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La Pâque nouvelle et éternelle

Editorial - Eglise d'Autun N° 6 - 18 mars 2016

potierLa Pâque nouvelle et éternelle


La mort et la résurrection du Christ font venir dans notre monde quelque chose qui n’était pas envisageable à seule vue humaine : supprimer la division entre les hommes, et enfouir la mort elle-même dans un passé qui ne remontera plus à la mémoire ; créer un monde nouveau qui ne sera que joie et allégresse ! Déjà le prophète Isaïe faisait apercevoir cette perspective, et faisait entendre cette promesse divine : « je vais faire de Jérusalem une exultation, et de son peuple une allégresse ! » (Is 65, 18).

En mourant sur la croix pour dissiper dans la mort toutes les tristesses, tous les pleurs et tous les cris, en accueillant et en donnant l’Esprit-Saint qui recrée dans la vie de Dieu l’humanité blessée, Jésus est vraiment Celui que nous chantons : le premier-né d’une multitude de frères, le premier-né de cette Jérusalem de joie et d’allégresse ! En lui nous trouvons chaque jour ce que Dieu crée ; par lui nous pouvons exulter déjà à cause de ce que Dieu va créer, car l’œuvre de création est à-venir, elle est ouverture continuelle, partout et toujours, à la joie divine, elle est consolation pour les cœurs brisés. C’est Dieu lui-même qui en a fait la promesse : " on oubliera les angoisses anciennes, elles auront disparues de mes yeux ! " (Is 65, 16).

Le temps pascal dans lequel nous entrons est un temps inédit, un temps peut-être que certains n’osaient même plus envisager ! Il nous semblait que le poids du mal avait barré pour toujours la porte de la joie entre tous, et voilà que, dans l’humilité de sa manifestation, Jésus ouvre le temps nouveau. Le temps pascal offre de goûter la vie de Dieu dans notre humanité réconciliée ; il est ce temps qui n’est plus téléguidé par la mort mais par l’alliance nouvelle et éternelle, il est ce temps libéré pour aimer enfin.

Chaque eucharistie actualise ce mystère de la mort et de la résurrection du Christ. Nous y communions à la création nouvelle qui est toute joie et allégresse en présence de son créateur. En cette présence, le frère, et le plus petit parmi les pauvres, sont les premiers convives ; et à cette table, les plus lointains deviennent les plus proches. Ce qui était perdu est retrouvé, le fils mort est maintenant vivant pour toujours.
Oui, gloire et louange à toi, ô Christ, toi notre Pâque nouvelle et éternelle !

+ Benoît RIVIERE