Immersion au Cambodge - « Ce qui a changé pour moi »

Fichiers Disponibles

Aucuns Fichiers Ajoutés

Nicole DAGALLIER mardi 15 novembre 2016 15:24


Violaine Bourmault habite en Saône et Loire. Il y a un an elle partait en voyage d'immersion au Cambodge avec une quinzaine de bénévoles du CCFD – Terre Solidaire de Bourgogne - Franche Comté. Voici un petit retour sur son expérience et où elle en est aujourd'hui.

« J'ai eu la chance l'an dernier de faire partie du projet d'immersion au Cambodge. Chance de découvrir des sourires, des partenaires debout pour défendre les droits, des paysages magnifiques...

Une aventure formidable qui ne s'est pas arrêtée à la descente d'avion de retour en France. Au contraire, cette expérience a fait comme une onde de choc dans ma vie, comme un tsunami ayant parcouru 10 000 km.

Quand je sens que je vais baisser les bras, je repense à Arun. Une firme vietnamienne lui a volé ses terres, brûlé sa maison et malgré tout, au côté de Adhoc, partenaire du CCFD, il se bat pour lui mais surtout pour les autres. Quelle force !

Je suis touchée aussi par l'expérience conférence gesticulée, « l'ét(h)iquette qui gratte », que nous vivons depuis janvier avec certain(e)s du groupe. Je crois que c'est le plus gros bouleversement de l'après-immersion. Il y a d'abord eu le coaching formidable de Gaël, en novembre, pour nous aider à « accoucher » de notre bébé-conférence.

Que d'émotions, de claques à chaque fois que l'un d'entre nous gesticule et apporte son témoignage.

Effet décuplé en public : devant un public convaincu, comme au Forum régional, et encore plus lorsqu'à Gron, dans une MFR de l'Yonne, nous sommes intervenus devant 80 jeunes. Là, nous avons puisé au fond de nos émotions et de nos souvenirs pour transporter l'assemblée au Cambodge et les faire réagir au retour (bel échange autour de « l'image de marque(s) » que les ados veulent montrer).

Les réactions du public, toujours touchantes et riches, les anecdotes continuent de m'interpeller dans mes paradoxes de consommatrice-citoyenne.

Je ne peux plus dire que je ne connais pas les conditions de vie des travailleuses du textile qui fabriquent mes T-shirts ou mes pantalons. Je ne peux plus fermer les yeux devant tous ces visages qui me rappellent leur salaire de misère qui n'a rien de vital ou encore ces yeux qui disent les maladies inhérentes à l'usage de produits qui n'ont rien de bio.

Nonobstant, je sais aussi les heures de travail passées à essayer d'équilibrer mon budget de mère de 3 enfants, le coût de la vie, les sollicitations de notre société de consommation. Et 6 mois après, malgré mon indignation, je n'arrive pas à faire un choix tranché dans notre monde de consommation. Nous avons déjà franchi quelques pas : changement de pâte à tartiner, regarder les étiquettes quand nous achetons ; mais le défi n'est pas fini.

J'ai parcouru 10 000 km pour aller au Cambodge, mais le plus grand voyage fut intérieur. Et il continue... »

Pour en savoir plus sur ce qu'est un voyage d'immersion, cliquer « voyage immersion »