N°2 du 30 janvier 2026
Il y a des choses que d’autres ont eu l’audace de faire pour nous, et des choses que nous osons nous-même faire pour d’autres. L’Église a osé pour nous le geste du baptême. Quelle audace de sa part ! Quelle audace de la part de Dieu nous engendrant dans la vie filiale et éternelle !
Le baptême nous introduit dans ce don « conféré à ceux qui n’apportent rien » (saint Grégoire de Nazianze). Avant cela, un homme et une femme ont osé donné la vie à un petit enfant, et ils ont audacieusement cru en la force de l’amour et de la vie qui, patiemment, permet la croissance et le développement de l’enfant. Ils ont participé, consciemment ou non, à l’audace créatrice de Dieu.
Ces choses qui nous constituent viennent de gestes réfléchis et libres, comportant en eux-mêmes la perle de l’espérance. Celui qui n’espère plus n’entreprendra plus rien de durable et de grand, ni pour les autres ni pour lui-même. Il se contentera de vivoter, ou de faire semblant de vivre, donnant le change mais étant au fond de lui-même en « mode survie ». Le coeur qui ne se reçoit pas comme fruit d’une audace créatrice est un coeur en danger de mort !
Avec et pour les autres, osons-nous l’aventure sur des chemins qui demeurent inconnus ? Osons-nous faire des choses autrement que par routine ? Osons-nous commencer et poursuivre chaque jour notre travail, pour de bon et pas seulement pour nous occuper ? Osons-nous aimer sincèrement, et nous laisser aimer en vérité ?
Osons-nous risquer de souffrir, plutôt que nous calfeutrer dans un cocon aseptisé et loin des autres ?
Agir audacieusement pour d’autres, c’est toujours nous appuyer sur un amour essentiel qui nous constitue, et c’est sortir de nous-même pour servir et pour aimer, sans bruit, sans démesure, patiemment et résolument.
+ Benoît RIVIERE






