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Bienfaisante attente de la venue du Seigneur

Editorial - Eglise d'Autun N° 20 - 9 décembre 2016

« C’est le moment ! » Ainsi parle l’apôtre Paul à un endroit de sa lettre aux Romains (13,11).
A vrai dire, c’est toujours le moment de mener notre vie dans le calme, c’est toujours le moment de l’obéissance joyeuse aux indications de l’Esprit de Dieu. C’est toujours le moment de prendre « les armes de la lumière », et de nous conduire honnêtement.

Avec les collégiens et les lycéens de notre diocèse qui se préparent au baptême et à l’eucharistie, et avec leurs parents, le 1er dimanche de l’Avent après-midi, j’ai été heureux de franchir l’entrée en Avent. Oui, c’est le moment ! C’est le moment de se laisser surprendre par la force de la Foi, c’est le moment de marcher au rythme de l’Esprit-Saint, c’est le moment de quitter des vieilles habitudes ! C’est le moment de nous faire confiance les uns et les autres, c’est le moment de prier, de converser fraternellement, de travailler soigneusement et de méditer la vie du Christ !

Le matin de ce même jour, avec les chrétiens de Palinges, j’ai goutté la joie de l’Eglise avec les familles et les enfants de la catéchèse, et avec une jeune néophyte adulte recevant la confirmation et l’eucharistie. Nous nous étions retrouvés une demi-heure avant la célébration, pendant que la chorale de Vitry répétait les chants avec enthousiasme. Le curé de la paroisse avait préparé un petit support pour favoriser un échange avec les parents des enfants. C’était simple et encourageant. C’est tellement plus simple en effet d’être vecteurs de joie plutôt que de découragement ! La foi n’est-elle pas le fait des âmes d’enfants ? C’est courageux mais tellement plus simple d’aimer chaque jour et de pardonner.

La grâce de Dieu en ce temps n’est-elle pas grâce de dialogue, de salut et de joie qui demeure ? Elle éclaire et elle réchauffe, elle purifie et mène au chemin de la vie.

+ Benoît RIVIERE

Alep : qui dira qu’il ne savait pas ?

Paris, le 14 décembre 2016

DÉCLARATION DU CONSEIL PERMANENT de la conférence des Evêques de France

Alep : qui dira qu’il ne savait pas ?

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France exprime sa très vive inquiétude face à la situation que connait la population d’Alep aujourd’hui ; une situation que connaissent d’autres villes ou pays depuis des mois ou des années.

Alors que la communauté internationale en reste à des déclarations d’indignation, le jeu stratégique des puissances en présence ignore toute dimension humaine. Les personnes sont écrasées sous les bombes, poussées à l’exode, exécutées. Aujourd’hui, elles manquent de tout : la situation humanitaire est terrible.

Avec le pape François, la Conférence des évêques de France appelle « à s’engager de toutes ses forces pour la protection des civils... c’est une obligation impérative et urgente ! ».

Par ailleurs, cette situation nous remet tous, élus, responsables et citoyens, devant nos responsabilités vis-à-vis de l’accueil des migrants et des étrangers. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur la situation des personnes réfugiées chez nous. Nous devons les accueillir et les accompagner dans la durée. Pour des milliers de personnes, cette situation est souvent indigne, en particulier en Ile-de-France où, sous couvert de les prendre en charge, on se contente de les déplacer de quelques kilomètres.

À l’approche de Noël, nous appelons tous nos concitoyens à ne pas baisser les bras et à se montrer solidaires de ceux qui souffrent, proches et lointains.


Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise,
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers

L'assemblée des évêques à Lourdes

EVEQUES LOURDES 2016Les évêques français se sont réunis pendant 6 jours à Lourdes. Ils ont accueilli, comme de coutume, quelques évêques d’autres pays en signe de la communion universelle de l’Eglise. Cette réunion de l’assemblée des évêques en France a lieu deux fois par an. Elle est surtout une manifestation discrète, mais bien réelle de notre bonheur d’être chrétien et de notre bonheur de communier à la responsabilité confiée par le Christ aux apôtres : porter la joie de l’Evangile dans le monde entier. Cette présence chrétienne dans la société française actuelle ainsi que l’exercice de notre responsabilité d’évêques dans la marche de l’Eglise, voilà ce qui nous réunit et nous stimule au cours de ces journées à Lourdes.

Nous nous rendons à Lourdes avec en mémoire tant de visages si divers, tant de beaux dialogues dont nous avons été témoins... Et aussi avec les interrogations que tout un chacun connaît : Est-ce que notre pays va se retrouver au meilleur de lui-même au cours des futures campagnes électorales, et au lendemain des élections présidentielles et législatives de 2017 ? Quels jeunes rencontrons-nous et entendons-nous qui veulent généreusement suivre l’appel de Dieu dans leur vie ? Quels sont les évolutions récentes dans les conditions de vie sociale en monde rural, et quels sont les vrais besoins de l’Evangile pour ceux et celles qui vivent dans les régions rurales ? La même question se pose aussi en ce qui concerne le monde populaire urbain. Quels effets bénéfiques observons-nous dans la diffusion de la lettre du pape sur la joie de l’amour ?

Nous avons écouté en particulier deux invités : Monsieur Philippe PORTIER qui est intervenu sur le thème de la religion et de la politique en France aujourd’hui, le Cardinal TAURAN quant à lui nous a partagé son regard sur l’Islam actuel. Nous avons prié et porté dans un acte de jeûne la souffrance des victimes des actes de pédophilie. Nous avons poursuivi le travail de prévention et de lutte contre la pédophilie.

Voilà les sujets principaux que nous avons abordés pendant cette Assemblée Plénière des évêques à Lourdes. Nous avons été chacun et tous ensemble réconfortés par la force de la prière et les actions de tant et tant d’hommes et de femmes de bonne volonté dans notre pays et dans le monde. J’ai eu la joie, dès mon retour le jeudi 10 novembre, à la maison diocésaine de partager et de débattre avec des prêtres, des diacres et des laïcs en mission ecclésiales sur cette toute récente assemblée plénière.

+ Benoît RIVIERE

Après l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray

Après l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray

Pour Monseigneur Rivière,
Un acte qui choque profondément la conscience humaine

pere jacques hamel
Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, est actuellement en Pologne où il participe aux JMJ avec les jeunes de Saône-et-Loire. C’est donc à Cracovie qu’il a appris cette terrible nouvelle de l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray. Il adresse le message suivant aux habitants de Saône-et-Loire.

 Nous sommes atterrés par le caractère odieux d’un tel acte ; ainsi est porté atteinte à ce qu’il y a de plus sacré dans la vie humaine : cet attentat s’en prend violemment à la vie d’hommes et de femmes en train de poser un geste religieux et pacifique. C’est extrêmement grave, cela blesse vraiment toute l’humanité. J’appelle donc à ce grand sursaut de conscience que le bien est vainqueur du mal.

Nous sommes particulièrement invités à ne pas nous laisser aller au découragement et ne pas en rester au seul premier mouvement de la colère. C’est le bien qui aura le dernier mot, et en aucun cas, la vengeance. L’événement horrible de ce matin nous appelle à un profond ressaisissement, à témoigner par un acte de foi indéracinable que le Christ met en nos cœurs : on ne combat pas le mal par le mal. Ceci concerne chaque être humain : c’est uniquement par le bien que les œuvres mauvaises reculeront.

Chacun est invité à prier. Plus spécialement, je convie les personnes qui le veulent à rejoindre les messes du 15 août, en la fête de la Vierge Marie, afin d’adresser une prière de supplication pour que les cœurs s’ouvrent à la paix et à l’espérance du bien.

