N°13 du 2 juillet 2021
Outre que les élections se déroulent le dimanche, j’ai eu l’impression récemment qu’il se passait dans les bureaux de vote de nos communes, quelque chose d’analogue à la désaffection des fidèles dans les églises. C’était comme si les « pratiquants » étaient en train de vieillir et, peu à peu, de devenir une petite minorité !
Non seulement 2 électeurs sur 3 ne sont pas venus voter aux dernières élections départementales et régionales, mais on a manqué d’assesseurs. Quelques-uns heureusement, se sont présentés pour ce service des autres, mais en trop petit nombre parfois. Est-ce que cela signifie, comme certains l’ont dit ces jours-ci, qu’un fossé s’est élargi entre les « politiques » et le « peuple » ? Est-ce que la brièveté de la campagne électorale, le report de la date des élections, le flou dans l’esprit de nombreux français sur les compétences des collectivités territoriales, la confusion entre les enjeux d’élections locales et ceux d’une élection présidentielle qui s’annonce à l’horizon proche de 2022, est-ce que cela a contribué à élever encore le niveau de l’abstentionnisme ?
Sûrement, pour une bonne part. Je note encore, avec les mots d’un politologue dans le journal La Croix, que « l’abstention n’est qu’un symptôme d’un problème de société plus large ».
Et quel problème ? Jamais notre société n’a été autant connectée aux réseaux d’informations, jamais le contrôle sur les fonctionnements n’a été autant transparent, et pourtant, nos compatriotes et surtout les jeunes, comme dit la chanson, ne se sont pas « sentis concernés ».
La jeunesse, par nature, est ouverte sur le devenir de la vie, personnelle et collective, et elle est capable de grands élans de générosité. Alors pourquoi cette abstention élevée ?
Je n’ai pas la réponse à cette question, j’ai seulement un indice : la facilité d’accès aux réseaux sociaux, l’inflation des discours et des réactions à chaud amplifiées par les techniques d’information, cela n’entraîne-t-il pas un sentiment diffus que voter ne servira à rien ? La démocratie ne se résume évidemment pas à la capacité de choisir nos représentants à différents niveaux de responsabilité, mais elle souffre d’une confusion entre les messages incessants et excessifs, et puis, l’humble travail quotidien des élus territoriaux et nationaux qui, eux aussi, remplissent leur devoir citoyen aux postes que nous leur avons confiés.
+ Benoît RIVIERE






