N° 6 du 17 mars 2023
Les personnes pleinement vivantes habitent le présent entièrement. Elles ne restent pas collées au passé et ne fuient pas dans un futur hypothétique. Elles rayonnent autour d’elles une joie pure, elles communiquent sans s’en apercevoir une énergie qui fait du bien. Elles ne s’intéressent à elles-mêmes que pour être en relation d’alliance heureuse avec les autres.
En lisant ces jours-ci un dossier du journal La Croix consacré à l’homme qu’était Paul Ricoeur, j’ai été attiré particulièrement par ces trois vertus qui le caractérisaient : la bonté, la rectitude et l’humour. Et en cette période de cheminement vers Pâques, je me suis interrogé : quelle personne, quel homme, je veux devenir ? Et aussi : à quelle heureuse conversion Dieu m’entraîne-t-il ?
Dans la relation avec les autres, grâce aux autres surtout et à Dieu qui veut être si proche de nous, je peux changer. Je peux quitter le terrain de la peur, de la tristesse et du ressentiment. Je peux m’avancer sur une route lumineuse, éclairé par une intention constante : demeurer dans l’amour.
Oui, les autres me sortent de la tentation de la méfiance et du repliement sur moi. Ils sont, au fond, cadeau, toujours ! Le visage d’un proche me renvoie continuellement à cette simple question : suis-je habité par une bonté indéracinable ? Est-ce que je considère l’autre comme égal à moi-même, et donc est-ce que je l’envisage avec espérance : il est aimé du Christ et appelé à vivre pleinement Pâques ?
La bonté, c’est vouloir le bonheur des autres et le nôtre aussi. La rectitude, c’est la pureté de l’intention, la vérité de la parole et des actes. L’humour, c’est la marque de l’humilité et de l’amour authentique. Poursuivre la marche communautaire du Carême, c’est tout simplement vouloir vivre davantage le présent, à fond, en demeurant dans la relation tellement humanisante que Dieu est venu restaurer entre Lui et nous.
Et plutôt que de nous affliger continuellement des manquements, regardons mieux les continuelles marques de bonté, de rectitude et d’humour dont le monde est toujours porteur.
+ Benoît RIVIÈRE






