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Décembre 2016






Amitié judéo-chrétienne

Du 12 au 17 juillet 2016, juifs et chrétiens, jeunes et moins jeunes, se sont retrouvés à Paray pour une session de rencontre et de dialogue sur le thème de la miséricorde.
Mgr Rivière évoque cet événement

Interviews

RCF 2020 03 26


MCEFgr Benoît Rivière, évêque d’Autun, Chalon et Mâcon, évoque sa joie d’être à la tête d’un diocèse fier de son passé et confiant dans l’avenir.

Interview mise en ligne sur le site de la Conférence des évêques de France

 


Le nouvel élan missionnaire de l’Eglise
Monseigneur Rivière évoque l’anniversaire du texte conciliaire « Ad Gentes »


A l’invitation de l’association « Foi et Culture », Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, a donné le 8 mars 2016 à l’évêché une conférence sur le thème « un nouvel élan missionnaire, comment ouvrir une porte à la foi dans un monde qui bouge ? » il a développé cet élan en évoquant« Ad Gentes », l’un des grands textes du Concile Vatican II sur ce sujet, 50 ans après sa promulgation.


Comment décririez-vous ce nouvel élan missionnaire donné par le Concile Vatican II ?
Nos schémas de pensée sont souvent ceux d’une économie de marché, mais l’Eglise n’est pas une entreprise ordinaire qui chercherait à gagner des parts de marché, en augmentant le nombre de paroisses dans le monde. Les Pères du Concile ont voulu se dire à eux-mêmes et à ceux qui les entendraient que la joie de l’expérience chrétienne pousse toujours au loin pour servir les autres avec l’élan qui est celui de Jésus lui-même. Cet élan n’impose rien. Il est comme la diffusion d’amour qui sauve vraiment de la mort. C’est une expérience approfondie de la foi qui pousse à l’annoncer par sympathie avec tous les hommes.

50 ans après, cet élan est-il toujours d’actualité ?
Oui, bien sûr. Je dirai qu’il y a un double élan. Un élan intérieur à l’Eglise qui s’est manifesté par le renouveau de la prière, par des initiatives communautaires à grande échelle, par l’appel de nombreux laïcs à se former davantage. Et un élan très beau pour que l’Evangile, dans les cultures variées de la terre, ne soit pas plaqué mais inculturé. De jeunes Eglises très vivantes ont pu se déployer grâce au Concile, comme en Corée du sud, et dans des pays d’Afrique ou d’Amérique du sud.

Le pape François parle pour l’Eglise d’un « état permanent de mission ». Qu’est-ce que cela signifie ?
Le Pape parle souvent d’une Eglise qui se risque en campagne et sort continuellement parce qu’Elle est saisie par l’amour. Elle se rend accessible pour guérir, panser les plaies visibles et invisibles de tant de nos frères humains. Il la voit comme un hôpital de campagne qui va en priorité vers les grands blessés de la vie.


Propos recueillis par Anne Jacquemot



Session des prêtres - Paray le Monial - Octobre 2015

Durant la session de formation à Paray, 170 prêtres heureux de vivre ensemble la charité pastorale

« Ce que je retiendrai de cette session, c’est ce trésor de l’Amour de Dieu vers ce monde, porté par des hommes conscients de leur fragilité ».
C’est ainsi que le Père André Guimet résume trois jours d’intense travail au côté de ses frères prêtres.

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Messages

MGR RIVIERELe message de Noël de Monseigneur Benoît Rivière
A tous les habitants de Saône-et-Loire

SURPRISE DE NOËL

Un nouveau visage est toujours surprenant, parce qu’il est unique ! Il invite silencieusement à se laisser surprendre et émerveiller. Un enfant qui vient de naître est comme une parole douce et vierge adressée au monde entier : « veux-tu que je vive bien avec toi ? Et m’aideras-tu à grandir en confiance ? »


Notre pays est entré dans ces jours de Noël sans voir pour autant dissipés les nuages inquiétants des conflits sociaux, des grèves à peine suspendues, des mots durs et implacables jetés en pleine arène. Qui comprendra la plainte profonde des humbles et des petits ?

NOËL me presse joyeusement de changer mon regard sur le monde et sur chaque visage. Nul ne devrait se considérer comme une charge, ou un être de trop, aux yeux des autres ! Dans la lumière de l’enfant de Noël chacun peut se considérer et considérer les autres comme un don surprenant, et qui apporte une part heureuse à la vie de la société entière.

Que les vœux de l’Eglise catholique aillent en premier lieu à vous qui êtes isolés dans une chambre d’hôpital ou de maison de retraite, à vous aussi qui êtes en prison et ne verrez pas cette année la table familiale avec les enfants autour ! Je souhaite à chaque habitant de Saône-et-Loire et à ceux et celles qui vivront Noël ici dans notre département, d’oser se laisser surprendre. Oui, soyez surpris d’être débordés intérieurement par une joie toute simple, survenant alors peut-être que vous n’osiez même plus y croire : celle d’éprouver d’être aimé, et en capacité de voir les autres avec un regard à nouveau empli de compassion et d’espérance !

Bon Noël à toutes et à tous !

+ Benoît RIVIERE


LOGO EVQUE

Déclaration de Monseigneur Benoît Rivière

Discerner les enjeux éthiques
de certaines pratiques
et des lois qui encadrent ces pratiques

                                      Lire la déclaration

 


Déclaration du Conseil Permanent de la Conférence des Evêques de France

Elections européennes : quelle Europe voulons-nous ?

CEF
Lire la déclaration


Message de Pâques de Mgr Benoît Rivière

RESURRECTION MARIE MADELEINE
MESSAGE DE PAQUES 2019 DE MGR BENOT RIVIERE




Message de Carême du Conseil Permanent CEF
de la Conférence des Évêques de France

"Grandir dans la vérité,
grandir dans l'espérance''


Chers frères et sœurs baptisés, fidèles de l’Église catholique présente en France,

Réunis comme tous les mois, évêques membres du Conseil permanent, nous souhaitons vous adresser un message au début de ce temps de carême qui est un temps de conversion. Le jour du mercredi des Cendres, en nous marquant le célébrant nous a dit : « Convertis-toi et crois à l’Évangile. »

Nous sommes, ensemble, très affectés et troublés par les révélations faites au sujet des actes parfois criminels commis par ministres ordonnés ou des consacrés sur des mineurs ou même des adultes dans l’Église universelle et chez nous aussi. Ces comportements immoraux nous scandalisent et atteignent notre confiance dans l’Église, dans ceux et celles qui pourtant ont consacré leur vie à Dieu. Des personnes victimes, souvent membres de nos communautés, ont révélé ce qu’elles ont subi et leur profonde blessure qu’elle soit psychologique, spirituelle ou corporelle. Nous les remercions d’avoir osé parler. Grâce à leur témoignage, une profonde prise de conscience s’est réalisée. Une grande opération-vérité s’est ouverte. Dans notre foi, la parole du Christ « La vérité vous rendra libres » (Jn 8,32) est à l’œuvre. C’est douloureux car le mal est profond. Avec le Pape François, nous disons qu’il s’agit d’abus de pouvoir, de conscience et d’abus sexuels.

Nous savions que l’Église est sainte de la sainteté de Dieu, mais qu’en elle se trouvent aussi des hommes et des femmes pécheurs, appelés pourtant par Dieu à être cette communauté qui, dans le temps de l’histoire, porte l’espérance des hommes et rend témoignage à sa bonté. Il est à l’origine de toute vie et par son Fils Jésus Il nous sauve du mensonge de nos vies et nous libère du poids du péché, de celui de la violence faite aux autres. Nous avons confiance en Lui et en son Église.

La fête de l’appel des catéchumènes, ce premier dimanche de carême, nous a fait vivre la fécondité de l’Église. Elle a accompagné l’œuvre de l’Esprit dans le cœur d’hommes et de femmes qui ont reconnu sa présence et se sont tournés vers elle pour être accompagnés dans leur expérience nouvelle. Les communautés chrétiennes les ont accueillis et guidés. De nombreux prêtres, des diacres, des consacrés, des fidèles laïcs leur ont donné le meilleur d’eux-mêmes, c’est-à-dire la Parole de Dieu, le témoignage sur Jésus, la vie en communauté, le souci des petits et des pauvres et encore la manière de trouver Dieu dans la prière du cœur et dans l’assemblée chrétienne !

Le message de Pâques déjà nous éclaire : « Ne craignez pas, c’est moi. La Paix soit avec vous ! ». Nous ne sommes pas abandonnés, nous sommes purifiés. Nous sommes remis devant notre vocation de baptisés !

Poursuivons notre mission de porteurs d’espérance. Nous allons continuer notre effort de conversion dans les domaines où certains ont péché. Nous allons poursuivre notre écoute des personnes victimes et travailler avec elles. Nous aurons besoin de chacun pour être des acteurs de vérité, pour apporter ses compétences pour rendre notre Église plus sainte dans la vie de tous ses membres et dans sa manière de vivre.

Oui, chers Frères et Sœurs, le Seigneur nous aime. Il nous renouvelle dans notre mission de baptisés. Entendons son appel : « Vous donc vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 48).

Bon Carême, bonne montée vers Pâques à la suite du Christ-Sauveur.


Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers




Autun, le 27 mars 2018

Message de Pâques aux habitants de Saône-et-Loireeveque 2018 01 600px

A Pâques, Dieu dépasse nos peurs

Le premier dimanche d’avril est, pour les chrétiens, la grande fête de Pâques. C’est la fête de la vie qui triomphe de la mort. C’est la fête de l’amour qui s’offre librement et gratuitement à tous. Au matin de ce lumineux dimanche, les chrétiens affirment dans la joie que le Christ qui dormait dans son tombeau après sa crucifixion se réveille, se lève et sort inaugurer un monde nouveau !

En Jésus, la mort vaincue donne un sens à la vie. A Dieu, il est possible de dire à la fois ses désirs et ses souffrances. Nous croyons que Dieu peut faire toute chose nouvelle, qu’il peut transformer une existence. Avec Lui, aucune crainte ne peut avoir le dernier mot, même si les circonstances visibles montrent le contraire. Dieu dépasse nos peurs.

De belles figures de la foi sont pour nous de véritables modèles de vie consacrée à l’amour. Je pense plus particulièrement, après ce récent attentat dans le sud de la France, à celle du père Maximilien Kolbe. C’est un « modèle d’amour et de solidarité pour le monde d’aujourd’hui », rappelait le pape Saint Jean Paul II. Pourquoi ? Parce que Maximilien, par le don de sa vie, montre jusqu’où peut aller l’amour fraternel et l’esprit de solidarité.

Le geste de cet homme, décidé et accompli en quelques secondes, n’est cependant pas spontané. Il intervient après un chemin personnel qui le dépasse et l’invite à embrasser la cause de l’autre comme la sienne. Maximilien Kolbe reste un phare pour notre temps difficile, comme le Christ est notre roc d’espérance par tous les temps.

A chacun en Saône-et-Loire, je pose ces questions : quelle sera la porte qui vous fera entrevoir un avenir, une espérance, un peu d’affection partagée ? Notre urgence du quotidien n’est-elle pas celle de l’amour, du dialogue et de la vérité confiante ?

En ce jour de Pâques, toujours nouveau et sans cesse renouvelé, les catholiques prient pour que chaque femme et chaque homme soient transformés par l’espérance.

Bonne fête de Pâques, par la joie de Jésus le Christ ressuscité !

+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun, Chalon et Mâcon



MESSAGE DE MGR RIVIERE AUX JEUNES 2018 image5


Le pape François vient d’envoyer une très belle lettre aux jeunes du monde entier(*). Je vous encourage à la lire. Elle aborde de front une réalité humaine, celle de nos peurs. Quelles peurs nous habitent ? Qu’est-ce qui nous préoccupe le plus ?

En ces jours de préparation à Pâques, j’aime penser à une jeune fille juive de 15 ans, devenant mère de Jésus et affrontant elle aussi une peur : serai-je à la hauteur de ce qui m’est demandé ? La souffrance ne va-t-elle pas tout anéantir dans la vie de l’enfant qui naîtra ? Cette jeune fille, Marie, a reçu pleinement cette parole venant de la part du Dieu bon et ami des hommes : « ne crains pas ! » Avec elle, je vous souhaite d’entendre vous aussi : tu es aimé au-delà de tous tes rêves par Dieu qui t’entraîne dans sa joie et dans sa relation vivante avec les autres.

La plus belle réussite de la vie, c’est évidemment celle de l’amour. Mais nous nous interrogeons : qui m’aidera à aimer durant toute ma vie ? Saurai-je faire toujours du bien à ceux qui ont confiance en moi ? Qui m’aidera à faire les bons choix ? Aurai-je une place et un travail dans la société, car je voudrais aussi servir le bonheur des autres ?

A l’approche de Pâques, je vous invite à participer aux prières qui auront lieu dans les églises ces jours prochains. L’Eglise attend de vous écouter et de vous donner toute votre place dans sa mission. Des jeunes du monde entier sont réunis autour du pape ces jours-ci. Vous-mêmes, n’ayez pas peur de prendre la parole pour dire vos désirs et aussi vos souffrances. Je vous souhaite de trouver des personnes de confiance pouvant vous écouter et vous accompagner dans votre recherche d’une existence entièrement bonne.


+ Benoît RIVIERE
Donné aux jeunes à Taizé le 25 mars 2018


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(*) MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS À L'OCCASION DES XXXIIIèmes JOURNÉES MONDIALES DE LA JEUNESSE
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30).


Message de Noël aux habitants de Saône-et-Loire

 

MGR RIVIERE 26 11 2017 terAutun, le 18 décembre 2017

Espérance, bienveillance, audace !

Quelles sont les aspirations les plus profondes de ceux et celles avec qui nous vivons et nous travaillons en Saône-et-Loire ? Les enfants l’expriment avec la sincérité spontanée qu’on leur connaît : c’est de bien s’entendre avec les autres. Enfants et adultes, nous désirons cette relation bonne avec tous, et nous désirons apporter notre petite pierre à l’édifice de la maison commune dans laquelle nous habitons tous sur cette terre.

Et comment avancer vers cette terre solidaire, quand nous éprouvons tant d’inquiétudes touchant l’avenir des sociétés humaines : inquiétudes « écologiques », « politiques » à certains endroits du monde, « affectives » pour nos proches et pour nous-mêmes, « économiques » liées aux imprévisibles des « marchés financiers » ?

Les jours de Noël sont, pour certains d’entre nous, des jours de retrouvailles familiales et des jours réconfortants ; pour d’autres, ce sont des jours de plus grande solitude et des jours (je pense à ceux qui habitent des lieux troublés par les guerres et les graves dysfonctionnements de l’économie) où l’on peut éprouver du même coup ce que dit un passage de la Bible : qui nous fera voir des jours heureux ? Qui nous fera voir le bonheur ?
Message de Noël aux habitants de Saône-et-Loire

 

En ce moment où nous peinons à voir venir de nouvelles alliances durables entre des peuples opposés, que faut-il souhaiter ?
Je veux adresser trois vœux aux habitants de la Saône-et-Loire :

1. Croyez à l’avenir de chaque personne humaine aujourd’hui et demain ! Le signe auquel les chrétiens reconnaissent l’avenir que Dieu ouvre au monde, c’est le signe de la simplicité fragile d’un enfant, amoureusement accueilli par son père et sa mère. La crèche n’est pas pour nous un simple objet d’attendrissement enfantin, elle est la signature d’un Dieu vivant qui arrache à la tristesse et à la mort.

2. Laissez-vous à nouveau réjouir par la bienveillance et par la générosité des plus humbles. Rien ne détourne en effet aussi efficacement du mal et des étroitesses d’esprit, que le visage et la confiance d’un enfant.

3. Osez entreprendre à plusieurs, en dépassant les égoïsmes et les peurs. L’être humain a une formidable capacité pour se renouveler et renouveler les conditions d’habitat et de travail, en s’adaptant à des situations inédites. Il est beau et réjouissant de voir ce que produit la collaboration humaine en vue du bien commun.

Je vous souhaite l’espérance, la bienveillance et l’audace !

+ Benoît RIVIERE
Evêque d’Autun, Chalon et Mâcon



La flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre

Les mots de Monseigneur Rivière au Challenge Michelet 2017

Dans le cadre de la 45e édition du Challenge Michelet, organisée par la Direction interrégionale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun était invité vendredi 19 mai dernier à prononcer une allocution lors d’une cérémonie d’hommage au monument aux morts de Dijon. Plus de 300 jeunes étaient réunis, venus de la région Grand-Centre, à l’issue d’une semaine de compétions sportives et culturelles sur le thème de La Résistance. Le résistant que fut monsieur Edmond Michelet, grand-père de Monseigneur Rivière était à l’honneur.


Chers amis du Challenge Michelet,

Je suis très ému de prendre la parole maintenant devant vous, et je suis fier de me sentir avec vous dans le même esprit, l’esprit du Challenge Michelet. Vous m’avez merveilleusement accueilli mercredi matin au Stade Colette Besson, et je vous en remercie beaucoup.

Dans ce stade, vous les jeunes, vous étiez heureux d’être ensemble, dans une ambiance de respect les uns des autres, dans une sorte de « famille » fraternellement unie, dans une joie communicative, et dans l’effort sportif pour être au meilleur de vous-même. Vous vous souviendrez longtemps de ces journées à Dijon, et vous pourrez vous souvenir longtemps de l’esprit du Challenge Michelet.

Edmond Michelet était mon grand-père. Nous l’appelions affectueusement « Papamond ». Il aimait beaucoup sa famille. A vrai dire, il était un homme fait pour aimer, et pour vivre en fraternité avec les autres, même ceux qui ne partageaient pas ses idées. C’était cela son esprit : un esprit ouvert et généreux, qui refusait de se laisser vaincre par la haine et par le découragement.

Et Dieu sait si Edmond Michelet, comme beaucoup d’autres, ont eu à RESISTER contre la haine et le découragement dans les années du milieu du XXème siècle et plus tard encore. Quand le nazisme poussait à dénoncer les juifs comme des gens inférieurs, quand le nazisme poussait les français à se dénoncer les uns les autres, quand le nazisme pratiquait des expériences infâmes sur le corps des infirmes, des malades et des vieillards, quand il entraînait des millions d’innocents dans les camps de déportation et d’extermination, il fallait des hommes comme Michelet pour rester debout, pour choisir la VIE au lieu de l’esclavage que les nazis voulaient imposer au monde. Il fallait espérer et se battre toujours pour vivre et pour aimer. Choisir la VIE, c’est le secret de la victoire ! C’est le secret de l’acte sur lequel, cette année, vous avez voulu réfléchir : RESISTER.

Pour RESISTER, il faut un cœur enthousiaste, il faut un cœur qui batte pour de grandes choses, il faut un cœur qui accueille les autres comme des frères, il faut un cœur réconcilié...

Chers amis du Challenge Michelet, laissez-moi vous raconter juste deux exemples de ce que le mot RESISTER voulait dire pour mon grand-père. Vous savez qu’il était père de 7 enfants, qu’il avait été arrêté sur dénonciation à 7 heures moins 10 le 25 février 1943 dans sa maison de Brive et qu’il avait été emmené au camp de concentration de Dachau. Entre les deux, on l’a interrogé brutalement pour qu’il se dénonce comme résistant, et il a tenu bon en pensant à sa femme, Marie, et à ses enfants. Il a pu faire passer clandestinement des messages à sa femme. Je voudrais vous en lire un extrait : « Amour, je te demande d’abord de ne parler à personne des gens de Brive qui m’ont envoyé ici. Je leur pardonne de tout mon cœur et je te supplie d’en faire autant – et moi je vous dis aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous maltraitent -. N’oublions pas que c’est à un travail de RECONCILIATION que nous sommes appelés. N’élargissons pas les fossés. Je compte bien sur toi pour cela. »

Et quelques mois plus tard, dans l’horreur du camp de Dachau, étaient arrêtés avec lui et internés avec lui des résistants, mais aussi des hommes ayant commis de vols ou des meurtres. Et bien, aux yeux de mon grand-père, tous ces français conduits au camp de concentration par les nazis, devaient se montrer dignes de leur identité de français. Ils étaient soudés entre eux dans la même épreuve. Ils devaient se traiter tous comme des frères et manifester leur unité aux yeux des bourreaux. Edmond Michelet a réussi ce tour de force de faire de cette bande de pauvres bougres, une sorte de groupe de compagnons qui se serraient les coudes ensemble dans la misère, justement pour RESISTER ensemble, justement pour choisir ensemble de ne pas se laisser gagner par l’égoïsme et par la haine. REFUSER la haine, RESISTER à laisser la haine gagner notre cœur, c’est AIMER en profondeur le présent et l’avenir de l’humanité.

Chers amis du Challenge Michelet, choisissez chaque jour l’appel à la vie, qui est exigence, réconciliation et confiance.

Bonne route dans l’esprit du Challenge Michelet !

+ Benoît RIVIERE
Evêque d’Autun



Message de Pâques de Mgr Rivière

MGR 2017 04Choisir d’espérer et d’aimer !

En cette période de préparation à des élections importantes pour notre pays, le désir est grand de réussir à nous entendre les uns et les autres. Mais y-a-t’il en France un socle sur lequel nous appuyer tous ensemble ? La parole humaine est chargée d’unir, disait un humble curé, proche de chez nous. Elle n’est pas faite pour stigmatiser et pour opposer. Elle jaillit de la confiance et de la recherche de ce qui est vrai et bon. Nous savons, en effet, que la confiance dans la parole donnée permet de déployer la vie en société, à commencer par la vie familiale. La parole permet aux hommes de se dire les uns aux autres ce qui a du prix pour eux (Cf. le document du conseil permanent des évêques de France sur le sens du politique).

Les chrétiens ne sont pas en dehors de la société française bien évidemment. En ce temps de Pâques marqué par la mémoire heureuse de la mort et de la résurrection du Christ, ils veulent communiquer leur immense confiance dans le Christ, en qui la liberté de Dieu et la liberté de l’homme sont inséparablement et définitivement liées. Nous puisons dans les célébrations de Pâques la force de préférer le dialogue à la violence, l’espérance à la dérision systématique, l’humilité joyeuse à l’orgueil aveugle.

