Nouveaux chemins pour l’Eglise ; pour une écologie intégrale

Editorial d'Eglise d'Autun N° 19 - 15 novembre 2019

Le synode sur l’Amazonie vient de s’achever, mais, comme tout synode, il met en route pour de nouveaux chemins et pour une conversion à accueillir. Le pape publiera très prochainement les conclusions qu’il tirera de ce synode pour toute l’Eglise. Nous sommes attentifs à nous laisser encourager et instruire par ce que nous dira le pape.

Pendant notre récente assemblée des évêques de France à Lourdes, nous avons écouté l’un d’entre nous, participant du synode pour l’Amazonie : Monseigneur Emmanuel LAFONT, évêque de Guyane. Ce département français compte, on le sait, une partie (modeste mais réelle) de la population amazonienne. Comme nous a dit Mgr LAFONT, l’Amazonie invitée au Vatican pour ce travail de discernement et de communion dans la foi universelle, c’était un peu la périphérie mise au centre ! C’était dire au monde entier : écoutez le cri des pauvres ! Ecoutez aussi avec eux le cri de notre terre !francois d assise

L’Amazonie est l’un des principaux poumons pour la respiration de la terre entière, et ce poumon est aujourd’hui gravement menacé par la déforestation. Il est possible de changer nos manières de faire et nos mentalités consommatrices pour entrer dans une nouvelle et sobre manière de vivre, réconciliés avec la terre et non plus exploitants aveugles de cette terre. L’avenir n’est pas écrit d’avance, sauf si hélas nous continuons la logique de l’exploitation sans limite des ressources naturelles et si nous continuons à ignorer ce qui se joue lorsque des déséquilibres énormes sont accentués par la surconsommation.

La louange chantée par Saint François d’Assise est écrite depuis le tréfonds d’un cœur et d’un corps blessés par la maladie et les trahisons. Elle est donc particulièrement appropriée pour nous aujourd’hui. Le synode pour l’Amazonie nous entraîne à vivre de la vie que Dieu donne à toutes ses créatures, et nous entraîne à la belle restitution de notre être, c’est-à-dire à la louange, plutôt qu’à l’accaparement, à la suffisance orgueilleuse et à l’égoïsme. Oui, avec les cœurs purifiés par l’épreuve, nous osons chanter : loué sois tu, Seigneur, pour sœur l’eau, et pour la terre, qui féconde et qui peut nourrir les affamés !

+ Benoît RIVIERE