Toutes les célébrations du 15 août pourront être dédiées à ces intentions, en les élargissant à la prière pour toutes les victimes de tels actes dans le monde. Je serai moi-même en pèlerinage à l’oratoire de Notre Dame de Varange, au-dessus de Givry, où je présiderai la messe de l’Assomption ».

+ Benoît Rivière, avec les jeunes de Saône-et-Loire, réunis pour les JMJ depuis Cracovie, le 26 juillet 2016


Messe de Jeûne

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Autun, le 27 juillet 2016


COMMUNIQUE


Messe de jeûne vendredi à la cathédrale


Vendredi 29 juillet, une messe sera célébrée à 19h à la cathédrale à Autun, en mémoire du Père Jacques Hamel, victime du terrorisme dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Cette célébration sera présidée par le Père André Guimet, vicaire général du diocèse.

Chacun peut rejoindre, s’il le souhaite, cette eucharistie. En lien avec tous les Catholiques de France, cette proposition à Autun répond à l’invitation de Monseigneur Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la Conférence des évêques de France, qui demande que ce vendredi soit jour « de jeûne et de prière pour notre pays et pour la paix dans le monde ».

Les jeunes de Saône-et-Loire vivront ce même jour le chemin de croix à Cracovie autour du pape François et de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun. Ils « suivront le Christ dans sa victoire sur la haine, la vengeance et la mort ».

Le Christ est « notre lumière et notre espérance ».

Anne Jacquemot
06 07 77 03 51

Amitié Judéo-Chrétienne

Du 12 au 17 juillet 2016, juifs et chrétiens, jeunes et moins jeunes, se sont retrouvés à Paray pour une session de rencontre et de dialogue sur le thème de la miséricorde.
Mgr Rivière évoque cet événement

Homélie du 12 juin lors de l'Assemblée Synodale

« Simon, j’ai quelque chose à te dire »EVEQUE DIMANCHE HOMELIE
(Lc 7, 36-50)


L’évangile du repas chez Simon nous introduit dans les sentiments profonds de Jésus, et il nous pose aussi cette simple question : voulons-nous aimer davantage ou bien non ?

Deux figures opposées sont mises en lumière ici, la figure de celui qui invite Jésus à sa table, et la figure d’une femme qui s’invite elle-même, pour être présente là où plusieurs auraient préféré ne pas la voir. Il n’est pas difficile pour nous de comprendre les sentiments de Simon devant Jésus se laissant toucher par une femme de mauvaise vie – je dis de mauvaise vie pour dire pécheresse, c’est la même chose. Simon se dit en lui-même : Jésus n’est pas le maître de vérité que certains imaginent, puisqu’il semble ignorer qui est cette femme. Il ne la repousse pas. Il ne lui fait pas publiquement le reproche que sa vie est marquée par le péché. Il reçoit même ses larmes, et il reçoit ses larmes qui sont accompagnées par un geste qui engage toute la féminité de cette femme, c'est-à-dire qu’elle essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux.

Quels sont les sentiments de Jésus vis-à-vis de cette femme ? Elle s’est imposée, sans avoir été invitée, elle est une intruse, elle ne cadre pas avec la haute idée que certains se faisaient de la table de Jésus, ou plus exactement de ce qui est convenable, et de ce qui ne l’est pas quand on est dans la maison d’un observant strict de la loi : la maison de Simon.

Les sentiments de Jésus vis-à-vis de la femme pécheresse et humble, nous y communions lorsque nous reconnaissons en elle une figure de l’Eglise. C’est nous qui étions perdus, hors de la convivialité dans la maison des justes, c’est nous qui avions tué l’amour par nos actes de mensonge et de dissimilation, nos actes qui dénaturaient la beauté de la dignité de l’homme et de la femme créés à l’image de Dieu. Et cette femme ne vient pas pour condamner, elle ne vient pas en faisant des discours, elle pleure, et elle vient chercher Dieu qui seul est source de pardon et de consolation sans limite. Elle est l’image de l’Eglise qui supplie pour elle-même et pour tous les pécheurs du monde. Elle a aimé mal, et elle aime tant le Christ, lui qui est capable de comprendre jusqu’au soupir caché de celui qui n’en peut plus. Elle pressent que seul le Christ l’aimera vraiment. Jésus est saisi d’une immense miséricorde envers elle. A son contact, la femme est entièrement purifiée, elle retrouve sa dignité.

