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éditorial de l'église d'autun

Dieu, mon bonheur et ma joie L’homélie de la messe d’ordination de Ludovic Bard

N° 13 du 1er juillet 2022

Elle est audacieuse la liturgie de ce dimanche ! Cette audace, c’est la Parole vivante de Dieu, et qui rencontre le cœur humain ! Dieu, dit le psaume que nous chantons aujourd’hui, « Dieu, mon bonheur et ma joie ! »

Frères et sœurs, nous le disons du profond de notre espérance et de notre foi, avec Ludovic qui va être ordonné prêtre, oui, « Dieu, mon bonheur et ma joie ! » Le psaume 15 continue en ces termes, des termes emplis de confiance, c’est-à-dire en prière : « Tu ne peux pas m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption. » Et comme elle est vraie cette parole du même psaume 15 : « c’est Toi, Seigneur, qui m’apprend le chemin de la vie ! »

L’Eglise communie à l’attente de l’humanité qui se demande : Où est le chemin de vie ? Quelle est cette joie qui n’aura pas de fin ? Existe-t-elle seulement ? Et qui nous apprendra à la partager, cette joie ?

L’Eglise, aujourd’hui comme hier, pressent au meilleur d’elle-même, nous pressentons ici ensemble au meilleur de nous-mêmes que l’ordination d’un prêtre est quelque chose de grand ; C’est quelque chose qui dépasse évidemment la réponse à un simple appel d’offre pour aider un responsable d’organisation bienfaisante !

C’est une grande entreprise, certes, que celle de conduire, de servir et d’aimer les aventuriers modernes que sont les chrétiens et les chrétiennes dans notre monde actuel ! Et pour autant, l’ordination d’un prêtre est bien plus qu’une mise à disposition de soi-même pour accomplir quelques services avant de mourir ! Evidemment !

Mais alors, quelle est-elle, cette ordination ? Elle se comprend à l’intérieur de la foi, qui est remise totale de notre volonté à celle du Dieu vivant révélé en Jésus-Christ. Et elle se laisse voir par tous, comme quelque chose qui engage absolument et entièrement toute l’existence personnelle d’un baptisé, avec son existence relationnelle et sociale.

Le passage de l’évangile selon Saint Luc que nous entendons aujourd’hui montre bien de quelle sorte d’engagement relève une remise de soi à Dieu pour l’évangile ; c’est une remise de soi qui vient servir celle de l’Eglise entière, accueillant la joie du Christ Jésus Sauveur venant dans le monde.

« Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem. Il envoya devant lui des messagers. » Sur la route, les messagers apprennent vite que le feu intérieur qui anime le cœur de Jésus n’est pas celui de la destruction, mais celui d’un amour appelant la brebis perdue et la prenant sur ses épaules. Des messagers sont donc envoyés en avant de Jésus lui-même. Ils ne se désignent pas eux-mêmes, ils ne sont pas non plus recrutés par un cabinet de chasseurs de têtes ! Ils sont choisis et envoyés par le Seigneur. Et sur la route de la mission, ils vont se heurter à une double difficulté, l’une extérieure et l’autre intérieure.

Oui, il y le refus possible de donner foi à l’évangile de la Croix qui est celui du Christ montant résolument vers l’heure de sa mort pour nous. Cette difficulté s’accompagne d’une seconde, celle de nous convertir nous-même à l’Esprit de Jésus qui n’est pas immédiatement le nôtre, tant s’en faut ! Cet esprit de Jésus n’est pas celui de Jacques et de Jean ici, bien nommés les fils du tonnerre, qui imaginent qu’un feu du ciel viendrait exterminer les mécréants ! et qui ont en plus le toupet de croire que Jésus va leur dire lui-même de le faire tomber, ce feu, sur les autres !

C’est d’un tout autre feu qu’il s’agit, celui qui se laisse deviner dans le comportement et le visage des innombrables Saints de la porte d’à côté ! La suite du passage met en scène 3 hommes généreux. Le premier veut s’engager entièrement pour être avec le Seigneur : « je te suivrai partout où tu iras ! » s’exclame-t-il. Le second est désigné par Jésus lui-même. Et le troisième ressemble curieusement au prophète Elisée consacré par Elie. D’accord, dit-il, mais pas avant d’avoir pris congé des miens !

Dans le dialogue, chaque fois personnel, que le Seigneur engage avec ces hommes, ne lisons pas trop vite ses propos comme une réprimande, mais plutôt comme l’expression de sa propre résolution de nous faire coopérer à Sa Mission pour de bon !

Et il engage ceux qui se mettent à l’écouter et à le suivre, pour en faire ses amis. Librement. Cette liberté de Dieu lui-même pousse les apôtres d’aujourd’hui comme ceux d’hier, à sortir résolument d’eux-mêmes, à ne plus s’en tenir à leurs seuls référentiels personnels.

Cette liberté les pousse et les poussera encore à ne pas se dérober à l’heure de l’espérance, et c’est aujourd’hui, espérance toujours actuelle de participer à la joie de Dieu lui-même dans sa relation avec l’humanité entière. Cette liberté pousse enfin les prêtres, unis à l’Eglise, et nous pousse donc ensemble à annoncer et à transmettre la joie de la foi : « Dieu, mon bonheur et ma joie ! De toi dépend mon sort ! »

+ Benoît RIVIERE

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