Tant de jeunes et d’enfants attendent non seulement une place dans le monde adulte, mais que leur soit montrée la vie qui a vaincu la mort ! Voilà cette vie que nous voulons sans cesse déployer et que nous voulons recevoir mieux nous-mêmes ! Je souhaite de tout cœur à ceux qui habitent dans notre belle Saône-et-Loire de se laisser entraîner par la joie de Pâques. Je leur souhaite de goûter la joie de la réconciliation profonde qui nous est offerte.

+ Benoît RIVIERE

 


Lettre de Mgr Rivière aux jeunes de Saône-et-Loire

 

JDJ2017

"A tous les jeunes de Saône-et-Loire

Bonjour,

C’est toujours important pour moi de vous rencontrer, vous les jeunes. Dans ma vie d’évêque, cela m’arrive de temps en temps ; vous avez beaucoup d’attentes et beaucoup de questions, et c’est cela qui fait que les rencontres avec vous sont passionnantes. Quand je vous rencontre, j’ai le sentiment que vous vous attendez à être regardés au meilleur de vous-mêmes. (...)"

Lire la lettre en entier

 


Communiqué de Monseigneur Benoît Rivière
Autun, le 2 avril 2017

Après l’accident de la route de Montcenis

Monseigneur Rivière, informé ce matin par les médias du drame qui s’est déroulé cette nuit en Saône-et-Loire, s’associe à la douleur des parents et grands-parents des victimes, de leurs frères et sœurs, des membres de leurs familles, de leurs proches, amis, camarades, collègues, enseignants et éducateurs, voisins. Il veut leur adresser une parole de réconfort et de soutien.

Il salue le travail des pompiers et des secouristes, des soignants qui ont agi dans le meilleur de leur professionnalisme durant de longues heures dans l’espoir de sauver ces jeunes vies.

Le décès de ces jeunes, la violence du choc, atteignent profondément non seulement les personnes qui les connaissaient, mais la population dans son ensemble. La mort d’un jeune sur la route est toujours une mort de trop.

Ceci nous rappelle à nos responsabilités quotidiennes sur la route. Notre département comporte des axes traversants extrêmement fréquentés. Cette configuration doit inciter chacun à la plus grande des vigilances et les pouvoirs publics à continuer sans relâche les travaux indispensables à l’amélioration de la sécurité.

Monseigneur Rivière encourage les catholiques à prier pour les victimes et leurs proches. Il souhaite que les personnes concernées ne restent pas isolées dans leur épreuve.

Que la figure de la Vierge Marie, si aimée par les croyants des religions monothéistes, puisse devenir celle de la consolation et de la douceur pour les mères et les pères aujourd’hui dans la peine.

+ Monseigneur Benoît Rivière
Evêque d’Autun









MESSAGE NOL 2016 MONSEIGNEUR RIVIERE


Paris, le 14 décembre 2016

DÉCLARATION DU CONSEIL PERMANENT de la conférence des Evêques de France

Alep : qui dira qu’il ne savait pas ?

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France exprime sa très vive inquiétude face à la situation que connait la population d’Alep aujourd’hui ; une situation que connaissent d’autres villes ou pays depuis des mois ou des années.

Alors que la communauté internationale en reste à des déclarations d’indignation, le jeu stratégique des puissances en présence ignore toute dimension humaine. Les personnes sont écrasées sous les bombes, poussées à l’exode, exécutées. Aujourd’hui, elles manquent de tout : la situation humanitaire est terrible.

Avec le pape François, la Conférence des évêques de France appelle « à s’engager de toutes ses forces pour la protection des civils... c’est une obligation impérative et urgente ! ».

Par ailleurs, cette situation nous remet tous, élus, responsables et citoyens, devant nos responsabilités vis-à-vis de l’accueil des migrants et des étrangers. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur la situation des personnes réfugiées chez nous. Nous devons les accueillir et les accompagner dans la durée. Pour des milliers de personnes, cette situation est souvent indigne, en particulier en Ile-de-France où, sous couvert de les prendre en charge, on se contente de les déplacer de quelques kilomètres.

À l’approche de Noël, nous appelons tous nos concitoyens à ne pas baisser les bras et à se montrer solidaires de ceux qui souffrent, proches et lointains.


Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise,
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers


Toussaint 2016 porte


Il y a certaines choses auxquelles nous pensons assez rarement. Et même si nous savons que ce sont des choses essentielles, nous y pensons peu. Je me pose cette question : est-ce que je pense quelquefois un peu sérieusement à Dieu, et à la vie avec Dieu un jour pour toujours ?

Le ciel, c’est Dieu, disait un poète ! Et je crois que c’est cela auquel nous pourrions penser un petit peu, à la veille de penser à nos défunts. A la veille de faire mémoire des morts, si nous pensions un peu à notre propre destinée.

Où me conduit ma vie humaine en relation actuelle avec les autres ? Et qui me dira un peu sérieusement : tu n’es pas promis à la mort éternelle ? Qui me montrera une porte d’espérance sur la vie enfin entièrement bonne, enfin entièrement réconciliée, enfin entièrement dans un amour personnel et infini avec Dieu, et avec toutes les autres créatures humaines ?

Avec le Christ, la porte d’espérance peut s’ouvrir, ou s’entrouvrir, pour chacun qui ose une relation personnelle avec Dieu.

C’est simplement cette brèche de pure lumière dans la mi-clarté de ce monde, qui nous est montrée, et même qui nous réchauffe et nous réconforte, au jour de la Toussaint.

Bonne fête de la Toussaint ! Remplie d’espérance pour le monde !

+ Benoît RIVIERE


Autun, le 26 juillet 2016

Après l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray

Pour Monseigneur Rivière,
Un acte qui choque profondément la conscience humaine

pere jacques hamel

Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, est actuellement en Pologne où il participe aux JMJ avec les jeunes de Saône-et-Loire. C’est donc à Cracovie qu’il a appris cette terrible nouvelle de l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray. Il adresse le message suivant aux habitants de Saône-et-Loire.

« Nous sommes atterrés par le caractère odieux d’un tel acte ; ainsi est porté atteinte à ce qu’il y a de plus sacré dans la vie humaine : cet attentat s’en prend violemment à la vie d’hommes et de femmes en train de poser un geste religieux et pacifique. C’est extrêmement grave, cela blesse vraiment toute l’humanité. J’appelle donc à ce grand sursaut de conscience que le bien est vainqueur du mal.

Nous sommes particulièrement invités à ne pas nous laisser aller au découragement et ne pas en rester au seul premier mouvement de la colère. C’est le bien qui aura le dernier mot, et en aucun cas, la vengeance. L’événement horrible de ce matin nous appelle à un profond ressaisissement, à témoigner par un acte de foi indéracinable que le Christ met en nos cœurs : on ne combat pas le mal par le mal. Ceci concerne chaque être humain : c’est uniquement par le bien que les œuvres mauvaises reculeront.

Chacun est invité à prier. Plus spécialement, je convie les personnes qui le veulent à rejoindre les messes du 15 août, en la fête de la Vierge Marie, afin d’adresser une prière de supplication pour que les cœurs s’ouvrent à la paix et à l’espérance du bien.

Toutes les célébrations du 15 août pourront être dédiées à ces intentions, en les élargissant à la prière pour toutes les victimes de tels actes dans le monde. Je serai moi-même en pèlerinage à l’oratoire de Notre Dame de Varange, au-dessus de Givry, où je présiderai la messe de l’Assomption ».


+ Benoît Rivière, avec les jeunes de Saône-et-Loire, réunis pour les JMJ depuis Cracovie, le 26 juillet 2016


 


logo petitAutun, le 2 juin 2016



Message de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun,
aux Musulmans qui vivent en Saône-et-Loire

Le jeûne pour la pauvreté du cœur devant Dieu


A l’occasion de l’entrée en Ramadan, Monseigneur Rivière vient d’envoyer le message ci-dessous aux communautés musulmanes du département :

« Les relations de respect et d’amitié qui lient les humains entre eux sont si importantes, et aussi tellement fragiles ! En ces jours où vous entrez dans la période du Ramadan, je veux de tout mon cœur vous souhaiter la paix qui vient de Dieu, et je veux vous exprimer ma conviction : le jeûne a pour moi un but précis, c’est de retrouver la pauvreté du cœur devant Dieu et devant tous mes frères humains. C’est de connaître ce que Dieu aime et qui nous sera pleinement montré un jour au ciel.

Que la bénédiction divine vous procure la paix, et mette entre tous la douceur de l’amitié et du respect ! »


+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun




MESSAGE DE PAIX A TOUS LES HABITANTS DE SAONE-ET-LOIRE

« La vie, la mort : quelle espérance ? »mazille1



Depuis 10 ans, les représentants des différentes religions présentes en Saône-et-Loire, bouddhistes, juifs, chrétiens et musulmans, se réunissent au Carmel de la Paix à Mazille. L'évolution de notre monde nous invite plus que jamais à poursuivre ensemble ce chemin de dialogue, de fraternité, d'amitié et de paix.
Pour la sixième rencontre, nous avons choisi d'échanger et de prier autour du thème : « La vie, la mort, quelle espérance ? »

La vie et la mort, ce sont les questions de tous les hommes et femmes de la terre.

Nous éprouvons chacun une précarité face à la mort. Nous sommes confrontés à la mort des autres, des vies sont brisées beaucoup trop tôt de manière brutale, violente, d'autres s'achèvent au bout d'une longue agonie dans la solitude d'une nuit d'hôpital... Nous expérimentons nous-mêmes les fluctuations de notre existence, la maladie, le vieillissement, les séparations, les deuils, comme des morsures de la mort au cœur de notre vie. La mort est pour nous tous un grand mystère : nos croyances et convictions nous relient à cette immense inquiétude de chaque être.

Et pourtant nous affirmons que la mort même peut être vécue, préparée, habitée d'une espérance forte. Car au cœur de notre vie aussi, nous faisons l'expérience d'instants qui sont comme des brèches ouvertes sur une réalité pressentie qui nous permet d'affirmer que la vie humaine conduit vers plus grand qu'elle. Expériences de beauté, de rencontre vraie, d’œuvre de paix... Et quand l'un de nos proches disparaît, nous savons l'entourer, l'honorer par des rites, divers selon nos religions, qui accompagnent sa dépouille et rassemblent autour de lui proches et amis, signifiant ainsi que ce « mort » demeure une personne à continuer à aimer, que son âme, ce qu'il y a d'unique en lui, est pour toujours vivante.

Notre message à tous les habitants de Saône-et-Loire est celui de chercheurs et de questionneurs de ces mystères de la vie et de la mort, qui affirmons avec force que l'existence humaine a un Sens, que notre finitude, reconnue et acceptée, n'est pas le dernier mot de notre condition : la mort est « un passage », notre vraie destinée est la plénitude de la Vie.

"La mort n'est plus la clôture sur laquelle vient buter toute espérance, mais le seuil d'une vie nouvelle, plus juste, plus forte, plus vraie". (Pierre Claverie)

Croyant cela, nous pouvons tracer ensemble des chemins pacifiés, illuminés d'espérance, vers tous nos frères et sœurs en humanité.

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tounesolsAutun, le 30 mai 2016


A monsieur Damien Lemière
Président des Jeunes Agriculteurs de Saône-et-Loire



Cher monsieur,

Le congrès des Jeunes Agriculteurs que vous accueillez cette année à Mâcon me donne l’occasion de vous exprimer ma solidarité avec tous ceux et toutes celles qui travaillent dans les métiers de l’agriculture. Je me sens solidaire de celles et ceux qui, respectueux de la nature, permettent aux autres et à eux-mêmes, de se nourrir chaque jour. Et quoi de plus beau que de se retrouver en famille et avec des amis pour un repas convivial.

L’avenir du bien-être des hommes en société est directement lié à l’avenir de l’agriculture et, plus généralement, à l’avenir des métiers attachés à l’alimentation et à l’entretien de l’environnement.

Permettez-moi de vous féliciter tout spécialement pour vos efforts favorisant une formation adaptée et un accompagnement des jeunes qui décident de se lancer dans les métiers de l’agriculture. Qu’ils soient sûrs de l’estime et du soutien de ceux qui ne veulent pas désespérer de l’avenir.

Je vous souhaite un très bon congrès ces jours-ci à Mâcon.


+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun, Chalon, Mâcon


 

Message de Pâques de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, à tous les habitants de Saône-et-Loire : ici

 



Message de Mgr Benoît Rivière aux jeunes de Saône et Loire à l'occasion de la Journée Diocésaine de la Jeunesse : ici



Autun, le 22 décembre 2015

EVEQUE EVECHE


Message de Noël
de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun,
aux habitants de Saône-et-Loire



Recevoir et partager la sérénité


Où faisons-nous le mieux l’expérience des joies les plus pures ? Où apprenons-nous le mieux à grandir dans le respect des autres, et à nous accueillir mutuellement sans en rester à ressasser les querelles du passé ? Je pense aux familles. C’est dans les familles que nous apprenons à aimer, à nous respecter avec nos différences, à prendre confiance en nous-mêmes, à goûter la patience du temps et le réconfort des pardons reçus et donnés. Aussi, je me tourne vers les familles qui vivent en Saône-et-Loire, de toutes tailles et de toutes origines, pour leur souhaiter du fond du coeur, et du fond du coeur de l’Eglise, un Noël de vraie sérénité !

En famille, nous apprenons à recevoir cette chose si essentielle : nous ne vivons jamais bien en nous isolant des autres, et nous perdons la joie quand nous piétinons les différences. Bref, nous apprenons le mieux dans les temps et les lieux familiaux la grâce de l’existence des frères, des soeurs et des parents plus âgés. Nous apprenons à écouter et à rire, à jouer et à travailler, à parler et à nous taire, à pleurer et à consoler, à nous reposer et à sortir au loin, à nous rendre service aux uns et aux autres, en protégeant les plus faibles... Et dans les familles où s’exprime en gestes et en paroles la foi au Dieu vivant et vrai, nous apprenons la paix de la prière familiale.

Noël est pour beaucoup un temps de retrouvailles familiales et d’échange de gestes gracieux. Je souhaite aux familles dans l’épreuve et le doute, je souhaite aux familles qui se divisent, et aux familles en paix, de risquer toujours à nouveau des pas de miséricorde, de risquer une confiance renouvelée, de risquer de se pardonner simplement les uns aux autres. Je souhaite à toute famille vivant en Saône-et-Loire de goûter une vraie sérénité, celle de la famille de Joseph, de Marie et de Jésus. Cette sérénité vient comme une surprenante et bienfaisante surprise, surtout lorsque nous osons regarder sans peur et avec amour le visage oublié de Dieu qui se laisse approcher dans le visage du frère.

Pour un pays qui ne doute pas de lui-même ni des autres


Notre pays de France est chahuté de tant de façons actuellement et nous voulons l’aimer aujourd’hui et demain. Nous l’aimerons en nous donnant davantage à l’accueil et au service du plus grand nombre ; et nous ne le défendrons pas seulement en le protégeant des peurs, mais en vivant davantage sa grâce propre de pays des droits de l’homme, de pays de la justice, et de pays éprouvé dans une histoire de sainteté et de service de l’humanité à partir de la vie et de l’exemple du Christ. Nous voulons un pays qui ne doute pas de lui-même ni des autres, ni de l’avenir, et qui innove de nouveaux chantiers pour le plus grand nombre, un pays qui ne se replie pas égoïstement sur lui-même. La foi chrétienne nous pousse à toujours repartir de l’avant, oubliant les offenses passées, reçues ou commises, appuyés sur la joie que Dieu a communiquée en premier aux humbles et aux petits.

Que ce Noël 2015, qui marque l’actualité profonde et humble de la naissance de Jésus sauveur, pauvre parmi les pauvres, apporte à tous un surcroît de sérénité !
Et que les personnes isolées ou malades, connaissent le réconfort de gestes de vraie compassion !

+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun


Après les attentats à Paris 


Samedi 14 novembre 2015
Au tout début de l’Assemblée synodale



L’assemblée synodale que nous formons ensemble, et qui se réunit pour la première fois aujourd’hui, est profondément atteinte par ce qui s’est passé cette nuit à Paris.
Les attentats kamikazes, qui ont fait plus de 120 morts et de nombreux blessés, sont des actes qui manifestent l’horreur du mal. Nous pensons aux victimes et nous prions pour elles et pour leurs familles. Nous nous demandons : pourquoi ? Pourquoi ce mal dans son expression radicale de violence insensée, dirigée pour tuer au maximum et pour supprimer sauvagement la vie ?
Nous prenons un instant pour nous recueillir, debout, en silence, en demandant que soit cherchée et trouvée partout la paix, et en priant pour les personnes qui ont été tuées cette nuit


MGR BENOIT RIVIERE


Autun, le 30 octobre 2015

Message aux habitants de Saône-et-Loire
de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun,
pour la Toussaint

 

POUR ECOUTER L’INVITATION AU BONHEUR


Quand nous pensons à nos morts, et quand nous prenons le temps de nous arrêter pour honorer la mémoire d’un défunt, par un moment de recueillement ou de visite sur sa tombe, quel amour nous anime ? Nous faisons ces gestes en raison de l’affection qui nous unit à nos proches défunts. Et nous les faisons aussi parce que nous nous sentons solidaires de tous. La vie humaine n’est-elle pas pour tous « blessée » par la cruauté de la mort ? Comment expliquer sinon notre solidarité et notre révolte, notamment face aux décès qui auraient pu être évités ?
La fragilité du monde et de notre propre corps sont justement, je pense, le lieu de la véritable aspiration au bonheur. J’aspire à la belle relation avec les autres et avec Dieu. J’aspire à la réconciliation des peuples et des familles. J’aspire à voir des jours où régneront la justice et la paix.
Nous ne rêvons pas à l’horizon d’un monde installé dans le simple confort. Les croyants ne rêvent pas d’un ciel style « club méd » amélioré. Nous aspirons au bonheur, et c’est tout autre chose ! Et nous osons même espérer le bonheur et la paix pour nos morts ! En ces jours de Toussaint et de mémoire, je souhaite à tous les habitants de Saône-et-Loire d’écouter la petite musique d’espérance qui n’a pas dit son dernier mot dans le coeur humain.
Belle fête de Toussaint à chacun et à chacune !

+ Benoît RIVIERE
Evêque d’Autun


Message de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun,
aux Musulmans de Saône-et-Loire à l’occasion de l’entrée en Ramadan


Chers amis,

En ce début de Ramadan qui commence pour vos communautés de Saône-et-Loire, c’est avec beaucoup d’amitié et de respect que je vous écris aujourd’hui ce message d’encouragement et de prière.
Je souhaite que chaque musulman et chaque musulmane puissent vivre ce temps privilégié consacré à Dieu dans la sérénité personnelle et la joie de se retrouver ensemble.
Avec vous, frères musulmans, nous dialoguons régulièrement, sur les questions pressantes qui se posent à notre société. La violence, le racisme, nous les condamnons sans cesse, ensemble. La protection des faibles, le soutien aux plus démunis, l’accueil de l’étranger, nous les portons, ensemble.

Au lendemain de la parution de la Lettre encyclique du Pape François sur l’écologie, la solidarité universelle pour la protection de la terre constitue un appel urgent qui concerne l’humanité entière. Pour nous, croyants, nous voyons dans la nature ce surcroît de sens lié à sa création par Dieu. Cette préoccupation de « sauvegarde de la maison commune », nous la partageons donc aussi, ensemble.
Vous allez vivre un mois pour Dieu et pour votre communauté : que ces jours constituent, pour chacun de vous, ressourcement spirituel et approfondissement de foi.

Que la paix soit avec vous.
Je vous renouvelle mes salutations les plus fraternelles.

+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun


Règlement préparatoire du synode diocésain 2015- 2017

"Ancrés dans la vie, à l'écoute du Seigneur, aller au coeur des frères"


Le réglement préparatoire du synode du diocèse d'Autun 2015-2017 a été promulgué par Monseigneur Rivière à Autun, en la fête de l’Ascension, le 14 mai 2015.


A Montceau une centaine de jeunes de 16 à 35 ans s'est rassemblée. AFFICHE JDJ15 213x300



Le Pape invite en effet chaque année tous les diocèses du monde à vivre une Journée Mondiale de la Jeunesse lors de la Fête des Rameaux. Elle est déclinée en alternance, soit en rassemblement mondial, comme l’an prochain en Pologne à Cracovie, soit au niveau diocésain, comme cette année. Les Pères Grégoire Drouot, délégué épiscopal à la Pastorale des Jeunes, Nicolas Berthier, vicaire à Macon et Christine Clerc, laïque en mission, sont récemment allés en « repérage » à Cracovie pour la préparation des JMJ de 2016 autour du pape François.


Ta vie, un projet d’amour !

Tu voudrais réussir quelque chose de bien dans ta vie ; plus encore, tu voudrais faire de toute ta vie quelque chose de beau, mais tu te demandes si c’est possible et comment t’y prendre. A l’approche de Pâques, je t’adresse ce message, pour te partager quelques repères que je trouve très utiles pour ne pas passer à côté de la joie. La question qui me semble la plus importante quand nous entrons dans l’âge adulte, c’est celle-ci : pourrai-je vraiment aimer toujours ? Et si je peux affirmer que c’est possible, alors la joie grandira.

Je commence donc ce message en empruntant une image écologique, celle de l’atmosphère que nous respirons. J’ai trouvé cette image dans une lettre que le pape François a écrite aux jeunes du monde entier pour le dimanche des Rameaux de cette année. Il se demande où nous pouvons trouver l’air pur du cœur, où nous pouvons respirer un air qui ne soit pas pollué. Et il répond ceci : « veille sur les choses les plus précieuses ». Quelles sont ces choses les plus précieuses ? « Le cœur et les relations », dit-il.

Je te propose de bien regarder ces deux choses, un peu comme un jardin secret à cultiver : le cœur et les relations. Si je me laisse aller à n’importe quoi, c’est comme si je disais à mon cœur : « tais-toi, je ne veux entendre et suivre que mon envie du moment ! » Mais mon cœur, sauf accident, ne s’arrête pas de battre et me dit, même dans les traversées de la nuit et des angoisses : tu es créé pour la liberté, pour faire vivre, pour aimer et être aimé. C’est si important d’écouter ton cœur ! Reviens à ton cœur ! Dieu le connaît et il en est le véritable ami, un ami qui ouvre à la liberté et qui donne d’être vraiment soi même et non pas une ombre de soi même.