Et quels sont les sentiments de Jésus vis-à-vis de Simon ? Jésus est invité à la table des justes et des injustes, à la table des gens qui réussissent leur vie et à la table des gens qui réussissent mal leur vie. Il accepte ici l’invitation chez Simon, pharisien zélé dan l’observance de la loi. Il est le vivant qui vivifie. Il met sa joie à être à la table des uns et des autres en communiant à la grâce d’écouter ce que l’Esprit-Saint montrera. Et c’est pourquoi, vis-à-vis de l’orgueilleux Simon, Jésus n’a pas le cœur fermé. En lui, Jésus, les flots d’amour miséricordieux coulent pour Simon autant que pour la femme pécheresse.

Mes frères et mes sœurs, entendons l’amour de Jésus pour Simon. Entendons-le chercher l’homme qui ne se savait pas perdu et qui l’était autant, et peut-être plus, que la femme pécheresse. « Simon ! ». Jésus ne l’appelle pas : « espèce de grand orgueilleux ! » Non ! Il l’appelle avec tendresse, et avec un infini amour envers l’homme de la loi qui, sans le savoir encore, a soif surtout de la grâce qui ne vient pas des mérites. Alors il a envers le cœur dur et sûr de lui de Simon, les mots d’une infinie tendresse, ceux que l’on dit à l’être aimé : « Simon... j’ai quelque chose qui est pour toi, vraiment pour toi. Tu te crispais sur la loi et je te murmure la grâce. Tu pensais à ce que tu allais dire pour te justifier et tu peux à présent entrer dans le beau silence de l’amour qui écoute une parole pour chacun, et pour toi en particulier : Simon ! J’ai quelque chose à te dire ! »

Désirons imiter l’humilité de la femme repentante et aimante à qui le Seigneur donne d’entendre la grâce du pardon, et désirons que notre cœur orgueilleux soit brisé par la toute puissance de la délicatesse divine.

Au cours de cette session de l’assemblée synodale, nous voulons seulement progresser, appuyés les uns sur les autres, dans l’amour. Nous voulons aimer avec la grâce et les sentiments du Christ, lui le Sauveur de son corps qui est l’Eglise.

+ Benoît RIVIERE

 

Dialogue interreligieux : toute occasion est bonne à prendre

Editorial - Eglise d'Autun N° 11 - 3 juin 2016

POUR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX, TOUTE OCCASION EST BONNE A PRENDRE !

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En ce dimanche 5 juin, les sœurs carmélites de Mazille accueillent pour la sixième fois la session de dialogue interreligieux, à laquelle participent les responsables départementaux de six religions. Les participants échangent autour de cette thématique : « la vie, la mort : quelle espérance ? ».

A la lumière de sa foi, chacun peut ainsi librement exprimer ce que sont pour lui le deuil, le caractère injuste ou irrecevable de la mort, la possibilité d’une espérance qui fait vivre. « La force de la mort est telle que la victoire sur la vie en est d’autant plus grande », disait l’un des membres du secrétariat interreligieux.

Oui, ces rencontres interreligieuses sont utiles et nécessaires. Ce ne sont pas de simples exercices ponctuels ni accessoires. En effet, l’Eglise se doit d’être sans cesse « complice » de ce qui favorise et fait advenir la paix réelle.

Même si rien ne se voit au premier abord, cela ne signifie pas qu’il ne se passe rien. Dieu voit le cœur de ce qui advient, lentement, discrètement mais réellement. L’essentiel, comme au Carmel de la Paix à Mazille, et cela depuis dix ans, est ce parcours, ce voyage d’amitié, d’échanges et de confiance mutuelle, entre des croyants de différentes religions.

