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éditorial de l'église d'autun

Et si j’avais le temps ?

N° 15 du 16 septembre 2022

Je n’ai pas le temps ! Nous n’avons pas le temps ! Quelle erreur de prononcer cette formule ! Le temps n’est pas en effet une réalité à posséder, car nous n’en sommes pas propriétaire. Aider chacun à s’impliquer réellement et calmement dans un dialogue limité dans le temps, voilà entre autre ce que les animateurs de la session récente des « chemins de septembre » à Saint-Désert nous auront apporté.

Une Eglise en chemin de conversion, c’est une Eglise réconciliée aussi avec le temps, comme si elle prenait la main d’un ami pour cheminer avec lui. Dieu a voulu entrer lui-même dans ce temps humain, par un mouvement de joie infinie qui s’appelle l’incarnation de son Fils.

Vivre « ce » synode actuel, c’est expérimenter cette marche amoureuse de Dieu avec nous, et pas seulement réfléchir à la « synodalité » et à l’organisation. Nous apprenons la natation essentiellement en nageant après nous être jetés à l’eau, sans discourir sans fin sur le rebord et imaginant la température supposée de l’eau !

La douceur intérieure épouse le temps comme une fiancée écoute et parle à son fiancé. Dans l’amour, le temps n’est plus une contrainte frustrante, mais une chance toujours nouvelle ! Il est la condition pour ne pas nous payer de mots ! Une marseillaise avait dit un jour au cardinal Etchegaray : « Mon Dieu que le temps est court quand je parle, et long quand j’écoute ! » Mieux encore peut-être, il s’éprouve comme bon et heureux, toujours à recevoir dans le rythme de l’écoute et de la parole, du travail et du repos, des nuits et des jours.

L’humble inscription de notre liberté dans les contextes politiques actuels permet de mener notre vie dans le calme et l’espérance. L’humilité et l’amour ouvrent en nous et entre nous une écoute attentive, intelligente et bienveillante de ce que les événements et les personnes ont à nous apprendre.

Le temps à trouver pour cela est le fruit d’une libération, celle de risquer notre propre existence en avançant grâce à une parole personnelle, capable de porter notre témoignage tout en recevant le témoignage des autres. Aucun projet heureux n’aboutit sans la patience du dialogue et du temps. Dans la patience et le dialogue, l’Esprit travaille ce monde.

Voilà ce que ces chemins de septembre ont, entre autre, révélé aux 115 participants qui y ont participé et en rendront témoignage dans le diocèse. Oui, ils pourront « dire » ces deux jours comme un atelier de transformation du cœur, en cœur capable d’aimer et d’écouter, à l’école de celui de la Vierge Marie épousant avec le Christ le temps long de l’avenir.

+ Benoît RIVIERE

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