Les dons du Saint-Esprit

Editorial d'Eglise d'Autun N° 10 - 24 mai 2019

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Une adolescente m’a posé cette question : « je n’ai pas bien compris ce qu’étaient les 7 « pouvoirs » du Saint-Esprit. Pouvez-vous m’éclairer là-dessus ? » Elle a utilisé le mot « pouvoir », parce que l’expression des « dons » du Saint-Esprit ne lui était pas familière !
Dieu ne nous donne pas en effet des choses comme on donne de l’argent à une association qu’on veut soutenir, ni même comme des parents donnent une éducation à leurs enfants. Quand Dieu donne, il ne donne pas moins que lui-même, dit admirablement Saint Thomas. Et la parole sacramentelle de la confirmation l’exprime bien : « sois marqué de l’Esprit-Saint, le don de Dieu. »

Ce que cette adolescente appelle les « pouvoirs » de l’Esprit de Dieu, sont une manière de comprendre comment Dieu agit pour nous en se donnant à nous tout entier. Oui, il veut nous communiquer ses « pouvoirs ». Et il n’agit jamais en nous sans nous ; il est le partenaire éternel de notre liberté créée. Il nous rend capables de vivre et d’aimer comme lui. Les fameux « dons » du Saint-Esprit sont comme ce souffle actif qui creuse en nous une capacité à nous émerveiller de la beauté et de la bonté de Dieu ; c’est le don de crainte (qui n’a rien à voir avec la peur). Si nécessaire, dans un contexte de zapping permanent, le Saint-Esprit creuse en nous la capacité de la fidélité, nourrie par les sacrements et par les frères qui nous aident ; c’est le don de force.

Par le don de la filialité, qui est inséparable de celui de la fraternité, (manière de dire le don de piété) nous bondissons de joie et de confiance pour nous porter vers Dieu notre Père et vivre en frère avec les autres.
Le don de conseil est comme celui d’une boussole intérieure qui indique où est la belle attraction de notre vie. La charité est la véritable nourriture de l’homme, et le don de conseil est comme cette faim salutaire de la charité.
Celui de la connaissance nous fait déchiffrer les traces du créateur ; c’est le don si nécessaire pour vivre réconciliés avec la création.
L’intelligence n’est pas ici le quotient intellectuel, mais ce regard intérieur venant de Dieu, et qui fait lire toute chose dans la lumière qui ne vient pas de nous. « Par ta lumière, dit le croyant, nous voyons la lumière. »
Enfin, le don, le pouvoir, de sagesse fait goûter Dieu lui-même. C’est l’esprit d’enfance évangélique.

Dieu, en définitive, nous donne de pouvoir donner et recevoir ce qui ne disparaitra jamais, c’est-à-dire l’amour dont Il aime. Et si ce don est permanent, c’est pour que notre existence blessée soit transformée au long des jours et que nous devenions réellement libres, comme Jésus est entièrement libre.

+ Benoît RIVIERE
Evêque d’Autun