Dimanche 26 novembre 2023

 

Fête du Christ Roi de l’Univers
Eglise Saint-Martin de Couches

« Quand on ne le connaît pas,
L’homme est un loup pour l’homme ! »

Cette pensée d’un philosophe du IIème siècle avant JC, garde hélas aujourd’hui toute son actualité !

Mais qui connaît vraiment le fond du cœur humain, sinon l’artiste divin du cœur humain ! Le Verbe éternel de Dieu devenu chair de notre chair, voici cet artiste étonnant !  Il est devenu le berger de nos âmes… Il est devenu celui qui, en offrant sa vie jusqu’au bout, restaure en nous le cœur des fils. Il détruit en nous le loup pour faire advenir la brebis. Il évacue dehors la peur, pour éveiller à l’intérieur la foi. La beauté originelle des enfants de Dieu, était devenue tellement cachée et abîmée ! Cachée et abîmée par la peur et par la volonté de puissance des hommes se dressant les uns contre les autres !

« J’irai moi-même chercher la brebis perdue ! Moi, dit le Seigneur, je m’occuperai de mes brebis, je veillerai sur elles ».

Et voici le geste créateur et recréateur de l’artiste divin ! Son geste est continué dans le geste eucharistique ! Son geste est continué dans la visitation du prisonnier, dans l’habillement de celui qui est nu, dans le soin et l’amour des malades, dans le réconfort humblement apporté à celui qui n’en peut plus !

Que ce dimanche soit cette trêve dans le dressement de l’homme contre son semblable ! Chaque geste fraternel est une transformation du monde, par laquelle les boucs redeviennent brebis. Oui, l’artiste divin, en nous parlant comme un ami parle à son ami, en nous façonnant libres et vrais dans son amour, fait revenir le cœur humain à cette confiance fraternelle, qui peut tout changer en mieux !

Quand Dieu se fait berger attendri et passionné pour une seule brebis qui s’était perdue dans une nuit de brouillard, son geste manifeste la beauté à laquelle tous aspirent. Ce geste, redisons-le, reçu dans la chair de notre chair, nous fait devenir brebis dans le réconfort de la grâce communautaire, quand bien même nous nous éprouvions encore les uns contre les autres en boucs ridiculement solitaires.

Le Christ, dit admirablement une hymne liturgique, « offre sa vie en échange de notre mort, car sa puissance veut rendre l’homme à lui-même, et l’arracher au joug du remords. Et en nous, l’enfant ressuscite car Dieu le recrée, presque à notre insu ! »

L’artiste, presque à son insu lui aussi, est serviteur de création et de recréation. Il peut devenir de jour en jour l’ami de l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ. Il réalisera ce qui est aujourd’hui tellement essentiel à la paix : le dépassement de la division mortifère entre la beauté des choses et Dieu qui est la beauté même !

Cette beauté rayonne admirablement en Marie, la mère de Jésus ! Les moines de Tamié la chantent ainsi :

O toi dont la beauté rayonne de clarté à l’ombre de l’Esprit,

Eve nouvelle, laisse-nous découvrir le mystère de grâce où le monde renaît.

Mgr Benoit Rivière, évêque d’Autun