N°5 du 4 mars 2022
La beauté est rarement associée à l’ascèse du jeûne, à l’effort du partage et à la persévérance dans la prière. Et pourtant ! N’y a-t-il pas un reflet visible de la beauté de Dieu dans une vie résolument décentrée d’elle-même pour s’offrir ? N’est-il pas beau de voir des mains se rapprocher librement pour aimer et servir ? Un visage ouvert et un cœur confiant, un amour qui veut le bien et qui se donne aux autres, ne sont-ils pas une icône de la beauté ?
Le Christ lui-même, que nous cherchons à suivre concrètement, entièrement, actuellement, n’est-il pas désigné comme « le plus des enfants des hommes » ? Il nous montre le jeûne qui plait à Dieu, la prière qui demande « en son Nom », et la joie d’un amour sincère. En vérité, sommes-nous attirés par autre chose que ce qui est beau ?
Récemment, avec un groupe d’artistes de la « diaconie de la beauté », au cours d’un pèlerinage à Rome, nous avons été encouragés par le pape, et nous l’avons entendu nous dire que la foi au Christ et la vie à sa suite était quelque chose de beau ; et nous avons reçu de nouveau la mission de « chercher à toucher ce qu’il y a de meilleur chez nos contemporains ».[i]
Nous pouvons hélas subir passivement notre vie présente, mal l’accueillir et même l’oublier en nous dispersant dans les plaisirs superficiels et les vains bavardages. Mais nous pouvons fort heureusement redire oui à l’écoute de l’Esprit-Saint et à l’obéissance de la foi. Nous pouvons ouvrir un chapitre nouveau fait de confiance avec l’Eglise, avec nos proches, avec les plus éloignés et avec nos confrères et consœurs dans le travail pastoral. A quel prix ?
Le prix de cette ouverture à une vie plus belle, c’est le pardon, qui n’est pas l’oubli mais la résolution commune d’ouvrir une nouvelle page. La miséricorde dont nous sommes entourés est fondamentalement réception d’un amour qui délie du péché. Et elle se traduit en actes, d’autant plus beaux qu’elle a restauré la vie en nous-mêmes et avec les autres.
Alors oui, beau Carême ! Le rayonnement de la face du Christ se laissera voir sur tout visage humain dont nous nous rendrons proches et infiniment respectueux.
+ Benoît RIVIERE