Tu sais bien que tu ne peux pas être heureux, ni rendre les autres heureux si tu restes seul dans ton coin. Tu découvres le mieux qui tu es, et qui tu peux devenir, lorsque tu donnes ton temps et tes qualités pour aider et pour rendre service. Tu sais combien tes amis comptent sur toi, plus que tu ne le penses parfois, et que tu peux toujours offrir ton amitié et ta joie à ceux qui l’attendent. Tu sais que les peines et les angoisses qui font mal commencent à guérir sur le chemin qui passe par le cœur d’un ami, d’un père ou d’une mère.

Remercie Dieu pour les belles relations qu’il a rendues possibles dans ta vie. Prie pour tes amis et ceux que tu ne voudrais pas perdre. Prie aussi pour ceux avec qui les relations ont été abîmées, et ceux avec qui les relations ont été rompues pour diverses raisons. En entrant dans l’âge adulte, tu as déjà appris que la jalousie, l’amertume et la haine étaient des poisons qui polluent le cœur et empêchent les relations. Laisse tomber sans regret les moindres particules de jalousie, d’amertume et de haine ; et tu sentiras venir un air rajeuni à l’intérieur de ton cœur.

Veille chaque matin et chaque soir sur ton cœur, sois honnête et vrai avec lui, et soit reconnaissant pour les belles relations que tu connais dans ta vie. Alors tu respireras sans danger, tu aimeras de mieux en mieux, tu regarderas l’avenir avec confiance sans fuir le présent.

D’où vient cet air pur que tu peux respirer à plein poumon ? C’est encore dans la lettre du pape François aux jeunes, que j’ai trouvé la réponse. Il dit que l’air pur vient des choses belles, de l’amour vrai, et de la vie avec Dieu. Sur ce dernier point – la vie avec Dieu – le pape parle de la sainteté, et je pense que c’est plus facile de comprendre la sainteté en l’envisageant comme la vie avec Dieu ; c’est quelque chose de si important de vivre avec quelqu’un qu’on aime pour toujours. Les choses belles, tu les vois quand ton cœur est simple, c'est-à-dire unifié et ouvert. L’amour vrai, tu l’éprouves quand tu n’as plus besoin de prouver quelque chose, mais seulement d’être au meilleur de toi-même dans le regard de quelqu’un qui te laisse entièrement libre et qui t’aime. La vie avec Dieu, tu la goûtes déjà dans le pardon donné et reçu, dans le oui des engagements pour la justice, dans le tressaillement de joie devant la merveille de la vie humaine naissante, et dans la délicatesse de compassion face aux souffrances et même face à la mort. Ces sources de bon air, tu les trouveras toujours, et ne te manqueront jamais. Garde les yeux ouverts sur la beauté des amitiés et sur le projet de Dieu qui veut t’entraîner dans son amour.

Je te remercie d’avoir lu ce message, et je te souhaite, à l’approche des fêtes de Pâques, de vivre et d’aimer vraiment toujours.

+ Benoît Rivière

Evêque d’Autun


Le Message de Pâques de Monseigneur Benoît Rivière

En ces jours où les Chrétiens fêtent la résurrection du Christ, Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, s’adresse à tous les habitants de Saône-et-Loire.
A Pâques, la beauté d’un commencement
Des forces de mort laminent le monde et nos propres existences personnelles : enchaînements des conflits, épidémies diverses et variées, pollution qui ruine les santés et les équilibres naturels, mensonges, méfiance, haines, cruautés, vengeances, égoïsmes de tous ordres... La victoire de la mort, brutale ou insidieuse, inéluctable ou inattendue paraît plus évidente que sa défaite !
Les chrétiens savent cela fort bien, autant que les autres. Et pourtant, ils s’exclament : « le Christ est ressuscité, par sa mort, il a vaincu la mort ! » Quel paradoxe ! Quelle chose inimaginable ! Oui, nous l’affirmons : « Elle est finie ta victoire, ô mort ! »

Pour les quelques 3000 nouveaux adultes baptisés en France cette année, dont une dizaine en Saône-et-Loire, Pâques est le commencement à partir duquel désormais leur vie est neuve, enfin orientée. Ils ont une espérance certaine, et cela change en profondeur l’orientation de leur liberté. Désormais, ils connaissent l’amour de Dieu qui rend libre et qui tourne vers les autres un regard nouveau, jamais enfermant.

Ces adultes ont cheminé depuis plusieurs années dans le « catéchuménat », c'est-à-dire avec quelques membres de l’Eglise qui se rendent proches d’eux, en recevant leurs attentes, et en les aidant sur leur chemin. Les lettres qu’ils m’écrivent sont bouleversantes. Elles expriment comment Dieu travaille à l’intime de leur cœur.

Tout récemment, lors d’une marche à Montceau avec des jeunes de notre département, une lycéenne de 15 ans a fait part de son expérience d’un repas partagé à Mâcon, entre jeunes catholiques et jeunes musulmans. « Nous sentions avec joie » a-t-elle dit, « combien Dieu était présent à cette rencontre, et à quel point Il nous pousse au dialogue ».

Pour ma part, je crois dans les insondables possibilités de faire le bien, inscrites au creux des libertés de chacun. Je crois en la beauté des commencements et des recommencements pour dialoguer, pour construire à plusieurs de belles entreprises, et pour entraîner les jeunes vers un avenir ouvert. Pâques est ce commencement radical de la communion et du pardon entre tous les humains.

Bonne fête de Pâques à tous,

+ Benoît Rivière

Evêque d’Autun


La porte-parole

Mme Anne JACQUEMOT logo porte parole

06 07 77 03 51

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71407 AUTUN cedex

Interviews sonores

Dieu court avec nouslivre mgr couverture

Mgr Rivière parle de son nouveau livre sur Radio Notre Dame
Ecouter cette interview du 08 février 2017 : ici


Interview au sujet des réfugiés

Suite à l'appel du Pape François, notre Evêque parle au sujet des réfugiés.
Ecouter l'interview du 06 septembre 2015 sur Radio Vatican : ici

 

Le chancelier, les registres, les archives, le bureau des mariages

Le chancelier :
P. Jérôme MELLANGE
03 85 86 97 35 - 03 85 52 84 03
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Notaire de la Chancellerie :
Agathe PAJOR
03 85 86 97 32
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Registres et archives de catholicité :
Agathe PAJOR
03 85 86 97 32
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71407 AUTUN CEDEX

Bureau des mariages (Dispenses, Nihil Obstat) :
Père Gérard Dufour
03 85 86 97 20 - 03 85 52 22 54
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71407 AUTUN CEDEX


 

Le vicaire général

Père André GUIMET

03 85 86 97 34
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1 place du Cardinal Perraud
71407 AUTUN Cedex

Historique du diocèse d'Autun

« Un diocèse est une portion du peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu'à l'aide de son presbyterium, il en soit le pasteur : ainsi le diocèse, lié à son pasteur et par lui rassemblé dans le Saint Esprit, par l'Evangile et l'Eucharistie, constitue une église parti­culière en laquelle est vraiment présente et agissante l'Eglise du Christ, une, sainte, catholique et apostolique ».
                                                                           (Vatican II : Décret sur la charge pastorale des évêques n° 11).

carte historique
Carte des anciens diocèses d'Autun, Chalon et Mâcon

Le diocèse d'Autun est l'un des plus anciens de France.

Dès la fin du 3e siècle, le pays autunois forme une église constituée, avec son évêque. Le premier dont on ait conservé le nom est S. Rhétice (v. 300-330).
Le diocèse de Chalon en a été détaché vers le milieu du 5° siècle. Son premier évêque connu est S. Paul (v. 450).
Le diocèse de Mâcon a été formé au 6e siècle, de territoires apparte­nant tant au diocèse d'Autun qu'à celui de Lyon. Son premier évêque connu est S. Placide (v. 538 - v. 552).
C'est seulement après la Révolution de 1789 qu'a été constitué le nou­veau diocèse d'Autun, Chalon et Maçon, dont les limites sont celles du département de Saône-et-Loire.

 

Un livre, un site, mémoire du diocèse. 50ans d'histoire des personnes qui ont fait notre Eglise.

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Homélies

Homélie pour les obsèques du Cardinal PanafieuCARDINAL1bis

Vendredi 17 novembre 2017

Jean 21, 15-17

Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »

La vie du Cardinal PANAFIEU s’éclaire dans ce dialogue avec Jésus au bord du lac. C’est l’évangile de la mission que Simon-Pierre reçoit de Jésus ressuscité. L’unique berger divin, Jésus, confie sa mission à un homme qui connaissait bien lui-même ses propres limites : « Sois le berger des mes brebis ! » Et il lui confie cette mission à l’intérieur d’une relation d’amour personnel : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » A nous aussi, cet après-midi, Jésus demande si nous l’aimons vraiment. Et à l’intérieur de cette relation avec Jésus, nous recevons notre place et notre mission dans le monde : « sois un guide et un frère plein de tendresse et de miséricorde auprès de tous. »

Photo : Le Cardinal Panafieu et Mgr Rivière à Rome en 2003

Le Cardinal PANAFIEU n’a pas seulement entendu cette parole le jour de son ordination sacerdotale (22 avril 1956), ni même seulement le jour de son ordination épiscopale (9 juin 1974) ou quand le pape Jean-Paul II lui a passé au doigt l’anneau du pêcheur, au jour du cardinalat (21 octobre 2003). Il a cherché à voir et entendre Jésus jusqu’à la fin ; et il a cherché à se situer vis-à-vis des autres, auprès de ceux vers qui sa mission le portait, en les servant en vue des choses du Royaume de Dieu. Il a cherché simplement à vivre à la manière de Jean-Baptiste, c'est-à-dire en voulant montrer qu’il n’était pas le sauveur lui-même ; il a cherché à montrer l’unique sauveur : « je ne suis pas le Christ ! Mais regardons-le, lui, l’Agneau de Dieu, qui livre l’Esprit-Saint aux petits et aux humbles. Regardons-le et suivons-le. »

Porté par le regard de Jésus, le Cardinal PANAFIEU a voulu remplir avec persévérance, délicatesse, et intelligence, la mission de montrer à tous, proches ou lointains, que la vie dans le monde trouve son orientation dans le rayonnement de l’amour de Dieu. Nous connaissons en particulier le travail patient que le Cardinal PANAFIEU a mené en faveur du dialogue interreligieux, et le soutien aux responsables de la cité terrestre dans leur volonté de paix sociale.

Pour faire voir le Christ, pour ne pas éloigner les autres de l’amour dans lequel le Christ nous entraîne, encore faut-il être vrai, être vrai dans l’identité nouvelle que le baptême a inscrite dans notre chair. Répondant à la question d’un jeune pendant les JMJ de 1997 à Paris, question qui concernait le doute et la foi, Mgr PANAFIEU avait répondu ceci : « j’ai connu beaucoup d’interrogations dans ma vie. A travers un certain nombre d’événements qui m’ont frappé personnellement, ou qui ont frappés des amis autour de moi, je me suis senti bousculé et questionné… Mon plus beau titre de gloire, savez-vous ce que c’est ? C’est d’être baptisé et confirmé. C’est cela qui compte. Quand je serai reçu par le Seigneur, ce n’est pas d’abord l’archevêque de Marseille qui sera reçu, c’est le baptisé que je suis. C’est la grâce de Dieu reçu dans mon baptême et ma confirmation qui me fait tenir bon dans la foi. Je suis fragile, comme vous. Mais comme vous, je suis habité par la force de l’Esprit et par l’amour du Christ qui me permettent de tenir ferme dans la foi. »

Et à un autre jeune qui l’interrogeait sur le scandale de la souffrance et le mystère de la Croix, il avait dit : « c’est une conviction très forte qui doit nous habiter : nous sommes des êtres qui devons vivre le mystère de la Pâque. Nous passons par la Croix, mais c’est pour vivre dans la lumière… Il faut accepter de traverser des tunnels pour aller au bout du chemin. »

Aller au bout du chemin ! Voilà, peut-être, le fil d’or de la vie du Cardinal Bernard PANAFIEU. Aller au bout du chemin sans quitter des yeux le Christ. Le Christ prend sur lui absolument toutes les souffrances, il vibre à toutes nos joies et il ne nous rejette pas… il va nous chercher jusque dans le fond de nos tunnels.

Comment le Cardinal PANAFIEU s’est-il situé devant la lente et inexorable avancée de la maladie dans son corps, maladie qui durera près de 20 ans ? Quand il a su qu’il avait été touché par la maladie, il a pris, dans la plus grande discrétion qui soit, la décision de rester à son poste, dans son travail d’archevêque de Marseille, et donc de ne pas démissionner. Il a, je pense, renouveler à plusieurs autres moments ensuite, cette décision de rester à sa place de veilleur et de père pour le peuple de Marseille qui lui avait été confié.

Dans cette longue épreuve, il a montré le moins possible aux autres les désagréments de plus en plus cruels que le mal lui imposait. D’où lui venait cette persévérance ? Il recevait chaque jour, dans la célébration de l’Eucharistie, dans les temps réguliers de prière à l’oratoire, et de travail à son bureau, le pain qui donne la Paix, Jésus dans son abaissement et son élévation : Jésus, dans l’immense tendresse de Dieu nous le donnant, pour être notre vie véritable, plus forte que les abandons et la mort elle-même.

Il faut dire que le ministère d’évêque qu’il a rempli était, à ses yeux, un service total rendu au peuple de Dieu dans le monde actuel, un service qui engage le plus profond de soi uni à la volonté inouïe qu’a Dieu de retirer du monde le mal et la mort. Voilà quelle fut la belle et unique passion du Cardinal PANAFIEU. Et il a aimé, oui, il a beaucoup aimé le peuple qui lui était confié !

Il s’agissait pour lui d’être ôté à lui-même pour être totalement à Dieu et donné par Dieu au peuple. Pour l’ancien évêque auxiliaire d’Annecy, à l’exemple de Saint François de Sales, il s’agissait de ne plus s’appartenir, de se considérer en tout comme le serviteur donné par Dieu pour conforter les autres à travers les sacrements et la parole. Et être donné au peuple signifiait pour lui : écouter, et donner humblement les grâces dont Dieu seul est la source. Il s’agissait de ne pas être un obstacle entre Dieu et le peuple, mais d’être uniquement indication pour les autres, comme un doigt tendu vers le Christ.

Cher Père PANAFIEU, vous nous avez incités sans cesse, par votre exemple, à obéir à l’Esprit-Saint qui fait la beauté de l’Eglise. Cette beauté n’apparaît certes pas tout de suite, mais elle est certaine, comme est certaine la lueur du matin de Pâque éclairant toute réalité. Vous nous avez conduits au respect profond des consciences. Vous nous avez montrés la délicatesse et la discrétion qui n’imposent rien mais qui veulent encourager. Vous avez, au fil des jours, réveillé le meilleur en nous. Vous avez voulu par-dessus tout être un disciple de Jésus et un missionnaire de son amour auprès de chacun de ceux qui croisaient votre route.

Frères et soeurs, en nous éveillant au jour de notre véritable naissance, Dieu continue de tisser entre nous des relations qui font vivre, et qui aident à reprendre avec courage le chemin. Dans la joie de l’Eglise, nous apprenons à discerner la voix qui se fait entendre au milieu de la nuit, et que la liturgie de dimanche dernier nous donnait à méditer : « voici l’époux qui vient, sortez à sa rencontre ! »

Jésus est le véritable ami de l’humanité. Il est la raison d’être et de vivre du Cardinal Bernard PANAFIEU avec qui et pour qui nous prions. En lui Jésus, tous peuvent recevoir la joie d’être rassasiés dans leur soif de justice, de réconfort et d’amour. « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » En répondant à la demande du Christ de nous entraîner à l’aimer lui-même, chacun de nous peut redire en cette heure son oui personnel. Il peut renouveler son engagement dans la responsabilité chrétienne. Appuyés sur l’exemple de ceux qui nous ont précédés, nous pouvons répondre nous aussi au Christ : « oui, Seigneur Jésus, toi, tu le sais, je t’aime. »

Amen

+ Benoît RIVIERE


Homélie dans la basilique de Paray-le-Monial, dimanche 10 septembre 2017 lors de la 4ème session de l'Assemblée synodale


« Quand deux ou trois sont réunis... »  (Mt 18, 20)


Chers frères et sœurs,

A l’issue de ces deux journées d’assemblée synodale à Paray-le-Monial, nous goûtons le beau repos de la prière, et le réconfort de la Parole de Dieu.

Les passages de l’Ecriture qui sont lus en ce 23ème dimanche du Temps Ordinaire, débutent par un dialogue entre Dieu et le rugueux prophète Ezéchiel. Rappelons nous qu’Ezéchiel veut dire « Dieu rend fort ». Après la terrible destruction de Jérusalem en 587 et la déportation du peuple à Babylone, cet homme sans complexes et sans nuance, était devenu le témoin courageux du salut que Dieu seul peut donner. Il a été appelé à crier la parole du salut, au milieu d’un peuple traumatisé par la violence. Il ne s’est pas préoccupé seulement de quelques-uns, mais de chaque membre de la communauté des fils d’Israël, qu’il soit juste ou injuste, et il ne s’est pas occupé de mettre du crépi sur un mur lézardé, mais il s’est franchement occupé de guérir du péché. Et quel était ce péché ? C’était essentiellement l’idolâtrie et l’orgueil. L’idolâtrie brouille le regard : il fait prendre pour Dieu lui-même la créature. Et l’orgueil isole dans la domination. Le véritable prophète se reconnait dans la responsabilité qu’il veut porter devant Dieu lui-même, de se pencher sur les justes comme sur les injustes, de se préoccuper du frère, où qu’il se trouve. De ne pas craindre d’aimer jusqu’au bout au point que le frère injuste ne restera jamais quelqu’un qui indifférera, mais, comme dira beaucoup plus tard saint Paul, « ce frère pour qui le Christ est mort ».

C’est pourquoi le prophète Ezéchiel comprend que sa responsabilité n’est pas de dénoncer de haut la méchanceté, mais d’aller trouver le méchant, et c’est tout autre chose. Pourquoi ? Parce que la dénonciation publique éloigne de la réconciliation ; et le chemin vers le frère pour le retrouver ouvre à la joie de Dieu. Le prophète lui-même est uni par le même sang sauveur que celui du frère perdu. La mort du méchant qui n’a pas été rejoint par le témoin du Dieu de Miséricorde, c’est la mort du prophète lui-même. On te demandera compte du sang de ce frère que tu n’auras pas rejoint dans la vérité et la bonté. Si nous sommes saisis par le feu de l’amour divin, plus jamais désormais aucun être humain ne nous sera indifférent, serait-il enfoncé dans la plus noire méchanceté. Il sera un frère à « gagner », pour la vie du Royaume à venir.

Ezéchiel était un homme rugueux et sans complexes, qui tranchait sans hésitation. Dieu a en fait un témoin indispensable pour veiller sur son peuple. Simon-Pierre n’était pas non plus un tendre, ni quelqu’un qui doutait de lui-même, surtout au début de son entrée dans la communauté des disciples de Jésus. Et c’est à lui que Jésus a confié les clés du Royaume des cieux. « Ce que tu auras lié sur la terre... » Simon-Pierre reçoit cette responsabilité en vue du salut, et c’est pour que tous la reçoivent aussi avec lui. C’est bel et bien à l’ensemble des disciples aussi que cette parole est adressée : « tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel... »

En appelant à être avec lui des hommes ordinaires, Jésus a voulu les faire participer intimement à sa mission. Il a voulu édifier sur la foi de l’un d’entre eux le fondement d’unité de son Eglise jusqu’à la fin des temps. Et ce qu’il a confié à Pierre, c’est pour que tous y participent. Nous ne formons pas l’Eglise à partir de nos idées, ou de nos préférences liées à nos expériences spirituelles, nous sommes formés, par participation à l’unique mission du Christ Jésus, à être son Eglise aujourd’hui, appuyés les uns sur les autres humblement. Et cela est à la fois profondément humain et profondément divin, tout comme dans le Christ, l’homme et Dieu sont unis avec amour dans une seule et même personne.

C’est dans la belle conscience d’être appelés par pure grâce de Dieu à être l’Eglise de Son Fils aujourd’hui, ici en Saône-et-Loire, que nous voulons dans cette eucharistie, remettre dans l’action de grâce du Christ nos travaux de cette avant dernière assemblée synodale. Et nous voulons nous offrir dans l’action de grâce du Christ, nous voulons nous unir à son mystère de mort et de résurrection. La prière que nous avions faite au début de notre synode diocésain, nous pouvons encore, ce soir, en redire quelques expressions :
« Seigneur de Tendresse et de pardon, voici ton Eglise en Saône-et-Loire,
Qui veut t’écouter et te suivre joyeusement,44 MESSE
Qui veut aimer davantage tous les hommes de Saône-et-Loire.
Tu aimes l’Eglise et tu t’es livré pour elle...
Ouvre-nous à la joie du Serviteur,
Qui œuvre avec bonheur au respect des plus faibles,
Qui écoute les signes des temps sur nos terres bourguignonnes,
Et qui offre en prière quotidienne ce qu’il reçoit. »

« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul... »
Comme c’est beau, cela, et tellement meilleur que la dénonciation publique à la cantonade...
Cantonade, c’est presque pareil que canonnade !

Il nous arrive hélas, sans souvent même nous en rendre compte, de donner plus facilement des leçons aux autres, que nous n’acceptons d’en recevoir. Mais précisément, dans ces lectures du 23ème dimanche, il ne s’agit pas du tout de faire la leçon à qui que ce soit. Il s’agit bien plutôt de nous demander : suis-je conscient de ma responsabilité comme membre du Christ lui-même ? Ma vie reflète-t-elle cette appartenance au Christ ? Est-ce que j’accorde avec empressement mon indulgence à celui qui pèche contre moi ? Notre hâte devient celle d’un compagnon allant vers son compagnon, et non pas celle d’un offusqué qui prend tout le monde à témoin qu’il a été offensé. Un ancien chalonnais, Saint Césaire d’Arles, parle de deux sortes d’aumône qu’il nous faut pratiquer : « celle qui fait donner du pain à ceux qui ont faim, et celle d’accorder notre indulgence à ceux qui pèchent contre nous. » Saint Césaire va loin, avec des accents prophétiques qui nous rappellent Ezéchiel : « si tu négliges ce commandement du Seigneur (d’accorder ta parole et ton indulgence en allant voir le frère coupable seul à seul, pour ne pas lui faire honte devant les autres), si tu ne fais pas cela (en méprisant ton frère, et en le tenant éloigné de toi sous prétexte qu’il t’a offensé), tu es plus mauvais que ton adversaire : car lui, il t’a fait du tort, et en te faisant du tort, il s’est blessé lui-même, gravement. Tu négliges la blessure de ton frère ? Tu vois qu’il meurt ou qu’il va mourir, et tu ne bouges pas ? Tu es pire en te taisant que lui en t’offensant. »

Peut-être pouvons-nous – et j’en finirai par là – retrouver dans des expériences comme celles d’un synode diocésain, une réconciliation à laquelle nous n’avions pas songé : la réconciliation avec nous-mêmes et avec l’histoire de notre diocèse ; notre découverte émerveillée que nous sommes du coup bien plus frère et sœur avec les autres que nous ne l’imaginions.

