N° 4 du 21 février 2025

« Ton frère était mort et il est revenu à la vie »

Dans quelques semaines, nous commencerons le temps privilégié du Carême, en pèlerins d’espérance aux côtés de nos amis catéchumènes qui avanceront plus avant dans la conversion au Christ avec toute l’Eglise. Nous parlons de pèlerinage, d’avancée, de synode, toutes ces expressions traduisent notre désir de ne pas rester sur place, de ne pas nous assoir au bord du chemin. Il y a en nous une quête de bonheur, une quête de sens, un secret appel à la conversion.

Dans l’évangile, nous découvrons à chaque page l’inouïe proximité de Jésus ; il est celui qui n’a pas peur de s’approcher des pauvres et des pêcheurs. Il chemine vraiment avec nous. Il ne nous attend pas seulement au bout de notre pèlerinage, oh non, car il est lui-même avec nous, sur le chemin. Mieux encore, il s’est fait chemin et vie, notre chemin et notre vie, lui la vérité de laquelle tout est venu à l’existence.

Cela signifie que Dieu, infiniment plus que nous ne pouvons l’imaginer, nous désire dans la vie avec lui, nous « espère » dans une alliance d’amour avec lui et entre les frères humains sans exception. Nous n’avons pas besoin de nous crisper pour atteindre une perfection toujours fuyante, nous avons seulement besoin de nous laisser toucher dans le quotidien des jours par la force, la lumière, le réconfort, la délicatesse, en un mot par l’amour miséricordieux du Seigneur vivant. Il nous voit toujours comme un père, ou comme une mère, qui n’oublie jamais la beauté de son fils, ou de sa fille ; loin de nous accuser, Dieu trouve sa joie dans notre relèvement et notre bonheur.

La parabole du Père de miséricorde est éclairante. Quand le fils prodigue revient « piteusement », il est « méconnaissable ». Le père le voit de très loin, c’est dire combien il l’attendait ; il accourt vers son fils. Voilà notre Dieu ! Il garde au cœur notre dignité intacte, il voit notre identité filiale, même quand il nous avait semblé que nous l’avions perdue, et il se précipite en courant pour nous embrasser.

Tout récemment, au jour de la fête de Saint Claude la Colombière, à Paray-le-Monial, j’ai eu la joie, avec le Cardinal Hollerich, de bénir le lieu tout neuf, adossé à la chapelle de la Visitation, dédié à l’écoute et aux confessions. C’est tellement beau un espace où se joue la résurrection avec le Christ, un espace où chacun éprouve qu’il était mort et qu’il est revenu à la vie ! Il faut dire notre reconnaissance envers nos sœurs de la Visitation qui ont réalisé ce lieu, et notre reconnaissance aux prêtres qui consacrent du temps à accueillir ceux qui viennent puiser la joie aux sources de la réconciliation.

+ Benoît RIVIERE