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Un Oratorio à découvrir bientôt

Jeudi 29 juillet prochain sera donnée dans la cathédrale Saint Lazare d’Autun une création artistique : un Oratorio intitulé « sors », dont la musique est en cours de composition par Franck Tortiller, et le texte original par Tancrède Rivière.


Ce spectacle musical honore à la fois les 900 ans de l’édifice, et l’achèvement de ses principaux travaux. Les interprètes seront les solistes de l’Orchestre Pasdeloup et l’ensemble de jazz du compositeur bourguignon. Il s’intègrera également à la 3e édition de la Biennale d’art sacré contemporain préparée par l’équipe de Jérôme Lequime, et dont les oeuvres viennent habiter les espaces patrimoniaux d’Autun et de Bibracte au mois de juillet. Portrait d’un auteur et de son oeuvre en gestation.


Tancrède Rivière, qui êtes-vous ?

Je suis un jeune auteur et je viens de l’univers de la poésie. Après des études de Lettres et avoir obtenu mon agrégation de Lettres modernes en 2013, j’ai monté une revue de poésie à Paris. Je travaille actuellement dans le domaine du cinéma documentaire, en collaboration avec une société basée à Marseille. Je continue aussi d’écrire de la poésie, couplée à une recherche théorique pour ma thèse de doctorat sur les rapports entre l’imaginaire eles images. Mes parents habitent à Saint-Aubin-le-Monial, dans l’Allier. Je viens à Autun depuis l’âge de 12 ans : la première fois, je suis venu en vélo !

Que ressentez-vous pour la ville d’Autun ?

Beaucoup de choses m’ont parlé dans cette ville et cette présence particulière du passé, un peu comme on peut le ressentir à Rome. Ce lieu me porte à la méditation sur le temps, l’histoire, la singularité de dimensions aujourd’hui modestes de la ville et de la grandeur du passé encore visible. Je la percevais comme un écrin, hors des axes tels l’autoroute, le TGV. Beaucoup de gens en ont entendu parler sans la connaître vraiment, comme si elle était protégée : je trouvais cela beau. J’ai donc commencé à m’intéresser à son histoire étrange : promise à devenir une capitale, elle a un rayonnement discret. Sa personnalité de lieu un peu à part est paisible. Elle rayonne sans s’imposer, comme sa cathédrale, bijou, perle modeste qui nous tend la main.

Pouvez-vous décrire le projet de création sur lequel vous travaillez ?

L’initiative du projet revient à ma tante Marianne Rivière, directrice de l’orchestre Pasdeloup, sollicitée pour une oeuvre musicale visant à célébrer la fin des travaux et les 900 ans de la cathédrale. J’avais déjà travaillé avec elle pour des spectacles associant concerts et récits. Je me suis senti honoré de sa demande. Cela m’intéressait de penser l’écriture en lien avec la musique, et même mise en musique pour certaines parties. Le texte est comme une « matière » en dialogue avec la musique : il n’est pas figé au départ.

Des sources documentaires vous ontelles inspiré ?

Oui, beaucoup ! On n’écrit jamais à partir de rien. Le projet n’est pas une histoire personnelle mais il parle d’un lieu, avec ce que la cathédrale porte en elle-même et ce qu’elle raconte de la ville et de la région. J’essaie de m’intéresser à toutes sortes d’histoires, y compris l’histoire dite « profane » : les légendes, les motifs, les thématiques. Le tympan représente le jugement mais il est aussi composé de médaillons de scènes du travail quotidien, des travaux, des tâches simples liées au cycle des saisons : la cathédrale accueille cela car elle est la maison du peuple, de tout le monde. J’essaie donc que mon texte rassemble, comme sur le tympan, différents types de récits.

Quels seront les principaux personnages de votre oeuvre ?

Il y a un couple, deux figures fortes : Gislebertus et Eve, qui se sont imposés très vite à moi. Ces 2 personnages renvoient à notre condition humaine : le travail avec le sculpteur et la muse avec Eve. Quel a été leur dialogue ? Leur face-à-face ? A l’horizon de ce couple, il y a Lazare. Il s’agit d’une écriture en tableaux, qui permet d’entrer dans une certaine profondeur de l’histoire, avec des récits concrets, en rapport avec la terre, le sol, la pierre : comme un enracinement. Lazare et sa résurrection sont au coeur de l’édifice. C’est donc l’Evangile de saint Jean qui constitue la pièce maîtresse du texte, son « tympan ».

Perçoit-on la foi chez ces 2 personnages ?

Il y a la foi chez le sculpteur. Eve est plus insaisissable. Lazare est incarné. C’est l’ami, le frère, dans son immense proximité avec nous.


Votre note d’intention d’auteur révèle une vision assez nostalgique de la ville d’Autun actuelle : vous employez même le mot « mélancolie », pourquoi ?

C’était effectivement une mélancolie qui m’habitait, mais elle ne peut être désirée comme une habitation. Je suis donc allé plus loin. Je la mets à l’épreuve de mon personnage du sculpteur, traversé de doutes, de questions sans réponse, qui trouvent cependant une résolution dans son expression artistique. L’idée est de ne pas rester dans ces aspects plus sombres, mais de les traverser. « Cette maladie ne conduit pas à la mort », dit l’Evangile de Jean.

Les conversations avec votre oncle, Monseigneur Rivière, évêque d’Autun, ont-elles pu vous inspirer ?

Oui, mais pas de façon spécifique. L’évêque se situe à l’extérieur du projet. J’ai une relation proche de lui depuis longtemps : j’allais le voir à Marseille ! J’ai fait des expériences de camps de jeunes avec lui. Nous avons ensemble toute une histoire d’échanges et de dialogue.

Dans votre vision personnelle, vous « pensez » la cathédrale comme emblématique, notamment par la pierre. Pouvez-vous décrire quelques symbolismes que vous notez en lien avec la cathédrale ?

La cathédrale donne son visage à la ville, une silhouette. Elle est remarquable. Elle est accessible : saint Lazare d’Autun s’offre à tous. Sa grandeur n’est ni terrifiante, ni terrassante. Elle permet d’aborder l’écriture avec beaucoup d’humilité.

Quel public souhaitez-vous toucher avec cette oeuvre ?

C’est une question qui se pose à chaque fois : pour qui écrit-on ? En tout cas, pas pour moi-même. J’espère que le plus de monde possible pourra venir assister à la création. Il faut que ce texte aille dans le sens de ce qu’est la cathédrale, car elle est le lieu de tous. J’aimerais que le texte soit ouvert. Voilà pourquoi je place des personnages, parfois déjà connus, dans des situations ouvertes et dans lesquelles le plus de monde possible puisse se reconnaître, y compris les enfants !

Tancrède, qui est l’ami Lazare, pour vous personnellement ?

Je le connaissais très peu avant de commencer. C’est un ami que je rencontre à travers ce travail. J’ai l’impression d’être encore en train de le rencontrer. Et je voudrais redonner avec ce texte, tout ce que j’ai reçu de la ville, de la cathédrale, de l’évêché. 


Anne Jacquemot

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