+ Benoît RIVIERE





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Homélie pour l’ordination diaconale de David BONNETAIN
Le dimanche 3 septembre 2017 en l’église de Varennes le Grand

LE COMMENCEMENT D’UN SERVICE QUI UNIT A JESUS
(Sur l’évangile du jour, Mt 16, 21-27)

Chers frères et sœurs,

L’ordination d’un nouveau diacre marque un commencement. Quelque chose de l’ordre de l’initiative de Dieu survient pour l’Eglise tout entière, lorsque l’un des baptisés reçoit l’imposition des mains. Dans ce geste liturgique très ancien et toujours actuel, qui ordonne David à la fonction de diacre, c’est nous tous, et lui bien évidemment, qui accueillons quelque chose que Dieu donne, pour le bénéfice de tous et à commencer par les plus nécessiteux. Ce qui a eu lieu à Jérusalem dans les débuts de l’Eglise, cela a lieu aujourd’hui pour l’Eglise qui vit son pèlerinage sur la terre, ici en Saône-et-Loire. La prière diaconale l’exprime ainsi : les apôtres de Jésus choisissent sous l’action de l’Esprit-Saint des hommes estimés de tous, qui les aideront dans le service quotidien. David devient diacre pour cette aide au service quotidien exercé par les apôtres, c'est-à-dire la prière, l’annonce du mystère du Christ et l’humble répartition des choses nécessaires à la vie des personnes démunies, répartitions que les actes des apôtres appellent « le service des tables ».

Que lisons-nous dans l’évangile d’aujourd’hui ? Et à quel changement de vie sommes-nous conduits ? Nous lisons qu’après avoir proclamé le premier, au nom des autres, que Jésus est vraiment le Christ, le Fils du Dieu vivant, Pierre et les autres sont entraînés par Jésus dans un itinéraire de vie sans retour en arrière. Et cet itinéraire est tout sauf un voyage d’agrément destination Club Med ! « Il faut partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup, être tué, et le troisième jour ressusciter ! » Il s’agit ni plus ni moins de donner entièrement sa vie, sans se récupérer... perdre sa vie, dit Jésus, à cause de Lui, et trouver alors la vie véritable. C’est quelque chose que nous ne pouvons pas envisager du seul point de vue humain naturellement, en nous accrochant à nos idées et à nos conforts personnels ; mais c’est quelque chose qui est donné par Dieu à l’Eglise, de communier intimement à la mort et à la résurrection de Jésus par amour pour tous les hommes, à commencer par les plus démunis et les plus éloignés.
ui, comme Pierre et les autres, nous-mêmes aujourd’hui, disciples du Christ par grâce et par appel de Dieu, nous sommes entraînés dans un nouveau commencement : nous ne partons plus de nous-mêmes, en nous faisant le centre des autres et de nos préoccupations. Nous passons au contraire vers la suite d’un autre que nous-mêmes, le Christ, qui sera toujours parmi nous dans les démunis et les petits de ce monde. Nous quittons l’auto-centrement, pour suivre entièrement le Christ, qui nous entraîne à sa suite là où nous n’aurions pas voulu aller.
Cher David, chers frères et sœurs, les disciples qui avaient commencé à suivre Jésus aimaient l’entendre et étaient saisis d’admiration par ses gestes qui guérissaient les malades ; et à un moment de cette fréquentation de Jésus, il leur a été montré qu’il leur fallait non seulement voir et écouter, mais être transformés eux-mêmes, pour que leur vie devienne entièrement une vie de don et de service avec Jésus.

Servir, c’est être véritablement en mouvement dans les pas de Jésus, derrière lui qui ouvre la route. Ce n’est pas seulement faire quelques bonnes actions qui satisfont notre conscience et gagnent l’admiration de la galerie, c’est changer de centre, c’est changer de boussole intérieure : c’est suivre l’esprit de douceur et de force que Dieu donne aux cœurs simples et droits. Et il n’est pas de situation, heureuse ou douloureuse, dans laquelle cet esprit ne puisse être répandu.

Pierre s’est offusqué de ce programme, et il s’est élancé à un moment en voulant protéger son maître, lui dire que ce n’était pas possible de marcher ainsi vers le lieu de la souffrance de la croix. Pierre s’est peut-être surpris lui-même, en se faisant (généreusement pensait-il) le défenseur et le porte-parole de Dieu, rien de moins : « Dieu t’en préserve », a-t-il dit à Jésus ! « J’ai, moi, Pierre, une vision plus soft de la destinée du Christ ! Et je m’autorise à me mettre en avant pour te protéger. »

En pensant les choses de cette manière, Pierre était un obstacle et un adversaire pour l’évangile. Jésus le lui a signifié très nettement. Il quittait la place du disciple à l’école du Christ pour prendre la première place, valorisante, celle de celui qui sait et qui veut protéger. Il devenait Satan, au lieu de demeurer disciple. Dans une homélie, Saint Augustin avait bien fait comprendre cela : « Parce que le Seigneur parlait de sa Passion future, Pierre voulut barrer le chemin du Seigneur : il voulut lui donner un conseil, comme pour le sauver – un malade, conseillant son médecin ! Et que dit-il au Seigneur ? « Loin de toi, Seigneur. Cela ne sera pas ! » Il voulait marcher devant et que le Seigneur suive. Mais que dit le Seigneur ? – « Passe derrière moi, adversaire ! » En marchant devant, tu m’es un adversaire ; en me suivant, tu seras un disciple. »

Ainsi pouvons-nous reconnaître quel est le feu intérieur qui nous brûle le cœur, au point de nous faire aimer comme Jésus, dans la douceur et l’humilité, renonçant à nous-mêmes, pour n’être pas un obstacle à la marche de l’évangile. Quittons franchement les apparences, pour devenir vraiment serviteur et disciple, avec Jésus, et non pas seulement devant ! Demandons de savoir discerner toujours entre la posture de l’adversaire et la place du disciple serviteur et n’abandonnons pas la route ; elle devient la route pascale, celle du mystère de mort de résurrection avec le Christ.

+ Benoît RIVIERE



Homélie de l’ordination de Pierre DHAUSSY
Dimanche 25 juin 2017 en la cathédrale Saint Vincent à Mâcon

Chers frères et sœurs,

Tout récemment, le pape François a donné quelques conseils forts précieux à l’attention de ceux qui débutent leur vie de prêtres dans l’Eglise. Ces conseils évidemment sont précieux pour Pierre qui devient prêtre aujourd’hui, mais ils sont précieux aussi pour nous tous, quelque soit notre fonction dans l’Eglise :
- C’est le conseil de prier sans se lasser,
- C’est le conseil de marcher toujours,
- Et c’est le conseil de partager avec le cœur.

L’apôtre Pierre a un jour supplié le Seigneur de le sauver de la noyade totale, et le Seigneur lui a saisi la main pour l’empêcher de périr. Il a pu devenir l’apôtre sur lequel les autres se sont appuyés, parce qu’il est resté le disciple que le Seigneur relève par sa force et sa tendresse. Le pécheur d’hommes est d’abord et toujours quelqu’un qui éprouve qu’il est « repêché» par la tendresse du Seigneur.

Nous lisons aujourd’hui dans les actes des Apôtres que Pierre était emprisonné par Hérode. Et nous lisons que « l’Eglise priait Dieu pour lui avec insistance. » Cher Pierre, et chers frères et sœurs, nous sommes portés véritablement par la tendresse et la force de la prière de l’Eglise. Quand nous éprouvons des difficultés, ne restons pas isolés à nous lamenter, mais éprouvons plutôt le réconfort de la prière de l’Eglise. L’insistance de la prière de l’Eglise soutient notre faiblesse et nous arrache à nos peurs. « Pierre, lève-toi vite, lui dit l’ange, mets ta ceinture et chausse tes sandales... »

L’ange qui a fait sauter les verrous de la prison d’Hérode, c’est l’ange de l’Eucharistie qui nous fait passer des ténèbres à l’admirable lumière de la foi et de la charité. Voici à quoi nous sommes appelés : vivre avec le Christ qui libère, dans la belle communion de toute l’Eglise, marcher dans la force de l’Esprit-Saint, et visiter ceux qui attendent de recevoir la paix et le salut que Dieu donne. La prière de l’Eglise, c’est ce que nous éprouvons à chaque fois que nous sommes réunis comme aujourd’hui pour l’Eucharistie, c’est ce que nous éprouvons chaque fois que nous quittons notre auto-centrement pour écouter ce que l’Esprit-Saint chante, et pour voir ce que l’Esprit-Saint montre. « Notre vocation, dit le pape François, a commencé quand, ayant abandonné la terre de notre individualisme et de nos projets personnels, nous nous sommes mis en route pour le « saint voyage », en nous remettant entièrement à cet Amour qui nous a cherché dans la nuit. »

Pierre, en te mettant en route pour servir comme prêtre le peuple sacerdotal, et annoncer avec lui l’évangile à tous, tu fais et tu feras l’expérience du priant qui dit dans le psaume : « je cherche le Seigneur, il me répond ; il me délivre de toutes mes angoisses ». Et avec l’Eglise en prière et en pèlerinage sur la terre, tu pourras dire du fond du cœur : « j’ai goûté, j’ai vu, combien le Seigneur est bon ! Heureux celui qui trouve en lui son refuge. » Dans la célébration de la prière et des sacrements, c’est comme si le vase de parfum se brisait pour laisser se répandre le souffle recréateur et pacifiant de l’Esprit-Saint. Les sacrements du salut répandent la joie et l’odeur de la délivrance. Paul, dans la deuxième lecture de cette messe d’ordination, dit : « j’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me suivre. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. »

Ce Royaume, c’est Jésus lui-même, que nous ne rencontrons pas dans un ailleurs imaginaire. Quand il a introduit ces apôtres dans une nouvelle relation avec lui, c’est au carrefour des nations du monde, qu’il leur a demandé : « pour vous qui suis-je ? ». Et, il leur a ouvert l’esprit à une écoute profonde des meilleures attentes humaines : « au dire des autres, qui est le fils de l’homme ? » C’est à ce carrefour que le Christ continue de nous attirer pour le connaître, l’aimer et le suivre dans l’annonce du Royaume de Dieu. A la question posée par Jésus, Pierre prend la parole au nom de tous, et il dit ce que l’Esprit-Saint lui montre. Et nous pouvons dire : «en toi, Seigneur Jésus, est la plénitude de la divinité, en toi, Seigneur Jésus, se trouvent le salut et la joie, en toi est la source de la vie, par ta lumière nous voyons la lumière, en toi est le réconfort des pauvres et des pécheurs, en toi est notre vie et notre espérance. »

Nous demandons la grâce de savoir toujours partager avec le cœur, et non pas ériger des barrières de plus ; nous demandons la grâce de recevoir la force et la tendresse de Dieu, et non de discourir de loin sur les malheurs du temps. Quel bonheur de nous laisser recréer par la joie du Christ chaque jour grandissante !

+ Benoît RIVIERE



HOMELIE DE LA MESSE CHRISMALEMGR 2017 04
LE MARDI 11 AVRIL 2017
« Le Seigneur m’a consacré et envoyé »

En ce moment de la vie de notre pays, nous pouvons nous interroger :
A quoi bon le progrès des techniques de communication, quand nous éprouvons douloureusement que nous ne parvenons pas à être au meilleur de nous-mêmes ? Reconnaissons-le : nous ne parvenons pas toujours à nous écouter avec bienveillance les uns les autres. L’histoire de notre pays a-t-elle un avenir ? Quelle sera la porte qui nous fera entrevoir un avenir, en tant que nation, dans le concert des nations du monde ? Dans le fond, nous sommes inquiets de bien des manières, et nous cherchons ce qui apportera à notre société un peu d’espérance et de bon levain, pour qu’elle ne se désagrège pas dans l’insignifiance, le cynisme et finalement la violence.

Notre pays n’a pas seulement besoin d’un peu d’huile dans son moteur, mais d’un ressaisissement plus profond. Les disciples du Christ ont une mission à remplir.
Mes frères, mes sœurs, comme le dit l’auteur de la lettre aux Hébreux : « rejetons ce qui nous alourdit, et le péché qui sait si bien nous entraver, et courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les regards fixés sur celui qui est l’initiateur de la foi et qui la mène à sa perfection, Jésus... Oui, pensez à lui qui a enduré de la part des pécheurs une telle opposition contre lui, afin de ne pas vous laisser accabler par le découragement» (He 12, 1-3).

Ne pas nous laisser aller au découragement, c’est bien d’actualité, tant nous souffrons des vents contraires et violents qui nous détournent de l’amitié avec Dieu.

Aussi est-il bon d’être ressaisis ce soir dans cette messe chrismale par l’esprit de Jésus, lui qui envoie dans le monde pour aider à la naissance, pour arracher aux tombeaux, pour soulager les cœurs et les corps meurtris, pour fortifier ceux qui chancellent, pour pardonner les péchés, pour faire goûter et connaître la vérité qui rend libre.

Comme pour le serviteur de Dieu annoncé par le prophète Isaïe, l’Eglise, une dans le cœur de Dieu, peut entendre elle-même : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé consoler tous ceux qui sont en deuil, mettre sur eux l’huile de joie au lieu du deuil, un habit de fête au lieu d’un esprit abattu » (Is 61, 1-3a). Et le verset qui suit exprime à merveille le caractère propre de ce peuple consacré : « vous serez appelés « prêtres du Seigneur ». On vous dira « servants de Dieu ».

Ce soir, nous éprouvons avec bonheur la force de cette consécration qui est inséparablement un nouvel envoi dans le monde. Il m’a consacré et envoyé, peut dire avec action de grâce le Christ à son Père, et nous pouvons le dire avec lui et en lui.

Au cours de cette célébration, nous prions pour toutes les personnes en train de renaître à la vie véritable en se préparant au baptême, nous prions pour les baptisés qui seront marqués de l’onction au jour de la confirmation et qui seront ainsi davantage plongés dans la joie du Christ, l’envoyé du Père dans le monde. Nous prions pour les malades et les personnes âgés qui ont tant besoin du réconfort de l’Eglise. Nous prions pour les séminaristes qui sont parmi nous et pour tous les séminaristes.

Devenir prêtre au service d’un peuple consacré à Dieu et envoyé par Dieu pour aimer, pour servir, pour donner gratuitement les dons reçus gratuitement, n’est-ce pas aujourd’hui un signe lumineux de la vérité que Dieu nous montre ? Tu n’es pas abandonné à la seule subjectivité mondaine, tu n’es pas destiné à la solitude mortifère, tu n’as pas pour vocation de juger continuellement les autres en les condamnant dans ta conscience, tu as reçu un esprit de fils adoptif de Dieu dans le Christ Jésus, et tu es créé et sauvé par grâce.

Dans un moment, ceux qui ont reçu l’imposition des mains et l’onction pour être les serviteurs du peuple saint, dans la fonction de prêtres, nos frères prêtres ici présents, vont se replonger dans le grand oui de leur ordination sacerdotale. Aussi est-il bon de nous replonger dans la foi, sans laquelle disparaît la raison divine de le servir. Le Concile Vatican II nous le redit avec vigueur : « Pris du milieu des hommes et établis en faveur des hommes, dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés, les prêtres vivent avec les autres hommes comme avec des frères. C’est ce qu’a fait le Seigneur Jésus : Fils de Dieu, homme envoyé aux hommes par le Père, il a demeuré parmi nous et il a voulu devenir en tout semblable à ses frères, à l’exception cependant du péché» (presbyterorum ordinis n°3). En parlant ainsi de la condition des prêtres dans le monde, les pères du Concile Vatican II ont voulu les soutenir efficacement dans leur service, et mieux s’intéresser à leur vie.

La concélébration de la messe chrismale, de manière visible et tangible, montre non seulement bien sûr l’union des prêtres entre eux et avec le peuple de Dieu, mais elle montre l’unité de leur consécration et de leur mission. Cette unité de leur consécration et de leur mission se trouve dans le Christ Jésus. La célébration de la messe chrismale donne à tout le peuple de Dieu de rendre grâce visiblement ensemble. Elle nous donne de rendre grâce, de nous offrir entièrement dans le don de nous-mêmes en réponse au don que le Seigneur Jésus a fait de lui-même jusqu’à la fin.

+ Benoît RIVIERE



Homélie Messe de rentrée du personnel
Ensemble Charles Borromée - Chalon sur Saône
Le 31 août 2016

Dans le passage de l’évangile selon Saint Luc que nous entendons ce matin, nous voyons Jésus en train de faire son travail. Et quel est son travail ? C’est un travail qui apporte aux autres la guérison. C’est un travail qui rétablit les autres dans la vie, qui remet chacun dans le mouvement de la vie. C’est un travail entièrement relationnel. C’est un travail qui comporte également la patience et qui offre son temps à ceux qui le sollicitent.

Le travail de Jésus éclaire notre propre travail d’adultes dans un établissement scolaire. En quoi ?
Vous passez toute la journée (et quelques fois les heures très matinales ou tardives de la soirée !) avec et pour des jeunes qui connaissent chacun des attentes fort différentes : l’un attend d’être calmé de ses angoisses et de ses fièvres, l’autre attend d’être encouragé à exprimer ses possibilités humaines enfouies, un troisième attend d’être libéré de ses démons intérieurs pour pouvoir entrer en relation normale avec les autres...
Certains pourront dire : « mais cela n’est pas notre travail, c’est celui des médecins, des psychologues et en premier lieu celui des parents. » Je dirais qu’un enseignant qui veut vivre dans l’esprit de Jésus, c'est-à-dire dans le chemin de l’Evangile, va faire son métier avec les mêmes sentiments que l’on trouve en Jésus.
Quand on a demandé à Jésus de venir prendre du temps près d’une femme en train de mourir, quand n lui amenait des gens blessés et malades, au corporel et au spirituel, quand il devait se confronter aux personnes prises par un fort sentiment d’être rejeté par les autres, il n’a pas dit : « je n’ai rien à voir avec ces choses. Je suis d’abord là pour enseigner la Bonne Nouvelle ! » Mais il a transmis cette bonne nouvelle par sa présence aimante et par ses mains qui n’ont pas eu peur de toucher les blessures et de retirer les saletés qui abimaient le corps et l’âme de tant de gens.

Le travail d’une école ouverte à tous, c’est un travail de miséricorde, un travail qui est le plus souvent discret, caché aux yeux du grand public. C’est un travail où l’on se met à hauteur des petits pour les servir, c’est un travail qui comporte toujours et inséparablement trois « dimensions », ou trois « langages » si l’on veut :
- Le langage des mains pour rejoindre concrètement les besoins humains, pour porter les jeunes et passer du temps à les accueillir et les accueillir à nouveau tous les jours, avec leurs fragilités et avec leurs blessures. Et ce travail est fatigant, oui, il demande que nous donnions toujours notre disponibilité et notre patience. Car nous avons cette certitude : Dieu sauve en humanisant ce qui était en train de mourir. Dieu sauve en apportant sa joie et son pardon, toujours, partout et sans limite ! C’est aussi ce langage des mains qui nous fait préparer et conduire des actions concrètes avec les jeunes à l’intérieur et à l’extérieur de l’école : la visite des personnes isolées, le contact avec les malades, le soutien scolaire, l’organisation de voyages et d’activités ludiques. C’est ce que nous pouvons appeler la dimension corporelle.
- Il y a ensuite le langage du cœur. C’est celui par lequel le jeune se sent reconnu et surtout reconnu dans une lumière d’espérance, et non pas la lumière du radar qui le flashe quand il dépasse les limites. C’est le langage de l’écoute active qui fait qu’un jeune se dira : je n’avais plus confiance en moi, ni en Dieu, ni dans mes parents, et grâce à ce cœur d’un enseignant, d’un cadre éducatif, d’un personnel OGEC, à la cantine ou dans la cour de récré, je suis relevé, je suis de nouveau en confiance, je peux remarcher comme cette femme en qui Jésus s’était penché dans la maison de Simon-Pierre.
- Et enfin, le langage de l’esprit. On pense tellement à celui là qu’on en oublie les deux autres, ou bien qu’on les délègue. Non ! Tout adulte dans l’école doit être un homme ou une femme capable de parler ces trois langages avec les jeunes.

Pour cela, nous devons demander la patience, nous devons demander la grâce aussi de connaître nous-mêmes ce que veut dire d’être en chemin de paix et de réconciliation.

+ Benoît RIVIERE

 


« Simon, j’ai quelque chose à te dire »EVEQUE DIMANCHE HOMELIE
(Lc 7, 36-50)
Homélie du dimanche 12 juin 2016
Lors de l’Assemblée synodale

 



L’évangile du repas chez Simon nous introduit dans les sentiments profonds de Jésus, et il nous pose aussi cette simple question : voulons-nous aimer davantage ou bien non ?

Deux figures opposées sont mises en lumière ici, la figure de celui qui invite Jésus à sa table, et la figure d’une femme qui s’invite elle-même, pour être présente là où plusieurs auraient préféré ne pas la voir. Il n’est pas difficile pour nous de comprendre les sentiments de Simon devant Jésus se laissant toucher par une femme de mauvaise vie – je dis de mauvaise vie pour dire pécheresse, c’est la même chose. Simon se dit en lui-même : Jésus n’est pas le maître de vérité que certains imaginent, puisqu’il semble ignorer qui est cette femme. Il ne la repousse pas. Il ne lui fait pas publiquement le reproche que sa vie est marquée par le péché. Il reçoit même ses larmes, et il reçoit ses larmes qui sont accompagnées par un geste qui engage toute la féminité de cette femme, c'est-à-dire qu’elle essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux.

