N°12 du 18 juin 2021

Présence

Une simple présence auprès d’un malade ou d’une personne âgée, nous le savons, vaut mieux que bien des discours. La présence humaine nous ramène à la vie, parce que sans relation humaine confiante, c’est la mort. Je parle de la mort spirituelle, celle qui isole dans un enfermement sans issue, sans autre considération que soi, et soi seul.

L’injonction fatigante de devoir toujours penser à réussir, toujours paraître pour plaire, toujours justifier ce que nous faisons ou ne faisons pas, finit par étouffer la simple joie de la présence humble d’autrui… et la présence humble et cachée de notre Dieu.

Si nous avons tant soif de relation vraie, libre, bienveillante, c’est parce que nous sommes créés pour l’amour et par amour.

Les oiseaux du ciel et les fleurs des champs ne se fatiguent pas plus qu’il ne faut… et le père du ciel les nourrit et les revêt de beauté. Pourquoi se soucier de ce qui ne rassasie pas ? Pourquoi courir après des « objectifs » qui ne seront jamais atteints ?

Et s’il suffisait d’être présent, présent à un appel continuel qui fait vivre et qui apporte la joie. Dans chaque journée offerte à notre liberté, nous sommes intérieurement appelés, amoureusement appelés par Dieu à vivre en présence des autres, sans crainte et sans volonté de pouvoir, simplement et ensemble conviés à bénir, dans les humbles occupations humaines. Oui, quand nous commençons seulement à bénir, sans autre sentiment, nous réalisons qu’une présence des autres, et une présence à nous-mêmes, vaut mieux que tout l’or du monde !

+ Benoît RIVIERE