N° 4 du 19 février 2021

Ce 18 février, en la fête de sainte Bernadette, j’ai « ravivé en moi » la grâce reçue de l’imposition des mains par laquelle j’ai été ordonné évêque voici exactement 20 ans. Contexte sanitaire oblige, cet anniversaire et avec lui, le renouvellement de mon engagement seront célébrés simplement dans l’eucharistie dominicale à la cathédrale le dimanche 28 février à 11 heures.

Un sentiment d’immense gratitude m’envahit quand je pense à l’Eglise : gratitude envers Dieu pour son peuple, ce qu’Il fait avec et pour son peuple. En ce temps où nous sommes entrés dans la préparation de Pâques, écoutant les témoignages des catéchumènes, j’éprouve avec force la vérité de ce qui m’avait été dit il y a 20 ans quand j’ai été « poussé » dans l’aventure de l’épiscopat : « c’est une affaire de confiance entre le Seigneur et son Eglise. »

Chaque année, appeler à la grâce du baptême est une affaire de confiance qui nous dépasse infiniment. C’est dire à quelqu’un : le chemin de réelle conversion que tu as entrepris, ton désir profond de te laisser saisir et renouveler par l’amour du Christ, ce chemin et ce désir sont sûrs et tu peux faire toi-même confiance avec nous. Tu peux dire avec nous : oui, j’ai foi en Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, en Son fils Jésus-Christ et en l’Esprit-Saint dans la Sainte Eglise… grâce à laquelle nous est transmise la foi véritable.

Et à chaque ordination, appeler un frère à servir comme diacre ou prêtre, c’est un acte que j’appuie sur la confiance du Seigneur envers l’Eglise. Il lui a tout confié de Lui : « La sainte Eglise notre mère vous présente… pour que vous lui imposiez les mains. » et je ne réponds pas : « c’est moi qui appelle … et qui vais l’ordonner… », mais : « avec l’aide du Seigneur Jésus, nous choisissons…pour être diacre, prêtre … ». L’évêque prononce ici le « nous » de l’Eglise. Et je mesure de plus en plus combien cette responsabilité, cette mission, demande que je m’en remette moi-même entièrement à l’Eglise, ou plutôt, avec l’Eglise à m’en remettre entièrement à Dieu, dans un sincère engagement. Et je réalise inséparablement ma radicale incapacité et la radicale puissance de la grâce du Christ, lui le sauveur doux et humble de l’humanité.

Formuler en quelques mots, ma joie d’être évêque d’Autun, c’est penser aux nombreux visages d’hommes et de femmes de Saône-et-Loire qui sont autant d’« entraineurs » cachés de ma fragile fidélité. C’est penser aux frères prêtres et diacres qui demeurent enthousiastes dans l’élan des services qu’ils rendent au monde avec moi. C’est penser aux consacrés, véritables lampes priantes dans la nuit. C’est penser à mon père et à ma mère, à mon parrain et à ma marraine, qui m’ont éduqué dans le chemin d’espérance. C’est penser aux frères évêques ainés que j’ai vu disponibles et courageux en bien des circonstances, et qui, humblement à leur place, ont offert leur vie et leur temps à l’Eglise là où ils étaient envoyés. J’ose le dire, cet anniversaire avive en moi un amour très grand envers l’Eglise.

+ Benoît RIVIERE