Editorial Eglise d'autun N°2-2021

eda 2021 2         Dans l’harmonie de l’unité

Nous avons commencé à plusieurs la semaine de prière pour l’unité des chrétiens en nous retrouvant à Taizé, et nous avons reçu de nouveau cette parole du Christ à la veille de sa Pâque : « demeurez en mon amour… et vous porterez du fruit en abondance. » Cette certitude de l’amour de Dieu premier nous ressuscite continuellement pour aimer. Voilà ce qui permet de vivre et d’avancer sans découragement.

Nous entendons tant de rumeurs et tant de doutes, tant de cris et tant de mensonges qui font régner avec eux la tristesse et la haine ; et voici que, du plus profond de notre chair, dans l’Esprit-Saint, le Christ nous dit et nous révèle entièrement l’amour dont nous sommes aimés. Et il nous presse de persévérer dans Son amour. Chacun peut entendre dans une confiance qui libère : tu es frère de chaque homme ; chaque homme, chaque femme, chaque enfant, est précieux pour Dieu, chacun est infiniment aimé et appelé à sortir de sa tristesse et de la mort pour entrer en alliance et porter les fruits de l’amour : paix, simplicité, serviabilité, bonté, douceur,…

Ce dimanche 17 janvier qui nous a réunis à Taizé pour la prière d’unité, nous lisions un évêque des tous premier temps de l’Eglise, Ignace d’Antioche. S’adressant aux chrétiens d’Ephèse, il leur disait : « je ne vous donne pas des ordres comme si j’étais quelqu’un… A présent, je commence seulement à être disciple et je vous adresse la parole comme à des condisciples. » Et il ajoutait ce qui est le propre de l’Eglise, à savoir d’être imprégné par ce qui fait vivre et de nous laisser encourager les uns par les autres dans cette imprégnation : « C’est moi qui aurais besoin d’être préparé par vous au combat, en étant imprégné de foi, d’encouragement, de persévérance, de patience. »

Commencer à être disciple et être préparé les uns par les autres au beau combat de la foi, de l’encouragement, de la persévérance et de la patience, c’est faire passer l’écoute avant tout, c’est garder l’humilité des petits qui veulent toujours apprendre, c’est goûter la joie de Jean-Baptiste entendant la voix de l’époux de l’humanité.

+ Benoît RIVIERE