Quels sont les sentiments de Jésus vis-à-vis de cette femme ? Elle s’est imposée, sans avoir été invitée, elle est une intruse, elle ne cadre pas avec la haute idée que certains se faisaient de la table de Jésus, ou plus exactement de ce qui est convenable, et de ce qui ne l’est pas quand on est dans la maison d’un observant strict de la loi : la maison de Simon.

Les sentiments de Jésus vis-à-vis de la femme pécheresse et humble, nous y communions lorsque nous reconnaissons en elle une figure de l’Eglise. C’est nous qui étions perdus, hors de la convivialité dans la maison des justes, c’est nous qui avions tué l’amour par nos actes de mensonge et de dissimilation, nos actes qui dénaturaient la beauté de la dignité de l’homme et de la femme créés à l’image de Dieu. Et cette femme ne vient pas pour condamner, elle ne vient pas en faisant des discours, elle pleure, et elle vient chercher Dieu qui seul est source de pardon et de consolation sans limite. Elle est l’image de l’Eglise qui supplie pour elle-même et pour tous les pécheurs du monde. Elle a aimé mal, et elle aime tant le Christ, lui qui est capable de comprendre jusqu’au soupir caché de celui qui n’en peut plus. Elle pressent que seul le Christ l’aimera vraiment. Jésus est saisi d’une immense miséricorde envers elle. A son contact, la femme est entièrement purifiée, elle retrouve sa dignité.

Et quels sont les sentiments de Jésus vis-à-vis de Simon ? Jésus est invité à la table des justes et des injustes, à la table des gens qui réussissent leur vie et à la table des gens qui réussissent mal leur vie. Il accepte ici l’invitation chez Simon, pharisien zélé dan l’observance de la loi. Il est le vivant qui vivifie. Il met sa joie à être à la table des uns et des autres en communiant à la grâce d’écouter ce que l’Esprit-Saint montrera. Et c’est pourquoi, vis-à-vis de l’orgueilleux Simon, Jésus n’a pas le cœur fermé. En lui, Jésus, les flots d’amour miséricordieux coulent pour Simon autant que pour la femme pécheresse.

Mes frères et mes sœurs, entendons l’amour de Jésus pour Simon. Entendons-le chercher l’homme qui ne se savait pas perdu et qui l’était autant, et peut-être plus, que la femme pécheresse. « Simon ! ». Jésus ne l’appelle pas : « espèce de grand orgueilleux ! » Non ! Il l’appelle avec tendresse, et avec un infini amour envers l’homme de la loi qui, sans le savoir encore, a soif surtout de la grâce qui ne vient pas des mérites. Alors il a envers le cœur dur et sûr de lui de Simon, les mots d’une infinie tendresse, ceux que l’on dit à l’être aimé : « Simon... j’ai quelque chose qui est pour toi, vraiment pour toi. Tu te crispais sur la loi et je te murmure la grâce. Tu pensais à ce que tu allais dire pour te justifier et tu peux à présent entrer dans le beau silence de l’amour qui écoute une parole pour chacun, et pour toi en particulier : Simon ! J’ai quelque chose à te dire ! »

Désirons imiter l’humilité de la femme repentante et aimante à qui le Seigneur donne d’entendre la grâce du pardon, et désirons que notre cœur orgueilleux soit brisé par la toute puissance de la délicatesse divine.

Au cours de cette session de l’assemblée synodale, nous voulons seulement progresser, appuyés les uns sur les autres, dans l’amour. Nous voulons aimer avec la grâce et les sentiments du Christ, lui le Sauveur de son corps qui est l’Eglise.

+ Benoît RIVIERE


Ordinations de 3 diacres permanents

DIACRES 3
Dimanche 28 juin 2015 en la cathédrale Saint Lazare d’Autun

Monsieur Jean-Claude LYONNE;
Monsieur Jean-François BROCHOT;
Monsieur Jean-Louis HIVERNAT

ont été ordonnés diacres permanents.

En cette belle après-midi de début d’été, avec vous Jean-Claude, Jean-François et Jean-Louis, et avec vous tous qui êtes présents ici, regardons Jésus.
Regardons-le et écoutons-le à travers ce passage de l’Evangile selon Saint Marc que l’Eglise a choisi pour ce dimanche. Voici trois points de méditation auxquels nous allons réfléchir simplement :

1- Jésus n’a pas d’autre programme personnel, sinon celui de servir à plein-temps. Il se montre à nous comme serviteur intégral.
2- Jésus guérit des personnes singulières, une par une, et non pas en masse grosso-modo. Non ! Il guérit personnellement, s’appuyant sur la foi qu’il met à jour, car la foi met en relation avec les autres.
3- Jésus ne veut pas de publicité autour de ses actions. Il est l’amoureux du cœur à cœur avec Dieu, l’amoureux de la prière et de la discrétion.

Nous trouvons bel et bien dans le Christ Jésus, le vrai serviteur qui guérit, et qui introduit dans la Paix. C’est lui que l’Eglise veut suivre partout et toujours. C’est par Lui que vous recevez aujourd’hui, Jean-Claude, Jean-François et Jean-Louis, la mission diaconale.
C’est aussi par Lui que l’Eglise accueille trois nouveaux ministres ordonnés aujourd’hui.
Regardons-le et écoutons-le.

1- « Une grande foule s’assembla autour de Jésus. Arrive un des chefs de synagogue qui supplie instamment Jésus de venir guérir son enfant. Et Jésus partit avec lui et la foule le suivit. »

Il est le serviteur en profondeur, et non pas le serviteur du superficiel. Quand débarque en pleine catéchèse un homme qui a vraiment une attente profonde et sincère, Jésus se met en mouvement, à neuf comme toujours avec lui, pour suivre cet homme vrai et croyant. Il n’est pas accroché à un programme inscrit dans le marbre, mais au souffle de l’Esprit de son Père, il ne se considère pas dérangé par les sollicitations ; seuls les gens autocentrés sont dérangés ! Et non seulement il se déplace vers la maison de Jaïre qui a besoin de salut, mais en chemin, il va se laisser encore rejoindre par une femme qui souffre depuis longtemps d’un mauvais rapport à la vie. Et il ne va pas seulement la guérir à la sauvette, il va, bien mieux, demander à la voir et à lui parler ; cette humble femme ne voulait pas déranger, et ne voulait pas être vue. Elle ignorait encore qu’on ne dérange jamais le Seigneur, qui est vraiment en tout et toujours le serviteur fidèle. Elle ignorait la joie du Seigneur de nous partager son amitié, et l’amitié est toujours dans la lumière et non dans la dérobade.

Voici donc un premier appui pour votre mission de diacres, Jean-Claude, Jean-François et Jean-Louis : ne vous considérez pas comme propriétaires de votre mission. Ne dites pas toujours « je » comme disent certains propriétaires, mais dites toujours le « nous » humble et joyeux des serviteurs. Ne partez pas de vous-mêmes pour exercer votre service, partez de ce qui vous sera demandé, partez du Christ Jésus. Il vous fait signe dans le visage des petits et des blessés de la vie. Donnez votre temps pour eux en premier. Donnez votre disponibilité, non pas à contrecœur, mais avec le cœur en fête, comme dit le psaume de la liturgie de ce dimanche. Et pourquoi votre cœur pourra-t-il être toujours en fête ? Ecoutez bien le psaume : « que mon cœur ne se taise pas, qu’il soit en fête pour toi, et que sans fin, Seigneur mon Dieu, je te rende grâce ». La rumeur intérieure de votre cœur sera la louange de Dieu, car en elle, vous porterez les cris et les espoirs du monde. Dieu aime celui qui donne en étant détaché de lui-même, et donc en riant, capable de recevoir et de communiquer la joie reçue d’en haut, celle que Jésus nous donne en abondance, sa joie d’être aimé éternellement et envoyé pour une mission en faveur de tous les hommes. Soyez des diacres qui donnez toujours, avec au cœur une joie très pure.

2- Jésus est donc le serviteur intégral et à plein temps de la joie divine qui relève, qui communique la vraie paix, et qui guérit, en manifestant la foi : « Ma fille, dit-il à la femme hémorroïsse, ta foi t’as sauvée ! Et auprès de la fillette qui était morte, il se met à l’écart de l’agitation, et il ressuscite en elle la vie : « Jeune fille, je te dis : lève-toi ! »
Jésus relève et guérit par sa présence, et il continue cette action de salut et de guérison dans les sacrements de l’Eglise. C’est pourquoi, le catéchisme de l’Eglise catholique commence la grande partie sur les sacrements par l’image de la femme qui perd son sang, et qui vient toucher le vêtement de Jésus par derrière. Le retournement de Jésus vers cette femme, c’est le même retournement qui nous saisit, nous guérit et nous envoi, en chaque célébration sacramentelle.

Chers amis qui recevez aujourd’hui l’ordination diaconale, soyez serviteurs de l’Eucharistie et des autres sacrements ; en eux, Dieu poursuit son action de salut, qui pacifie en profondeur et qui guérit le monde.

3- Et voici le dernier point de notre méditation de l’évangile d’aujourd’hui. Nous sommes étonnés par une autre chose, c’est la discrétion de Jésus. « Jésus leur ordonna fermement de ne le faire connaître à personne. » Voilà encore la belle marque du service. Voilà la marque de Marie, la servante du Seigneur. Jésus ne veut pas que l’on se répande en paroles autour de ce qui vient de se passer dans la résurrection de la fille de Jaïre. Nous garderons cette discrétion en nous replongeant souvent dans la prière confiante. Lorsque nous prions dans l’unité de l’Eglise, nous accueillons et cultivons sur cette terre le beau silence d’écoute, et la belle réponse de l’ami et du frère : Me voici ! C’est le sens de l’engagement que prennent les diacres dans la célébration quotidienne de la prière des heures.

Jean-Claude, Jean-François et Jean-Louis, soyez serviteurs avec le Christ, soyez diacres des petits et des blessés de la vie, avec la discrétion et l’humilité qui ont leur source en Dieu ; ne cherchez pas à ce que l’on parle de vous et de ce que vous direz et ferez. Le Christ n’a pas voulu ramener les choses à lui, il veut encore et toujours nous faire passer

de l’égoïsme à la communauté,
de la tristesse à la joie,
de la mort à la vie,
du péché à la grâce,
de l’isolement à la fraternité,
et d’une terre de larmes à la terre d’éternelle consolation.

+ Benoît RIVIERE

DIACRES 1

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Biographie

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Communiqués de la Porte-Parole

COMMUNIQUE SEMAINE SAINTE 2020 01COMMUNIQUE SEMAINE SAINTE 2020 02COMMUNIQUE SEMAINE SAINTE 2020 03


 

 

 




COMMUNIQUE CORONAVIRUS 2020 03 17 1COMMUNIQUE CORONAVIRUS 2020 03 17 2





COMMUNIQUE COVID 19




COMMUNIQUE REPORT PELERINAGE ROME mars 2020




COMMUNIQUE CORONAVIRUS




COMMUNIQUE ENTREE EN CARME 2020




COMMUNIQUE ACCUEIL NOUVEAUX ARRIVANTS 2019





COMMUNIQUE ENTREE EN CARME 2019
COMMUNIQUE ENTREE EN CARME 2019 2




JMJ 2019 COMMUNIQUE 1

JMJ 2019 COMMUNIQUE 2




COMMUNIQUE ACCUEIL NOUVEAUX ARRIVANTS 2018



COMMUNIQUE RENCONTRE INTERRELIGIEUSE MAZILLE 2018



COMMUNIQUE LES GRANDS RENDEZ VOUS DIOCESAINS



COMMUNIQUE RENCONTRE MGR AVEC PRESIDENT REPUBLIQUE




RECO CAREME 2018


COMMUNIQUE MIGRANTS REFUGIES 1

COMMUNIQUE MIGRANTS REFUGIES 2

COMMUNIQUE MIGRANTS REFUGIES 3
COMMUNIQUE MIGRANTS REFUGIES 4



Autun, le 13 11 2017

Communiqué

Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, demande que chacun puisse s’unir à la prière du diocèse de Marseille pour Monseigneur Bernard Panafieu, ancien Cardinal Archevêque de Marseille, décédé ce 12 novembre.
Monseigneur Rivière, ordonné Evêque auxiliaire de Marseille le 18 février 2001 par Monseigneur Panafieu, sera présent à sa messe de sépulture qui aura lieu à la cathédrale de La Major de Marseille le vendredi 17 novembre à 15 h.


Anne Jacquemot
Porte parole de Monseigneur Benoît Rivière

 

 




DAVID BONETAIN COMMUNIQUE



ORDINATION DHAUSSY



 

JOURNEE VIE CONSACREE 2017





COMMUNIQUE CHAMPIONNAT FRANCE CYCLISTE 2017






DENIER COMMUNIQUE1 2017
DENIER COMMUNIQUE2 2017



communique synode decembre 2016



lettreevequeselections



COMMUNIQUE MERE TERESA



logo petitAutun, le 27 juillet 2016



Messe de jeûne vendredi à la cathédrale


Vendredi 29 juillet, une messe sera célébrée à 19h à la cathédrale à Autun, en mémoire du Père Jacques Hamel, victime du terrorisme dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Cette célébration sera présidée par le Père André Guimet, vicaire général du diocèse.

Chacun peut rejoindre, s’il le souhaite, cette eucharistie. En lien avec tous les Catholiques de France, cette proposition à Autun répond à l’invitation de Monseigneur Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la Conférence des évêques de France, qui demande que ce vendredi soit jour « de jeûne et de prière pour notre pays et pour la paix dans le monde ».

Les jeunes de Saône-et-Loire vivront ce même jour le chemin de croix à Cracovie autour du pape François et de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun. Ils « suivront le Christ dans sa victoire sur la haine, la vengeance et la mort ».

Le Christ est « notre lumière et notre espérance ».

Anne Jacquemot
06 07 77 03 51




COMMUNIQUE VOYAGE MADAGASCAR 2016


Autun, le 27 mai 2016


A Mazille, la 6e Rencontre interreligieuse de prières pour la paix

mazille
La session interreligieuse, qui a lieu tous les deux ans à Mazille, se déroulera cette année, le dimanche 5 juin pour sa 6e édition. C’est une initiative unique et originale mise en œuvre en Saône-et-Loire depuis 10 ans. Un « Message de Paix » sera proclamé et signé à l’issue de cette journée. De telles rencontres de dialogues, initiées dans l‘esprit de celles proposées par le Pape à Assise, ont toujours un impact fort dans l’opinion publique.

Les sœurs carmélites de Mazille accueilleront donc pour la sixième fois cette session de dialogue et de prière, à laquelle participent des responsables des communautés religieuses de Saône-et-Loire : musulmans, juifs, bouddhistes et chrétiens (catholiques, orthodoxes, protestants). Les participants vont échanger autour de cette thématique « la vie, la mort : quelle espérance ? ». Un secrétariat interreligieux permanent prépare depuis plusieurs mois la session, à laquelle sont invitées 200 personnes représentantes des différentes religions.

Le déroulement :
- à partir de 12h30 au Carmel de la paix de Mazille (à Chaumont 71250 Mazille)
- Déjeuner. Une soupe chaude est servie, chacun apporte son pique-nique.
- 13h30 Prière et méditation des Bouddhistes
- 13h30 Prière de midi des Juifs
- 13h40 Prière Dhur des Musulmans
- 14h Assemblée plénière : introduction puis table ronde sur le thème de la session
- 15h15 Dialogues : l’assemblée est partagée en plusieurs petits groupes de dialogue
- 16h15 Moment de détente
- 16h45 Table ronde, 2e temps
- 17h30 Prières de chacune des religions. Pendant que les uns prient, les autres écoutent.
- 18h30 Message de paix aux habitants de Saône-et-Loire
- 18h40 Verre de l’amitié

Les enjeux de ces rencontres sont multiples : se rencontrer entre croyants, se connaître, s’écouter, s’estimer, sans ignorer ce qui fonde les différences entre les religions, vivre un moment d’amitié, approfondir l’appel à la prière, se laisser éclairer par la rencontre de celui qui est différent dans sa foi, manifester que les liens d’amitié entre croyants de différentes religions sont possibles et en témoigner, afin de permettre aux participants de diffuser ensuite cet esprit de dialogue là où ils vivent.

Les thèmes abordés depuis dix ans :
- 2006 : pour un humanisme de paix ici et de proche en proche à travers le monde
- 2008 : chemin de paix : quels obstacles, quels appuis, en moi et autour de moi ?
- 2010 : pas à pas vers une terre de paix
- 2012 : dis-moi ta prière
- 2014 : je suis avec toi, une lumière dans l’obscurité





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Autun, le 13 mai 2016


Une vingtaine d’adultes de Saône-et-Loire seront confirmés ce samedi de Pentecôte par Monseigneur Rivière


Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, confirmera une vingtaine d’adultes du diocèse samedi 14 mai prochain, en la veille de la fête de Pentecôte. La célébration se déroulera à la cathédrale à Autun à 17h.
Ces diocésains venus de toute la Saône-et-Loire ont entre 18 et 50 ans. Ils habitent à Chalon-sur-Saône, Chauffailles, Cluny, Autun ... Ils ont été baptisés, pour beaucoup, lors de leur petite enfance. La fête de la Pentecôte, pour les chrétiens, est la fête de l’Esprit Saint, c’est donc un moment privilégié pour recevoir le sacrement de confirmation.
Selon Monseigneur Rivière, chaque demande de confirmation reflète « la délicatesse infinie de Dieu vivant et sauveur ». Les témoignages des confirmands, qui lui écrivent tous, rendent compte « d’une authentique vérité dans la relation à soi-même, à Dieu, et aux autres ». Ces adultes « découvrent progressivement la soif » de voir ce qui vient réellement de Dieu dans leurs vies. Leur démarche expriment aussi un « bel amour de l’Eglise » et du lien avec des frères.
Les confirmands rencontreront à 15h Monseigneur Rivière, avant la célébration. Lors de la messe, la liturgie de la Parole sera très développée, avec plusieurs lectures bibliques liées à l’Esprit Saint. Toutes les personnes qui le souhaitent peuvent assister à cette célébration ouverte à tous.


Appels dcisifs 2




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Autun, le 29 avril 2016


Monseigneur Rivière fête demain avec 300 collégiens
l’anniversaire de ses dix ans en Saône-et-Loire

EVEQUE 2
Samedi 30 avril à Chalon-sur-Saône, de 9h30 à 18h, environ 300 de collégiens venus de tout le département, de l’enseignement public et privé, sont invités par Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, à un rassemblement sur le thème de la paix. Ce sera l’occasion pour lui de fêter, avec ces jeunes de Saône-et-Loire, ses dix ans, jour pour jour, d’intronisation dans le diocèse. C’est en effet le 30 avril 2006 que Monseigneur Rivière a été intronisé 113e évêque d’Autun dans sa cathédrale et accueilli par l’ensemble des prêtres et diocésains de Saône-et-Loire.

Les responsables diocésains des aumôneries de l’enseignement public et de l’enseignement catholique ont préparé ce rendez-vous qui sera ponctué de témoignages et d’échanges. Il s’agira, pour ces jeunes, de vivre la paix, de la célébrer et l’intérioriser, de s'engager comme artisans de paix. La messe sera célébrée à 14h30 en l’église Notre Dame des Lumière 7 rue André Chénier, au cœur du rassemblement. Le concert de Pop Louange, ouvert à tous, avec le groupe Sentinelles, clôturera cette belle journée, dont la précédente a eu lieu en 2012.

Les jeunes arriveront en bus et seront répartis sur cinq lieux : églises Sainte Thérèse, Saint Paul et Sacré Cœur, école le Devoir, collège Saint Dominique. Après un accueil festif, le matin, ils rencontreront un « acteur ordinaire de la paix » et vivront un temps d’intériorité. Par petits groupes, ils seront ensuite invités à créer sur ce thème de la paix, grâce à différents supports artistiques. La matinée se terminera par un pique-nique. L’après-midi, les jeunes se rendront tous ensemble à l’église Notre Dame de lumière. Le rassemblement sera solidaire d’un projet du CCFD, Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, porté par le Youth Ressource Developpment Program (YRDP).



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Jubilé des consacrés de Saône et Loire


A l’invitation de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, toutes les Religieuses et tous les Religieux de tous les monastères de Saône-et-Loire, soit presque 600 Sœurs et Frères, se retrouveront samedi 16 avril à Paray-le-Monial pour célébrer le jubilé de la miséricorde.
Pour cette occasion, une autorisation exceptionnelle de sortie des monastères a été promulguée.
C’est une démarche inédite souhaitée par Monseigneur Rivière pour deux raisons principales : marquer la clôture de l’Année de la vie consacrée (2015) et célébrer l’Année de la Miséricorde (8 décembre 2015 – 20 novembre 2016). Ces années saintes ont été voulues par le Pape François.
Le choix de la date, le 4e dimanche après Pâques, correspond aussi à la veille du dimanche de prière pour les vocations. Ce week-end est donc également un moment privilégié pour les consacrés de renouveler leur engagement de vie auprès de Dieu et de prier ensemble pour les vocations.

Le choix du lieu, Paray-le-Monial, correspond à un site pouvant accueillir plusieurs centaines de personnes. C’est surtout l’un des deux lieux où il est proposé de franchir l’une des deux portes de la Miséricorde en Saône-et-Loire.

La journée est préparée activement par le Père Georges Auduc, Délégué épiscopal à la vie consacrée, avec les délégués des monastères et les représentants des zones pastorales. Il est en lien permanent avec chaque communauté religieuse, mais aussi avec les femmes appartenant à l’Ordre des Vierges Consacrées.

L'évêque exerce comme une paternité spirituelle dans son diocèse. L’une de ses missions spécifiques, liée à son ministère, est donc de discerner, reconnaître et favoriser le développement des charismes que le Saint-Esprit suscite parmi son peuple, aussi bien chez les personnes qu’au sein des Instituts de vie consacrée, des Mouvements ou des Associations. La vie consacrée ne constitue pas une Eglise à part, mais est pour lui, cette partie de l'Église qui vit dans un esprit prophétique, et oriente le « corps ecclésial » tout entier dans le suivi parfait du Maître, au fil des temps qui changent.

