"Renaissance" d'une antique bénédiction

Editorial d'Eglise d'Autun N° 2 - 24 janvier 2020


alliancesLa « consécration des veuves » a existé au début de l’Eglise, comme a existé et a repris vie récemment la « consécration des vierges ». « Il me semble, écrivait Georgette BLAQUIERE, que la veuve est appelée à veiller au cœur de l’Eglise, pour témoigner de l’espérance chrétienne dans le « pas encore » de notre vie présente ». En demandant la « consécration », une veuve chrétienne passe de l’acceptation de la douloureuse déchirure qu’entraîne la mort de son époux, à l’offrande. C’est le sens de l’engagement que vient de prendre notre amie Marie-Jo MONTMAYEUR, veuve du diacre Gérard.

Elle a voulu inscrire pour toujours son existence dans l’action de grâce de son baptême, soutenue par l’amour de Gérard qui demeure. Ella a demandé la bénédiction de Dieu sur son état actuel de vie qui n’a été évidemment ni voulu ni choisi. Cette démarche, dit encore Georgette BLAQUIERE, se situe « en continuité avec le sacrement du mariage, dont elle actualise la consécration ».

Nous demandons dans la liturgie du mariage que l’amour humain soit consacré ; cette consécration peut se trouver affermie dans le temps du veuvage. C’est du moins l’appel que des veuves reçoivent, et, même si c’est encore peu connu et peu développé, c’est un appel particulièrement éclairant actuellement.

Je cite encore Georgette BLAQUIERE : « Avec Marie le Samedi Saint, la veuve consacrée annonce dans la foi que le Seigneur a vaincu la mort, elle espère au cœur de l'angoisse et de la solitude, elle veille dans l'attente ardente du Jour de Dieu, et, comme Anne dans le Temple, elle le reconnaît et elle l'annonce. En cela, elle devient signe de l'Église, avec Marie, blessée au cœur, mais debout ».

Puissions-nous trouver dans l’engagement pris par Marie-Jo un encouragement à dire un oui nouveau, dans l’état de vie qui est le nôtre à chacun et chacune de nous.
« Moi, Marie-Jo MONTMAYEUR, je rends grâce au Seigneur.

Dans la continuité de la grâce de mon baptême, de ma confirmation, et soutenue par l'amour de Gérard, je m'engage à aller jusqu’au bout de la grâce de notre mariage dans une relation toujours plus profonde avec le Christ par sa Parole, dans l’adoration, l'intercession.
Je m'engage à être fidèle à la " prière des heures " en union avec l'Eglise et pour le monde.
Que le Seigneur reçoive le don de moi-même. »

+ Benoît RIVIERE