De nombreuses personnes en Saône-et-Loire empruntent aussi ce beau chemin, chacune sur leur terrain : petits groupes d’amitiés judéo-chrétiennes, réseaux de solidarité et de partage entre chrétiens et musulmans, session sur la connaissance du judaïsme qui se déroulera à Paray-le-Monial en juillet prochain.

Une rencontre interreligieuse, comme le disait très justement le pape Benoît XVI, est une « conversation sur la vie humaine ». Le dialogue, c’est une école de vie humaine, de charité, une école qui permet, sans qu’on s’en aperçoive immédiatement, de construire une société de respect entre les personnes.

L’Eglise tient son unité d’une source qui la dépasse infiniment, la source trinitaire. Nous voulons tant servir concrètement en Saône-et-Loire une conversation respectueuse et amicale entre tous. L’Eglise aime se ressourcer elle-même continuellement dans la joie des sacrements de la vie chrétienne. Ce ressourcement la rend chaque jour plus libre et plus généreuse. Il lui donne l’audace d’initier et de cultiver toutes occasions et espaces où des croyants de différentes origines peuvent s’estimer mutuellement et converser en marchant côte à côte, fraternellement, sur la route de la vie humaine.

N’ayons donc pas peur : toutes les occasions du dialogue sont bonnes à prendre !

+ Benoît RIVIERE

A l'occasion de l'entrée en Ramadan

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Message de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun,
aux Musulmans qui vivent en Saône-et-Loire


Le jeûne pour la pauvreté du cœur devant Dieu


A l’occasion de l’entrée en Ramadan, Monseigneur Rivière vient d’envoyer le message ci-dessous aux communautés musulmanes du département :

« Les relations de respect et d’amitié qui lient les humains entre eux sont si importantes, et aussi tellement fragiles ! En ces jours où vous entrez dans la période du Ramadan, je veux de tout mon cœur vous souhaiter la paix qui vient de Dieu, et je veux vous exprimer ma conviction : le jeûne a pour moi un but précis, c’est de retrouver la pauvreté du cœur devant Dieu et devant tous mes frères humains. C’est de connaître ce que Dieu aime et qui nous sera pleinement montré un jour au ciel.

Que la bénédiction divine vous procure la paix, et mette entre tous la douceur de l’amitié et du respect ! »


+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun

Message de paix à tous les habitants de Saône-et-Loire

« La vie, la mort : quelle espérance ? »mazille1


Depuis 10 ans, les représentants des différentes religions présentes en Saône-et-Loire, bouddhistes, juifs, chrétiens et musulmans, se réunissent au Carmel de la Paix à Mazille. L'évolution de notre monde nous invite plus que jamais à poursuivre ensemble ce chemin de dialogue, de fraternité, d'amitié et de paix.
Pour la sixième rencontre, nous avons choisi d'échanger et de prier autour du thème : « La vie, la mort, quelle espérance ? »

La vie et la mort, ce sont les questions de tous les hommes et femmes de la terre.

Nous éprouvons chacun une précarité face à la mort. Nous sommes confrontés à la mort des autres, des vies sont brisées beaucoup trop tôt de manière brutale, violente, d'autres s'achèvent au bout d'une longue agonie dans la solitude d'une nuit d'hôpital... Nous expérimentons nous-mêmes les fluctuations de notre existence, la maladie, le vieillissement, les séparations, les deuils, comme des morsures de la mort au cœur de notre vie. La mort est pour nous tous un grand mystère : nos croyances et convictions nous relient à cette immense inquiétude de chaque être.