Paray-le-Monial est le lieu par excellence en France, de la Miséricorde. C’est là que, au XVIIe siècle, sainte Marguerite-Marie fut gratifiée de plusieurs apparitions du Christ qui lui montra son cœur. Avec Saint Claude La Colombière, prêtre jésuite qui fut son conseiller spirituel, elle porta le message de la Miséricorde à ses sœurs du monastère et au-delà. En cette année jubilaire pour l’Eglise universelle, venir franchir une porte sainte à Paray, c’est rentrer plus profondément dans ce mystère toujours renouvelé de l’immense amour de Dieu pour chacun, c’est accueillir le cœur de Jésus en soi, sur le lieu même des apparitions.

Paray-le-Monial est le sanctuaire de la miséricorde. La porte du sanctuaire est toujours ouverte aux pèlerins dont le cœur est touché par la grâce et qui trouvent le chemin de la conversion. Les consacrés du diocèse d’Autun seront donc invités à franchir cette porte ensemble le 16 avril.



11 mars 2016


La Saône-et-Loire en route vers la JDJ et les JMJ

JDJ 2016

A l’invitation de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, les jeunes de 16 à 35 ans de Saône-et-Loire se préparent à vivre deux grands événements en 2016, la JDJ, Journée Diocésaine de la Jeunesse le 19 mars à Lugny, et les JMJ, Journées mondiales de la Jeunesse, en juillet à Cracovie autour du Pape François. Des jeunes polonais, originaires du diocèse polonais qui accueillera en juillet les jeunes diocésains d’Autun, viendront découvrir notre diocèse et rencontrer les jeunes Français à l’occasion de la JDJ. C’est une première : curés et maires des communes polonaises et françaises, Rybnik et Saint-Vallier, villes européennes jumelées, collaborent en lien étroit pour l’organisation de ces événements.

La JDJ, présidée par Monseigneur Rivière, est une journée de pèlerinage des jeunes à Lugny, Viré-en-Mâconnais et Burgy, paroisse Notre Dame des Côteaux en Mâconnais, dont le curé est le Père Bernard Blondaux. Elle constitue un temps fort de préparation au départ pour les JMJ, visible notamment grâce à la présence de la délégation polonaise et le déploiement du thème des JMJ : « Heureux les miséricordieux », issu du message du pape François.

La messe de la JDJ est ouverte à tous et sera célébrée à 18h en l’église de Lugny. Elle correspond à la procession et à la célébration des rameaux, début de la grande semaine des Chrétiens, la Semaine Sainte qui conduit à la fête de Pâques, fête de la résurrection du Christ.

La croix des JMJ, fabriquée par les jeunes de la JOC, Jeunesse Ouvrière Chrétienne de Montceau, circule de paroisse en paroisse depuis l’an dernier. Elle sera transmise à l’issue de la JDJ aux jeunes de la paroisse qui accueillera la JDJ en 2017. Par ailleurs, un lien sera établi avec la session sur le judaïsme organisée à Paray-le-Monial en juillet avant les JMJ, car le site d’Auschwitz est situé à proximité du diocèse qui accueillera la délégation de Saône-et-Loire.

Le Père Grégoire Drouot, délégué épiscopal pour la Pastorale des jeunes et des vocations, pilote la JDJ et les JDJ, dont la coordination est assurée par le Père Nicolas Berthier et Christine Clerc, laïque en mission ecclésiale.

Une centaine de jeunes sont déjà inscrits pour les JMJ. Le père Drouot accompagne les groupes locaux qui se constituent à Digoin, Paray-le-Monial, Pierre-de-Bresse, Charolles, Autun, Mâcon, Etang-sur-Arroux, Chalon-sur-Saône et Le Creusot notamment. D’autres groupes se forment, en lien avec des mouvements de jeunes ou des communautés religieuses. La communauté des frères de Taizé sera présente en Pologne durant toute la durée des JMJ.

 


MUSEE HIERON 1

Une superbe reconnaissance pour le musée du Hiéron
L’inscription au titre des Monuments Historiques !


Le musée du Hiéron, situé à Paray-le-Monial et dont l’Association Diocésaine est propriétaire, vient d’être inscrit au titre des monuments historiques. L’arrêté du 21 décembre 2015 précise que «

l’inscription s’applique aux immeubles dont l’intérêt d’histoire et d’art justifie la conservation matérielle et la transmission aux générations futures ». Plus précisément, le musée, construit de 1888 à 1893 par l’architecte Noël Bion, est donc reconnu pour « ses qualités architecturales, la modernité de ses aménagements : charpente métallique, éclairage zénithal », mais aussi pour « sa place dans l’histoire des musées au 19e siècle, l’originalité de son projet muséographique ». Enfin, « la qualité de ses décors intérieurs », notamment les peintures d’Hugo d’Alési, sont évoquées dans l’arrêté.
L’Association diocésaine a confié la jouissance du musée à la commune de Paray-le-Monial par bail emphytéotique depuis 2001. Ce musée, labellisé Musée de France, présente sur 700 m² un parcours retraçant deux millénaires d'histoire du christianisme. Son nom provient de la racine grecque, hieros, sacré, et fait également référence aux hieron de l'Antiquité Grecque, espaces à la fois religieux et politiques.


Conçu dès l’origine pour accueillir des œuvres d’art sacré


C’est l'un des rares musées en France construit dès l'origine pour accueillir une collection d'œuvres d'art sur le thème de l'eucharistie. Sa conception, caractéristique de l'architecture des musées de la fin du 19e siècle, comme le Petit Palais à Paris, offre une alliance entre classicisme des formes et des matériaux, et techniques innovantes de construction. Ainsi, la charpente de la salle centrale présente une architecture métallique influencée par Gustave Eiffel.
L’œuvre la plus emblématique est la Via Vitae « Chemin de vie » (1894-1904), classée Trésor Natinal, de l’orfèvre parisien Joseph Chaumet. Cette œuvre exceptionnelle est réalisée en matériaux précieux : or et ivoire pour les 138 figurines, argent doré et patiné, platine, cristal de roche, diamants, rubis, marbres, albâtre, bronze doré, elle présente sur 2,70 mètres de hauteur placée sur un socle large de trois mètres, une évocation spectaculaire de la vie du Christ.
Le rez-de-chaussée surélevé présente les collections permanentes réparties à travers trois grandes salles, selon cinq thèmes : Sous le signe de la Croix, Le Modèle Divin et Humain, Le Cœur de Jésus, A la table du Seigneur et La Divine Hostie. La salle centrale octogonale donne à voir des décors monumentaux et retrace l'histoire du musée. Le niveau inférieur accueille des expositions temporaires, les activités d'animation, notamment les ateliers jeune public durant les vacances scolaires, ainsi qu’un espace de travail.
La Conservatrice, Madame Dominique Dendrael, accueille régulièrement avec son équipe, des artistes contemporains pour des expositions ou installations temporaires. Ce musée est l’une des richesses culturelles de notre diocèse : à découvrir ou à redécouvrir dès sa réouverture annuelle le 19 mars.
MUSEE HIERON 2

Musée du Hiéron 13, rue de la Paix 71600 Paray-le-Monial 03 85 81 79 72.
Pour les ateliers et la documentation thématique : 03 85 81 24 65.

Le musée est ouvert du mercredi au dimanche de 10h30 à 12h30 et de 14h à 18h. En juillet et en août, tous les jours aux mêmes horaires.



VOYAGE NY8Autun, le 4 mars 2016


A New-York,
Monseigneur Rivière et le Père de Marsac
ont rencontré les maîtres de l'orthodoxie juive





Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, a participé du 22 au 24 février, à New-York et à Washington, aux rencontres internationales des cardinaux, archevêques et évêques avec les maîtres de l’orthodoxie juive. Le cardinal André Vingt-Trois, à la tête de cette délégation, conduit ces déplacements, référence incontournable dans le dialogue entre Juifs et Chrétiens.
Monseigneur Rivière avait donc convié pour la première fois le père Thierry de Marsac, curé de la paroisse Saint Juste de Bretenières à Chalon-sur-Saône, à l’accompagner. La tante du père de Marsac, Sœur Marie La Génardière (1891 – 1981), a reçu le 4 janvier 2016 à titre posthume la médaille des Justes parmi les Nations au Mémorial de la Shoah à Paris. Mère supérieure d’un couvent des Sœurs de Saint Vincent de Paul, elle a sauvé deux personnes durant la 2e guerre mondiale.
Ce déplacement est l’occasion de poursuivre le dialogue initié par le cardinal Lustiger il y a une dizaine d’années, d’approfondir des amitiés, et de faire progresser la reconnaissance religieuse mutuelle entre Juifs et Catholiques. Le thème était le suivant : « certains Juifs sont victimes de violences antisémites. Certains membres de l’Eglise sont aussi victimes de violences. Quels sont les points de repère éthiques issus de nos deux traditions face à ces situations ? ».
Les participants ont donc réfléchi sur cette question avec les maîtres juifs, les rabbins, des professeurs et des étudiants de la Yeshiva University. Ils ont visité le Mémorial du 11 septembre et l’Holocaust Memorial Museum de Washington. Une rencontre à la nonciature apostolique a marqué aussi ce voyage.
Ces rencontres sont préparées par le père Patrick Desbois, directeur du service national pour les relations avec le judaïsme de la Conférence des Evêques de France. Les Yeshivot sont des écoles spirituelles juives, à l’origine en Europe centrale, et réinstallées à Brooklyn lors de la seconde guerre mondiale. Elles sont le « réservoir » de l’identité de l’ensemble du peuple juif.

Anne Jacquemot



Dialogue interreligieux - Trois rendez-vous en 2016

VOYAGE NY7

Le dialogue interreligieux : une réalité intensément vécue en Saône-et-Loire - Les trois grands rendez-vous de l’année 2016


CONFERENCE DE PRESSE du jeudi 11 février 2016


MONSEIGNEUR RIVIERE OUVRIRA DIMANCHE 13 DECEMBRE
DEUX PORTES DE LA MISERICORDE
EN SAONE-ET-LOIRE

JUBILE MISERICORDE



Dimanche 13 décembre prochain, à la suite du Pape François, les évêques du monde entier ouvriront dans chaque diocèse une « porte de la Miséricorde », pour marquer le début du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, année « sainte » qui commence le 8 décembre 2015 et s’achèvera le 20 novembre 2016.

Deux portes seront ouvertes par Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun. Il invite les habitants de Saône-et-Loire ou les personnes de passage, à venir dimanche 13 décembre, à Autun à 10h30 devant la cathédrale, ou à Paray-le-Monial à 15h30 à la Basilique, pour l’ouverture de ces « portes de la Miséricorde ». A Autun, le rendez-vous est fixé devant le tympan de cathédrale. Après une introduction, aura lieu l’ouverture solennelle de la porte droite du tympan, celle qui n’est pas ouverte habituellement. Elle sera décorée pour cette occasion exceptionnelle. Durant la messe qui suivra, les Scouts apporteront la lumière de Bethléem, arrivée par avion en France. Les familles Scouts et les anciens Scouts sont donc tout particulièrement conviés. A Paray, l’ouverture de la porte s’effectuera dans le même esprit. La célébration commencera à l’intérieur de la basilique, avant une procession jusqu’à la porte principale de la chapelle de la Visitation, qui sera alors ouverte solennellement, avant un retour en procession jusqu’à la basilique.

Monseigneur Rivière convie aussi toutes les personnes qui le pourront, à venir, avant fin novembre 2016, faire une démarche de pèlerinage à la cathédrale d’Autun ou à la chapelle de la Visitation à Paray-le-Monial. Il explique que cette année de la Miséricorde est « une invitation à vivre des actes de foi très concrets: soins au plus démunis, visite aux personnes isolées ou malades, etc ». L’évêque invite à des « franchissements », de réconciliation, « avec les autres et avec Dieu ». Ce « bain jubilaire » sera effectué en lien de prière avec le Pape François et soutenu par le sacrement du pardon.

« Le dernier pape du XXe siècle, Jean-Paul II » rappelle Monseigneur Rivière, « fut témoin de l’aspiration à la miséricorde divine face aux grands périls qui menaçaient l’homme ». Ainsi, explique-t-il, « la limite au mal est cette puissance qui est le propre de Dieu, et qui consiste justement à faire miséricorde ».


La COP 21 et l’Eglise

« Nous réjouir d’une conscience universelle »

COP 21 1

Monseigneur Benoît Rivière a donné le 26 novembre dernier une conférence de presse sur « La COP 21 et l’Eglise ».

« Nous sommes en Saône-et-Loire dans un espace d’équilibre entre le rural et l’urbain, mais aussi un point de passage routier, voies de           communication polluants », explique Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun. C’est pourquoi, « nous sommes peut-être plus sensibles    que les autres aux question environnementales ».

Monseigneur Rivière tient à souligner trois éléments. Tout d’abord, il se réjouit que la conférence ait lieu, signe d’une conscience universelle, « source de joie et d’unité dans un monde qui peut avoir tendance à se diviser ». L’évêque d’Autun évoque ensuite l’encyclique du Pape François, qui traduit une réflexion à la fois joyeuse et grave. Il met en évidence les différentes dimensions de cette souffrance de notre Maison Commune : « le dérèglement climatique, la souffrance des plus pauvres, et les désespérances qui conduisent au terrorisme ». Enfin, Monseigneur Rivière note la volonté à al fois personnelle et collective de modifier nos modes de vie. « Nous ne voulons pas », précise-t-il, « que l’écologie soit simplement une conservation du monde occidental », mais que les démarches aillent beaucoup plus loin.
COP 21 2
Des débuts de solution existent, comme, par exemple, la transition énergétique. Le Pape fait « confiance à l’homme qui n’es pas un prédateur, car c’est bien le seul qui peut sauver la planète », explique Monseigneur Rivière. Pour lui, « préparer la terre de 2050, celle des enfants qui ne sont pas encore nés, est « un acte d’amour indispensable envers la terre et les hommes, afin de trouver une meilleure manière de vivre ensemble, tous ensemble ».

Anne Jacquemot

Quelques repères


La délégation du Saint-Siège sera la voix officielle de l'Eglise à la COP 21, parmi 195 pays. Des ONG confessionnelles, comme Caritas (Secours catholique) et le CCFD-Terre solidaire, sont présentes. La Conférence des évêques de France (CEF) et l’Eglise catholique en général, portées par la parution de l’Encyclique ‘Laudato Si’ du Pape François, s’engagent avec une approche singulière sur les enjeux climatiques.

En 1982, la commission sociale de l’épiscopat avait publié un document toujours actuel, intitulé « Pour de nouveaux modes de vie ». Il invitait déjà à cette conversion de nos comportements de vie et de notre rapport à l’usage des biens matériels ainsi qu’à la solidarité avec les plus pauvres.Monseigneur Rivière vous transmet la « Prière pour notre terre » que le Pape François propose, à la fin de son Encyclique, de partager avec tous les « croyants en un Dieu Créateur et Tout-Puissant ».


Monseigneur Rivière vous transmet la « Prière pour notre terre » que le Pape François propose, à la fin de son Encyclique, de partager avec tous les « croyants en un Dieu Créateur et Tout-Puissant ».

Prière pour notre terre

Dieu Tout-Puissant
qui es présent dans tout l’univers
et dans la plus petite de tes créatures,
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et soeurs
sans causer de dommages à personne.

Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux.

Guéris nos vies,
pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs,
pour que nous semions la beauté
et non la pollution ni la destruction.

Touche les coeurs de ceux qui cherchent seulement des profits
aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
à reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures
sur notre chemin vers ta lumière infinie.

Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous t’en prions,
dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.


Accueillons avec joie « Laudato si », l’encyclique sur l’écologie du Pape François


riviere et pape
Notre Evêque Monseigneur Benoît Rivière, présente ainsi la Lettre encyclique. « Laudato si’, mi’ Signore », - « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre », sont les premiers mots du chant de louange si célèbre de Saint François d’Assise.
Ce sont aussi les premiers mots de l’encyclique du Pape François « sur la sauvegarde de la maison commune », parue aujourd’hui, et qui traite de l’écologie. C’est un texte très important pour l’avenir du monde, pour la protection de la nature et de la vie humaine.

L’image de notre maison commune et de ce qui s’y passe parcourt l’ensemble du texte, qui ne constitue ni un plaidoyer écologique, ni un énoncé technique de propositions politiques, ni un écrit romantique sur une nature perdue. L’encyclique indique des défis à relever, s’avance sur des pistes concrètes pour sauvegarder l’avenir de l’homme sur la terre. Elle invite à un débat clair pour un engagement dans de nouveaux modes de vie.

Le respect de la création est une exigence de la foi chrétienne, donc une des raisons de la publication de ce texte. Le Pape rappelle qu’écologie humaine et écologie naturelle sont liées. Il nous fait part de son sentiment d’urgence et de la nécessité d’un courage à mettre en œuvre sur cette question. Dans la Bible, Dieu a créé la terre et l'homme, le jardin et la personne. La terre est ce jardin où l’homme a créé sa maison. L’homme n’est pas qu’être pensant, il est aussi nature. Une blessure faite à la nature peut devenir aussi une offense à l’homme.

Relisons alors, comme invite à le faire le Pape François, la prière de Saint François, comme une pédagogie de la vie dans ce jardin de la nature. Chacun doit, en effet, accepter un espace, une distance de pauvreté, de non-pouvoir, entre lui et la nature. Pour le croyant, le monde ne se contemple pas de l’extérieur mais de l’intérieur, en reconnaissant les liens par lesquels Dieu a uni l’homme à tous les êtres. Alors, écrit le Pape, il faut nous engager dans une conversion écologique en commençant par écouter autant « la clameur de la terre » que « la clameur des pauvres ».

J’invite donc chacun en Saône-et-Loire, croyant ou non, à lire l’encyclique du Pape, à la comprendre et à la partager avec d’autres. Elle ouvre de nouvelles perspectives pour voir le monde autrement. Elle permet, en effet, un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète, et dont les responsables des états vont débattre en France à la fin de cette année. Elle propose de suivre, de façon urgente, des chemins de solidarité universelle.

Lire le texte de l'encyclique, ici


Nominations


Le Père Evêque, en son conseil, a procédé à des nominations qui prendront effet au 15 août 2015 : voir ici



Trente adultes de Saône-et-Loire confirmés le samedi de Pentecôte par Monseigneur Rivière


Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, confirmera une trentaine d’adultes du diocèse samedi 23 mai prochain, en la veille de la fête de Pentecôte. La célébration se déroulera à la cathédrale à Autun à partir de 17h.

Ces diocésains venus de toute la Saône-et-Loire ont entre 30 et 40 ans. Ils ont, pour la plupart d’entre eux, été baptisés lors de leur petite enfance. La fête de la Pentecôte, pour les chrétiens, est la fête de l’Esprit Saint, c’est donc un moment privilégié pour recevoir le sacrement de confirmation. « Ce sacrement fait complètement partie de ce que l’Eglise appelle l’initiation chrétienne, avec le baptême et l’eucharistie », explique François Prost, responsable diocésaine du catéchuménat, « ces sacrements sont complémentaires ». L’Esprit Saint, en effet, est reçu au baptême, avec le geste principal de l’eau versée sur le front. L’eucharistie, dont le baptisé peut se nourrir tout au long de sa vie, est « le pain de la route pour continuer d’accueillir l’Esprit ». A la confirmation, « l’Esprit est reçu en plénitude ». Le geste qui manifeste ce don est celui de la chrismation, quand le confirmand est marqué avec le Saint Chrême, « d’un signe de croix sur le front donné par l’évêque, individuellement et nominativement ».

Les confirmands achèveront leur préparation au sacrement par une rencontre avec Monseigneur Rivière avant la célébration, ainsi que par une visite commentée de la cathédrale. Lors de la messe, la liturgie de la Parole sera très développée, avec plusieurs lectures bibliques liées à l’Esprit Saint. La Schola de la cathédrale, dirigée par Guillaume Labois, animera par le chant la prière de l’assemblée. Pendant cette célébration, l’évêque annoncera l’ouverture d’un synode diocésain à partir du 4 octobre 2015.




Le nouveau livre de Mgr RIVIERE


« Soyez le sel de la terre », le nouveau livre de Monseigneur Benoît Rivièrecouv eveq

Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, a rassemblé dans ce livre un choix de textes prononcés ou écrits pour des circonstances particulières. Ces pages choisies représentent donc l’un des fruits du travail au quotidien de son ministère d’Evêque.

« Ces textes », explique Monseigneur Rivière, « sont comme enracinés dans le terreau vivifiant de mes rencontres avec les jeunes, les catéchumènes, les Chrétiens des paroisses de notre diocèse d’Autun, les consacrés, les personnes malades ou handicapées, les personnes en situations de fragilité. » Certaines de ces rencontres donnent naissance à des dialogues spontanés, non préparés. A d’autres occasions, il est demandé à l’Evêque de pouvoir rédiger à l’avance des textes sur des thèmes très variés : catéchèses, homélies, messages, éditoriaux pour le magazine diocésain « Eglise d’Autun ».

Le titre
Les textes rassemblés au début du livre s’adressent, plus particulièrement, aux jeunes. Mais les sujets abordés parlent réellement à tous. Il s’agit de catéchèses prononcées lors des Journées Mondiales de la Jeunesse, par les Evêques sollicités, en effet, par le Pape, afin d’assurer ainsi des enseignements à vocation pastorale pour les jeunes. Le thème des JMJ de Toronto, au Canada, en 2002, « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde », a été retenu comme titre du livre.

