" Seigneur, viens en aide à notre faiblesse "

Editorial d'Eglise d'Autun N° 11 - 07 juin 2019

tn P1180012B
Comme pour la Parole de Dieu, nous ne finirons jamais de découvrir la richesse et la profondeur des rites de la liturgie chrétienne. Et c’est pourquoi, lorsque nous les célébrons, nous progressons dans la joie de la foi.

Dimanche 23 juin, en priant la liturgie d’ordination d’Hervé et de Bernard comme nouveaux « coopérateurs » des évêques, et celle de l’ordination de François comme nouveau « diacre » de l’Eglise, nous réaliserons mieux ceci : notre façon de voir a toujours besoin d’être déplacée et élargie par la foi de l’Eglise. Et la réception par les communautés chrétiennes de ceux qui leur sont envoyés par l’évêque (je pense aussi aux changements de curés dans des paroisses) est un signe très beau qui fait grandir les uns et les autres dans la foi. Oui, nous éprouvons à quel point le Seigneur vient en aide à notre faiblesse.

Prenons quelques éléments de la liturgie d’ordination des prêtres, à titre d’illustration. On prie pour que Dieu lui-même forme, à travers ses serviteurs, le peuple sacerdotal, c’est-à-dire un peuple habité par un amour rempli d’espérance envers l’humanité, un peuple capable de louange et d’intercession, capable de se donner vraiment. Et dans la prière d’ordination qui prolonge l’imposition des mains, on termine par ces mots suggestifs : « en communion avec nous, Seigneur, qu’ils implorent ta miséricorde sur le peuple qui leur est confié et pour l’humanité toute entière… »

On évoque dans les rites d’ordination ce que sera le travail des prêtres, ou plutôt leur capacité à intercéder et à servir la communion entre les divers membres. Il s’agit là encore d’une responsabilité qui se reçoit de Dieu dans son Eglise et qui met en relation avec Dieu, qui établit quelqu’un comme serviteur d’une communion fraternelle venant d’un amour divin, comme le Christ qui livre sa vie, jusque dans la souffrance de la Croix, pour rassembler les enfants de Dieu dispersés.

Je remarque aussi combien une juste perception de la mission des prêtres et des diacres, ne peut se faire sans une vision unitive de l’ancien et du nouveau Testament. Je veux dire que les « figures » de l’ancien Testament se réalisent lumineusement dans le nouveau, y compris celles des serviteurs de la bonne organisation du peuple appelé. Moïse et ses compagnons « deviennent » en quelque sorte les « collaborateurs, ou coopérateurs » des évêques.

Enfin, je voudrais souligner que pour toute consécration d’une liberté humaine au service de ce qui vient de Dieu, c’est l’Esprit-Saint qui en est le souffle et l’artisan. Sans lui, tout s’affaisse dans l’insignifiance, dans une morne tristesse et dans un aplatissement des perspectives. Les gestes d’une ordination de prêtres, je pense en particulier à la concélébration de l’imposition des mains par l’évêque et le presbyterium, je pense aussi à l’onction des mains, nous renvoient à une transformation de quelqu’un au plus profond de lui-même pour devenir à un titre particulier et pour toute son existence, ami de l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ. Il s’agit d’une transformation dans l’Esprit-Saint, qui pousse à une écoute jamais achevée de ce même Esprit qui fait l’unité de l’Eglise.

+ Benoît RIVIERE