Pourquoi participer aux débats sur la bioéthique ?

Editorial d’Eglise d’Autun N° 2 - 26 janvier 2018DIALOGUE

POURQUOI PARTICIPER AUX DEBATS SUR LES CONTENUS ET L’ENJEU
DES LOIS RELATIVES A LA BIOETHIQUE ?

Au cours des prochains mois, dans une centaine de lieux publics, se tiendront des échanges pour apporter au Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) la matière, les arguments et les problématiques qui serviront à la rédaction de projets de loi, dans le cadre de la révision des fameuses lois de bioéthique.

Il me paraît important que des personnes capables d’aider au dialogue et de faire réfléchir sérieusement, puissent aider dans notre diocèse à des échanges sur ces sujets, et des échanges qui se tiendront dans un esprit de clarté, d’humilité et de bonté. Un passage du Concile Vatican II l’exprime ainsi : « Il appartient à l’Eglise d’engager le dialogue avec la société humaine au sein de laquelle elle vit… Il faut que ce dialogue se distingue par la clarté du langage en même temps que par l’humilité et la bonté, par une prudence convenable alliée pourtant à la confiance : celle-ci, favorisant l’amitié, unit naturellement les esprits. »

Certains objecteront que cela paraît utopique de vouloir entrer dans des espaces ouverts de dialogue sur les questions qui touchent à la vie elle-même, et donc à l’avenir de la société. Ils redoutent que les choses ne soient déjà arrêtées par avance.

Il est vrai que nous ne savons pas toujours bien faire entendre ce qui fonde nos prises de paroles publiques. Il est vrai que la tendance à multiplier des piles de lois pour satisfaire aux désirs singuliers, n’aide pas à une juste perception de la loi civile. Il est vrai que nous respectons le domaine propre du politique, et que nous ne voulons pas nous substituer à ceux qui ont reçu mandat du peuple pour légiférer.

Pour contribuer au dialogue dans notre société, en cette période de nouveaux débats au sujet des avancées techniques en matière de contrôle et de pouvoir sur le vivant lui-même et au sujet des enjeux humains de certaines décisions législatives, j’ai récemment appelé quatre baptisés qualifiés de Saône-et-Loire à se rendre à une journée de travail à Paris. Les intervenants de ce « séminaire » ont été réunis par Mgr Pierre d’Ornellas et un groupe d’évêques avec lui.
De retour de cette journée, nos quatre « missionnés » pourront, avec d’autres, aider les communautés chrétiennes que le souhaiteront à débattre. La foi et la raison, l’ancrage dans le réel des situations de souffrance, sont tellement nécessaires à qui veut voir un bonheur advenir pour toute l’humanité.


+ Benoît RIVIERE