Une autre catéchèse concerne les Séminaristes de France, réunis à Lourdes pour une grande première à l’automne 2014. La suite du livre est constituée d’une collection de textes divers, dont le point commun est de répondre à des attentes variées, liées à l’Année liturgique ou à l’actualité. Cela va d’une réflexion sur la prière à un anniversaire des apparitions à Lourdes, de questions d’éducation à une intervention lors du rassemblement Diaconia.
Le choix de la couverture
Monseigneur Rivière a souhaité que le visuel de couverture soit une reproduction photographique de l’icône de l’hospitalité d’Abraham, écrite par les Sœurs Bénédictines Notre Dame de la Compassion d’Autun. Cette représentation est connue et aimée des diocésains de Saône-et-Loire. La photographie est signée du Père Jean-Michel Duband.
L’éditeur Parole et Silence
Les éditions Parole et Silence éditent des ouvrages permettant au lecteur de structurer, approfondir une expérience spirituelle. Pour Marc Larivé, son directeur, publier un ouvrage tel que celui de Monseigneur Rivière « permet (au lecteur) de se situer à la source du témoignage de la foi, dans la ferveur du témoignage croyant au cœur des questions rencontrées au jour le jour ou dans le déploiement d’une catéchèse habitée par la simplicité de l’Evangile. » Ces textes « peuvent résonner comme des paroles d’espérance auprès de beaucoup. »

Le livre est tiré à 3000 exemplaires et diffusé en librairie, particulièrement celles de Saône-et-Loire et les librairies religieuses. C’est le 5e livre publié par Monseigneur Rivière.
Dédicaces :
Samedi 13 juin à Autun 10h -12h librairie du passage
Lundi 22 juin à Saint désert 13h - 14h30 Maison diocésaine


"Miséricordieux comme le père"

En ce temps pascal, et en ce temps éprouvant pour l’avenir du monde, le pape François nous fait une belle surprise : il annonce une année sainte à partir du 8 décembre prochain et jusqu’à la fête du Christ-Roi en 2016. La date du 8 décembre, qui est celle de la solennité de l’Immaculée Conception, correspond également cette année au 50ème anniversaire de la conclusion du Concile Œcuménique Vatican II. Le but de cette année sainte est de contempler le visage miséricordieux de Dieu qui brille sur la face du Christ, et de nous engager davantage à cette lumière dans le chemin d’une vie miséricordieuse envers tous les autres.

Le désir du pape est de voir notre temps s’imprégner de la miséricorde « pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu... » L’Eglise, dit-il, « vit un désir inépuisable d’offrir la miséricorde », même si nous avons parfois oublié de suffisamment « montrer et vivre le chemin de la miséricorde. »

Comment ne pas être profondément conforté et encouragé par ce désir, qui est celui que nous exprimions avec le Conseil Presbytéral depuis plus d’un an en décidant de marquer le synode diocésain prochain par l’empreinte de la consolation de Dieu. Je sens moi-même combien nous avons tous un immense besoin de ressourcer notre vie dans l’abîme de miséricorde qui se trouve dans le cœur du Christ, et de traduire dans une nouvelle fraternité diocésaine cette réalité qui est, comme dit le pape « l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre, la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie ; la miséricorde, dit-il encore, est le chemin qui unit Dieu et l’homme pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. »

Nous devrons aller résolument sur ce chemin dans les temps qui viennent.

+ Benoît RIVIERE

 

 

 


Monseigneur Benoît RIVIERE

Sa devise épiscopale : « Le Seigneur m’a déclaré : Ma grâce te suffit » (2 Co 12,9)

Évêque d’Autun depuis Avril 20062019 600PX

Né le 14 Septembre 1954 à Brive La Gaillarde. 15 Septembre : baptême
Octobre 1976 à octobre 1977 Service militaire à Souges près de Bordeaux.
Études primaires, secondaires et classes préparatoires à  Stanislas à Paris. Puis école supérieure de commerce à Paris. (Promo 1976)
À partir de Septembre 1979, à Marseille, avec la fraternité monastique de Jérusalem.

18 septembre1983, ordination sacerdotale à Marseille.

1983-1985.
Etudes à la catho de Paris (Institut supérieur de liturgie)
1985 à 1993.
Aumônier de lycée et vicaire paroissial dans le centre-ville de Marseille.
1993- 1996.
Aumônier des collèges et lycées. Vicaire paroissial à La Ciotat.
1995-2000.
Vicaire épiscopal pour les jeunes.
1996 à 2000.
Aumônier d’étudiants à Lumigny et vicaire paroissial au Redon  Ste Marguerite.

18 Février 2001.
Ordination épiscopale. Evêque auxiliaire de Marseille jusqu’en 2006.

A partir de 2006.
Evêque d’Autun, Chalon et Macon.
Il est le 113° évêque d’Autun.
Président du Conseil pour la Pastorale des enfants et des jeunes au sein de la Conférence des Evêques de France (2005-2011)
Membre de la Commission épiscopale pour la catéchèse et le catéchuménat (2011-2013)
Membre du Conseil Permanent de la Conférence des Evêques de France (2013-2019)
 


Oeuvres :

LIVRE SIMPLES CONVERSATIONS

    

     Simples conversations - Avec Anne Jacquemot - Editions Médiaspaul - 2019

 


livre mgr couverture    


    Dieu court avec nous - Edition Parole et Silence - 2017



Soyez le sel de la terre




      Soyez le sel de la terre - Edition Parole et Silence - 2015




          livre mgr servir               

       Veux-tu servir ou être servi ? (2011)




livre perrin


    Prier quinze jours avec le Père Perrin (2005)




livre michelet


    Prier quinze jours avec Edmond et Marie Michelet (1999)




 livre mgr etre pretre     Être prêtre: deux témoins, une voix (1994)







Editoriaux d'Eglise d'Autun

Editorial d'Eglise d'Autun N°13 du 10 juillet 2020

L’été de la charité


  Prire Mains         

Dans un minuscule hameau de notre diocèse, en cet été curieux, patiemment depuis des années, une femme et son mari gardent leur maison ouverte. Il est vrai qu’ils ont toujours construit leur famille dans un esprit d’amitié et de service. Chaque matin et chaque soir, cette femme est aussi portière et sacristine d’un petit bijou d’église romane à deux pas de là.

Son mari est gravement malade. Et la maladie l’a rendu presque entièrement paralysé. Il continue de rester en relation, oh oui, il a du courage et il entre dans une période de son existence où il doit accepter de dépendre entièrement des soins qui lui sont prodigués. Il est à mes yeux, avec son épouse, l’un de ces « petits » de l’évangile qui savent ne pas pouvoir tenir sans l’amour donné et reçu. Et sa femme est en même temps Marthe et Marie…

Un jour, tout de go, quelqu’un a cru bon de dire à cette femme : « toi et ton mari, vous avez entendu le jour de votre mariage que vous étiez unis pour le meilleur et pour le pire ! Vous avez connu longtemps le meilleur ! et bien maintenant c’est le temps de l’expérience du pire ! » Jaillissante d’un cœur pur, dans un sourire simple et profond, la réponse de cette femme ne s’est pas faite attendre : « le pire ? Ce serait de ne plus nous aimer ! »

Quelle est belle la parole de cette femme ! Quelle est belle la charité, qui, été comme hiver, s’exerce sans bruit dans un espace familier et quotidien ! J’aime voir ici l’Eglise. Elle se développe dans ces gestes persévérants d’amour. Le reste n’est que du vent !

+ Benoît RIVIERE






Editorial d'Eglise d'Autun N° 12 - 26 juin 2020

LE TEMPS, NOTRE ALLIE

graminees mainAu cours du récent conseil presbytéral, si heureux de nous retrouver dans un beau climat d’échange et de respect, un exercice en petits groupes nous a été proposé. Il fallait faire deux listes, l’une des activités qui avaient été suspendues dans notre existence pendant le « confinement », et l’autre comportant les activités qui avaient été maintenues, ou qui étaient apparues. Dans le groupe auquel je participais, nous avons été unanimes à dire que nous ne voulions pas reprendre certains rythmes d’avant le « confinement ».

La réussite de cette bonne aspiration suppose, je pense, un nouveau rapport au temps, c’est-à-dire une désappropriation de soi dans son désir d’agir vite et sans les autres. D’où vient cet impérieux et joli besoin de nous poser dans un rythme de vie plus sobre et plus régulière ? Peut-être justement de la nécessité de revoir notre rapport avec le temps. Oui, le temps n’est pas contre nous, il est notre sage « complice » dans l’accomplissement de ce qui nous est demandé.

Encore faut-il que nous demeurions dans cette paix qui opère déjà en nous une transformation : nous n’agirons plus par violence, comme si tout dépendait de nous, et que sans nous, rien ne se ferait ! Outre qu’il y aurait là une bien ridicule prétention, cette hargneuse précipitation cacherait une violence, celle d’agir comme si nous étions seuls à agir, et que le reste du monde serait seulement là comme notre faire-valoir ! « Le violent ne sort pas de soi. » Ce sont les mots d’Emmanuel LEVINAS, dans son livre intitulé « Difficile liberté ». Et c’est vrai que « le violent prend, possède… et nie par conséquent l’existence indépendante ». Poser une action sans tenir compte des autres, ou recevoir une action sans en être les collaborateurs, c’est s’abstraire du champ de la charité. Car la charité est humble ; elle suscite la communion et la collaboration effective entre les humains.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 11 - 12 juin 2020

LE CŒUR DU PEUPLE DE FRANCE

Il y a quelques jours, nous faisions mémoire de l’épouse de Clovis, Sainte Clotilde, femme qui connut la joie conjugale, l’épreuve du veuvage précoce, la déchirante douleur devant l’égarement de certains de ses enfants et cette patiente prière au long des années d’enfouissement. C’est elle qui fut l’épouse chrétienne de Clovis, et dont la foi a été si profondément vécue qu’elle a entraîné la conversion libre de son époux. La prière d’ouverture de la messe de sa fête parle du don de la foi au peuple de France, et demande qu’à l’intercession de cette femme pleine de sagesse et de persévérance, le peuple de France soit sincèrement attaché au service de Dieu. Cela paraît étrange, et pourtant, n’y-a-t-il pas dans cette mémoire et cette prière un fil d’or pour les temps actuels ?

La France n’est pas une idée, ni la propriété d’un parti ou d’un mouvement, ni un spectre, ni une utopie ; elle est notre pays vivant et se transformant grâce à la flamme qui anime ses habitants. Notre peuple français est autant amoureux de liberté et de responsabilité, que du service les uns des autres, et amoureux d’une autorité juste et humble de l’Etat. Il est bigarré, multiculturel comme on dit, certes, il n’en a pas moins un cœur.
eveques juin2020
Ce 8 juin, tout récemment réunis en Assemblée Plénière par visio-conférence, les évêques de France ont tenu à se réunir le soir dans la prière du Sacré Cœur de Montmartre. Devant les immenses déchirures dans la société française de la 2e moitié du XIXe siècle, des laïcs chrétiens ont eu cette belle audace d’édifier la basilique du Sacré Cœur pour confier la France à Celui qui a été reconnu par Clovis comme « le Dieu de Clotilde ».

Les évêques ont demandé la grâce pour notre peuple de se retrouver par le meilleur de lui-même et de son histoire. En silence adorant devant le cœur miséricordieux du Christ, nous avons redit notre oui à Celui qui nous a plongés dans sa mort et sa résurrection pour que nous vivions en sa présence dans l’Amour.

Coïncidence du calendrier, cette soirée du 8 juin était aussi la veille du jour anniversaire de l’acte d’offrande de Thérèse de Lisieux à l’amour miséricordieux. Ardeur de cette offrande dont il faudrait méditer chaque élément. Qu’il nous suffise d’en dire ici les premiers mots :
« Ô mon Dieu, Trinité Bienheureuse, je désire vous aimer et vous faire aimer. »

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 9 et 10 - 31 mai 2020

LE PROGRAMME PARODIEN : VIVRE EN PELERIN SUR CETTE TERRE

La pandémie que le monde subit actuellement provoque des souffrances et des remises en question. Des festivals, des camps de jeunes, des pèlerinages, des sessions sont reportées, voire supprimées. Les sessions d’été organisées chaque année à Paray-le-Monial par la communauté de l’Emmanuel ne se dérouleront pas comme d’habitude évidemment.

Paray4 600pxJ’admire la souplesse des responsables qui adaptent en ce moment les propositions à trois niveaux :
- L’accueil des groupes ou des individuels à Paray en août et, peut-être, pour certaines animations, dès juillet.
- La proposition par internet de parcours à vivre chez soi, dans la famille ou seul pendant l’été.
- L’ouverture à des initiatives paroissiales locales de « temps forts », à vivre à échelle moins nombreuse qu’une grande session en lien avec des directs à Paray.

Paray n’est pas un endroit replié sur lui-même. Il est un lieu ouvert très largement aux chercheurs de Dieu. Et les sessions ouvrent un espace large à de nombreux chrétiens ou proches de l’Eglise, pour prier dans une grande assemblée, pour réfléchir au sens que prend leur vie concrète en plein monde, et pour éprouver la joie d’un temps familial dans lequel parents et enfants trouvent chacun leur place, et retrouvent les fondamentaux de leur engagement familial peut-être.

Nous fêtons cette année le centenaire de la canonisation de Sainte Marguerite-Marie. N’est-ce-pas une occasion de se poser les questions importantes de la vie, celles que la petite religieuse Visitandine née à Verosvres s’était elle-même posées ? Et chacun, dans cet après-confinement, ne se trouve-t-il pas confronté à de telles questions : où se trouvent les points essentiels de ma vie ? Quelles priorités j’entends donner à mes engagements maintenant ? Quelles découvertes ai-je faites touchant mon cœur profond dans sa relation avec le Christ, et avec les plus proches ?

La période dans laquelle nous entrons sera longue. Je pense que nous aurons plus que jamais à soigner la qualité des relations humaines, et la qualité de nos pensées sur les autres et sur nos dirigeants. Accepterons-nous de ne pas tout savoir ? Accepterons-nous d’être à l’écoute de ceux qui ne pensent pas comme nous ?

L’évangile est tellement actuel ; il nous met en route, et ne nous donne pas de fausses « sécurités ». Etre en pèlerinage, accueillir des pèlerins, vivre sur cette terre comme si elle ne nous appartenait pas, et donner à ceux qui viennent l’espace familial d’une maison ouverte à tous les peuples, voilà un peu le « programme » parodien !

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 7 et 8 - 30 avril 2020

LAISSEZ-VOUS ATTIRER PAR CE QUI EST HUMBLE

La situation inédite et bouleversante que le monde éprouve en ce moment interroge notre conscience : Que pouvons-nous espérer ? Que penser ? Que devons-nous faire ? Quels changements radicaux devons-nous initier dans nos manières de faire, de juger et de travailler ?

Pour les croyants, Dieu n’est pas étranger à ces questions, Il en est le bienveillant partenaire. Je le crois, l’épreuve de ce temps-ci amène à mieux écouter le Christ, à mieux décider de prier dans le calme, à mieux habiter nos maisons, à mieux être en relation humble et chaste avec le prochain, et, pour le dire simplement, à aimer mieux.

J’écoutais l’autre jour, Monseigneur SEGUY retracer sur Radio Espérance le portrait de Saint-Anselme. Quel salutaire contraste entre cette mémoire stimulante de la sainteté, et le bavardage convenu et récriminant qui, lui, n’était pas confiné, hélas, sur d’autres ondes ! La mémoire de Saint Anselme, si bien évoquée par l’évêque émérite d’Autun, stimule la foi, oriente la pensée et encourage la volonté ; elle ouvre, ô combien, l’espérance des biens du Royaume de Dieu !

pere enfantJ’entends, plus souvent que d’habitude, des croyants dire à quel point la Parole de Dieu est pour eux nourriture réelle de guérison et de salut. Prier, étudier, servir, se reposer, ne sont pas seulement des activités se succédant les unes aux autres - bienheureuses activités si elles se succèdent effectivement ! -
elles sont notre petite mais réelle participation à la réponse de l’Eglise quand elle entend le Christ dire aux disciples : « demeurez dans mon amour ! »
Et voici, parmi tant d’autres, deux petits « signes » de cette réponse, qui m’ont été envoyées ces dernières heures :

1- Celui d’un ancien écrivant dans une église ouverte près de chez lui
ces mots d’une prière à la Sainte Vierge :
Notre Dame,
Préservez-moi des regrets inutiles, des souvenirs troublants,
des angoisses du doute.
Notre Dame,
Obtenez-moi la certitude que ma vie a toujours du sens
Obtenez-moi cette confiance que le Seigneur m’attend comme un Père, pour me serrer sur son cœur et me faire entrer dans sa JOIE INFINIE.

2- Celui d’un père de famille écrivant à ses proches et amis, dont j’aurais aimé citer plus longuement son texte : « Tant de réalités s’effondrent. Et il nous appartient de construire. Maintenant. Avec tous ceux qui veulent. Sur des débris de vies bousculées, blessées parfois profondément : emploi et ressources perdus, disparition d’êtres chers à qui nous n’aurons pas pu dire au revoir, angoisses pour l’avenir, peur d’être ensemble… Nous connaissons bien ces trois sources de la violence – la prédation, la vengeance et l’idéologie – qui rôdent à travers le monde d’autant plus affermies qu’elles dorment chacune au fond de nous, attendant patiemment le bon moment pour nous dévaster par infection. »

Contre le vent aigre de la dévastation et de la colère, mendions le souffle créateur !

Je vous souhaite de recevoir bientôt, à nouveau vraiment, la grâce de Pentecôte !

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 6 - 20 mars 2020

LA PORTE DE L’ESPERANCE
PRIER, C’EST ESPERER !

J’ai entendu qu’au cours d’une récente réunion dans une communauté de l’Arche, apprenant ce qu’il en était des comportements inqualifiables de Jean Vanier, une personne accueillie s’est levée en disant : « Oh non, pas toi Jean ! » Et puis après un silence, elle a ajouté : « C’est mal ce que tu as fait Jean ! » Enfin, après un nouveau silence, cette personne a dit : « alors, on va maintenant prier encore plus pour toi Jean ! » En écoutant ce témoignage, j’ai ressenti une profonde émotion. Cette voix me montre un chemin de vie, même là où l’horreur a fait son ignoble travail.

Ipriere chapeletl faut entendre les récits douloureux, et les colères, de ceux et de celles qui ont été agressés dans leur être par des personnes en qui ils avaient mis une immense confiance. Ces récits mettent du temps à s’élaborer et souvent, à ce que je peux connaître, ils sont empreints de paix. Long combat de l’espérance contre la désespérance ! Les personnes accueillies à l’Arche continuent de nous montrer un chemin que nous risquions peut-être d’oublier : celui de l’espérance. Prier, c’est espérer ! Qui n’espère plus ne prie plus ! Celui qui espère même dans la nuit qu’un avenir peut s’ouvrir, celui-là n’enferme pas le passé ni le présent dans une prison ; il garde ouvert le fond de son être au Christ sauveur, pour lui-même et pour ses frères et sœurs en humanité où qu’ils se trouvent.

Merci à toi, frère ou sœur que je ne connais pas, qui, connaissant et comprenant la souffrance de ceux dont le corps et l’âme sont atteints par le mal, n’en reste pas moins prêt à aimer et à espérer, par-delà l’inimaginable détresse. Dans les jours prochains de la Semaine Sainte, nous nous laisserons entraîner par la voix des humbles, à travers qui le Christ lui-même nous invite à nous laisser purifier par lui dans le bain de l’eau baptismale (Cf. Eph 5,26).

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 5 - 06 mars 2020BIBLE 2

NOUS TISSONS DES RECITS

Le tissage est affaire de fils entrecroisés, dans un ordre ayant en vue un bel assemblage final. Avez-vous déjà visité une usine de textile, avec ses métiers à tisser aujourd’hui ultra perfectionnés ? Quelle finesse et quelle précision ! Les bobines de fils se déroulent à toute allure ; sur la trame se forme peu à peu le tissu qui servira à la confection de vêtements, de couvertures, de nappes…

Dans un remarquable message écrit pour la prochaine journée mondiale des communications sociales, le pape explique que l’homme est capable de tisser des vêtements et aussi de tisser des récits. Il est « un être narrateur » qui se nourrit de récits dès sa tendre enfance. Et la bible s’offre à nous comme le récit des récits. Je me rappelle un prêtre de Bordeaux nous disant que les premiers chapitres de la bible étaient l’esquisse de notre propre histoire aujourd’hui. Il nous serait impossible d’élaborer de manière toujours ouverte le récit de la vie sans la mémoire amoureuse de récits qui nous ont été transmis.

Quels récits tissons-nous à partir de ce que nous voyons, entendons et comprenons ? Et quels sont les récits qui construisent, qui permettent de fortifier les bonnes racines, au contraire des récits qui détruisent ? Nous sentons combien ces questions sont actuelles.

La fête de saint Joseph, suivie quelques jours plus tard de celle de l’annonciation à Marie, sont une invitation à ne pas arrêter notre mémoire à des récits entièrement clos et figés, mais à l’ouvrir à l’action de l’Esprit-Saint qui fait toute chose nouvelle et ouvre toujours à de nouveaux récits pour la vie.

La mère de Jésus, nous dit saint Luc, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Elle est pour nous la mère qui tisse en elle dans l’Esprit-Saint l’humanité de Dieu. Elle est pour nous une merveilleuse éducatrice de l’écoute, de la contemplation et aussi de la narration. Je veux dire qu’elle a « raconté » par toute sa vie, en parole et en acte, le mystère de l’alliance rédemptrice entre Dieu et les hommes. Elle a apporté Jésus au monde.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 4 - 21 février 2020

CAREME : OU EST L'URGENCE ?

« Aujourd’hui, n’endurcissez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur ! »

Cette antienne du temps du Carême ne doit pas rester seulement « liturgique ». L’illusion de nous croire nous-même les maîtres de tout, jusqu’à croire que nous sommes les auteurs de notre vie et de notre conversion à Dieu et à l’amour de nos frères, cette illusion est heureusement brisée quand nous refusons de suivre l’envoûtement du « Père du mensonge » et que nous commençons à entendre la voix du Seigneur, le véritable « époux de l’humanité »

Prire MainsLa prière devient alors l’urgence des urgences ; elle développe en nous et entre nous l’esprit d’ouverture à l’actualité du Mystère pascal, c’est-à-dire la foi dans le présent de l’amour rédempteur. Quand nous prions, nous sommes rendus ouverts à la réalité d’un Dieu qui parle au cœur de l’homme pour l’arracher à la mort, dans le mystère de la Croix du Fils unique. Notre cœur commence à devenir un cœur écoutant la voix de l’époux et non plus celle du menteur !

Quand nous prions et que nous nous dépossédons des inutiles et fausses richesses d’apparat, nous sommes rendus disponibles à la relation avec les autres, comme enfants du même Père, à commencer par les souffrants.

Il y a hélas tant de façons de nous dérober à la seule urgence qui vaille, celle de nous convertir ! Laissons dernière nous l’égoïsme et la tristesse ! Courrons chaque jour dans les bras de la miséricorde gratuite de Dieu, donnée et redonnée inlassablement !

