Les origines du diocèse d'Autun

Les premiers apôtres de notre région, St. Marcel et  St. Valérien, vien­nent de Lyon.
Ils ont échappé à la persécution de 177 et sont martyrisés à leur tour, à Chalon et Tournus, en 179.
Par eux, et par l'église de Lyon, notre foi se rattache à l'Apôtre S. Jean.

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Le polyandre (cimetière) de St Pierre L'Etrier : restes du premier lieu d'assemblée de la communauté chrétienne

Environ un siècle après, un jeune homme d'Autun, St. Symphorien, un peu provocateur, peut-être, nargue une procession en l'honneur de la déesse païenne Bérécynthe. Aussitôt arrêté, il est condamné à mort et décapité.
« Tu peux disposer, pour un temps, de mon corps, mais non de mon âme. Le seul Dieu que je sers, c'est le Dieu tout-puissant qui m'a créé. Je te l'ai déjà dit : Je suis chrétien.
Alors Héraclius rendit contre le jeune homme la sentence suivante : « Symphorien, pour avoir méprisé les lois et les dieux, sera mis à mort par le glaive ».
On le conduisit donc pour l'exécution hors les murs de la ville, au-delà de la porte. Là, les yeux levés au ciel, il tendit le cou au bourreau et rendit son âme à Dieu. Il avait, selon la tradition, dix-huit ans. (Extrait de la "Passion de S. Symphorien")


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La porte de Langres (aujourd'hui Porte de St André) par laquelle St Symphorien fut conduit hors de la ville.

A cette époque, les chrétiens d'Autun parlent grec, comme le montre l'inscription dite de Pectorios. Elle date sans doute de la fin du 3e siècle, ce qui en fait la plus ancienne inscription chrétienne de la Gaule. Cette inscription a été découverte le 24 juin 1839, à S. Pierre l'Etrier, près d'Autun.

« Race divine du céleste poisson, garde saint ton cœur,
Toi qui, chez les mortels, reçois la source immortelle des eaux divines. Ami, revigore ton âme dans les eaux intarissables de l'enrichissante Sagesse.
Reçois du Sauveur des saints l'aliment doux comme le miel.
Mange en affamé le poisson que tu tiens dans tes mains.
Me rassasier du poisson, c'est mon plus cher désir, Maître, Sauveur !
Que dorme en paix ma mère, je t'en supplie, Lumière des morts !
Aschandios, mon père, si cher à mon cœur,
Avec ma douce mère et avec mes frères, Dans la paix du poisson, souviens-toi de ton Pectorios ! ».
L'inscription se présente au début comme une acrostiche, dont les lettres forment le mot « ichtys » : poisson. C'était un signe de rallie­ment des chrétiens, une espèce de code secret. Ses lettres correspon­dent aux initiales des mots Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur).

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L'Evangélisation:

Le christiannisme s'est d'abord implanté dans les villes : Autun, Chalon, Tournus, Mâcon. A partir du 4ème siècle, des églises se construisent en ville. Mais le peuple des campagnes n'est pas encore touché.

A l'exemple de St Martin (fin du 4ème siècle), évêques, prêtres, moines se sont donc dépensés pour prêcher l'Evangile et convertir les habitants des campagnes. ien souvent ils se contentent de christianniser les lieux de cultes païens (les sources par exemple).
Ainsi parcourent le pays St Simplice et St Euphore à Autun, St Jean, St Sylvestre, St Agrcol et St loup à Chalon et St Placide à Mâcon.

Les paroisses de ville commencent à se constituer à partir du 6ème siècle.
Puis des abbayes s'élèvent dans ou à proximité de toutes les villes , suivant l'exemple de l'abbaye de St Symphorien , fondée dès 441 par St Euphore sur le tombeau du martyr.
Ainsi naissent St Pierre et St Etienne l'Etrier, puis St Martin à Autun; St Marcel, St Pierre et St Cosme à Chalon; St Pierre et St Clément à Mâcon; St Valérien à Tournus.

Bientôt s'y ajoutent d'autres monastères édifiés dans la cam­pagne, non loin des routes romaines : Gourdon, Perrecy, Anzy-le-Duc, Blanzy, Paray-le-Monial. Autour de ces monastères se grou­pent des embryons de villages, tandis que d'autres naissent à l'ombre des mottes féodales.

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L'église de Chapaize, construite vers l'an 1000

Les cathédrales :

Dès le début du 5e siècle, historique 5 l'évêque d'Autun a transféré son siège à l'inté­rieur de la ville,dans le haut du « cas-trum ». Il y bâtit sa cathédrale,dédiée aux saints martyrs milanais Nazaire et Celse.
Au cours des siècles suivants, c'est toute une cité épiscopale qui s'édi­fie tout autour, où vivent les prêtres puis les chanoines, collaborateurs de l'évêque.

Vers la fin du 10e siècle, l'évêque Girard reçoit le corps de S. Lazare. Pour hono­rer ces reliques, l'évêque Etienne de Bagé fait construire la Basilique S. Lazare, de 1120 à 1150 environ. Elle deviendra cathédrale avec S. Nazaire en 1095, puis après la démolition de S. Nazaire, elle sera seule cathédrale du diocèse. La flèche et les cha­pelles latérales datent de la fin du 15e et du début du 16e siècle.



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La première cathédrale de Chalon, dédiée à S. Etienne, fut construite sur l'emplacement d'un temple de Mercure, au milieu du 5e siècle. Elle fut ensuite dédiée à S Vincent, puis remplacée par la cathédrale actuelle dont la construc­tion commence en 1090, sous l'évêque Gauthier de Couches, mais ne s'achève­ra qu'en 1522. Les tours ayant été démolies par la Révolution, on refera toute la façade de 1820 à 1850.






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La première cathédrale de Mâcon, construite au 6e siècle,
fut dédiée aux saints martyrs Gervais et Protais, puis, comme celle de Chalon, à St. Vincent.
Incendiée en 960 par les Hongrois, elle fut reconstruite aux 11e et 12e siècles.
Démantelée à la Révolution, il n'en reste que les tours et le narthex.
Une nouvelle cathédrale fut alors construite, qui fut inaugurée en 1816.

                                             Le vieux St. Vincent, ancienne cathédrale de Mâcon