Le courage est combatif

 

Dans certaines situations, l’angoisse, la peur et la culpabilité peuvent paralyser. Le courage, lui, est combatif ! Il est cette aptitude qui nous permet, au milieu des difficultés, de demeurer ferme et constant dans la poursuite du bien. Il est cette force qui donne de lutter contre ce qui paralyse. Il ne s’oppose pas aux passions qui animent l’intérieur de l’homme, quand ces dernières sont éduquées, dirigées et purifiées.

Quand nous sommes disposés habituellement à discerner et à faire le bien qui est à notre portée, le courage permet cette force d’aimer qui assure la constance et la fermeté. Or tant de choses actuellement incitent au contraire à fuir, à ne plus nous maintenir dans la simple et aimante présence : présence aux autres, à la vérité et à soi-même.

Le cœur humain vit et se développe grâce à la présence et à l’amour. Quand nous sommes présents humblement et joyeusement, quelque chose peut advenir et qui s’appelle la fraternité, car tous nous appartenons à la famille humaine dont Dieu est la source, le Père véritablement bon et miséricordieux.

Nous ne croyons pas en un « Dieu diaphane et aseptisé qui ne connaîtrait pas les émotions humaines », écrivait le pape François. En Jésus, nous trouvons la belle orientation de l’homme qui sait choisir le bien et rejeter résolument le mal, nous trouvons le chemin du beau courage d’être et d’aimer. En agissant, et en persévérant dans les actions bonnes, l’homme, nous le croyons, se perfectionne lui-même. Il collabore avec la force de vie qui lui vient d’un autre et s’arrache aux mirages de la nuit et du mensonge.

S’il fallait décrire le mouvement en jeu dans le courage, nous dirions qu’il est en un certain sens «passif», et en un autre sens «actif». «Passif» car il y a des ennemis à l’intérieur de nous-même : l’anxiété, la peur, la culpabilité entretenus morbidement au lieu qu’elles sont seulement un signal. Combien de fois nous sommes tentés par la fuite, faute d’avoir su reconnaître et combattre ces ennemis de l’intérieur !

Et puis, nous le savons tous, aux épreuves intérieures, s’ajoutent les épreuves de la vie : les difficultés qui assaillent, et qui deviennent à certains jours comme un tumulte fracassant et destructeur. Elles appellent la force persévérante, comme celle des marins qui ne se découragent pas dans la tempête.

Le courage prend au sérieux le défi de l’amour contre la cruauté, le cynisme et le jugement qui condamne le frère ou la sœur. Il s’origine dans l’amour, et l’amour, dit l’apôtre Paul, est patient, ne fait rien d’inconvenant ; il espère envers et contre tout. L’amour est un chemin, il n’est jamais une impasse ! Le Christ n’a pas dit qu’Il était l’issue ni le bout du chemin, mais « le chemin et la vérité et la vie ».

 

+ Benoît RIVIERE