Et pourtant nous affirmons que la mort même peut être vécue, préparée, habitée d'une espérance forte. Car au cœur de notre vie aussi, nous faisons l'expérience d'instants qui sont comme des brèches ouvertes sur une réalité pressentie qui nous permet d'affirmer que la vie humaine conduit vers plus grand qu'elle. Expériences de beauté, de rencontre vraie, d’œuvre de paix... Et quand l'un de nos proches disparaît, nous savons l'entourer, l'honorer par des rites, divers selon nos religions, qui accompagnent sa dépouille et rassemblent autour de lui proches et amis, signifiant ainsi que ce « mort » demeure une personne à continuer à aimer, que son âme, ce qu'il y a d'unique en lui, est pour toujours vivante.

Notre message à tous les habitants de Saône-et-Loire est celui de chercheurs et de questionneurs de ces mystères de la vie et de la mort, qui affirmons avec force que l'existence humaine a un Sens, que notre finitude, reconnue et acceptée, n'est pas le dernier mot de notre condition : la mort est « un passage », notre vraie destinée est la plénitude de la Vie.

"La mort n'est plus la clôture sur laquelle vient buter toute espérance, mais le seuil d'une vie nouvelle, plus juste, plus forte, plus vraie". (Pierre Claverie)

Croyant cela, nous pouvons tracer ensemble des chemins pacifiés, illuminés d'espérance, vers tous nos frères et sœurs en humanité.


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6ème rencontre interreligieuse de prières pour la paix

COMMUNIQUE

Autun, le 27 mai 2016

A Mazille, la 6e Rencontre interreligieuse de prières pour la paix

 

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La session interreligieuse, qui a lieu tous les deux ans à Mazille, se déroulera cette année, le dimanche 5 juin pour sa 6e édition. C’est une initiative unique et originale mise en œuvre en Saône-et-Loire depuis 10 ans. Un « Message de Paix » sera proclamé et signé à l’issue de cette journée. De telles rencontres de dialogues, initiées dans l‘esprit de celles proposées par le Pape à Assise, ont toujours un impact fort dans l’opinion publique.

Les sœurs carmélites de Mazille accueilleront donc pour la sixième fois cette session de dialogue et de prière, à laquelle participent des responsables des communautés religieuses de Saône-et-Loire : musulmans, juifs, bouddhistes et chrétiens (catholiques, orthodoxes, protestants). Les participants vont échanger autour de cette thématique « la vie, la mort : quelle espérance ? ». Un secrétariat interreligieux permanent prépare depuis plusieurs mois la session, à laquelle sont invitées 200 personnes représentantes des différentes religions.

Le déroulement :
- à partir de 12h30 au Carmel de la paix de Mazille (à Chaumont 71250 Mazille)
- Déjeuner. Une soupe chaude est servie, chacun apporte son pique-nique.
- 13h30 Prière et méditation des Bouddhistes
- 13h30 Prière de midi des Juifs
- 13h40 Prière Dhur des Musulmans
- 14h Assemblée plénière : introduction puis table ronde sur le thème de la session
- 15h15 Dialogues : l’assemblée est partagée en plusieurs petits groupes de dialogue
- 16h15 Moment de détente
- 16h45 Table ronde, 2e temps
- 17h30 Prières de chacune des religions. Pendant que les uns prient, les autres écoutent.
- 18h30 Message de paix aux habitants de Saône-et-Loire
- 18h40 Verre de l’amitié

Les enjeux de ces rencontres sont multiples : se rencontrer entre croyants, se connaître, s’écouter, s’estimer, sans ignorer ce qui fonde les différences entre les religions, vivre un moment d’amitié, approfondir l’appel à la prière, se laisser éclairer par la rencontre de celui qui est différent dans sa foi, manifester que les liens d’amitié entre croyants de différentes religions sont possibles et en témoigner, afin de permettre aux participants de diffuser ensuite cet esprit de dialogue là où ils vivent.

Les thèmes abordés depuis dix ans :
- 2006 : pour un humanisme de paix ici et de proche en proche à travers le monde
- 2008 : chemin de paix : quels obstacles, quels appuis, en moi et autour de moi ?
- 2010 : pas à pas vers une terre de paix
- 2012 : dis-moi ta prière
- 2014 : je suis avec toi, une lumière dans l’obscurité