plus peur, ni du danger, ni des autres, ni de perdre notre vie. C’est en se donnant qu’on se trouve, c’est en aimant réellement qu’on commence enfin à trouver la vie véritable.


+ Benoît RIVIERE