Non au salut purement technique !
Dans la suite de notre découverte de l’encyclique Magnifica humanitas, je voudrais mettre en lumière trois questions importantes auxquelles s’intéresse le pape :
- Que veut dire « désarmer » l’IA ?
- Que signifie la préservation de l’humain à l’ère de l’IA ?
- S’il existe un authentique « plus qu’humain », où se trouve-t-il ?
Nous ne pouvons pas seulement être préoccupés par les défis de la réglementation aujourd’hui, difficile à mettre en place dans les domaines du numérique en plein développement, nous devons soustraire l’IA autant que nous le pouvons, à la « logique de la compétition armée qui n’est plus seulement militaire, mais aussi économique et cognitive. » Désarmer ne signifie pas supprimer ce qui est déjà présent dans notre environnement et agissant avec force, cela signifie « empêcher l’IA de dominer l’humain », et la soustraire en particulier au seul pouvoir de quelques-uns.
Qu’est-ce que l’humain ? Ce n’est pas avoir plus, ni supprimer les fragilités, ni éliminer l’imprévu, en bref l’humain n’est pas le contrôle de chaque chose (cf. « ce que nous ne pouvons pas perdre », n°112). L’inflation du terme de « projet », quand il s’applique à l’humain, a quelque chose d’inquiétant. Ne nous considérons pas comme « un projet à optimiser » mais comme des humains, des créatures, « appelés à la relation et à la communion ».
Alors que bien des limites (incapacité, maladie, vieillesse, souffrance, vulnérabilité) tendent à être perçues avant tout comme « un défaut à corriger », le pape regarde plutôt les limites comme un espace où l’humain mûrit et s’ouvre à la relation.
Il n’en reste pas moins vrai que nous sommes en désir de nous élever, et, comme le disait Pascal, de vivre en aspirant à ce dépassement de nous-même, car l’homme passe toujours infiniment l’homme. Mais, en aucun cas, cette aspiration à être « plus que simplement et tout bonnement humain » ne se réalisera pas par la « divinisation technologique », mais par une transformation venant de la grâce de Dieu reçue dans le Christ. Nous prêter à cette élévation, c’est renoncer à l’autosuffisance, et c’est entrer dans une relation avec Dieu qui libère.
+ Benoît RIVIERE






