N°16 du 27 septembre 

Nous sommes dans ce temps où l’angoisse et la détresse que causent les guerres sont très fortes. C’est également le temps pour notre propre pays de quitter le terrain nauséabond des petites paroles assassines ; il serait grand temps de nous estimer mieux les uns les autres, et d’estimer ceux et celles qui acceptent de prendre de grandes responsabilités au service du bien commun dans notre pays.

Va commencer ensuite début octobre à Rome l’assemblée synodale d’évêques et de laïcs baptisés au service de la vocation de l’Eglise en notre monde actuel.

J’ai eu la joie de participer à la célébration au cours de laquelle les jésuites du monde entier ont été à nouveau plongés, en la personne de leur supérieur général, dans le mystère du cœur du Christ. Dans l’homélie de la messe de consécration de l’ensemble de la Compagnie au cœur de Jésus, le père général Arturo SOSA a médité les lectures du dimanche à partir de l’interpellation de notre cœur humain et de la révélation du cœur de Jésus, « centre et synthèse de tout l'Amour divin déposé dans l'Humanité du Fils. Cœur qui s'est manifesté en ce lieu, dans cette chapelle, à Sainte Marguerite-Marie Alacoque ; don de grâce qui reste toujours actuel et accessible à tous, en commençant par les plus petits, les plus vulnérables. Lorsque le cœur humain est si malade, il ne suffit pas d'essayer de mettre un stimulateur cardiaque ou d'effectuer un pontage, il faut le changer complètement. Nous avons besoin d'une intervention radicale : la greffe d'un nouveau cœur. Recevoir le Cœur que notre Sauveur nous offre, est la solution authentique, une alternative à ce que le monde peut offrir ».

Avec eux, nous voulons nous unir chaque jour dans la prière que le Seigneur a apprise à ses apôtres : que l’amour qui vient de Dieu soit connu et partagé en tous points du monde, et que nous sachions recevoir le pain qui vient de Dieu notre Père.

Lors de la rencontre à Paray-le-Monial ce dimanche matin 22 septembre avec le père Arturo SOSA, j’ai goûté la joie d’une simple et belle conversation dans laquelle l’écoute mutuelle dans la bienveillance réciproque et la recherche de ce qui est vrai, ont fait naître en moi une confiance renouvelée dans le travail que Dieu ne cesse de réaliser dans le monde.

Ce « travail » de Dieu, nous y collaborons, mais c’est Lui qui le réalise, et il le fait à travers nous Son Eglise, partout et continuellement. Et si le Christ est bien la tête de l’Eglise, c’est dire que chaque membre, et aussi chaque communauté d’Eglise, n’est pas le tout, ni la tête, mais seulement un membre parmi d’autres, articulé aux autres dans ce peuple qui, tel Abraham, avance en se détachant de plus en plus des sécurités passées, pour aller là où Dieu le conduit, sans savoir par où Dieu le fera passer, mais en lui obéissant par amour, jusqu’à la fin.

Et ces temps-ci, j’éprouve davantage que l’Eglise avance librement et joyeusement dans la mission que le Seigneur lui a confiée, grâce aux innombrables actes de bienveillance, de soutien mutuel, de charité, que les hommes, les femmes, et les enfants d’aujourd’hui posent continuellement les uns envers les autres. Ce qui permet de vivre et d’aimer sans nous décourager, au fil des jours, ce sont ces innombrables marques de bonté, d’abnégation, de dévouement, de respect ; ils rendent la marche de la Foi non seulement praticable, mais heureuse et libérante. Ces marques sont la trace réelle et sensible du travail de Dieu en ce monde. « Mon Père et moi, a dit Jésus, nous sommes toujours à l’œuvre. »  Cette œuvre, nous y sommes conviés pour de bon, et nous y collaborons en nous détachant de nous-même pour aimer et pour servir.

+ Benoît RIVIÈRE