N° 4 du 17 février 2023
L’Eglise, c’est-à-dire les chrétiens qu’un seul baptême a uni dans la foi et l’espérance, s’interroge, particulièrement dans les sociétés occidentales déchristianisées : est-elle témoin crédible de Jésus vivant ? Sommes-nous crédibles au regard de nos contemporains ?
Il me semble que nous devons déplacer cette question, encore trop centrée sur nous-mêmes, et nous demander plutôt : à quel témoignage Dieu nous entraîne-t-il ? Ou encore : quelle force est donnée à l’Eglise pour qu’elle annonce au monde, par sa vie et par sa parole, l’événement toujours actuel de la mort et de la résurrection de Jésus ?
A cela, nous ne répondrons pas trop vite par des « programmes » d’évangélisation, mais par une confiance partagée au monde, confiance en Dieu qui nous a aimés le premier. En effet, annoncer Jésus n’est pas possible sans le don de la foi et de l’amour. Nous recevons cette foi et cet amour à chaque moment, si nous sommes simplement disponibles. L’espace de la liturgie, l’espace ordinaire de notre existence, et le visage des autres, inséparablement, creusent en nous une disposition nouvelle vis-à-vis de Dieu et vis-à-vis du monde. C’est la disposition à recevoir nous-mêmes l’inouï bouleversement de l’événement pascal : le Christ Jésus s’est livré pour nos péchés et Dieu l’a ressuscité pour que nous devenions des justes, capables de vivre en êtres nouveaux, aimant comme lui nous a aimés. Et c’est la disposition à rayonner cet événement.
Le monde actuel connaît fort bien sa propre fragilité, il souffre du manque d’espérance et d’amour, et nous sommes de ce monde ; en même temps nous sommes chargés de lui dire les merveilles de Celui qui nous fait passer des ténèbres à son admirable lumière. Nous le dirons d’autant mieux, bien sûr, que nous serons dans la concorde fraternelle et l’encouragement les uns des autres et que nous laisserons la puissance de Dieu agir dans notre faiblesse, et sa lumière ouvrir nos yeux et nos oreilles pour voir son visage et entendre sa voix en chaque homme, chaque femme, chaque enfant de cette terre.
Je suis heureux et reconnaissant de l’enthousiasme de l’équipe qui s’est construite autour d’Anne Perrot pour la préparation du rassemblement « Kerygma », qui se tiendra du 20 au 23 octobre prochains à Lourdes. Il réunira des groupes venus de tous les diocèses de France. Il sera porteur des expériences vécues dans tant et tant de nouveaux « lieux » catéchétiques.
+ Benoît RIVIERE






