N° 3 du 4 février 2022
Le cher François de Sales a des expressions tellement vraies et simples, qu’il faut les entendre à nouveau. C’est ce que nous faisons chaque mois à la maison Saint-François-de-Sales, en nous confortant mutuellement à l’école de ce « docteur de l’amour ». Et tout récemment, nous entendions les encouragements de François de Sales à être « très riche dans notre pauvreté même. »
Que veut-il dire ? Et en quoi la béatitude évangélique des pauvres en esprit, ou des pauvres tout court d’ailleurs, ou des humbles, ce qui est la même réalité, est-elle plus que jamais à recevoir ?
Recevoir la joie des humbles, et désirer que notre esprit ne soit occupé d’aucune richesse, c’est être à proprement parler déjà dans le Royaume de Dieu. La béatitude des pauvres ne prépare pas seulement l’entrée au ciel, mais elle nous y place dès aujourd’hui.
Quelques figures vivantes, proches, nous indiquent combien cela est vrai.
Tel prêtre âgé, qui fait sa cuisine et son jardin, et qui se trouve présent et paisiblement joyeux à chaque rencontre avec des voisins…
Tel malade, diminué peut-être dans son corps, et dont l’esprit est ouvert à la rencontre des autres, dans un livre, dans la prière…
Tel jeune ouvert aux vrais dialogues dans un groupe d’aumônerie, et qui se donne sans réserve pour devenir un chrétien ou une chrétienne apôtre grâce à la confirmation.
Tel médecin, penché sur la parole d’un patient et sur sa situation, qui ne se prend pas pour le messie et qui se rend disponible.
Telle personne elle-même en situation précaire, et qui donne de son temps et de son cœur aux personnes isolées et aux personnes rejetées.
Telle personne elle-même détenue en prison et dont la foi et l’humilité touchent le cœur des visiteurs.
Par qui suis-je vraiment occupé ? Tant que je le suis de moi-même, pas de place pour la joie des pauvres ! L’enfer, en ce sens, serait de n’avoir plus que soi ! Le père Perrin a cette formule directe et tellement stimulante : « la pauvreté fait dépasser ce que l’on a ; l’humilité va faire dépasser ce que l’on est. »
Et voici la bienheureuse Vierge Marie, entièrement tournée vers la joie de Dieu, elle dont le cœur est si pur et si limpide qu’elle ne peut même pas y voir refléter sa propre image, selon les termes de Bernanos.
Qu’elle nous entraine dans sa foi et dans son amour, chaque jour, en chaque circonstance !
+ Benoît RIVIERE