+ Benoît RIVIERE



Editorial d'Eglise d'Autun N° 3 - 7 février 2020PRESENTATION DE JESUS 02 02

LA LUMIERE DES NATIONS

Avec le 2 février, qui cette année tombait un dimanche, s’est achevé le cycle liturgique de Noël – Epiphanie. La fête de la Présentation du Seigneur est sûrement pour une large part insuffisamment connue et célébrée. L’expression populaire de « Chandeleur » indique qu’en ce jour, les croyants processionnent avec des cierges à la main.

Je me souviens qu’à Marseille, chaque année, à cette fête, une foule nombreuse de jeunes montent en procession avec des cierges, avant le lever du soleil, depuis le Vieux Port jusqu’à l’abbaye de Saint Victor. Quelle est la signification de ce geste ?

Nous trouvons dans une expression liturgique ancienne que cette fête est celle de « la Rencontre de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, lorsque le juste Syméon le reçut dans ses bras ». Ce n’est pas la rencontre qui crée la lumière, mais c’est la venue humble et cachée de Jésus, Lui la lumière véritable éclairant dans notre propre chair tous ceux qui gisaient dans les ténèbres.

Le récit que Luc fait de cette Rencontre est lui-même marqué par l’expérience de la prière liturgique. Et l’hymne ancienne du « Nunc dimittis », que les premiers chrétiens ont appris comme ils ont appris le Magnificat, est celle que nous disons chaque soir avant de dormir : « Mes yeux ont vu le salut de Dieu ! » Quel paradoxe ! Parler de lumière des nations et de gloire du peuple de Dieu alors même qu’il s’agit d’un enfant de pauvres, et qu’il est rencontré par deux vieillards, Anne et Syméon. Le puissant empereur Auguste était désigné comme sauveur du monde et lumière des nations, et voilà que Syméon, poussé par l’Esprit-Saint, désigne Jésus comme salut de Dieu et lumière pour éclairer toutes les nations.

Le chemin de la foi, que nous voulons reprendre chaque jour, c’est de nous laisser éclairer, comme Joseph et Marie, par Lui seul, le Christ, qui apporte au monde le salut de Dieu.

+ Benoît RIVIERE



alliancesEditorial d'Eglise d'Autun N° 2 - 24 janvier 2020

« RENAISSANCE » D’UNE ANTIQUE BENEDICTION

La « consécration des veuves » a existé au début de l’Eglise, comme a existé et a repris vie récemment la « consécration des vierges ». « Il me semble, écrivait Georgette BLAQUIERE, que la veuve est appelée à veiller au cœur de l’Eglise, pour témoigner de l’espérance chrétienne dans le « pas encore » de notre vie présente ». En demandant la « consécration », une veuve chrétienne passe de l’acceptation de la douloureuse déchirure qu’entraîne la mort de son époux, à l’offrande. C’est le sens de l’engagement que vient de prendre notre amie Marie-Jo MONTMAYEUR, veuve du diacre Gérard.

Elle a voulu inscrire pour toujours son existence dans l’action de grâce de son baptême, soutenue par l’amour de Gérard qui demeure. Ella a demandé la bénédiction de Dieu sur son état actuel de vie qui n’a été évidemment ni voulu ni choisi. Cette démarche, dit encore Georgette BLAQUIERE, se situe « en continuité avec le sacrement du mariage, dont elle actualise la consécration ».

Nous demandons dans la liturgie du mariage que l’amour humain soit consacré ; cette consécration peut se trouver affermie dans le temps du veuvage. C’est du moins l’appel que des veuves reçoivent, et, même si c’est encore peu connu et peu développé, c’est un appel particulièrement éclairant actuellement.

Je cite encore Georgette BLAQUIERE : « Avec Marie le Samedi Saint, la veuve consacrée annonce dans la foi que le Seigneur a vaincu la mort, elle espère au cœur de l'angoisse et de la solitude, elle veille dans l'attente ardente du Jour de Dieu, et, comme Anne dans le Temple, elle le reconnaît et elle l'annonce. En cela, elle devient signe de l'Église, avec Marie, blessée au cœur, mais debout ».

Puissions-nous trouver dans l’engagement pris par Marie-Jo un encouragement à dire un oui nouveau, dans l’état de vie qui est le nôtre à chacun et chacune de nous.
« Moi, Marie-Jo MONTMAYEUR, je rends grâce au Seigneur.

Dans la continuité de la grâce de mon baptême, de ma confirmation, et soutenue par l'amour de Gérard, je m'engage à aller jusqu’au bout de la grâce de notre mariage dans une relation toujours plus profonde avec le Christ par sa Parole, dans l’adoration, l'intercession.
Je m'engage à être fidèle à la " prière des heures " en union avec l'Eglise et pour le monde.
Que le Seigneur reçoive le don de moi-même. »

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 1 - 10 janvier 2020

QU'EST-CE DONC QUE LE TEMPS ?

Au moment de nous tourner avec bienveillance les uns vers les autres au début d’une année nouvelle, et en échangeant nos vœux, cette question revient à l’esprit. Nous souhaitons du bien, du bonheur et la joie de la vérité à notre monde au cours du temps qui s’écoule. Le temps qui ne serait pas marqué par des bénédictions, ou l’attente sincère de bénédictions, deviendrait difficilement vivable.

Je constate que des personnes humbles, d’ailleurs dans l’épreuve ou non, demandent à être bénies. Elles demandent ainsi à être éclairées par la lumière de la vie que Dieu donne, et qu’Il entretient et ressuscite en chacun de nous par sa grâce. Elles demandent, nous demandons les uns pour les autres, que Dieu nous éclaire de la clarté de son visage d’amour et de paix.

Avec quelques évêques français, nous avons pris récemment une journée pour prier en pèlerinage sur le lieu du martyr de Saint Valérien, père de la Foi de notre diocèse. Et nous avons notamment médité à partir d’une réflexion de saint Augustin : le futur, ni le passé, en rigueur de terme n’existent ! Et cependant, continue saint Augustin, existent dans l’esprit humain « le présent du passé », qui est la mémoire, « le présent du présent », qui est l’attention actuelle, et « le présent de l’avenir », qui est son attente.
mages
J’aimerais que chaque jour qui s’écoule soit celui d’une avancée communautaire sur la route que les « mages venus d’orient » ont suivie : ils ont suivi résolument la lumière de la foi qui éclaire toute réalité passée, présente et à venir. Et ils n’ont rien préféré à cette lumière. Ils ont étudié les signes du temps, interrogé les Ecritures, offert le meilleur de ce qu’ils avaient au Fils de Dieu fait chair dans la toute humilité. Ils ont préféré la joie de la maison où se trouvent Marie et l’enfant, avec Joseph, plutôt que l’éclat dérisoire du palais d’un gouvernant peureux et jaloux de son pouvoir. Ils sont demeurés toujours en route, jamais déracinés de la vraie terre de la foi. Ils ont reconnu l’amour de Dieu manifesté parmi les hommes, et ils l’ont eux-mêmes manifesté par leur existence entière de chercheurs et de pèlerins.

Alors oui, que nous entrions dans la caravane des chercheurs de l’évangile ! Et, comme le dit saint Augustin, « cherchons avec le désir de trouver, et trouvons avec le désir de chercher encore. »


+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 21 - 20 décembre 2019AVENT2019 5

LE MERVEILLEUX SIGNE DE LA CRECHE

Préparons-nous la crèche ? Et quelle transmission de foi se passe à cette occasion entre les grands-parents et les petits-enfants ? L’an dernier, une exposition de crèches anciennes a été faite à l’évêché ; cette année une grande crèche est installée dans la salle de rencontres régulières près des bureaux de travail, et une autre à l’entrée de la chapelle.

Quand je vois la crèche, je sens que je suis intérieurement convié à une joie très profonde et très simple, celle de la rencontre bouleversante entre Dieu et les hommes, celle que les humbles ont reçu en plein cœur. Nous courons vers mille et mille lieux, en pensées, en occupations, en distractions, et nos maisons, nos cœurs, risquent de devenir des frigidaires froids et insensibles à la chaleur des véritables rencontres.

Pour nous trouver les uns et les autres en état de rencontre, en état de confiance, encore faut-il que nous demeurions en un certain état de simplicité et de pauvreté. Encore faut-il que nous nous gardions en disponibilité à l’œuvre de l’Esprit-Saint. Encore faut-il que nous ne barricadions pas nos cœurs, mais que nous les laissions ouverts à l’initiative divine, toujours et partout surprenante.

Sommes-nous encore surpris devant la réalité de la foi ? Sommes-nous déplacés de nos minables petites sécurités pour nous laisser entraîner, comme les bergers, comme les mages venus de plus loin encore, vers le grand espace de la crèche, celui de l’amour incarné de Dieu. Dans cet espace, le quotidien retrouve sa véritable saveur, le boiteux commence à bondir de joie, et les déçus et les aveugles renaissent à la lumière.

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 20 - 06 décembre 2019

DANS LE STUDIO DU COEUR INTERIEUR

Quelle chanson aimez-vous entendre, et peut-être, aussi fredonner en vous-même, ces temps-ci ? Et quel spectacle vous a le plus touché ces derniers temps ?

Nous éprouvons le besoin, n’est-ce-pas, de garder en nous, au fil des jours, un espace de poésie et belles images. Nous aimons goûter la musique en continu, celle qui nous permet de garder une juste distance avec les multiples pressions et sollicitations qui nous assaillent.

Permettez-moi de vous partager ma joie actuelle quand je revois, et que j’entends dans mon « studio du cœur intérieur », une séquence de la comédie musicale intitulée « Bernadette de Lourdes ». Ce spectacle, vous le savez sans doute, a nécessité 9 années de maturation et de travail… c’est-à-dire qu’il n’est pas tombé de la dernière pluie !

mains doigtsEt voici cette séquence : avant de quitter définitivement sa chère ville natale de Lourdes, Bernadette devenue adulte, ayant longuement réfléchi à sa vocation, demande la bénédiction de son père meunier, François Soubirous. Bernadette veut seulement recevoir cela de son père, c’est-à-dire qu’il bénisse le départ de sa fille et son entrée chez les religieuses hospitalières de Nevers.

Et voilà qu’intérieurement, Bernadette a quelque chose contre son père. Elle lui en veut de ne pas l’avoir crue et soutenue, des années auparavant, au moment de l’expérience des apparitions à la grotte. Le père chante alors une poignante supplication à sa fille : « est-ce que tu pardonnes à ton père de n’être qu’un homme ? » Bernadette écoute à distance, avant de se précipiter dans les bras de son père pour recevoir, encore mieux, si j’ose dire qu’une bénédiction, pour recevoir et goûter avec son père la joie de la réconciliation.

Cette scène, et le chant admirable du père, me touchent particulièrement en ces temps-ci, comme me touchent également les voix de Natasha St-Pier et de Gregory Turpin, en belle communion avec celles des voix des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, en tournée actuellement en France, et aussi en Belgique, pour chanter la joie de Noël.

+ Benoît Rivière


Editorial d'Eglise d'Autun N° 19 - 15 novembre 2019

NOUVEAUX CHEMINS POUR L'EGLISE ET POUR UNE ECOLOGIE INTEGRALE

Le synode sur l’Amazonie vient de s’achever, mais, comme tout synode, il met en route pour de nouveaux chemins et pour une conversion à accueillir. Le pape publiera très prochainement les conclusions qu’il tirera de ce synode pour toute l’Eglise. Nous sommes attentifs à nous laisser encourager et instruire par ce que nous dira le pape.

Pendant notre récente assemblée des évêques de France à Lourdes, nous avons écouté l’un d’entre nous, participant du synode pour l’Amazonie : Monseigneur Emmanuel LAFONT, évêque de Guyane. Ce département français compte, on le sait, une partie (modeste mais réelle) de la population amazonienne. Comme nous a dit Mgr LAFONT, l’Amazonie invitée au Vatican pour ce travail de discernement et de communion dans la foi universelle, c’était un peu la périphérie mise au centre ! C’était dire au monde entier : écoutez le cri des pauvres ! Ecoutez aussi avec eux le cri de notre terre !
francois d assise
L’Amazonie est l’un des principaux poumons pour la respiration de la terre entière, et ce poumon est aujourd’hui gravement menacé par la déforestation. Il est possible de changer nos manières de faire et nos mentalités consommatrices pour entrer dans une nouvelle et sobre manière de vivre, réconciliés avec la terre et non plus exploitants aveugles de cette terre. L’avenir n’est pas écrit d’avance, sauf si hélas nous continuons la logique de l’exploitation sans limite des ressources naturelles et si nous continuons à ignorer ce qui se joue lorsque des déséquilibres énormes sont accentués par la surconsommation.

La louange chantée par Saint François d’Assise est écrite depuis le tréfonds d’un cœur et d’un corps blessés par la maladie et les trahisons. Elle est donc particulièrement appropriée pour nous aujourd’hui. Le synode pour l’Amazonie nous entraîne à vivre de la vie que Dieu donne à toutes ses créatures, et nous entraîne à la belle restitution de notre être, c’est-à-dire à la louange, plutôt qu’à l’accaparement, à la suffisance orgueilleuse et à l’égoïsme. Oui, avec les cœurs purifiés par l’épreuve, nous osons chanter : loué sois tu, Seigneur, pour sœur l’eau, et pour la terre, qui féconde et qui peut nourrir les affamés !

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 18 - 1er novembre 2019

VISAGE CES VISAGES QUI OUVRENT A L'ESPERANCE

Dans l’évangile, nous apprenons à ouvrir nos esprits et nos cœurs     aux réalités du Royaume de Dieu. Nous voyons des visages         d’hommes, de femmes, et d’enfants, visiblement éclairés par la confiance et par l’espérance. Combien de fois le Seigneur a loué la foi des humbles !

Ces jours-ci, je me souviens de plusieurs d’entre eux. Je vois, je revois, ces visages burinés par l’existence, burinés par les épreuves et par la douce persévérance de l’amour, de ces pèlerins venus à Paray-le-Monial pour faire un temps de retraite spirituelle et célébrer la fête de Sainte Marguerite-Marie. C’est comme si, à travers eux, à travers elles, le Seigneur me disait : ce qui ne se voit pas, ce qui est cette alliance vive entre la créature et son créateur, c’est cela qui est le plus beau !

Je vois, je revois ce visage d’un représentant de l’Etat et le visage de son épouse, quittant dans la paix et l’humilité une responsabilité et une région où ils s’étaient donnés avec compétence, et avaient tissé de belles relations autour des réalités à servir, et non pas seulement autour d’eux-mêmes ; quelle belle lumière, quelle paix, quelle douceur et quelle joie durable ! Le regard qu’ils ont porté sur notre pays de Bourgogne nous a entraînés à espérer et aimer davantage.

Je vois, je revois ces visages d’enfants à l’Ecole de prière des jeunes à Etang-sur-Arroux récemment, si emplis de joie et de bonheur. Etre à leur service, être avec eux dans la prière, dans les jeux, dans les ateliers artisanaux… pour des adultes, c’est quelque chose qui ouvre à l’espérance. C’est quelque chose qui a saveur d’évangile : avance ! Ne te retourne pas en arrière ! Celui qui regarde en arrière n’est pas fait pour le Royaume de Dieu !

Et je vois, je revois, j’ose le dire, le visage des proches collaborateurs, marqués par le calme et la sérénité joyeuse, marqués par la belle joie de servir l’Eglise. Sans cette lumière quotidienne dans les relations, il serait impossible de croire, d’aimer et d’espérer.

+ Benoît Rivière




Editorial d'Eglise d’Autun N°16 - 4 octobre 2019COURAGE

COURAGE ZOROBABEL !
COURAGE TOUT LE PEUPLE !


Le prophète Aggée ne s’adresse pas seulement aux chefs, il convoque à l’action le peuple entier : « Courage Zorobabel ! Courage, tout le peuple ! » Quel est ce peuple ? C’est le peuple revenu d’un long exil hors de chez lui, ramené sur sa vraie terre, et qui ne retrouve plus la belle maison de prière édifiée jadis par Salomon. A cette place, ce n’est que ruines, cendres, débris.

Nous ressemblons à ce peuple. Nous sommes perçus comme des rescapés d’une Eglise qui connut jadis des institutions mémorables qui faisaient notre joie et l’équilibre de notre marche sur les chemins éprouvants de la vie. Nous savions pouvoir compter sur elles, et nous reposer sur elles.

Devant les « effondrements » de toute sorte, familiaux, éducatifs, sociaux, économiques, politiques, liturgiques, moraux, patrimoniaux… nous ne retrouvons plus l’antique maison de prière. Et nous entendons heureusement la voix des prophètes comme Aggée. Ces voix ne découragent pas ! Ces voix ne condamnent pas ! Ces voix préparent celle du Sauveur ; elles sont solidaires de notre pauvre vie, elles donnent la joie au lieu de la tristesse, le réconfort au lieu de l’errance, elles engagent vers l’avenir fraternel au lieu de l’enfermement dans les divisions haineuses, elles inscrivent en nous la vérité par le canal de la douce miséricorde.

Courage Zorobabel, courage tout le peuple ! Participe avec tes frères et de toute ton énergie, à l’édification de ce que Dieu donne de voir s’élever comme un signe pour les nations : « ma maison sera une maison de prière pour tous les peuples. »

La force prophétique est entièrement présente dans la personne du Sauveur, Lui que nous voyons prendre régulièrement le recul de la vraie prière : « Il se tenait à l’écart pour prier. » Cet « écart » n’est pas celui de la peur, ni du mépris, ni du découragement, il est celui de l’amour véritable qui reçoit et qui donne, qui écoute et rend capable d’agir véritablement.

Le courage de prier marche avec celui de servir et d’agir selon Dieu.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 15 - 20 septembre 2019Cardinal

ENTRETENIR LA MEMOIRE DE CE QUE DIEU FAIT

Dans chaque eucharistie, nous entendons et nous recevons ce que Dieu, en son Fils Jésus, fait pour que nous vivions. Nous entendons ce qu’Il dit pour son peuple et ses amis, nous entendons Sa voix comme le salutaire murmure de la brise adoucissante, même dans la tourmente et les plaintes de tous bords. Nous entendons son Amour qui nous cherche et nous réjouit.

Nous recevons et nous communiquons ce qu’Il fait pour la multitude. Nous recevons, à mesure de notre propre indigence, l’Esprit-Saint consolateur et donateur de vie. Nous recevons et nous voudrions tant offrir à chaque moment cette joie que nul ne pourra jamais nous ravir.

Ces jours-ci, je voudrais encore me souvenir d’un témoin du monde contemporain. Ce témoin, j’aime y penser dans la reconnaissance et l’action de grâce, c’est le Cardinal ETCHEGARAY. Ses yeux pétillants et largement ouverts se sont à présent fermés pour toujours sur cette terre, attendant la résurrection bienheureuse sur la terre des vivants qui louent Dieu avec les saints.

Je revois son visage, j’entends le son de sa voix, et je devine son cœur simple et libre. Cher Père ETCHEGARAY, on lisait sur les traits de votre visage que vous étiez un homme eucharistique, libre et passionné : libre de taire ce que vous vouliez taire, et libre de dire clairement, avec humour et talent, ce que vous vouliez faire entendre. Vous étiez passionné par les gens, petits ou grands, chrétiens ou non, dès lors que votre cœur de pasteur ouvert sur le monde, sentait qu’il y avait une quête de vie et de dialogue en eux. Et il y a toujours une soif de vie et de rencontres des frères, chez chaque être humain. Vous aimiez le monde, non pour vous y fondre, mais pour deviner dans ses ressorts les plus profonds, le travail de l’Esprit-Saint, tellement beau et durable. Et vous aimiez le Christ et sa Mère, ô combien, auprès de qui vous nous entrainiez, chaque fois que nous étions votre hôte, grâce à la prière devant les icônes de votre oratoire.

Avec vous, Père ETCHEGARAY, avec nos ainés dans la Foi, avec aussi les enfants d’aujourd’hui qui attendent de l’Eglise cette même ardeur de foi, nous voulons chanter avec le psalmiste : « Seigneur, je ferai repasser dans mon cœur tes innombrables bienfaits ! »

+ Benoît RIVIERE



saone et loire chemins septembre 2019Editorial d'Eglise d'Autun N° 14 - 6 septembre 2019

NOUVEAUX VENUS, NOUVEAUX VISAGES

Le mois de septembre est celui des vendanges, c’est aussi celui de la rentrée. Pour nos frères et sœurs du judaïsme, c’est le mois de Kippour, le grand Pardon, qui inscrit dans les cœurs la joie bouleversante de la rémission des péchés.

Ces jours-ci, dans les paroisses, les écoles, les clubs sportifs et les conservatoires de musique, les groupes de spiritualité et les communautés diverses, les aumôneries et les mouvements d’action catholique, les entreprises… se présentent des nouveaux venus, autant de nouveaux visages qui voient les réalités que nous vivons avec un regard de première découverte et de gratitude. C’est comme si à travers eux, nous entendions un appel : Est-ce que tu permets que j’augmente ta joie ? Est-ce que je peux avoir une place avec vous ? Est-ce que je peux compter sur vous ?

Prochainement, samedi 5 octobre à la Maison diocésaine de Saint Désert, les nouveaux baptisés du diocèse, et ceux qui ont reçu comme adultes le sacrement de confirmation à la Pentecôte, sont conviés pour une rencontre et un partage, avec la célébration de l’Eucharistie à 11h00. Nous élargirons ce groupe, en accueillant pour l’Eucharistie et pour le repas partagé tous les nouveaux arrivants en Saône-et-Loire qui le voudront.

La Maison Diocésaine a vocation d’être maison de l’amitié chrétienne et de l’hospitalité, comme Béthanie, maison où chacun peut se sentir un peu « chez lui » parce que le sourire de la Mère de Jésus est tangible. Nous ferons découvrir ce lieu aux participants, et nous écouterons ce qui les porte dans leur nouvelle existence en Saône-et-Loire.

Je souhaite que nous ayons à cœur d’inviter personnellement des nouveaux venus en Saône-et-Loire en leur disant : « vous êtes chaleureusement attendus le 5 octobre à Saint Désert pour l’Eucharistie de 11h00 (à l’église du village) et pour le repas partagé ensuite ! »

Aux lecteurs d’Eglise d’Autun, je dis ma gratitude pour leur fidèle confiance, et pour leurs prières. Que chacun ajoute à la joie des autres, et soulage aussi comme il est possible la peine des autres, pas sa simple présence et par son ouverture à l’inattendu que Dieu prépare.

+ Benoît RIVIERE


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