N°6 du 15 mars

 

Une journaliste m’a demandé récemment : dans l’expérience des catéchumènes, quelles sont les constantes qui reviennent chez tous ?

J’ai d’abord répondu que chaque expérience était singulière ; dans les récits de vie que nous donnent à lire nos amis catéchumènes, aucun n’est semblable à un autre. Et cela signifie déjà que la vie découverte avec Dieu rend davantage humain, et donc davantage unique, non standardisé.

Ensuite, il est possible de voir que, de plus en plus souvent, il y a chez ces frères et sœurs catéchumènes une pratique profonde, authentique, personnelle, d’un dialogue avec Dieu dans la prière. Cela est très remarquable, et nous interroge.

Je repense à la retraite spirituelle qui nous a été donnée ces derniers jours à l’Abbaye Sainte-Marie-de-la-Pierre-Qui-Vire par Mgr Robert WATTEBLED, durant laquelle nous a été posée cette question : à qui, avec qui et comment parlons-nous de Dieu ? Car il y a une évidente cohérence entre notre manière de parler de lui, ou d’éviter de parler de lui, et puis la manière dont nous parlons à lui dans la prière.

Nos amis catéchumènes bénéficient d’un accompagnement heureux et ils en sont reconnaissants. Dans cet accompagnement, la présentation de la Bible éclaire de plus en plus profondément leur propre existence, concrètement. Et, dans le fond, comme pour chacun de nous, ils veulent engager leur liberté entièrement, pour vivre dans la lumière de ce Dieu qui se révèle si proche et si aimant, les arrachant aux puissances des ténèbres de toute sortes.

Si la liturgie du Carême nous tourne vers la joie et l’allégresse, c’est peut-être que dans le dépouillement, l’épreuve et le nécessaire arrachement aux attaches égoïstes, nous devenons à nouveau disponibles, pour de vrai, à la suite du Christ qui nous désire tous ensemble et pour l’éternité dans sa lumière.

“Nul n’est sauvé seul. Nos existences sont en profonde communion entre elles, elles sont reliées l’une à l’autre au moyen de multiples interactions. Nul ne vit seul”.[1]

+ Benoît RIVIÈRE

 

[1] Cf. Encyclique Sauvés dans l’Espérance N°48