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éditorial de l'église d'autun

LE POIDS DE NOS FAUTES

n°19 du 11 novembre 2022

 

« Ce que tu as fait est indigne, j’ai perdu toute confiance en toi ! » L’ami ou le frère trahi éprouve et exprime cela en certaines circonstances. « Même l’ami qui partageait mon pain m’a frappé au talon », dit l’Écriture. Il en faudra de l’espace, il en faudra du temps pour que, peut-être mais pas immédiatement, des paroles simples et vraies puissent à nouveau venir au jour pour aimer en vérité.

Ce qui a été dévoilé récemment au sujet d’actes scandaleux commis par des évêques, même si ces actes sont anciens, provoque (et je le comprends moi-même profondément) un désarroi, un abattement et une tristesse sans nom. Qui guérira le corps, le cœur et l’âme de ceux et de celles qui avaient mis leur confiance dans l’Église et particulièrement en ceux, ministres de cette Église, dont l’apôtre Paul dit qu’ils doivent être « irréprochables » ? Oui, je sais qu’être irréprochable ne signifie pas échapper à la commune condition humaine avec sa part d’ombre et de lumière. Mais la question demeure : qui consolera les corps blessés, et le corps blessé de l’Église entière ?

Ne répondons pas trop vite. Rien ni personne, hormis celui qui a porté en sa chair sur la Croix toutes les opprobres, ne peut partager jusqu’au bout et guérir la souffrance de ceux qui ont été agressés dans leur corps et leur âme par des prêtres et des évêques.

Certes, et c’est le choix que nous faisons, il s’agit de marcher humblement aux côtés de ces frères et de ces sœurs agressés ; certes, et c’est leur devoir, les auteurs délictueux peuvent et doivent en vérité poser des actes de repentance et de réparation autant que faire se peut. Pourtant, quelque chose de l’ordre d’une brisure irréparable sera toujours à vif chez les victimes… et peut-être que le corps solidaire de l’Église aussi gardera en lui cette brisure irréparable.

Il y a, dans l’abyssale déception causée par certains actes venant au jour, peut-être, un chemin ténu, discret, possible, celui dont parlait Dietrich Bonhoeffer en ces termes : « seule la communauté qui ne craint pas la déception qu’inévitablement elle éprouvera en prenant conscience de toutes ses tares, pourra commencer d’être telle que Dieu la veut et saisir par la foi la promesse qui lui est faite ».  Et puis, demeure dans la prière venue de la chair blessée, prière que Jésus a assumée en lui-même, ce psaume que nous a rappelé à Lourdes un frère et ami évêque : « Jusqu'à toi, Seigneur, vient toute chair avec son poids de péchés. Nos fautes ont dominé sur nous : toi, tu les pardonnes. »

+ Benoît RIVIÈRE

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