N°6 du 27 mars 2026

Le chant d’un matin de Pâques

Une rencontre authentique, une confiance humble les uns envers les autres, un geste de pure charité, et c’est le chant d’un matin de Pâques que n’étouffera jamais la mort.

Il y a quelques jours, au milieu de ses camarades de 5èmes dans un collège de la Bresse, un jeune m’a posé cette question à laquelle je ne m’attendais pas : « pourquoi croyez-vous ? » Je lui ai demandé de préciser la question, et il a dit : « oui, enfin, pourquoi vous avez la foi ? »

J’avais l’habitude de réfléchir au contenu de la Foi, et de la Foi en la résurrection du Christ. J’avais réfléchi aussi à l’acte de foi et aux conséquences dans la vie concrète de ce que veut dire « être chrétien ». Mais pourquoi croyons-nous ? Pourquoi suis-je chrétien, ou, du moins pourquoi je fais confiance à Dieu et à la résurrection du Christ, au pardon des péchés et à la vie divine qui nous est promise ? C’est cela que j’entendais dans la question de ce collégien bressan.

De nombreux catéchumènes adultes sont plongés dans la vie de la Foi par le baptême reçu la nuit de Pâques. Ils sont imprégnés du parfum de la joie de Pâques, et participent au repas de la vie éternelle, à ce banquet des noces de Dieu avec l’humanité. Ils sont témoins de ce que la transformation profonde que la Foi opère dans leurs relations avec les autres et avec Dieu. Ils nous montrent à quel point est vrai ce que le patriarche Bartholomée disait aux évêques en novembre dernier à Lourdes : « Lorsque Dieu disparait du regard de l’humanité, le monde devient objet de possession et le frère un rival à craindre ». Les nouveaux baptisés de Pâques sont la preuve vivante de ce que la grâce produit dans des cœurs de pauvres qui font confiance à Dieu et à l’Eglise. Je peux dire moi-même que l’alliance entre Dieu et les hommes à laquelle je crois de tout mon cœur, c’est le soutien et le moteur de mon existence.

Pourrions-nous vivre sans foi et sans confiance ? Dans le champ des relations humaines déjà, pas de vie en société sans une confiance quotidienne les uns envers les autres. Pourrions-nous en effet établir des projets, nouer des alliances si manquait la foi dans les capacités et la parole des autres ?

« Pourquoi croyez-vous ? » Je n’ai d’autre réponse que celle que l’Esprit souffle chaque jour à l’oreille qui écoute : « tu es mon Fils bien aimé en toi j’ai mis toute ma joie ! »

+ Benoît RIVIERE