N°21 du 15 Décembre

 Essayons de nous approcher de la crèche de Bethléem, avec la foule concrète des hommes et des femmes ordinaires, qui entendent le chant venu d’en haut. Comment cela ?

L’Église, la Sainte Église, est ce peuple touché par l’annonce aux bergers, la nuit de la Nativité. Elle ne vit pas enfermée dans la suffisance, ni dans les regrets du passé, ni dans les fausses sécurités de l’opulence.

Elle est ce peuple si bien figuré dans la « pastorale » des « santons ». Ils se mettent en pèlerinage populaire, à l’écoute de l’ange, ou plutôt, à l’écoute de cette petite musique qu’ils n’avaient jamais encore entendue, celle qui annonce dans le grand silence après le vent, qu’un enfant est né pour eux. 

Si nous savons écouter, comme les santons, le chant de la nuit de Noël, nous deviendrons nous-mêmes bénéficiaires du signe sauveur. Cet enfant nouveau-né transforme les cœurs les plus fermés en cœurs ouverts et apaisés, capables de commencer enfin à aimer. L’ange qui annonce la Nativité n’annonce pas encore la fin du monde, mais la fin d’un monde, oh oui ! Il annonce un nouveau-né qui change radicalement la face du monde.  Le voleur ne volera plus, le désespéré criera de joie, le malheureux revêtira la robe nuptiale, le boiteux bondira de joie, l’aveugle aura ces mots admirables : fais, Seigneur que je vois, quand ce sera vraiment le jour, pour voir les choses du ciel venues dans ma propre chair, pour voir quand cela vaudra vraiment la peine de voir.

La Sainte Église de Dieu, saint peuple croyant, est en chemin vers la grotte de la venue humble et tellement belle de Jésus sauveur. Nous prendrons ce chemin si nous savons goûter le silence et l’action de Dieu dans la vie ordinaire des petits et des « sans-grades » ; nous nous joindrons aux « santons » vivants en nous livrant à la joie de voir chez les autres et en nous-mêmes l’action de la grâce. Elle « rend meilleurs » les plus éloignés, et fait entrer dans la demeure de Dieu sans presque s’en apercevoir.

+ Benoît RIVIÈRE