N°11 du 2 juin 2023

Au début de ce nouveau temps liturgique, dans le souffle de Pentecôte, je m’inspire entièrement de l’homélie que le pape François a prononcée à Rome dimanche 28 mai.

Prions-nous chaque jour l’Esprit-Saint pour nous rendre dociles à son action ? Invoquons-nous sa présence sur le monde ? En effet, « les efforts humains ne suffisent pas à construire l’harmonie face au mal de la discorde ». Cette question vaut également pour notre prière mariale : qu’en est–il de notre désir de prendre Marie chez nous, c’est-à-dire de demander son aide maternelle et d’imiter son amour ?

L’Église a voulu rapprocher de la Pentecôte une mémoire liturgique particulièrement actuelle, celle de Marie Mère de l’Église. En ce sens, Marie nous montre que la docilité à l’Esprit-Saint est la condition de l’incarnation et la condition de l’Église : « voici la servante du Seigneur… et le Verbe s’est fait chair… » Elle nous montre que notre relation à Dieu sera d’autant plus réelle que nous serons nous-mêmes écoutant quotidiennement de l’Esprit-Saint.

Dans son homélie de Pentecôte, le Pape a eu des expressions stimulantes, et qui engagent notre conversion. Nous sommes poussés à demander, comme les témoins du jour de Pentecôte à Jérusalem : « que devons-nous faire » ? Voir et admirer l’œuvre de l’Esprit-Saint dans le monde créé, dans l’Église, et dans nos cœurs. « Il est Celui qui, à l’origine et en tout temps, fait passer les réalités créées du désordre à l’ordre, de la dispersion à la cohésion, de la confusion à l’harmonie. En un mot, il donne l’harmonie au monde… parce qu’il est lui-même harmonie. »

L’Esprit est également à l’œuvre dans l’Église. Et si nous n’y pensions pas, si nous faisions sans lui, nous serions vite essoufflés, « anesthésiés par l’indifférence et opprimés par la solitude ». Pensant à la marche actuelle de l’Église, le Pape affirme que sans l’Esprit-Saint, l’Église est « inerte », la foi réduite à une doctrine, la morale à un devoir et la pastorale à un fardeau.

Nous entendons avec l’oreille du cœur croyant combien l’Esprit-Saint « harmonise les cœurs déchirés par le mal, brisés par les blessures, et désagrégés par le sentiment de culpabilité. » Chercher à marcher dans le souffle de l’Esprit-Saint, c’est accueillir « sa puissance créatrice harmonieuse », accueillir la grâce d’être ensemble comme les disciples au Cénacle pour être transformés, à l’exemple de Marie, en une demeure de Dieu réelle, en ce monde ci déjà.

 

+ Benoît RIVIÈRE