Le coeur du peuple de France

Editorial d'Eglise d'Autun N° 11 - 12 juin 2020

Il y a quelques jours, nous faisions mémoire de l’épouse de Clovis, Sainte Clotilde, femme qui connut la joie conjugale, l’épreuve du veuvage précoce, la déchirante douleur devant l’égarement de certains de ses enfants et cette patiente prière au long des années d’enfouissement. C’est elle qui fut l’épouse chrétienne de Clovis, et dont la foi a été si profondément vécue qu’elle a entraîné la conversion libre de son époux. La prière d’ouverture de la messe de sa fête parle du don de la foi au peuple de France, et demande qu’à l’intercession de cette femme pleine de sagesse et de persévérance, le peuple de France soit sincèrement attaché au service de Dieu. Cela paraît étrange, et pourtant, n’y-a-t-il pas dans cette mémoire et cette prière un fil d’or pour les temps actuels ?

La France n’est pas une idée, ni la propriété d’un parti ou d’un mouvement, ni un spectre, ni une utopie ; elle est notre pays vivant et se transformant grâce à la flamme qui anime ses habitants. Notre peuple français est autant amoureux de liberté et de responsabilité, que du service les uns des autres, et amoureux d’une autorité juste et humble de l’Etat. Il est bigarré, multiculturel comme on dit, certes, il n’en a pas moins un cœur.
eveques juin2020
Ce 8 juin, tout récemment réunis en Assemblée Plénière par visio-conférence, les évêques de France ont tenu à se réunir le soir dans la prière du Sacré Cœur de Montmartre. Devant les immenses déchirures dans la société française de la 2e moitié du XIXe siècle, des laïcs chrétiens ont eu cette belle audace d’édifier la basilique du Sacré Cœur pour confier la France à Celui qui a été reconnu par Clovis comme « le Dieu de Clotilde ».

Les évêques ont demandé la grâce pour notre peuple de se retrouver par le meilleur de lui-même et de son histoire. En silence adorant devant le cœur miséricordieux du Christ, nous avons redit notre oui à Celui qui nous a plongés dans sa mort et sa résurrection pour que nous vivions en sa présence dans l’Amour.

Coïncidence du calendrier, cette soirée du 8 juin était aussi la veille du jour anniversaire de l’acte d’offrande de Thérèse de Lisieux à l’amour miséricordieux. Ardeur de cette offrande dont il faudrait méditer chaque élément. Qu’il nous suffise d’en dire ici les premiers mots :
« Ô mon Dieu, Trinité Bienheureuse, je désire vous aimer et vous faire aimer. »

+ Benoît RIVIERE