Un jour nouveau se lève

Editorial - Eglise d'Autun N° 3 - 10 février 2017


En écrivant ce matin pour les lecteurs d’Eglise d’Autun, j’ai devant les yeux du cœur trois images. La première image provient de la lecture que je suis en train de faire du livre d’entretien de Benoît XVI avec le journaliste Peter Seewald, la seconde concerne l’impression si douce des vignes et des maisons de Mercurey avec les foules heureuses qui marchaient pendant la grande Saint Vincent ; et la troisième image est celle du visage de frères prêtres âgés fidèles à la prière et à l’étude.

Quelle chose simple et belle que ce pape émérite, âgé, qui prépare chaque semaine l’homélie du dimanche qu’il donnera pour quatre ou cinq personnes dans la chapelle de la maison où il est actuellement retiré pour vivre la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre ! Le journaliste est surpris devant ce travail de rédaction, appuyé sur une réflexion sérieuse du sens du texte biblique, pour un si petit nombre de personnes. Et Benoît XVI lui dit : « qu’ils soient trois, vingt ou mille, il faut que la Parole de Dieu soit toujours présente pour les hommes. »
vigne
Les villages et les vignes décorés si soigneusement pour que soient heureux les invités à la fête, c’est pour le bourguignon néophyte que je suis, quelque chose de saisissant. L’image des foules heureuses et bienveillantes pérégrinant dans ces lieux habillés d’un air printanier avant l’heure, c’est un appel intérieur à aimer le ciel que Dieu prépare pour toute l’humanité, sans excepter personne. La Sagesse de Dieu prépare, nous dit l’Ecriture Sainte, un banquet de noces pour ceux qui n’ont pas de quoi payer : venez, leur dit-elle, la table est prête pour vous ! Nous sommes bien plus proches les uns des autres que nous ne l’imaginons. Il existe entre les hommes bien plus de solidarité qu’on ne le dit, et la fête est cet espace qui ouvre la fenêtre des cœurs sur cette fondamentale communion entre tous.

Je vois avec bonheur quelques frères prêtres âgés, et en qui je devine la source toujours vive de l’appel à être prêtre et à servir l’évangile pour chacun. Comme ces visages sont beaux ! Et je relisais à ce propos ce que le pape Benoît XVI avait dit à des personnes âgées visitées par lui en 2012 : « la prière des personnes âgées peut protéger le monde, en l’aidant peut-être de manière plus incisive que l’agitation de nombreuses personnes. »
Amis d’Eglise d’Autun, vous êtes sûrement quelques-uns à vous reconnaître dans cette vocation du grand âge : vocation à préparer pour le monde et pour soi-même la rencontre la plus belle qui soit, celle du visage de Dieu. Vous êtes, chacun et chacune de vous, essentiels à la marche de l’Eglise actuellement dans le monde. Vous portez par votre fidélité et votre joie, bien plus que vous ne pensez : le bien de l’Eglise et la paix du monde.

+ Benoît RIVIERE